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Iranquillité est entièrement rétablie à Anvers. Les réunions de la Sociite de la Loyauté ont été interdites.

L'infant don Carlos a refusé de prèter serment de fidélité à la fille du roi d'Espagne, comme héritière du trône. Il a répondu à la conmimication

quc lui a faite dans ce but M. Cordova , par une lettre pleine de déférence pour son frère, et par la remise d'une protestation dans laquelle il déclare que son honneur et sa conscience ne lui permettent point de renoncer à ses droits à la couronne, à défaut d'héritier mâle.

Le professeur Uhland, élu député aux étals de Wurteniberg, el auquel le gouvernement a refusé la permission de siéger aux Etats, a domné sa démission de professeur. Le député Roiner, qui étoit conseiller de guerre, a pris le nième parti.

Le gouvernement a reçu de Constantinople des nouvelles qui vont jusqu'au 8 mai. Ie sullan renoit d'accorder à Ibrahim le territoire d'Adana qui faisoit le point en litige. Lord Ponsonby, ambassadeur d'Angleterre, éloit arrivé à Couslantinople le 1er mai. Le général omte Orlow, ambassadeur de Russie et commandant des forces russes, avoit débarqué le 5 å Bujukdéré. J.e Porle a adressé le 6 un firman d'amnistie à loutes les aulorités de l'Asie-Mineure. Cet acte constate que, d'après les assurances de fidélité et de dévoûmeni qu'il vient de recevoir de Mehemed et de son fils Ibrahim, il leur accorde sa bienveillance spéciale, confirme au premier le gouvernement d'Egypte et de Créle, el lui concède les départemens de Damas, Tripolic de Syrie, Seyde, Safred, Alep; les districts de Jérusalen et de Naplouse, avec la conduite des pèlerins el le cominand ement de Djidda ; qu'enfin il donne de nouveau à Ibrahim le titre Cheik - al - Haram de la Mecque et le disirici de Djidda.

La ville de Madras alix Indes-Orientales est désolée par le choléra , la famine et la sécheresse. Aux dernières nouvelles, il n'y avoil pas plu depuis cing muis.

La ville de Cumberland, capitale du comté d'Alleghany, aux Etats-Unis, el qui reufermoit une population de 5,000 habitans, a été, au commencement d'avril, entièrement détruite par un incendie.

CIA MBRE DES PAIRS.

Le 27, on continde la discussion de la loi sur l'instruction primaire. D'après l'art. 14, le recouvrement de la perception en faveur de l'instituteur communal de donnera lieu à aucune remise an prosit des agens de la perception. M. Roy, dans l'intérêt de ces derniers, demande le rejet de l'article; mais il est maintenu, sur les observations du ministre, avec une disposition portant que la coinmune l'emboursera les frais de perception.

M. Monnier combat l'art. 15, portant qu'il sera établi dans chaque départe. ment une caisse d'épargnes et de prévoyance en faveur des instiluleurs, au mnyen

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d'une retenue de 5 pour cent sur leur traitement. L'oraleur préféreroit l'établissement de pension de retraite. M. Guizot représente l'inconvénient de pensions qni sonl perdues si l'on a moins de soixante ans d'âge ou de trente ans de services. Il croit d'ailleurs qu'en adoptant l'amendement on prendroit l'initiative d'une dépense que la chambre des députés peut seule instituer. A près avoir encore entendu MM. de Sacy, de Baranle et Cousin, l'amendement est rejeté, et l'article adopté.

M. de Laplace, membre de la commission , rend compte des mo!ifs qui ont déterminé celle-ci à rendre le curé ou le pasteur membre de droit du comité conmunal de surveillance de l'instruction primaire. Elle a pensé que la chambre des députés s'éloit trop laissée préoccuper par des évènemens politiques encore récens. Le curé n'aura aucune influence politique à exercer dans le comité. On ne sauroit le laisser étranger aux premiers germes d'instruction morale et religieuse, qui devroni fructifier plus tard entre ses mains. M. de Montlosier déclare que sa conviction n'est pas ébranlée, foi vie gentilhomme et de montagnard , et que si l'on n'accueille pas ses observations, on pourra s'en repentir. M. de Preissac soilo tieni avec force l'amendement de la conmission. Il rend hommage aux services que rend le clergé à l'instruction primaire, et, quoique prolestant, il désire vivement que les curés catholiques soient, comme les pasieurs, appelés an sein des comités. M. de Sacy demande qu'il soit question des pasteurs protestans dans un autre paragraphe. Celle observation est accueillie, et l'article passe avec l'admission du curé et celle de l'adjoini du maire, réclamée par M. de Praslin, en cas d'absence du niaire.

Le 28, on adopte, sur la proposition de M. Cousin, rapporteur de la comunission, un paragraphe additionnel portant que dans les communes dont la populaa. tion est répartie entre différens cultes reconnus par l'Eial, le curé, ou le plus ancien curé, et un des ministres de chacun des aulres culles désignés par son consistoire feront partic du comité communal de surveillance. D'après ce principe, on admellra aussi dans le comité d'arrondissement un ministre de chacun des cultes qui y sont exercés.

Le reste de la loi passe sans modification. L'ensemble est ensuite role à l'una. nimité moins quatre , et la chambre se sépare sans ajourgement fixe.

CEAUBRE DES DÉPUTÉS.

Le 27, M. le général Delort fait la proposition d'accorder une pension de 6,000 fr. à la veuve du général Dccaen. La prise en considération est rejetée , malgré l'appui do ministre de la guerre.

11. Vatout conclut, au nom d'une commission, à l'adoption de la proposition de M. de Schonen, tendant à ouvrir un crédit pour payer les créanciers de l'ancienne liste civile, et donner un secours aux pensionnaires. MM. Lhcrbelle et Salverte veulent renvoyer au loin la discussion; mais clle est fixée à samedi prochain, sur l'instance de MM. Vatout et Ganneron.

On reprend la discussion on projet de loi sur l'amortissement. Le débal recommence sur l'art. 3, porlant qu'il ne pourra plus être disposé des rendes rachetées sans une loi spéciale. M. Vidal propose la suppression du dernier mot, afin de ne point empêcher la chambre d'attaquer l'amortissement, en faisant des lois de finances. M. Lefèvre combat, c M. Salverte défend cet amendement. M. Duchálel insiste sur la nécessité de garantir de loute alleinte improvisée le crédit anquel il ne convient de toucher que par une loi; mais il présente de fortes considérations pour le maintien de l'article. L'amendement est rejelė, malgré de nouvelles observations de M. de Tracy.

M. Laurence demande alors le rejet de l'article entier. Il rappelle que, lorsque M. Mounier sollicitoit à la chambre des pairs le vote du budget pour plusieurs années, le niinistre du commerce répondit que la chambre des députés ne voudroit pas renoncer au vole annuel du budgel. M. Thiers dit

que la proposition éloil bonne, mais qu'elle alloit trop loin, et qu'il a sui défendre les prerogatives de la chambre des députés. Cependant, la delle publique est un objet que l'on peut voler pour long-temps, puisqu'on ne pourroil en refuser l'allocation. Cela posé, les rentes rachetées élan! une partie de la delte, il n'y a pas lien de les endommager sans une loi solennelle et toute particulière. Le ministre est interrompu par des cris et des murmures, pour avoir employé l'expression : Noble chambre. M. Garnier-Pagès s'oppose aux prétentions qui résulteroient des explications de M. Thiers. M. Dupin, qui ne préside point aujourd'hui, monte à la tribune pour : soutenir les prérogativez de la chambre en matière de cole de dépenses. M. Thiers paroit piqué de l'opposition du président , et reproduit avec chaleur ses arguniens. M. Dupin réplique. MM. Humann, et Gouin , rapporteur, insistent pour le main. tien de l'article. Il est siis aux voix; deux épreuves sont douteuses. A l'appel nominal, il

passe à la majorité de voix.
Le 28, M. Blain , député d'Ille-et-Villaine , donne sa démission.
M. Passy dépose son rapport sur le budget de la guerre.

On reprend la discussion de la loi de l'amortissement. MM. de Mosbourg et Bastide-d'Izard présentent des amendemens qui ne sont pas accueillis. Les articles resiant sont adoptés, et ensuite l'ensemble de la loi passe à la majorité de 179 contre 82.

M. Lherbelle demande que le ministre du commerce produise les pièces relatives à la loi sur l'achèvement des travaux publics. Celle motion est rejetée, attendu que les pièces out été communiquées à la commission.

La discussion s'ouvre sur le budget de l'intérieur et des cultes. A l'occasion du chapitre 4 , qui demande 1,265,500 fr. pour dépenses secrettes el ordinuires de la police générale, M. Garnier-Pagès réclame la parole. Il se plaint de la translation au fort Saint-Michel des condamnés politiques détenus à Sainte-Pélag:e, tandis que l'on veut mettre en liberté madame la duchesse de Berry, et comme on délivrera peut-être aussi les anciens ministres. Il sollicile le transfert des prisonniers politiques à Ham el à Blaye. M. le ministre du commerce répond que l'on se

plaignoit de l'enconibrement des prisons de Paris, et que d'ailleurs le fort SaintMichel est salubre el cominodément disposć. MM. Garnier-Pagès et Mauguin soutiennent que celle forteresse est malsaine. M. Dupin aîné s'étonne des exigences de l'opposition, qui voudroit des privileges pour les prisonniers politiques. Il rappelle que parmi eux il se trouve des individus condamnés pour honuicide ou pour révolte. Quaut à madame la duchesse de Berry, il déclare qu'elle a d'autres avocats, qu'il ne se charge point de sa défense.

M. Lafayelle réclame, au nom de l'humanité, contre le transfert à St-Michel. M. le ministre de l'intérieur affirme qu'il est faux que des duretés aient été exercées envers les condamués lors, de leur extraction de Sainte-Pélagie. M. Joly trouve que la mise en liberté de madame la duchesse de Berry sera un acle aussi illegal que sa détention sans jugement; il ne veut point de privilege en faveur des grands, et réclame à l'avance contre l'élargissement des prisonuiers de Ham, pour lesquels les ministres actuels épronvent une sympathie de système, et contre les ménagemens dont il croit que les Vendéens seront l'objet. M. le garde des-sceaux soutient que la conduite du gouvernement est également humaine pour tous les prisonniers. Quant à madame la duchesse de Berry, il convient qu'elle étoit coupable; mais de baules considérations, auxquelles la chambre s'est associée (réclamations aux extrémités), et le danger de la faire juger dans l'Ouest, ont engagé le gouvernement à suivre une autre ligne de conduite. M. Joly réplique; une longne agitation succède à ces débats.

Les différens chapitres du ininistère de l'intérieur passent sans autre modification que les réductions proposées par la commission. On entame ensuite le chapille 17, le premier sur les cultes, el qui concerne le traitement des évêques. M. Isamlert prononce un discours véhément, qu'il termine en demandant la réduction des siéges.

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fe Góraut, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 29 mai 1833. fruis pour 100, 10uissance dıl 22 déc. , ouvert à 79 fr.

70 c. et fermé à 79 fr. 60 c. Cinq polir ion, jouiss. iu 22 mars, ouvert à 103 kr. 55 c. et lermé à 103 fr. 60 c. Actions de la Banque.

. 1800 fr. oo c.

IMPRIMERIE D'Av, LE CLERE ET COMP.

SAMEDI 1er JUIN 1833.

M 3009.)

ROYAL.

Sur les Affiliations à l'Église française de l'abbé

Châtel.

On ne sait que trop que l'époque qui suivit immédiatement la révolution de juillet (ut une époque de vertige, de troubles et de désordre : des églises, des séminaires , des presbytères furent pillés, des curés furent forcés de fuir; les pasteurs les plus sages furent en butte à des voies de fait. Les plus mauvais sujets s'enhardissoient mutuellement à des insultes et à des violences dont l'anarchie qui régnoit leur faisoit espérer l'impunité. D'ailleurs, en beaucoup d'endroits l'autorité locale étoit d'accord avec eux; elle protégeoit sous main l'émeute contre le pasteur, quand elle ne la dirigeoit pas ostensiblement. Il semble

que

le génie du mal se fût déchaîné, dans grand nombre de communes, pour anéantir l'exercice de la religion. C'est alors que Châtel créa ce qu'il appelle son Eglise française. Ce fantôme d'église plaisoit à des gens indifférens on ennemis. On demanda au réformateur des prètres formés à son école. Il s'est vanté souvent, dans ses discours, que de nombreuses demandes lui avoient été alors adressées, et il vient de publier dans son journal la liste de ces demandes. D'abord, nous trouvons dans le seul énoncé bien des traces de charlatapisme. Nous lisons en tête de la liste : Communes et départemens qui ont adopté la réforme. Or, c'est un mensonge palpable. Parce que l'on a écrit d'une commune à Châtel

pour

lui demander un prêtre, ce n'est pas une preuve sans doute que le département ou se trouve cette commune eût adopté la réforme, ce n'est pas une preuve même que la commune d'ou est partie la demande fút toute pour la réforme ; car la plupart du temps cette demande n'étoit que l'ouvrage d'une petite fraction, quelquefois de deux ou trois individus. Cependant, dans sa liste, Châtel ne manque jamais de mettre : Les habitans de tel et íel endroit. Pour être plus près de la vérité, il auroit dû dire : Des habitans..... Après ces observations préliminaires, venons à la liste même.

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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