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de Roanne à Paris, par Orléans. MM. Raude, Larabit, Mauguin et le ministre des finances combattent cette proposition, qui est rejetée.

On passe à celle de M. de Schopen, tendant à voter un crédit de 3 millions pour donner un secours aux pensionnaires nécessiteux de la liste civile, et pour solder les créanciers. M. Auguis vole le rejet, attendu que le nombre des réclamans est trop grand , el que l'on n'a pas vérifié la légitimité des créances. M. Vatout, rapporteur, défend la proposition, que la commission a réduite à 2 millions et demi. M. Joly plaint les pensionnaires; mais il ne pense pas que l'on doive payer les deues de Charles X. M. Lévêque de Ponilly défend la proposition. Il s'écrie, au milieu de quelques murmures, que la Convention a bien payé les delles de la royauté, et Louis XVIII celles de l'empire. M. Laurence prélend que l'on devroit se borner å livrer les biens de Charles X à ses créanciers, pour qu'ils se remboursent sur leur valeur. La discussion est renvoyée au samedi suivant, malgré les efforts de M. de Schunen , qui vouloit la faire continuer à la prochaine séance.

Vies des Saints du diocèse de Paris, avec des notes historiques; par

M. l'abbé Hunkler (1). L'auteur s'est proposé de réunir dans cet ouvrage les vics des saints qui ont apparteru au diocèse de Paris, soit par leur naissance , soii par leur résidence, soit par leur mort. L'Eglise de Paris, une des plus anciennes des Gaules, a offert dans Tous les siècles de grands exemples de verlus, et le recueil de ces exemples ne peut être qu'honorable pour la religion, et instructif pour les fidèles. Pour juger de l'intérêt d’no tel ouvrage, il suffit de citer les noms des personnages dont on y raconte la vie. Dans le premier volume, on trouve successivement sainle Geneviève, saint Guillaume, d'abord chanoine de Paris, puis archevêque de Bourges ; saint Fursy, abbé de Lagny; sainte Bathilde, reine; la bienheureuse Jeanne de Valois, reiue et fondatrice des Annonciades; sain! Séveverin, abbé, d'Agaune; saint Doctrovéc, premier abbé de Saint-Vincent ou Sainio Germain-des-Prés; la bienheureuse Marie de l'Incarnation (Acarie), carmélile; saint Germain, évêque de Paris; sainte Clotilde, reine; saint Landri, évêque de Paris ; saiut Babolein, abbé de Saint-Maur-des-Fossés, près Paris ; et saint Vincent de Paul. C'est sans doute une liste assez attachante que celle qui commenco par sainte Geneviève, et qui finit par saint Vincent de Paul. M. l'abbé Huokler a douné beaucoup de développemens à cette dernière vie, qui aboude en effet en détails du plus grand intérêt. L'histoire de lout ce qu'a fait le saiot prêtre, les bonnes Quvres qu'il a établies , les services qu'il a rendus à la religion el à l'humanité, l'impulsion qu'il a donnée à son siècle, lout cela méritoil un tableau plus élendu.

(1) Deux vol. in - 12. Prix, 6 fr., et 8 fr. lianc de port. Chez Poilleux, quai des Angristins ; el au bureau de ce Journal.

Le second volume contient les vies de saint Germain d'Auxerre, qui a toujours été honoré à Paris d'un culte spécial; de saint lou et de saint Justin, martyrs; de sainte Radegonde, reine ; de saint Ouen, évêque de Rouen , mort près Paris; de saint Louis, roi de France; de la bienheureuse Isabelle, sa sąur; de saint Merry, solitaire; de saint Cloud , aussi solitaire; de saiul Céran, évêque de Paris; de saible Aure, abbesse; de saint Denis et ses compagnons , inartyr's ; de saint Marcel, évêque de Paris; de saint Eugène, martyr; de saint Séverin, solitaire, différent du précédent ; et de saint Eloi, évêque de Noyon , qui avoit demeuré long-temps à Paris avant son épiscopat. L'auteur y a joint Marie-Clotilde de France, reine de Sardaigne, morte en 1802 en réputation de sainteté, el pour la béatificalion de laquelle il a été commencé des procédures à Rome, L'auteur s'est surtout étendu sur la vie de saint Louis, qui fut à la fois un grand roi et un grand saint.

M. l'abbé Hunkler a voulu probablement se borner dans ses recherches; car il auroit pu aisément comprendre dans son ouvrage des saints qui n'ont point appartenu, à la vérité, au diocèse de Paris, mais qui y ont fait des séjours plus ou moins prolongés, tels que saint Bernard, saint Ignace, saint Thomas d'Aquin, saint François de Sales, sainte Chanlal, etc. Il aura craint sans doute de faire un recueil Trop volumineux.

Presque toutes les vies sont terminées par des réflexions morales ou pieuses, tirées quelquefois des écrits des Pères. On remarquera aussi des notes sur les COCAmunautés et les pieux établissemens qui existoient autrefois à Paris. Ces notes embrassent les divers quartiers de la capitale, et rappellent à la génération présente l'existence d'une foule de monumens que le temps et la révolution ont engloutis.

L'ouvrage est dédié à M. l'archevéque de Paris, et revêtu de son opprobation. Il étoit déjà imprimé avant la révolution de 1830, et la publication en a été retardée par suite des circonstances fåcheuses qui ont pesé sur la librairie. M. l'abbé Hunkler , déjà connu par des productions qui ont pour objet de répandre parmi le peuple les principes de religion et de veriu, acqniert de nouveaux droits à l'estime des gens de bien par le recueil qu'il offre au public, et par le but qu'il s'est proposé dans ce travail.

Pe Gévaut, Adrien Le Clere.

Cours des EFFETS Publics, -- Bourse du 10 juin 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 78 fr. 80 c., et fermé à 78 fr. 65 c. Cinq pour 100, jouiss. 111 22 mars, ouvert á 104 fr. 40 e., et fermé à 104 fr. 20 c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . 1806 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD, LI CLERE ET COMP.

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Des Droits respectifs des Curés et des Maires sur la

sonnerie des églises. Des différends , quelque peu important qu'en soit l'objet, prennent un certain caractère de gravité lorsqu'ils ont lieu sur tous les points d'un vaste royaume. C'est un abus, léger en apparence, que d’employer le son des cloches à réunir un conseil municipal, à convoquer les électeurs de la garde nationale, ou à annoncer quelque revue villageoise. Mais lorsque ces discussions divisent presque partout les deux premières autorités de la commune; lorsque, grandies par l'intérêt qu'y mettent les parties contendanles, elles prennent autant d'importance à leurs yeux que les plus hautes questions politiques, pour lesquelles, ce nous semble, les habitans des campagnes demeureni fort indifférens, il est sage de ne pas fermer les yeux sur ces divisions, et de chercher les moyens d'y mettre un terme. Le ministre des cultes paroit l'avoir compris, et nous l'en félicitons sincèrement. Sa décision consacre un usage immémorial et les dispositions de l'ancienne jurisprudence. L'esprit de juillet, cet esprit, petit, taquin, et, par-dessus tout, inconséquent, après avoir proclamé qu'il falloit plus que jamais se séparer de l'église, a voulu être maitre dans l'église. Il ne lui falloit que deuxamesses dans l'année, celle de la Saint-Philippe, et celle des glorieuses victimes. Il a voulu les régler à sa manière. De toute la liturgie, un seul verset l'intéressoit; il a prétendu qu'on le chaõleroit autrement qu'on ne l'avoit fait jusqu'ici. Enfin, il lui importoit peu que les cloches, bénites et consacrées pour un usage religieux, servissent à leur pieuse destination, pourvu que l'on pût à tout propos interrompre les instructions et les offices, en faisant sonner bien haut la nomination des municipaux ou des officiers de la garde nationale.

Enfin, plusieurs évêques ont cru devoir se plaindre, el nous croyons que leurs plaintes ont été accueillies peu favorablement par MM. les préfets. Le ministre a été plus raisonnable : il a reconnu en principe que les cloches ne doivent servir, sauf de rares exceptions, que pour appeler les fidèles à l'église. Les

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

exceptions sont le cas d'incendie, d'inondation, d'invasion de l'ennemi, et, sur le refus du curé, le passage du Roi, sa fête, l'appel des enfans à l'école.

Il s'étoit élevé une discussion fort vive sur la question de savoir si le maire pourroit avoir une clef de l'église et du clocher. Il a été également reconnu que la garde de l'église apparlenoit au curé, sur lequel pèsc la responsabilité de tous les objets qui y sont renfermés. On a pensé qu'il n'y avoit pas de curé assez peu raisonnable pour refuser les clefs dans le cas ou il seroit nécessaire aux habitans de se réunir pour se défendre contre un danger subit et imprévu.

Nous ignorons les raisons qui ont amené M. l'évèque d'Amiens et M. le préfet de la Somme à publier un nouveau règlement; mais comme il renferme le fond de la décision ministérielle, nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en le mettant sous leurs yeux, ainsi que la circulaire qui le précède. On verra dans celle-ci avec quels égards et quels ménagemens l'autorité ecclésiastique accompagne l'exécution d'une mesure qui étoit d'ailleurs dans ses attributions.

. « Amiens, le 17 mai 1833. . · « Monsieur le curé, je vous adresse un nouveau règlement pour ia sonnerie : il doit prévenir désormais toutes les difficultés qui pourroient s'élever entre vous et l'autorité locale.

» L'article 1e indique dans le plus grand détail les divers cas où vons pouvez employer les cloches; je pense qu'aucun n'a été omis. En principe, vous avez le droit de faire sonner pour les instructions, services et offices religieux autorisés par les règles de l'Eglise, ou par une permission spéciale émanée de moi. . » L'article z renferme une mesure d'ordre public, dont vous pe devez jamais vous écarter.

» Dans le cas où le maire réclameroit le son des cloches pour unautre service que celui qui est prévu dans les articles 3 et 4, yous devez lui faire observer que le présent règlement, rédigé et approuvé, selon le vou de la loi , par M. le préfet el moi, ne vous permet pas celle concession ; mais si votre refus devoit entraîner quelques débats, parce que le maire verroit un inconvénient grave à abroger des usages existans depuis quelques années, j'exige que vous ne fassiez pas un refus définitif avant de m'avoir prévenu. Ce recours à mon autorité ne sera pas nécessaire quand il s'agira d'un service des cloches tout-à-fait nouveau ou existant seulement de puis un ou deux ans : vous pourrez alors refuser sans me consuller.

» L'article qui prescrit la sonnerie pour la tête du Roi devra être exécuté le jour auquel l'autorité locale en aura fixé la célébration civile; ce jour-là, comme à l'occasion du passage du souverain et des princes de sa famille, el pour appeler les enfans à l'école, le maire a le droit, sur votre refus, de faire sonner; mais je n'ai pas besoin de vous dire combien un tel refus seroit inconvenant : j'espère qu'il ne sera jamais fait, et, au besoin , je l'exige.

» Les sonneurs n'ont pas droit à un salaire particulier lorsqu'ils sonnent dans les cas prévus par les articles 3 et 4 (1). On sonnera pour la fête du Roi, le soir à sept heures, le lendemain matin à la même heure, et à midi.

» L'article 5 met exclusivement dans vos mains les clefs de l'église et du clocher. Il est des communes où les maires sont depuis long-temps en possession de les avoir concurremment avec vous : je n'ai pas besoin de vous dire avec quelle prudence et quels égards vous devez mettre à exécution la nouvelle mesure prescrite pour cet objet. Si elle devenoit l'occasion de quelque difficulté, vous auriez soin, avant d'en exiger la rigoureuse exécution , de m'en prévenir.

» Je serois mal compris, si vous pensiez , monsieur le curé, que je veux rendre moins avantageux le règlement que je vous adresse par des concessions qui tendroient à l'affoiblir. Je suis dans la disposition d'en réclamer l'exacte observation, et je vous invite à ne me laisser rien ignorer de ce qui pourroit y meltie obstacle; mais je veux que vous et moi n'oubliions jamais que nous devons éviter, autant que le devoir et la conscience nous, le permettent, toute sorte de collision avec les autorités civiles. Usons de fermeté, si elle est nécessaire, mais que ce ne soit que pour des droils sacrés et incontestables : pour tout le reste, nos armes les plus habisuelles doivent être la charité et une sage condescendance. Je sais que tels sont les sentimens et la conduite de l'immense majorité des prêtres de ce diocèse , et j'espère qu'il n'en est pas un seul qui ne soit disposé à les adopter.

» Receyez, monsieur le curé, l'assurance de mon estime et de mon affection,

JEAN-PIERRE, évêque d'Amiens.

» P. S. Parmi les divers journaux mensuels destinés à l'instruction du peuple, nous recommandons spécialement le Moniteur des villes et des Campagnes, et le Conseiller des Familles chrétiennes. Ces deux journaux song rédigés

(1) Les sonneurs seront prévenus, au moment de leur nomination, qu'ils ne peuvent rien exiger de la fabrique pour ce service. Ils pourront seulement recevoir les gratifications qui leur seroient volontairement faites par la mairie.

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