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EHe s'étend depuis le 16 septembre 1830 jusqu'au por janvier 1833 (1), et nomme cinquante-sept communes. Nous ne savons pourquoi le rédacteur n'a pas suivi l'ordre chronologique, comme cela paroissoit plus naturel, ou au moins l'ordre des départemens. Les communes sont entassées confusément. Nous suivrons l'ordre des dates. La première demande, suivant cet ordre, est du 23 septembre 1830 : elle venoit de Butot, canton de Jarilly, Seine-Inférieure. Or, dans le tableau des paroisses du diocèse de Rouen, nous ne trouvons ni Butot, ni Jarilly, qui cependant, étant chef-lieu de canton, n'auroit pas dû être omis. Auroit-on voulu mystifier l'abbé Châtel en lui cnvoyant des demandes venant de communes imaginaires, ou bien M. le primat auroit-il essayé de mystifier ses lecteurs en enflant sa liste de noms supposés ? En tout état de cause, la véracité de la liste officielle se trouve fort compromise.

Pour le mois de novembre, la liste indique six demandes : le 3, de Puis et Justaris, Haute-Garonne; le 27, de Cherg-enArxois , Seine-et-Marne ; le 29, de Bénarville, Seine-Inserieure, et de Beauchamps, Somme; et le 3o, de Saint-Aignande-Versillac, Creuse, et de Lucy-sur-Yonne, Yonne. Nous avons aussi quelques remarques à faire sur ces noms. Nous ne trouvons point dans la Haule-Garonne Puis et Justaris ; mais nous trouvons Pins-Justaut. De même il n'y a pas de Cherg-en-Arxois dans Seine-et-Marne; mais il y a dans le departement de l'Aisne une commune de Chézy-en-Orxois. Enfin, l'Almanach du Clergé n'indique pas de commune de Bénarville dans l'arrondissement du Havre : peut-être cette commune est-elle réunie à une aulre paroisse.

Le mois de décembre 1830 fut le plus fécond en demandes de prêtres faites à Châtel ; et quoique celte nomenclature puisse paroitre un peu sèche, nous croyous cependant que, dans les divers pays, on ne sera pas fâché de connoitre les communes d'ou l'on prétend qu'il a été écrit à Châtel : 1 or décembre, Fontenelle, Côte-d'Or; Taillancourt, Meuse, et Crissey, Saone-et-Loire; 2 décembre, Saget, Côte-d'Or; 3 décembre, Tusson, Charente; 4 décembre, Saint-Ignan, HauteGaronne; 5 décembre, Ivors, Oise; 7 décembre, Lanne-Cor

(1) Il y a dans le journal de Châtel : Depuis le rer septembre 1833 jusqu'au res janvier 1830. Ce sont épidémineut des fautes d'imprimerie.

bin, Hautes-Pyrénées; 8 décembre, Saint-Christaud et Ausson, Haute-Garonne, et Bazinval, Seine-Inférieure; 10 décembre, Clermont, Aude; 11, Saint-Marcel, Drome, et Demu, Gers; 12, Fontcouverté, Aude, et Neuville, Ardennes ; i3, Lure, Ardennes ; 14, Saint-Léger-aux-Bois, Seine-Inférieure; 16, Montigny-Montfort, Côte-d'Or; 19, La Rivière (on ne dit point le nom du département); 25, La Selle-en-Hermois, Loiret; 26, Louzouer et la Chapelle-Saint-Sépulchre, Loiret; 27, Consales, Hautes-Pyrénées ; 28, Thozaille et Paucourt, Loiret; et 29 décembre, Orjeux, Côte-d'Or. Douze de ces communes ne sont point dans l'Almanach du Clergé: ce sont Crissey, Saget, Saint-Ignan , Lanne-Corbin, Ausson , Bazinval, Clermont, Saint-Marcel, Fontcouverte, Lure, Consales et Thozaille. Nous ne dirons pas que ces communes n'existent point : peut-être le département est-il mal indiqué, ou sont-ce des communes réunies, depuis le concordat, à d'autres paroisses , et que, par cette réunion, l'Almanach du Clergé ne mentionne point.

Pour le mois de janvier 1831, la liste nomme cinq communes; savoir : le jor, Napt, canton d'Yzernore, Ain; le 8, Pousseau , Nièvre; 10, Rouvroy-sur-Ortrain (on ne dit point quel département); 16, Grévy-Loizy, Ardennes ; et 23, Dury, Aisne. Ni Napt, ni Yzernore ne se trouvent sur la liste des paroisses du diocèse de Belley. Cependant Yzernore, chef-lieu de canton, ne seroit certainement pas omis.

En février 1831, nous trouvons trois demandes : le jer du mois, Saint-Arit, canton de Luches, Lot-et-Garonne ; le 16, Salbrin, Loir-et-Cher; et le 18, Villefavart, Haute-Vienne. Saint-Arit et Luches n'existent pas : il faut lire apparemment Saint-Avit, canton de Seyches. Au lieu de Salbrin, il faut lire sans doute Salbris. La demande de Villefavart est marquée au 18 février 1830; c'est évidemment une erreur, puisque la liste ne commence qu'en septembre de celle année.

Le 3 mars 1831, il y eut trois demandes, l'une de Condésur-Hizon, Calvados; une autre de Rosnay, Vendée, et la troisième d'Allogny, Cher.

Au mois d'avril, il y eut des demandes de Clichy, près Paris, et de Montrejean, Haute-Garonne.

L'empressement se ralentit ensuite beaucoup, car on ne trouve plus que deux demandes pour le reste de l'année 1831: le 27 mai, de Boudeville, près Rouen (c'est sans doute Bouville'); le 12 juillet , de Bernadet, Hautes-Pyrénées.

En 1832, la liste mentionne huit demandes : au mois de février, Saint-Prix, Seine-et-Oise, et Roche-sur-Rognon, et Bettaincourt, Haute-Marve; le 16 mars, Burg, canton de Tournay, Hautes-Pyrénées; le 4 juin, Sinzos et l'Heiş, même département (ces noms paroissent estropiés, comme tant d'autres ); le 14 août, Erniont, Seine-et-Oise; en novembre, Pouillé, Vendée, et en décembre, Boulogne, près Paris.

Après avoir parcouru cette liste, il est impossible de ne pas remarquer combien elle est inexacte et défectueuse. Les noms y sont défigurés de manière à les rendre méconnoissables. Est-ce simplement négligence? ou bien entre-t-il là quelque calcul pour dérouler le lecteur? C'est ce que nous ne saurions dire. Tout ce qui nous paroit de plus clair, c'est que toutes ces bévues infirment beaucoup l'autorité de la liste. On sait, au resic, ce qui est advenu de toutes ces demandes qu'on nous étale avec tant de complaisance : il en est très-peu qui aient eu quelque résultat; presque toutes ne partoient que d'une très-petiie minorité d'habitans. Souvent ce furent des projets abandonnés presque aussitôt que formés. Ou Châtel n'envoya point de prêtres, ou ils ne purent se soutenir. C'est ce qui est arrivé à Villa, envoyé à la Selle-en-Hermois ; à Reb, envoyé à Villefavart; à l'intrus qui alla à Ermont; à Guicheteau, qui essaya de s'établir à Pouillé; à Martin, qui desservit quelque temps Saint-Prix, etc. De ces cinquante-sept communes dont Châtel a enflé sa liste, nous n'en connoissons que deux où son schisme continue ; savoir : Boulogne, où il est tombé dans un grand discrédit, et Roche-sur-Rognon, ou Marche se soutient encore. Cette grande Eglise catholique francaise subsiste donc dans deux communes, hors Paris ; ce qui n'empêche pas Châtel de répéter en finissant qu'il a pour lui vingt-neuf départemens, c'est-à-dire plus d'un iiers de la France. C'est une jactance dont personne ne sauroit être dupe. Il aussi par trop absurde d'inscrire un département comme ayant adopté la réforme , parce que d'un coin d'une petite commune on aura écrit à Chatel pour lui demander un prêtre.

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NOUVELLES ECCLESIASTIQUES.

PARÍS. Les ennemis de la religion triomphent d'un amendement adopté mercredi par la chambre des députés à une très-foible majorité. Cel amendement porte qu'il ne sera plus accordé de fonds pour la dotation des siéges épiscopaux qui viendront à vaquer parmi ceux qui ont été créés postérieurement au concordat de 1801. Il est aisé de voir quels vont être les résultats de cet amendement : ce sera de porter le trouble dans l'administration des diocèses. Il y a eu trenle diocèses rétablis depuis 1801 ; les voilà bien avertis qu'on veut leur suppression. Dès lors les évêques, les chapitres, les séminaires n'ont plus qu'une existence précaire; ils sont comme des gens condamiiés à mort et qui attendent l'exécution de l'arrêt. Tout va être frappé de langueur, et les projets les plus sages , les mesures les plus urgenles, voull'ester en suspens. Les siéges qui deviendront vacaas lomberont dans l'anarchie. Que pourront, pour le bien, des grands-vicaires qui auront à craindre d'être dépossédés le lendemain par la suppression définitive des siéges? Quelle source intarissable d'embarras et de difficultés ? Quel puissant motif de découragement dans le clergé! Quoi de plus propre à diminuer encore les vocalions ecclésiastiques ! Comment se dissimuler que tout cela tient à un plan hostile á la religion? Expliquez autrement celle obstination a revenir sans cessé sur une mesure dont on avoit démontré l'injustice et les inconvéniens. N'étoit-il pas évident que cinquante évèchés étoient trop peu pour un pays aussi étendu que la France; que dans cette circonscription il y avoit des diocèses llop vastes et auxquels les forces d'un seul honime ne pouvoient pas suffire; que la surveillance ne pouvoit être la même, etc. ? N'étoit-il pas évident qu'un nouveau changement alloit mettre la confusion dans loutes les parties de l'administration ecclésiastique? Si c'est là ce qu'on vouloit, c'est une nouvelle preuve de la bienveillance et de la protection auxquelles la religion doit s'attendre dans un état de choses où ce sont préciséméni ceux qui n'en usent pus, comme le disoit M. Audry de Puyraveau, qui sont chargés de régler ses intérêts.

- Nous avons rendu compte, l'année dernière, du procès pour la châsse de saint Vincent de Paul (Nos. 1948 et 1950). Il y a eu , comine nous l'avons vu, une expertise ordonnée. Cette expertise a été faite. Les avocals ont comparu à l'audience du tribunal du 22 mai. M. Lavaux, avocat d'Odiot , a demandé 12,000 fr: d'intérêts, outre le restant du prix de la facture ; enfin, il a demandé que le tribunal déférât le jugement à M. l'archevêque sur la question de savoir s'il n'avoit pas consenti des intérêts. M. Hennequin, qui a présenté un résumé de l'affaire, a soutenu de nouveau qu'il n'y avoit point eu de convention entre M. l'archevêque et l'orfèvre : le serment, a-t-il dit, ne peut être déféré à M. l'archevêque ; la loi veut que le serment porte sur un fait personnel, et dans la cause rien ne lui est personnel. Vous concevez tout ce qu'on , a mis d'espérance dans ces conclusions subsidiaires : un archevêque appelé devant un tribunal pour se voir déférer le serment! La loi et l'équité s'opposent à ce que le prélat soit appelé : s'il l'étoit, il ne pourroit comparoître. Après les répliques des deux avocats, et les conclusions du ministère public, qui s'est borné à s'en rapporter à la prudence du tribunal, la cause a été renvoyée à quizaine pour le prononcé du jugement.

- On sait que les protestans distribuent ce qu'ils appellent des Traités religieux qui sont ou doivent être des anecdotes , des fictions morales, des réflexions sur l'Ecriture, etc. Il existe parmi eux une société des Traités religieux qui se charge d'en composer et d'en répandre. Parmi ces traités, il y en a où le protestantisme se déguise avec plus ou moins d'art; il y en a d'autres où il se montre ouvertement. Mais nous n'en avions vu aucun où il outrage les catholiques avec plus d'amertume que dans celui qui a, pour titre : La papauté , son règne et sa destruction, annoncés par les prophéties du nouveau Testameni, établissent la divine autorité. du christianisme. Ce n'est qu'un in-12 de 11 pages:

L'auteur prétend qu'on le jugeroit mal, si on le soupçonnoit d'avoir voulu traiter une question dont la discussion füt empreinte d'un sentiment d'animosité individuelle ; et tout l'écrit, au contraire, respire le fie! du protestant le plus passionné. L'auteur ne s'appuie qne sur deux passages des épîtres de saint Paul, où l'apôtre parle de l'homme de péché, du fils de perdition, de l'esprit d'erreur et des faux docteurs qui viendront dans les derniers temps; passages qu'il lui plait, sans aucune espèce de preuve, d'appliquer à la papauté. 11 trace de la papauté le portrait le plus odieux, et accumule sur elle tous les reproches ou plutôt tous les crimes, Pleine de ruse, dévorée d'orgueil et d'ambition, adonnée aux plaisirs des sens, tels sont, suivant Jui, ses caractères. Non-seulement il ne veut point que le

soit infaillible, il refuse même ce privilége à l'église assemblée. Il se moque de ceux qui présentent la décision d'un concile général comme la décision de Jésus-Christ même. Mais n'a-t-il pas là la décision du concile de Jérusalein dans les actes des apôtres : Visum est Spiritui sancto et nobis ? Dira-t-il aussi que c'est une prétention insolente de la part des membres de ce concile de proclainer leur décision comme celle de l'Esprit saini ? Tout ce qu'il dit ensuite de l'a conduite des papes est rempli de déclamations, d'exagéralions, de fausselés. 'Il applique à la papauté ce qui n'appartient qu'à quelques papes. Il voit un système dans des actes particuliers. Il juge tout avec des yeux ennemis ; il accumule les épithètes les

pape

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