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obligé M. l'évêque de partir sans lui perinettre de célébrer la messe. Comment, dit-elle, peut-on mentir avec tant d'effronterie, au vu et au su de loule la ville ?

Un an après la mort du docteur Paterson, l'église catholique d'Ecosse a encore perdu un de ses évêques. M. Ranald Macdonald, évêque et vicaire apostolique du district de l'Ouest, est mort le 20 octobre dernier dans sa résidence, au fort William, à l'âge de soixante-seize ans. Il étoit né dans les montagnes, et avoit éle envoyé de bonne heure au collége écossais à Douai où il fil d'excellentes études. Ayant l'eçu les ordres, il retourna comme missionnaire dans son pays, el fut placé d'abord à Gairnside,

", puis à Glengary, et enfin dans l'ile de Uist, où il eut à gouverner une congregation nonbreuse et disséminée. A la mort de l'évêque Enée Chisholm, on fit choix de M. Macdonald pour lui succéiler. Sa conduite estimable, ses manières distinguées, les considerations, dont il jouissoit parmi les catholiques et même parmi les protestans, justifioient assez un tel choix. 'Il écrivoit et parloit latin avec élégance, et lint fréquemment la plume dans la réunion de ses collègues. Quand il résidoit comme évêque à Lismore, il concourut avec le principal Baird au projet de répandre l'instrution parini les Ecossais des montagnes. Il se prêla à la nouvelle division des districis; et, au lieu de celui des montagnes, il out à diriger celui de l'Ouest, abandonnant pour le plus grand bien des missions une vaste portion du territoire dont il étoit. chargé. Ce fut lui qui choisit pour coadjuteur M. André Scott de Glasgow, ecclésiastique pieux et capable, qui lui succède aujourdohui.

NOUVELLES POLITIQUES. Paris Le Nouvelliste annonce que la corvette l'Agathe vient d'araiver à Bordeaux, pour recevoir à sou bord mad. la Duchesse de BERRI. Tout est dispose pour que service se fasse avec dignité.

Quelques personnes ont été élonnées que M. le curé de Blaye ait signé le procès-verbal d'accouchement; elles ont trouvé que cela n'étoit guère dans la Jalure de ses fonctions. M. le curé d'ailleurs n'a signé qne d'après la déclaration des médecins et du général Bugeand. Le même jour, M. le curé a ondoyé l'enfant, ce qu'il ua và faire qu'avec la permission de l'autorité ecclésiastique qu'il avoit saus doute sollicitée d'avance. Ii en a dressé un acte, où il dit qu'il étoit chargé par le gouvernement de donner les consolations du saint ministèrc à malame la duchesse dle Berry. Il y a quelque chose de singulier dans ces expressions, ei les journaux elix - inèmes l'ont remarqné. Le Courrier français demande, à ce snjet, si c'est le gouverneinent qui donne aujourd'hui la mission ank curés, et s'il faut l'attache de la police pour bapliser un enfant. Nous croyons que M. le curé de Blaye a vue plus baule idée de son ministère ; mais la rédactius de l'ac!o est, il faut l'avouer, assez déplacéc.

Pour rassurer la chambre des députés sur les bruits qui couroient de sa prochaine dissolution , les ministres ont cru devoir lui faire annoncer, par le Moni. teur, que sa durée de cinq ans n'étoit nullement menacée , et qu'après avoir volé son quatrième budget elle auroit encore trois anuées de vie devant elle. Tant mieux, si cela est! Comme elle ne nous donnera pas sans doute plus de cinq budgels, et qu'il lui restera une carrière de trois sessions à fournir, elle en aura deus pour se raccommoder avec les contribuables. Ce n'est pas trop, eu vérité, pour leur faire oublier la manière dont elle les a menés jusqu'à présent.

Les journaux révolutionnaires out altendu que l'emprunt gree fut voté pour nous faire observer que le prince Olhon de Bavière s'intitule : Roi par la gráce de Dieu. Il est bien malheureux que cette remarque n'ait pas été faite plus lol, cela nous auroit peut-être aidé à sauver nos 20 millions. Nutre chambre des dé. putés auroit peut-être juge qu'il est scandaleux et abominable de préler de l'argent à un roi par la grâce de Dieu. Les ennemiis du droit divin ont encore la ressource de la chambre des pairs, et ils espèrent que des hommes consciencieux, tels que M. de Monilósier, par exemple, de souffriront pas que la France de juillet fournisse ainsi des verges pour rétablir uu principe qui leur paroit si redoutable.

Les gens qui se servent dn peuple pour exécuter des manenvres révolutionnaires, ne sauroient Iroj prendre de précautious avec lui, s'ils veulent qu'il n'aille pas au-delà de leurs instructions et de leur bul. Ce qui vieut de se passer à Anvers justifie celle observation. On signaloit une réunion d'orangistes à la colère de la multiinde. On la chargeoit d'en faire justice à sa manière; el, comme il s'agissoit d'un coup de maiu en faveur du gouvernement belge, il devoit être bien entendu que celui-ci n'auroit rien à souffrir de l'affaire. Point du tout; le peuple a profité de l'occasion pour suivre son instinct révolutionnaire, et pour tomber indistinctement sur loui ce qui lui déplaisois. Or, il est arrivé que les an • torités locales se sont trouvées comprises dans celle échauffourée, et que les magistrats du roi Léopold n'ont pas été plus respectés qne les partisans de la maison d'Orange. C'est la faute de ceux qui ont soufflé celle tempėle. Ou il falloit qu'ils n'eussent point recours à l'émeule, ou qu'ils fissent mieux leur marché avec elle. Ils doivent savoir qu'elle a ses passions propres, el que, quand on lui laisse mellre la main quelque part, elle n'aime pas moins à travailler pour son comple que pour celui des autres. Dans celle occasion, elle a sevi à la fois coutre les agens du roi de Hollande et contre ceux du roi des Belges. C'est à peu près comme chez nous, où elle ne veut ni de ce qui ful, ni de ce qui est.

M. le comte de Brissac , qui élvit parti le 22 de Blaye, est arrivé samedi à Paris, el est allé passer quelque temps à la campagne.

On vient de publier un long rapport du ministre de la guerre sur les moyens de défense du pays. Le maréchal dit qu'il a tenu à faire figurer précédemment l'effe ctif pour 500,000 hoinmes, principalement afin d'en imposer aix puissances étrangères et aux factions de l'intérieur. D'après le budget de 1833, l'effectif serå réduit à 410,000 hommes, et les éconotnies considérables qu'on veut apporter dans celui de 1834 obligeront à le restreindre encore de 100,000 hommes. Le ministre developpe ensuite sou plan de réserve que l'on va commencer à exéculer dais la levée qui s'opère en ce moment, et un projet d'établir des camps retranchés à Paris, à Melz, à Lyon, à Toulouse et à Tours.

Une ordonnance, Ju 22 , porte que les agens diplomatiques et consulaires auront droit à un traitement d'activité après dix ans de services, s'ils cessent d'élre employés par suite de la suppression de leur emploi; ce traitement durera de trois à cinq ans. Il est fixé de 4 à 8,000 fr. pour les ambassadeurs et chargés d'affaires, de 2 à 3,000 fr. pour les secrétaires d'ambassade , et de 1,800 å 4,000 fr. pour les consuls.

NM. Hecquet el Corbin , lieutenans-colonels en activité, sont nommés colonels du 63€ régiment de ligne el dui d'infanterie légère.

M. Lachassagne, auteur de l'écrit intitulé : Lettie confidentielle à LouisPhilippe par un chasseur involontaire de la garde nationale, a comparu le 27 devant la cour d'assises avec M. Blache, prévenu d'avoir relouché cette brochure, et M. Henué, prote de l'imprimerie de M. Grossetète. M. l'avocat - général Bayeux a obtenu que les débats enssent lieu à huis-clos; les avocats en robe n'ont même pu rester à l'audience. Les jurés ayant répondu affirmativement aux questions d’offenses envers Louis-Philippe et madanie Adélaïde, la cour a condamné les prévenus, le premier à deux ans, le second à un an, et l'autre à six mois de prison, el chacun à 500 francs d'amende. Trois prisonniers de Sainte-Pélagie, qui avoient été appelés comme témoins à la requête du ministère public, se sont évadés.

- Dans le renouvellement mensuel des bureaux de la chambre des députés, on a nowmé présidens MM. Dimeylet, Elienne, Calmon, de Rambuteau, André, Merlin, Nogarel, B. Delessert, Dariste; el secrétaires MM. Duchâtel, Havin, Vigier, Esehassériaux, Jolivet, Barrachin, Bresson, Foy et Gillon. La commiso sion des pétitions est composée de MM. J. de Larochefoucault, Pedoch, Sauvage, Teste, Bérenger, Champanhet, Baillot, de Rémusat, Bellaigue.

MM. de Brian, Foucault et Lionne, gérans de la Quotiilienne, de la Ga. zelte de France et de la Tribune, étoient traduits le 28 devant la cour d'assises ponr avoïr reprodnit un discours prononcé à la chambre des communes d'Angleterre par le docteur Darwing , qui avoit dit que Louis-Philippe étoit un tyran, et qu'il avoit violé ses sermens. M. Berryer, avocat de la Quotiilienne, a soutenu que les actes officiels des gouvernemens étrangers étoient acquis à la presse française. La Gazette a été défendue par M. de Genoude, son propriėtaire; et la Tribune par M. Sarrut, l'un de ses rédacteurs. M. l'avocat général Bayeux a soutenu la prévention d'offenses envers Louis-Philippe. Les jurés, au bout de quelques minutes, ont déclaré qu'il n'y avoit pas délit.

Les troubles d'Anzisi sont apaisés. L'appareil militaire , e! l'arrivée sur les lieux du préfet, des autres autorités , et de M. Joseph Périer, l'un des principaux actionnaires, ont cahné l'effervescence des ouvriers. Les minent's ont repris leurs travaux à Anzin, à Fresnes, à Vieux-Condé, à Denain et à Abscon. Il y a en dimanche dernier une revue où l'on comploit 3,200 hommes et a pièces de

canon.

Le conseil d'étal a rejelė le pourcoi de M. de Bourrienne, ancien ministre d'élai, contre une décision du ministre de la justice qui lui refuse une pension de retraile. Celle décision, puise sur l'avis de M. d'Haubersaert, est basée sur ce que M. de Bourrienne n'a que vingt-neuf ans et dix mois de service au lieu de trente ans ; que les deux ans pendant lesquels il a rempli les fonctions de secrétaire de Buonaparte en Egypte ne sarroient lui compter pour la pension; qu'enfin ses infirmités ne soul pas dues å ses services.'

Dans les neuf premiers mois de 1332 , les persícutions de la presse ont offert ce résultat : Saisies 153, jugemens 142, mois de prison 914 (76 ans 2 mois), amendes 216,800. On n'en espère pas moins en 1833.

-MM. Laffitte ei Caillard, entrepreneurs de "ligence3 , ont été condamnés à l'emprisonnement el à l'amende, par le tribunal de police municipale, pour avoir fail opérer des chargemens qui excédoient la hauteur déterminée par les réglemens, ce qui peut occasionner les versemens et les mallieurs qui se répèlent trop souveni. M. Sonfflol, directeur des niessageries royales de la rue Notre Dame-desVictoires, a été condamné à la mème peine.

Il résulte de documens officiels, que l'université se compose actuellement de 497 membres.

L'association pour l'émancipalicu politique, et la réforme électorale et parJementaire, s'est réunie ces jours derniers, el a nommé pour son président M. le vicomte de Châteaubriand. M. le duc de Fitz-James préside la réunion jusqu'an retour de l'illustre écrivain, qui aura lieu le mois prochain.

· M. le marquis de Dreux-Brézé a déposé, sur le bureau de la chambre des pairs, une pétition d'un grand nombre d'habilans de la Normandie, pour demander l'abolition du serment politique par tout au!re que par les fonctionnaires.

On s'occupe en ce moment de la translation, an for! Saint-Vichel, des prisonniers politiques, condamnés à la déportation et à la détention perpétuelle.

· L'exposition annuelle des fleurs, fruits, légumes, elc., de la société d'horriculture de Paris , aura lieu du 3 au 8 juin dans l'Orangerie du Louvre. Cette société est la première qui ait institué en France de ces expositions qui ont contribué si bien à l'encouragement du jardinage en Belgique et en Hollande.

M. Chayeray, procureur du Roi à Lyon, avoit porté plainle en diffamation contre le Précurseur, qui annonçoit que ce magistral avoit fail subir quelques mois de détention à un sieur Monier, prévenu de complot républicain , et qu'il saroit bien devoir être acquité. M. Chageray a plaidé pour sa propre cause., M. Péletin, gérant du journal, a été condamné à un mois de prison et 200 francs, d'amende.

On a arréié le 20, à Baupréau, la servante du juge d'iustruction, parce qu'elle porloit à sa poitrine une médaille à l'effigie du duc de Bordeaux.

Le Journal ile la Guyenne vient encore d'être condamné par défaut à trois ans de prison et à 6,000 fr. d'amende. Ce jugement, auquel il y aura opposition , porle contre M. Alex. Culié, l'an des géraus.

Les saint-simoniens viennent encore d'être à Nantes l'objet de quelques excès. L'autorité a été obligée d'intervenir pour les soustraire all soulèvement de la population.

Un journal a donné la liste des catholiques qui siégeut dans la chambre des communes en Angleterre. Il y en a huit pour l'Angleterre; savoir, le comle de · Surrey, fils ainé du duc de Norfolk; Robert Trockmorton; l'honorable Edouard Petre, frère de lord Peire; Thomas Stonor, Philippe-Henri Howard, sir Francis Vincent, l'honorable H. V. S. Jerningham , fils de lord Stafford, et l'honorable Charles Langdale, frère de lord Stourton. Pour l'Irlande, il y a 35 députés catholiques, dont 17 de la province de Leicester, 15 de celle de Munster, el 3 de celle de Connaught; il n'y en a point de l'Ulster. Il y a parmi les députés cinq O'Connell.

Uu traité préliminaire a été signé le 21 mai à Londres, entre la France et l'Angleterre d'une part, et la Hollande de l'autre. Les ratifications en seront échangées le 31. Ce traité se compose de six articles. Le premier lève l'embargo sur les navires et les propriétés hollandaises, et rétablit la liberté de la navigation pour le commerce bollandais. Le second place les relations entre les trois puissances contraclantes sur le pied où elles étoient avaut l'expédition d'Anvers , et met un terme aux missions des escadres combinées dans les eaux de Hollande. D'après l'article 3, les prisonniers de la garnison d'Anvers seront mis en libcrić; l'article 4 prolonge l'armistice entre la Hollande et la Belgique jusqu'à la séparation définitive des deux états. Enfin les deux autres articles rendent libre la wavigation de l'Escaut et de la Meuse; le tarif pour la seconde sera somis aux règles établies par le traité de Mayence.

Des scènes fåcheuses se sont passées à Anvers. Déjà il y avoit eu des provocations entre des jeunes gens, ou des militaires, et des journalistes, au suje! d'opinions orangistes de la part de ceux-ci. Le bruit se répandit ensuite qu'une société d'orangiste s'éloit organisée à la maison Roelants. Dans la soirée du 21 mai; plusieurs personnes qui s'y rendoient furent arrêtées et maltraitées par le peuple. MM.Van Gheelen furent presque assommés. M.Van Cutsem, substitut du procureur du roi, et MM. Lamy, qui voulurent prendre leur défense, eurent le inème sort. On se porta ensuite à la maison Roelants pour l'envahir, et à l'imprimerie du Journal du Commeice, où l'on parvint à tout dévaster. La force armée est arrivée assez à lemps pour défendre la première. Un commissaire de police, qui. donnoit l'ordre de charger les mutins, a été presque étranglé. Le 22, un piquei do lioupes a élé placé à l'imprimerie de M. Delrue , que l'on vouloit détruire. La

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