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Divers Entretiens sur la Vie cachée de Jésus-Christ dans l'Eucharistie :

par le P. Charles Lalemant (1). Ces Entretiens sont au nombre de quarante-cinq, et traitent de l'excellence de l'eucharistie, de l'état de Notre-Seigneur dans l'eucharistie, des rapports de l'eucharistie avec l'incarnation, des effets de l'eucharistie, etc. Ces Entretiens sont suivis de quatre antres, pour purifier l'ame et la disposer à la réception de ce sacrement. L'anteur, étonné du peu de fruit que l'on retire de la sainte Table, a cru, dit-il, que cela pouvoit provenir de ce que l'on ne fait point assez de discernement du pain céleste. Il a donc cherché à faire comprendre la grandeur de ce mystère et les dispositions que l'on y doit apporter. Ses réflexions nous ont paru judicieuses et propres à faire du fruit.

Nous ne connoissons point le P. Ch. Lalemant ; le catalogue des écrivains jésuites ne porte point ce nom, et ne fait mention que des pères Louis et Jacques-Philippe Lallemaut, le premier, mort en 1635, et le second en 1948. L'approbation des Divers Entretiens est de 1656. L'éditeur annonce qu'il a été nécessaire de reloucher le style, qui offroit quelques expressions suirannées, ce qui n'est pas éloppant pour un ouvrage qui remonte au milieu du 17° siècle.

Après les Entretiens viennent des Pensées sur l'Eucharistie, tirées de la Doctrine spirituelle du P. Louis Lallemant, que vous avons nommé loul à l'heure; un Entretien pour la féle du saint Sacrement, par le P. Nouet, autre jésuite, tiré de son livre de la Vie de Jésus-Christ dans le saint Sacre. ment; et des Réflexions sur la communion et ses effets, par le P, Surin, lirées de son Catéchisme spirituel.

On y a joint la Préparation au Viatique pour la bonne mort, et des déa tails sur la Confrérie de la bonne Mort, érigée dans l'église des Dames de SaintThomas de Villeneuve, à Paris. Cette confrérie a été approuvée par le saint Siége, et a obtenu des indulgences plénières et partielles, dont on trouvera ici l'indication.

(1) In - 18. Prix, 1 fr. 25 c., et 1 fr. 75 c. franc de port. Chez Gaume, rue du Pot-de-Fer ; el au bureau de ce Journals

Le Géraut, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 7 juin 1833. Truis pour 100, jouissance du 22 déc. , ouvert d. 78 fr.75 c. et fermé à 78 fr. 60 c. Con nour 100, jouiss. iin 22 mars, ouvert à 104 Ir. 40 $, et fermé à 104 kr. 30 c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . oooo fr. 50 c.

IMPRIMERIE n'a), LE CLERE ET COMP.

MARDI 11 JUIN 1833.

(N° 2113.)

Les vrais Principes opposés aux erreurs du dix-neuvien

siècle, par M. V. de B..... (Suite.) (1). Examinons maintenant la définition qu'on veut nous faire adopter, comme plus convenable à notre dignité. L'homme, nous dit-on, est une intelligence servie par des organes. Nous asions toujours cru que l'illustre auteur des Recherches philosophiques n'avoit point prétendu donner, par ces paroles, une définition rigoureuse de l'homme , et réformer la définition reçue. Cet écrivain célèbre, aussi recommandable par ses sentimens religieux que par son profond savoir, combattoit une philosophie toute matérielle qui ne voyoit dans l'homme qu'une. matière organisée et sensible qui reçoit l'esprit de tout ce qui l'environne et de ses besoins. C'est en opposition à celte absurde définition , dans laquelle l'esprit est subordonné à la matière et supposé venir de la matière, qu'il établit que l'homme est une intelligence servie par des organes ; prenant la partie la plus noble pour le tout, et montrant la subordination naturelle des deux parties de l'homme, dont l'une est faite pour commander, et l'autre pour obéir. C'est du moins ainsi que nous l'avons entendu. Mais, si on nous présente aujourd'hui cette définition comme rigoureuse et préférable à celle qui a été adoptée sans réclamation dans tous les siècles, l'attachement aux vrais principes nous oblige de dire qu'elle nous paroit inadmissible, et que nous la croyons fausse en philosophie, dangereuse et erronnée en théologie,

Nous ne lui reprocherons pas, la nouveauté; car il faut avouer qu'elle est ancienne. Elle n'a paru nouvelle que parce qu'elle étoit oubliée. Saint Grégoire de Nysse en fait mention, et l'attribue à Plalon. Saint Thomas dit également que Platon définissoit l'homme une ame servie par un corps. Posuit hominem esse animam corpore utentenn. Entre cette définition et celle qu'on nous présente, il n'y a de différence que

(1) In-8°, prix, 3 fr. 50 c., et 4 fr. 50 c. franc de port, A Avignon, chez Seguin; el, à Paris, au bureau de ce journal.

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

S

pius d'exactitude dans l'expression de Platon; car l'ame hue maine, quoique intelligente, ne peut qu'improprement être appelée intelligence. Elle est raisonnable, et la raison, selon saint Thomas, suppose l'imperfection de l'intelligence. C'est par cette imperfection que l'ame humaine est distinguée des anges, ou des intelligences proprement dites. Saint Thomas rejette la définition de Platon, et la combat dans sa Somme théologique, dans ses Commentaires sur le Livre des Sentences, dans son Traité contre les gentils, dans son Commentaire sur l'Epître aus Romains, et partout ou il a occasion d'en parler. .. . . . · Et, en effet , une définition doit expliquer clairement la nature de la chose définie, et la distinguer de toute autre chose. Mais dire que l'homme est une intelligence , ou une ame servie par des organes , est-ce expliquer la nature de l'homme ? est-ce faire connoitre suffisamment l'union qui existe entre la substance intelligente et la substance matérielle? Il est clair que non. Celle union n'est pas une simple relation de supériorité et d'infériorité, de commandement et d'obéissance : elle est telle que de deux substances distinctes il résulte une seule substance, une seule chose, une seule personne, laquelle n'est ni le corps ni l'ame, mais un tout résultant des deux parties qui ne peuvent être conçues séparées, le tout restant ce qu'il est, restant homme. C'est ce qu'enseignent communément les philosophes', et en particulier saint Augustin : Substantia istà , res ista , persona ista , quæ homo vocatur, constans ex anima rationali et carne morlali. En vertu de cette union, toutes les actions propres à l'une ou à l'autre de ces substances sont attribuées au tout, qui est le principe agissant. Ainsi, de même qu'on dit l'homme pense, l'homme raisonne, on dil également l'homme mange, l'homme dort, et aussi l'homme naît, l'homme meurt. : i

Ce n'est point une union de cette nature qu'expriment les mots ame ou intelligence servie par des organes. L'ange Raphaël, tout le temps qu'il accompagna le jeune Tobie, se faisoit servir par des organes, et il n'étoit pas homme. Platon, auteur de cette définition, comparoit l'union de l'ame avec le corps à celle d'un pilote avec le vaisseau qu'il dirige dans sa course. Quelques-uns de ses disciples l'ont comparée à celle du corps avec les vêtemens dont il se couvre. On pourra peut-être imaginer d'autres comparaisons moins défectueuses ; mais on ne prouvera jamais que ces mols espriment une union substantielle, c'est-à-dire une union qui, de deux substances, forme ume substance unique, une personne.

Si c'est l'intelligence qui est l'homme, ce qui est dit du corps organisé ne sera pas dit de l'homme. Une intelligence n'ayant ni père ni mère, et étant, de sa nature, immorielle, on ne pourra pas dire qu'un homme est engendré ou descend d'un autre homme, ni qu'il meurt. Ce que nous appelons la mort n'alteindra pas l'homme, mais seulement le serviteur de l'homme devenu inhabile au service de son maitre. On dira peut-être qu'en admettant la définition communément reçue il n'y a également que la partie animale qui soit engendrée et qui meure. Cela est vrai en un sens ; mais, à raison de l’union qui existe entre les deux substances, elles sont également parties essentielles de l'homme, et la dénomination d'homme convient à l'une et à l'autre. La femme dans le sein de laquelle se forme un corps humain est dite mère d'un homme, parce que ce corps qui lui doit sa naissance est partie essentielle du tout, et qu'il est la cause (non efficiente, mais occasionneile) de l'ame, qui, suivant les lois établies par le Créateur, doit lui être unie pour compléter l'homme; de manière que l'ame elle-même doit son existence à ceux qui engendreni le corps auquel elle est unie. .. . : Platon a élé conduit à donner sa définition par les faux principes qu'il avoit adoptés, ou qu'il s'étoit faits. Comme les autres philosophes païens, il n'avoit pas d'idée, du moins d'idée nette de la création. Il admettoit une matière éternelle; les ames ne sortoient point du néant, elles étoient des éinanations de Dieu ou d'une ame universelle ; leur union avec le corps étoit une union accidentelle. Il admettoit la métempsycose, ou la transmigration des ames d’un corps à l'autre. C'étoient là des écarts d'un génie souvent sublime, qui certainement ne sont pas admis de l'auteur des Recherches philosophiques, ni de celui des Vrais Principes. Il est cependant échappé à ce dernier de dire que l'ame étoit raisonnable avant d'être unie au corps ; mais c'est sans doute une distraction : car il n'ignore pas que le dogme platonique de la préexistence des ames ne peut pas se concilier avec la doctrine catholique. - Au reste, il.est à remarquer que Platon lui-même, malgré sa définition, n'a jamais pié que la dénomination d'animal convint à l'homme. Comment l'auroit-il nié, lui qui pensoit que le monde lui-même étoit un animal? Le mot même ame n'a-t-il pas une relation évidente et nécessaire avec l'animai? Nier que l'homme soit un animal conduit à nier qu'il ait une ame.

Dans un autre article, nous examinerons la question par rapport à la théologie, et nous ferons voir que si la définition qu'on veut nous faire adopter contredit les notions de la philosophie, elle ne s'accorde pas davantage avec les notions que nous donne la foi, principalement en ce qui regarıle le grand mystère de l'incarnation.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. Paris. Les processions ont eu lieu dimanche dans l'intérieur des églises avec toule la pompe que permettoient les localités. A Notre-Dame, M. l'archevêque portoit le saint Sacrement. . .

- On assure que deux ordonnances ont nommé aux sièges de Montauban et de Tarbes, Ces ordonnances sont antérieures à l'amendement de la chambre des députés. Les ecclésiastiques nommés sont, pour Montauban, M. l'abbé de Trelissac, grand-vicaire de Bordeaux; et pour Tarbes, M. l'abbé Double, archiprêtre de la cathédrale de Montauban. Ils ont été prévenus de leur nomination. M. l'abbé de Trelissac, qui avoit refusé le siége de Monlauban il y a quelques mois, ayant été sollicité, de nouveau, a enfin consenti à accepter. Un journal s'est plaint de cette nomination qu'il regarde presque comme un atteniat contre la chambre. Mais d'abord l'ordonnance est antérieure à l'amendement, et ensuite l'amendement n'est que le voeu de l'une des trois portions du pouvoir législatif, et ne peut faire encore loi. .

- La Tribune annonça mercredi dernier qu'un service auroit lieu le lendemain å l'Eglise française, près la porte Saint-Denis, pour les victimes des 5 et 6 juin. Ce ne fut qu'après cette annonce, dit le journal d'Auzou, qu'on alla à son église faire la demande du service. On ne l'y trouva pas, et le service fut promis. Mais le soir un commissaire de police vint défendre la célébration. Auzou s'engagea à déférer à cet ordre , et alla prévenir à la Tribune que le service n'auroit pas lieu. Ce journal l'annonça en effet le lendemain matin, en même temps on apposa les scellés sur l'église qui resta fermée toute la journée. A l'heure indiquée arrivèrentsuccessivement en deuil plusieurs de ceux qui avoient demandé le service; il est inutile de dire que leur intention étoit que le service se fit pour les hommes du mouvement qui avoient péri les 5 et 6 juin. Des sergens de ville étoient distribués dans le quartier. Il n'y eut

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