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faire tomber ses rigueurs sur les ecclésiastiques les plus estimables du diocèse. De nouveaux coups sont venus nous ravir celle espérance, et on nous presse de rendre compte des nouvelles couleurs du clergé et des bons fidèles. Nous ceilons, quoique avec répugnance, et rious nous bornerons à ce qu'il y a de plus authentiquc dans les faits. Déjà, dans notre numéro du 12 mars, nous avons signalé le malheureux début de l'administration actuelle; dans le numéro du 26, nous insérâmes avec bonne foi des réclamations qui nous avoient été adressées ; mais de nouveaux coups d'autorité n'y répondirent que trop. Un vicaire de la cathédrale, M. Mairot, fut révoqué pour quelques plaisanteries. Le lendemain, M. Belin, professeur de philosophie du grand séminaire, ful destilué durement. A la mi-avril, M. Bauzon, premier directeur du grand séminaire, qui occupoit celte place depuis onze ans, qui avoit formé un grand nombre d'élèves, et qui étoit estimé et aimé de tous, fut impitoyablement congédié. On l'obligea de sortir de suite , quoiqu'il n'eût point d'asile, et qu'il dût espérer d'en trouver un dans une maison à laquelle il avoit rendu lant de services, et où peutêtre il avoit complé finir ses jours. Cet acte de rigueur a profondément affligé les élèves, qui d'eux-mêmes se sont rendus à l'évêché au nombre de 70; une vingtaine seulement de jeunes gens, étrangers au diocèse, et introduits depuis peu dans le séminaire, n'ont pas pris part à cette démarche. La requêle respectueuse de ces jeunes gens n'a eu aucun succès, et ils ont été repoussés. A ce fait en a succédé un autre ; le premier vicaire de Saint-Michel', M. Clerc, qui avoit la confiance du curé comme celle des paroissiens, leur fut enlevé tout à coup. Cet ecclésiastique étoit le commensal et l'ami du curé, et éloit estimé pour sa conduite et pour ses moyens. Celle disgrâce fit un fâcheux effet dans la paroisse. Les fabriciens allèrent en députation faire des représentations à l'évêché; à leur tête se trouvoit M, de Berbis, ancien député. Mais ni cet hommie honorable, ni les observations les plus modestes ne furent accueillis; on les éloigna au contraire durement. Le 27 avril, une nouvelle députalion de la paroisse Saint-Michel, composée de douze notables, et présidée par un conseiller de la cour royale, se présenla à l'évêché avec un placet revêtu d'un grand nombre de signatures. On lui fait dire que le prélat ne peut l'admellie ; elle insiste, et demande quel jour elle pourra être reçue : nouveau refas. Les députés restent et sollicitent la faveur d'une audience; envoyés par leurs co-paroissiens, ils ne pouvoient, disoient-ils, se retirer sans avoir réalisé leur mission. M. l'évêque paroît enfin, mais c'est pour dire qu'il est le maître chez lui, qu'il ne veut point recevoir les députés, et qu'il les prie de sortir. Après ce peu de mols, proborcés du lon du mécontentement le plus vif, le prélat rentra chez lui précipitamment et s'y enferma. Un journal qui a rendu compte de celle scène, la Gazcile de Bourgogne, du 2 mai, a verloinent apostrophé M. l'évêque à ce sujet. On nous dispensera de reproduire son article, qui contenoit des choses malheureusement trop: vraies, mais qui nous a paru d'un con un pou âpre et ainer, que l'on peut excuser jusqu'à un certain point dans un journal politique, inais qui siéroit mal à un journal religieux. On s'y plaignoit au fond de la désorganisation du diocèse, des rigueurs qui tombent sur les meilleurs prêtres, de l'indulgence avec laquelle on accueille les sujets les plus suspects, de l'affectation surtout d'introduire dans le diocèse des jeunes gens inconnus qui n'offrent aucune garantie, ou plutôt do!it les antécédens devioient inspirer de la défiance. Quelques personnes avoient cru voir un changement de système dans la nomination de M. Morloi à un canonicat de la cachédrale. Cette nomination est un acte de justice qui a un peu consolé les gens de bien. Seroit-il vrai qu'elle n'a été oblenue qu'avec beaucoup de peine, et moyennant une sorte de transaction, par laquelle un favori du prélat a été agréé pour une place imporiante? C'est le bruit général dans le diocèse. On a obtenu que M. l'abbé Clerc restât sur la paroissc St-Michel, mais seulement comme prétre habilué; d'ailleurs, on est encore menacé d'autres changemens. Chaque semaine apporte de uouveaux sujets de chagrin out d'alarme. On voit admellre aux ordres des sujets incapables, notamment un jeune lioinme reuvoyé l'un grand séminaire pour défaul de moyens, el qui venoit se présenter à celui de Dijon comme domestique, mais qui, voyanlla facilité avec laquelle on y recoit les étrangers, demanda à èire admis comme élève, et a été fait soudiacre à la dernière ordination. Nous supprimons d'autres détails affligeans, et nous prions Dieu qu'il inspise de meilleures pensées à ceux qui peuvent porter remède à ces maux.

- M. l'évêque d'Orléans est arrivé à Pithiviers le 19 mai, après midi. Le soir, après avoir reçu les autorités de la ville et leur avoir rendu la visite, le prélat a donné le salut. L'église ne pouvoit contenir l'affluence qui s'y éloit portée. Le lendemain, N. l'évêque a donné la confirmation à plus de sept cents personnes, la plupart de la ville. Le mardi fut le tour des paroisses de la campagne. Il y a long-temps que cette ville n'avoit eu le bouleur d'avoir un évêque; elle n'en doit que d'autant plus de reconnoissance au vénérable prélat qui, malgré son grand âge, a bien voulu la visiter et y remplir une des plus consolantes, mais aussi des plus pénibles fonctions de son ministère..

- M. de Mazenod, évêque d'Icosie et neven et grand-vicaire de M. l'évêque de Marseille , fait la visite pastorale du diocèse à la place de son oncle que son âge et ses infirmités retiennent à Marseille. M. l'évêque d'Icosie arriva le 14 mài à La Ciotat et y fut reçu avec de grands honneurs. Le 15, il interrogea les enfans qui lui étoient présentés pour la confirmation, et leur adressa une

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ses

instruction en provençal. Le même jour, il lit la visite de l'église, et signala quelques végligences et quelques abus. Le jour de l'Ascension, le prélat oflicia pontificalement et prêcha en provencai, esliinant sans doute qu'il étoit ainsi nieux entendu des marins et des gens de campagne forl nombreux dans son auditoire. Celle altention du prélat a déplu au maire de La Ciotat, M. Reynier, qui a figuré dans l'affaire du Carlo-Alberto. Deux heures après la messe, on afficha dans la ville l'espèce de proclamation suivante, qu'il faut donner textuellement pour la singularité du fait :

Le maire de La Ciotal à ses administrés. « Mes concitoyens, des hommes, dont le ministère devrojt être d'éclairer leurs seniblables sur leurs véritables besoins, viennent abuser de leur éloquence et d'un caractère qui en impose aux masses, en faisant entendre des paroles qui étonnent meme la classe la moins instruire du peuple. Ils voudroient rous envelopper des Munges du fanatisme et l'ignorance dont une révolution glorieuse et néces. Saire nous a délivrés pour toujours. Ils voudvojeut nous réduire à l'usage de ces

omes locaux qui rendoient autrefois les communes étrangères les unes aux aumes. Français, vous êtes membres d'une même famille, ce sont ses principes et

ols qui doivent vous régir, ce sont ses progrès vers la civilisation que vous

2 suivre, c'est la langue nationale que vous devez parler, pour vous entendre los libertés ou votre indépendance éloient menacées. . Fait à La Ciotal, en l'Hòlel-de-Ville, le 16 mai 1833. Le maire, REYNIER. » Cette pièce curieuse a beaucoup lait rire, même à La Ciotat. On

iniré l'élévation du génie de M. le maire, qui ne lui permet Loir qu'en pitié ce qui en impose aux masses. Ce grand homme Placé fort au-dessus des nuuyes du fanalisme et de l'ignorance , TO uve que c'est retarder la civilisation que de parler le proÇül. Mais le peuple de La Ciotal est tellement encroûté de prées , qu'il est allé encore après la proclamation contendre une

"e exhortation en provençal de M. l'évêne d'Icosie, et a acmoc

Pagné le prélat jusqu'à sa sortie de la ville. Là M. de Maze

fit une nouvelle exhortation en provencal. Les libéraux Sient proposés, à ce qu'il pajoit, de marquer cette visite épisco

* Pas quelques avalries; ils avoient cherché à mettre sur la roule bê, ues obstacles au passage de la voiture du prélal; mais d'hon

s habitats accoururent et débarrassèrent le chemin. Dans lise, les malveillans eurent aussi quelques velléités de désordre; S échouèrent contre les dispositions unanimes d'une popu

respectueuse et recueillie. Un soir il y eut des cris indécens rés sous les fenêtres du presbytère : l'indignation des voisins Il cesser. La Gazelle du Midi, à laquelle nous empruntons le

cle ce récit, remarque que le maire ne prit aucune mesure "e les perturbateurs. Elle reproche au Messager d'avoir 'Céun mensonge patent en imprimantojue fes habitans avoient

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obligé M. l'évêque de partir sans lui perinettre de célébrer la messe. Comment, dit-elle, peut-on mentir avec tant d'effronterie, au vu et au su de loule la ville ?

- Un an après la mort du docteur Paterson, l'église catholique d'Ecosse a encore perdu un de ses évêques. M. Ranald Macdonald, évêque el vicaire apostolique du district de l'Ouest, est mort le 20 octobre dernier dans sa résidence, au fort William, à l'âge de soixante-seize ans. Il étoit né dans les montagnes, et avoit éle envoyé de bonne heure au collége écossais à Douai où il fil d'excellentes études. Ayant l'eçu les ordres, il retourna comme missionnaire dans son pays, el ful placé d'abord à Gairnside, puis à Glengary, et enfin dans l'ile de Uist, où il eut à gouverner une congregation nonibreuse et disséminée. A la mort de l'évêque Enée Chisholm, on fit choix de M. Macdonald pour lui siiccéiler. Sa conduite estimable, ses manières distinguées, les considérations, dont il jouissoit parmi les catholiques et même parmi les protestans, justifioient assez un tel choix. Il écrivoit et parloit latin avec élégance, et lint fréquemment la plume dans la réunion de ses collègues. Quand il résidoit comme évêque à Lismore, il concourut avec le principal Baird au projet de répandre l'instrution parini les Ecossais des montagnes. Il se prêla à la nouvelle division des districis; et, au lieu de celui des montagnes, it out à diriger celui de l'Ouest, abandonnant pour le plus grand bien des missions une vaste portion du territoire, dont il étoit. chargé. Ce ful lui qui choisit pour coadjuleur M. André Scoll de Glasgow, ecclésiastique pieux et capable, qui lui succède aujourdohui.

NOUVELLES POLITIQUES. Paris Le Nouvelliste annonce que la corvette l'Agathe vient d'arsiver à Bordeaux, pour recevoir à sou bord mad. la Duchesse de BERRI. Tout est dispose pour que service se fasse avec dignité.

Quelques personnes out été élonnées que M. le curé de Blaye ait signé le procès-verbal d'accouchement; elles ont trouvé que cela n'étoit guère dans la valure de ses fonctions. M. le curé d'ailleurs n'a signé que d'après la déclaration des médecins et du général Pugeaud. Le même jour, M. le curé a ondoyé l'enfant, ce qu'il n'a dû faire qu'avec la permission de l'autorité ecclésiastique qu'il avoit sans doute sollicitée d'avance. Il en a dressé un acte, où il dit qu'il étoit chargé par le gouvernement de donner les consolations du saint ministèrc à mavame la duchesse de Berry. Il y a quelque chose de singulier dans ces expressions, ei les journaux elix - inèmes l'ont remarqué. Le Courrier français deinande, à ce snjet, si c'est le gouverneinent qui donne aujourd'hui la mission ank curés, et s'il faut l'attache de la police pour bapliser un enfant. Nous croyons que M. le curé de Blaye a vue plus haule idée de son ministère ; mais la rédaction de l'ac!e est, il faut l'avower, assez déplacéc.,

- Pour rassurer la chambre des députés sur les bruits qui couroient de sa prochaine dissolution, les ministres ont cru devoir lui faire annoncer, par le Moni. teur, que sa durée de cinq ans n'étoit nullement menacée , et qu'après avoir voté son quatrième budget elle auroit encore trois années de vie devant elle. Tant mieux, si cela est ! Comme elle ne pous donnera pas sans doute plus de cinq budgels, et qu'il lui restera une carrière de trois sessions à fournir, elle en aura deux pour se raccommoder avec les contribuables. Ce n'est pas trop, en vérité, pour leur faire oublier la manière dont elle les a menés jusqu'à présent.

- Les journaux révolutionnaires ont allendu que l'eraprunt grec fût volé pour Dous faire observer que le prince Oihon de Bavière s'intitule : Roi par la gráce de Dieu. Il est bien malheureux que cette remarque n'ait pas été faite plus tól, cela nous auroit peut-être aidé à sauver nos 20 millions. Nutre chambre des dé. pulés auroil peut-être jugé qu'il est scandaleux et abominable de préier de l'argent a un roi par la grâce de Dieu. Les ennemiis du droit divin ont encore la ressource de la chambre des pairs, et ils espèrent que des hommes consciencieux ,

is que M. de Monilósier, par exemple, pe souffriront pas que la France de juillet fournisse ainsi des verges pour rétablir un principe qui leur paroit si re

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doulable.

lionnaires, ne salir n'aille pas all.de

colère de la multil it s'agissoit d'un bien entendu 9

1-es gens qui se servent du peuple pour exéculer des manænvres révolu

res, ne sauroient tropi prendre de précautions avec lui, s'ils veulent qu'il à Anvers

pas au-delà de leurs instructions et de leur bul. Ce qui vient de se passer er's justifie celle observation. On signaloit une réunion d'orangistes à la

de la multitude. On la chargeoit d'en faire justice à sa manjère; et, comme Sissoit d'un coup de maiu en faveur du gouvernement belge, il devoit ètre entendu que celui-ci n'auroit rien à souffrir de l'affaire. Point du tout; le e a profité de l'occasion pour suivre son instinct révolutionnaire, et pour ” indistinctement sur lout ce qui lui déplaisois. Or, il est arrivé que les an

locales se sont trouvées comprises dans celle échauffourée, et que les ma

S du roi Léopold n'ont pas été plus respectés qne les partisans de la maison 'orige. C'est la faute de ceux qui ont soufflé cette tempėle. Ou il falloit qu'ils

ent point recours à l'émeule, ou qu'ils fissent mieux leur marché avec elle. llent savoir qu'elle a ses passions propres, ei que, quand on lui laisse

la main quelque part, elle n'aime pas moins à travailler pour son comple Pur celui des autres. Dans celle occasion, elle a sévi à la fois contre les du roi de Hollande et contre ceux du roi des Belges. C'est à peu près

chez nous, où elle ne veut ni de ce qui ful, ni de ce qui est. . M. le comte de Brissac , qui éluit-parti le 22 de Blaye, est arrivé samedi à

el est allé passer quelque temps à la campagne. s .

Pn vient de publier un long rapport du ministre de la guerre sur les moyens l'effe n se du pays. Le maréchal dit qu'il a tenu à faire figurer précédemment

- pour 500,000 hoinmes, principalement afin d'en“ imposer aiis puissances res et aux factions de l'intérieur. D'après le budget de 1833, l'effectif será

iomber indistinclem torités locales se gistrats du roi d'Orangea n'eussent poin Ils doivent savo melt re la inain que pour celul agens du roi de comme chez 110 - M . le con

faris, el es

- On vier de défense l'effectif poull mtrangères et

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