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dans un très-bon esprit, et avec l'intention de faire goûter les principes et les pratiques de la religion.

» Le Propagateur des Connoissances scientifiques et industrielles, etc., nous a paru bien fait et sans danger pour des lecteurs catholiques. Nous engageons MM. les ecclésiastiques à ne pas conseiller d'autres recueils mensuets où la religion est parfois attaquée directement ou indirectement. »

Règlement pour le son des cloches.

« L'évêque d'Amiens et le préfet de la Somme, considérant que depuis le règlement du 7 décembre 1802, approuvé le 19 du même mois, le droit de sonner les cloches a été le sujet de diverses contestations;

» Vu l'article 48 de la loi du 18 germinal au X (8 avril 1802),
» Il a élé arrêté entre le préfet de la Somme et l'évèque d'Amiens :

» Art. ier. Le curé de la paroisse aura seul le droit de faire sonner pour les prières , offices et instructions approuvées par l'évèque, et qui sont presque tous ci-après désignés , savoir :

« 1° L'Angelus , laquelle prière sera sonnée le matin , à midi et le soir;
» 2° Les messes basses et hautes qui seront dites les jours ouvrables ;
« 3" Les caléchismes faits les mêmes jours,

» 4° Les messes paroissiales, les vepres , saluts et catéchismes, processions qui ont lieu le jour de dimanche et de fêtes chômées. (La messe et les vepres seront annoncées une heure avant , et à trois reprises.)

.» 5o Les prières publiques pour le gouvernement. (Elles seront annoncées comme les offices du dimanche.)

» 6o Les visites de l'évêque, des grands-vicaires et des doyens, - » 7° Les premières communions, les baptêmes, mariages, la communion des malades, l'extrême - onction;

» 8° Les convois, services, inhumations, lesquels seront annoncés conformémeni au règlement particulier de chaque paroisse, que l'évêque d'Ainiens est autorisé à approuver en vertu de l'ordounance royale du 9 octobre 1825, confirmative du tarif diocésaiu. . » Art. 2. Le curé ne pourra , souis quelque prétexte que ce soit, faire sonner les cloches des églises avant quatre heures du matin et après newf heures du soir, depuis Pâque jusqu'au rer octobre, et avaut cinq heures du matin et après huit heures du soir, depuis le 1er octobre jusqu'à Pâque.

» Art. 3. Le maire, ou l'adjoint qui le remplace, pourra ordonner ou permettre de faire sonner lorsqu'il sera nécessaire de couvoquer les habitaps pour prévenir quelque accident où leur concours seroit nécessaire, tels que sont les cas d'incendie, d'inondation, de sédition, d'invasion de l'ennemi, ou tout autre danger de même nature.

» Art. 4. Le maire ou l'adjoint, sur le refus d: curé, mais seulement hors le

temps des offices , auront le droit de faire sonner dans le cas prévu par l'article 23 du décret du 24 messidor an XII, pour la fète du Rvi, el pour appeler les enfans à l'école.

« Art. 5. Le maire ne pourra, sous aucun prétexle, se servir des cloches hors des cas énoncés dans l'article 3 et 4.

» Les clefs de l'église et du clocher doivent rester exclusiverneol à la garde des curés et desservans.

« Vu et approuvé le règlement ci-dessus, par nous, Jean-Pierre de Gallien de Chabons, évêque d'Amiens. » Amiens, le 11 mai 1833.

Jean-PIERRE, évêque d'Amiens. » Par mandement de monseigneur :

« L. F. Lucas, chanoine, secrétaire particulier. » Vu el approuvé par nous, préfet du département de la Somme, conformement aux dispositions de l'article 48 de la loi du 18 germinal an X, relative à l'organisation des cultes. » A Amiens, ce 15 mai 1833.

Ch. Du NoYER. »

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. Paris. Le sacre de M. Guillon, évêque de Maroc, qui a été retardé par différentes circoustances, devoit avoir lieu mardi dernier, jour de la saint Barnabé ; mais une indisposition de M. Dubourg , évêque de Montauban, nommé à l'archevêché de Besançon, a forcé de remettre la cérémonie à un autre jour. Comme cette indisposition ne présente rien de grave, on peut croire que ce délai ne sera pas long. M. Dubourg sera assisté, pour le sacre, par MM. les évêques de Dijon et de Beauvais; M. l'évêque de Dijon est arrivé pour cet effet. C'est donc à tort qu'un journal, toujours pressé d'accuser le clergé, disoit, il y a quelque temps, que M. l'archevêque de Paris avoit poussé l'intolérance jusqu'à ne pas permeltre que M. Guillon fût sacré dans son diocèse. Cette allégation est de toute fausselé; M. l'archevêque a refusé pour des raisons particulières de faire le sacre; mais ces raisons qu'il a exposées , dit-on, franchement à M. Guillon lui-même, étoient telles, que celui-ci n'a pu s'empêcher de déclarer qu'elles prouvoient la délicatesse des sentimens du prélat. Du reste, M. l'archevêque n'a jamais rien dit qui pût faire penser qu'il mettroit obstacle au sacre de M. l'évêque de Maroc. M. Guillon a ses bulles, et s'étoit mis précédemment en règle avec son archevêque et avec le saint Siege. Les bulles mêmes font mention de cette circonstance, si nous en croyons ce qu'ont annoncé dans le temps plusieurs journaux. Ils ont dit que le Pape, dans la bulle d'institution, avoit témoigné son chagrin de ce que M. Guillon avoit administré l'extrême-onction à in schismatique ; mais que Sa Sainteté avoit été ensuite consolée par le repentir qu'avoit montré cet ecclésiastique, et pai' les marques de soumission qu'il avoit données, taut envers son archevêque qu'envers le saint Siége. Nous avons lieu de croire que cette version des journaux est tout-à-fait exacte. M. Guillon, qui a souscrit avec lani d'abandon la déclaration du 25 mars de l'année dernière, et qui a souhaité que cet acte fût rendu public, ne sauroit voir avec déplaisir ce que le saint Pere dit de son honorable démarche. Il est beau de savoir ainsi réparer un tort! Nous remarquerons encore, en passant, que la bulle de M. de Maroc justifie parfaitement la conduite de M. l'archevêque dans l'affaire de Grégoire. Ce prélat avoit donc suivi les règles de l'Eglise, puisque le souverain pontife a vu avec douleur que M. Guillon eûi administré un schismatique. D'ailleurs, des personnes qui étoient alors à Rome s'accordent à dire que Sa Sainteté ne put s'empêcher de témoigner hautement combien elle étoit touchée de la fermeté de M. l'archevêque à résister aux sollicitations de ceux qui, ne connoissant point la discipline et les usages de l'Eglise, vouloient régler les choses saintes suivant leurs courtes vues, ou suivant leurs passions du montent.

– M. Charles-Antoine-Henri Duvalk de Dampierre, évêque de Clermont, est mort dans cette ville, ayant rempli honorablement une longue carrière. Il étoit né le 18 août 1946 à Hams, pivès Saint-Menehould, en Champagne, d'une famille distinguée de la province. Une demoiselle de cette famille fut illustre dans le 19e siècle pár så vertu et sa charité, et sa vie a été donnée au public. M. Charles de Dampierre se destina à l'état ecclésiastique er fit sa licence en Sorbonne ; il fut reçu docteur en 1772, et devint peu après chanoine et grand-vicaire de Châlons. M. de Juigné, évêque de Châlons, étant devenu archevêque de Paris, le fit son grand-vicaire et chanoine de Notre-Daine. M. l'abbé de Dampierre ne paroît pas être sorti de France pendant la révolution, et fut un des grands-vicaires de M. de Juigné durant les orages de ces temps fâcheux. Il partagea le soin du diocèse de Paris avec MM. Emery et de Malaret. A l'époque du concordat, on le nömma à l'évêché de Clermont, pour lequel il fut sacré le 2 mai 1802. Les constitutionnels lui donnèrent beaucoup de souci à son arrivée dans le diocèse, mais sa douceur et son esprit conciliant triomphèrent des difficultés. Il fut un des premiers à établir un séminaire, et montra dans l'administration de son diocèse beaucoup de modération et de prudence. Le clergé et les fidèles lui témoignoient autant d'estime que de confiance. Depuis quelques années l'âge ne permettoit plus à M. l'évêque de Clermont la - même activité. Les infirmités augmentoient rapidement. . .

-- La consécration de la nouvelle cathédrale d'Arras a eu lieu le 5 juin, avec beaucoup de pompe. Cette église éloit depuis longtemps en construction , et éloit destinée à remplacer la cathédrale, abaitue pendant la révolution. C'est M. l'évêque qui a fait la cérémonie. Suivant le rit du pontifical, le prélat étoit assisté d'un nombreux clergé. Quand l'église put être ouverte au public, une foule immense la remplit en un instant.

- Qué sous la restauration on criât contre l'influence et la prépondérance du clergé, c'étoit illusion chez les uns et ruse et malice chez les autres; mais on avoit du moins quelques prétextes à mettre en avant, la piété du prince, l'éclat de quelques cérémonies religieuses, les traitemens assez élevés de quelques merbres du clergé, le zèle et le succès de quelques missionnaires. Tout cela ne constituoit pas assurément un grave sujet de reproche et d'accusation; mais ioui cela portoit ombrage à des esprits prévenus qui grossissoient à plaisir les inconvéniens et les abus d'un état de choses où ils étoient fâchés de ne pas dominer. Je m'explique donc jusqu'à un certain point, les plaintes et les railleries du parti irréligieux à l'époque dont nous parlons. Mais qu'aujourd'hui, quand le prince ne fait aucun acte public de religion, quand on a ravi Sainte-Geneviève au culte, quand on a dévasté Saint-Germain-l'Auxerrois et qu'on refuse de le rendre aux paroissiens, quand on a démoli l'archevêché, quand on a supprimé tous les gros traitemens du clergé et qu'on fait tous les jours des réformes dans cette partie, quand les prêtres sont tenus conime sous le joug, chargés d'entraves , frappés de dénonciations, exposés à des poursuites, mâtés enfin de toutes manières ; que dans cet état de choses on se plaigne encore de l'influence du clergé, c'est une folie insigne, ou une dérision cruelle. Toutefois M. de Montlosier vient encore de reproduire ses vieilles doléances daos. une lettre à M. Dupin, qui a été imprimée et distribuée aux chambres. Là, l'infatigable ennemi du parti-prêtre dit que le parti ecclésiastique domine le gouvernement, que le gouvernement se reporte à l'égard du clergé dans les voics politico-religieuses de la restauration, qu'il a été ouvert avec Rome et avec M. l'archevêque de Paris des négociations il a été doucement convenu, on peui en étre súr, de redonner au clergé la prépondérance dans les affaires temporelles. Ceci est-il sérieux? La prépondérance du clergé actuel dans les affaires temporelles ' Quand il n'y a pas un seul membre du clergé ni dans le ministère ni dans les chambres, quand on ne le consulte en rien , quand on lui supprime 30 évêchés par un amendement improvisé en un quart d'heure, quand on lui refuse à Paris une église nécessaire et en province des séminaires indispensables ! Quelle terrible influence!quel immense crédit! Mais pourquoi essayer de combattre de telles chimères ! Que voulez-vous ? M. de Monllosier a rêvé pendant quinze ans le parti-prêtre, et il ne peut se détacher de cette rêverie. C'est une idée fixe qui l'obsède et qui revient sans cesse dans ses discours. Ses amis eux-mêmes rient un peu de son obstination à poursuivre son fantôme. Déjà dans la dernière session on prit la liberté de se moquer des plaidoyers de l'orateur en faveur de la féodalité et de l'esclavage ; on lui reprocha d'avoir parlé à la chambre des pairs contre les gens de couleur. Les journaux se permirent à cette occasion de le traiter fort incivilement; il y en eut même qui s'oublièrent jusqu'à qualifier de radotage ses théories illibérales. L'un d'eux l'appela le don Quichotte de la féodalite , et avoua qu'on l'avoit étourdiment compté dans les rangs de la liberté. C'est, je crois, le Constitutionnel qui s'est rendu coupable de cette espèce de blasphème. Après s'être moqué du don Quichotte de la féodalité, il auroit mauvaise grâce à nous vanter aujourd'hui le don Quichotte du parti anti-préire. La lettre de M. de Montlosier à M. Dupin a paru fort inconvenante et même passablement ridicule à la chamDre des pairs; il y a toute apparence que le public en portera le même jugement.

- Non, la foi n'est point éteinte dans tous les cours, et, si chez plusieurs elle paroît sommeiller, elle se réveille dans l'occasion et se montre même avec éclat. On vient d'en avoir un exemple à Avranches. Dans la nuit du 20 au 21 mai, des voleurs s'étant iulioduits dans l'église Notre-Dame-des-Champs à Avranches, emportèrent les vases sacrés et profanèrent les saintes liosties. A peine cet attentat eut-il été connu, qu'un cri d'horreur retentit dans loute la ville. Ceux même qui ne donnoient guère de signes de religion se sont étonnés qu'on eût osé porter la main sur nos tabernacles. Si quelques-uns ont été insensibles à ce sacrilége, ils ont été en si petit nombre, qu'ils n'ont osé manifester leur' sentiment. Le dimanche suivant, une amende lionorable a eu lieu; l'église étoit pleine de monde. La douleur éclatoit, non pas seulement par des pleurs, mais par des sanglots. Une quête fut faite dans la paroisse; en trois jours ou a llouvé plus qu'il ne falloit pour réparer la perie. Riches et pauvres, tous rivalisoient de générosité; tonis ont voulu avoir part à cette bonne ouvre. Des yens chez lesquels on n'avoit pas osé se présenter pour ne pas les humilier, sont venus apporter leur offrande. M. le curé, qui faisoit la quête, a été plus d'une fois obligé de réduire des dons qui étoient hors de proportion avec la position des personnes. Des habitans d'autres paroisses, soit de la ville, soil de la campagne, ont voulu contribuer. Ainsi un grand sacriléve a fait éclater une foi vive et une véritable générosité. N'est-ce pas là) une chose consolante att milieu de toutes les douleurs de la religion?

- En novembre 1832, un détachement d'infanterie, sous lrs ordres du lieutenant Bertrand, arriva à Plærin, près Vannes, ei, on ne sait pourquoi, l'officier s'adressa au curé pour faire le loge

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