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chambre se forme en comité secret. On fait aussitôt évacuer les tribunes des journalistes el du public.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 10, M. le président propose d'ajourner la discussion du budget de la guerre, allendu que M. le maréchal Soult est retenu pour plusieurs jours par une fièvre. On passe de smile à la délibération sur la loi départementale, amendée par la chambre des pairs. M. de Rambuleau , rapporteur, insiste pour que l'on adopte tous les amendemens, afin de ne pas entraver la mise à exécution de la loi. M. Glais-Bizoin combat la fixation à 30 du maximum du nombre des membres des conseils-généraux. M. le ministre de l'intérieur réplique. M. Eschassériaux est d'avis que l'on ne fasse aucune nouvelle modification à cette loi, bien que la chambre des pairs l'ail examinée légèrement, et que le gouvernement la troure mauvaise. M. le comle d'Argout réclame aussitôt contre ces expressions. On n'a pas le droit de censurer le travail de l'autre chambre, et și le gouvernement trouvoit la loi mauvaise, il la retireroit. MM. Ab. Dubois, Vérollot et Larabit son! encore entendus sur ce projet. Le dernier article déclarant qu'il n'est pas applicable an département de la Seine, M. Salverle réitère ses instances pour que l'on présente une loi spéciale. M. le ministre de l'intérieur rappelle qu'il l'avoit apportée avec la loi générale. Celle-ci est ensuite rotée au scrutin, à la majorité de 224 contre 42.

M. Garnier-Pagės adresse des interpellations au ministère sur la mise en liberté de madame la duchesse de Berry. Si l'on s'esi déterminé à cette mesure parce que le danger a cessé, il falloit, dit-il, mettre en jugement la princesse; si c'est par suite de l'intervention étrangère, c'est foiblesse. L'orateur concevroit cet acte violaleur des lois, si on l'avoit pallié par l'amoistie générale que l'on espéroit. M. le ministre de l'intérieur répond que l'on a détenu la ducbesse sans jugement, parce que cela importoit à la paix publique, et que la chambre a 'appronvé cette conduite en rejetant les pétitions qui demandoient la mise en jugement. M. d'Argout défend ensuite le gouvernement de l'inculpation de s'être fait une arme du déshonneur d'une femme, et déclare qu'il n'y a eu aucune intervention étrangère. Il terinine en disant que la princesse a été mise en liberté, parce que les considérations qui motivoient sa détention n'existent plus, qu'elle a cessé d'être un personuage politique, et que la Vendée est pacifiée. .

M. Salyerte demande des explications plus étendues, et s'étonne que l'on n'ait pas présenté une loi, ainsi qu'on l'avoit promis, pour staluer dans cette affaire. M. le garde-des-sceaux dit que la question se réduit à savoir si la duchesse devoit être traduite devant les Tribunaux. Or, de hautes considérations et des motifs d'ordre s'y opposoient. Le ministère ne craint pas d'accepter la responsabilité de la mise en liberté comme de la détention. M. Mauguin remarque que M. Barthe proclame ainsi la violation de la loi, tandis qu'il disoit, à propos de la Vendée, qu'il n'y auroit pas de mesures d'exception. Il convient qu'il est des cas où le droit commun cosse d'être applicable ; mais il croit que le ministère n'a jamais su ce qu'il vouloit faire au sujet de la princesse. M. le ministre du commerce déclare que, quant à lui, il n'a jamais tergiversé à son égard. Il n'auroit point accepté le ministère s'il eut fallu subir le scandale qui seroit résulté de la mise en jugement. Il avoue que l'on s'est mis au-dessus de la loi dans celle affaire ; mais il le falloir : lui-même avoit donné l'ordre d'arrêter la duchesse de jour ou de nuit, avec on sans l'assislance de magistrals; la constitutionnalité iloit seulement dans la loyauté du gouvernemenl. M. Thiers demande en terminant ce que ses adversaires auroient fait en pareil cas, s'ils éloient au ministère, et il s'en réfère à l'approbation de la chambre. M. Garnier-Pagès veut répliquer; mais ii linit par dire qu'il n'espère pas faire prévaloir son opinion devant une chambre qui crie toujours : Tris. bien! L'ordre du jour esl prononcé sans opposition.

On passe à la discussion du budget de la marine , bien que M. le président ail d'abord refusé de le mettre en discussion, M. Augnis, après avoir fait quelques réclamations à ce sujel, critique certaines dépenses, et en particulier le cumul que sait M. Ch. Dupin, rapporteur de ce budget, de trois emplois sur les fonds de la marine, ivdépendamment de toutes ses autres places. M. Ch. Dupin ne répond pas d'une manière péremploire à ce sujet; il défend le conseil d'amirauté dont il est menibre, et soutient qu'il n'y a pas de dilapidations dans le service de la marine, ni d'obscurité dans les comples, comme le prétend le préopinant. On adopte jus. qu'au chapitre 15, relatif aux colonies. M. Isambert demaude si l'on s'occupe de faire le recensement des esclaves dans les colonies. Le ministre répond affirmalivement. M. Lafayelle soutient que l'on fait la traite des noirs sous pavillon français. M. de Rigny dit que les négriers arborent les trois couleurs lorsqu'ils sont poursuivis, mais que l'on vient de s'entendre avec l'Angleterre pour avoir un droit respectif de visite sur les navires, afin de déjoner ce subterfuge.

Le 11, M. le ministre des finances présente de nouveau le projet de loi relatif à l'exécution du traité avec les Etats-Unis.

On reprend la discussion du budgel de la marine. M. de Tracy s'élève contre la traite que l'on réprime mal, et allaque l'esclavage comme une honie et un fléau pour la civilisation. Il applaudit à la conduite du ministère auglais , qui prend sous ce rapport l'initiative d'une réforme réclamée par l'humanité. M. le ministre de la marine déclare qu'il ne peut s'es primer qu'avec réservé sur cette question. Il ne convient pas de jeter, par des discussious prématurées, le Trouble dans les colonies. MM. de Rigny et Ch. Dupin insistent sur la nécessité d'augmenter les garsisons dans ces pays. Ce dernier ajoute qu'il faut attendre l'expérience de la mesure que prend l'Angleterre. M. G. de La Rochefoucault se plaint du régime arbitraire qui a lieu à Alger, et demande que cette colonie passe au ministère de la marine; mais M. de Rigny s'y oppose..

M. Eschassériaux demande des explications sur les affaires d'Orient. M. le mi..nistre des affaires étrangères fait observer qu'il ne peut rien dire à ce sujet. M. Dij· bois croit cependant que M. de Broglie auroit pu parler des faits antérieurs à ce

qui se passe. M. Eschassériaux interpelle ensuite le ministère, pour savoir à qni

appartiendront les bâtimens portugais capturés par notre escadre du Tage. Il prétend que la propriété devroit , d'après une loi de l'an 9, revenir aus 2,500 hommes qui ont fait l'expédition. M. de Rigny répond que la restitution a été promise au gouveruement portugais après le paiement des indenuités, et que le conseil d'Etat esamine si elle doit être opérée, en résolvant la question de savoir si on étoit en paix ou en guerre avec le Porlugal. Après avoir entendu à ce sujet MM. Mauguin, Salverte, Barthe et Guizot, il est reconnu qu'il faut attendre la décision du conseil d'Etat, et le budget de la marine est voté.

La séance se termine par l'adoption du budget du ministre du commerce et des travaux publics, sans presque de discussion , et de l'annexe à ce budget en ce qui concerne la somme à dépenser en 1834 sur les grands travaux arrétés par la loi renvoyée à la chambre des pairs.

Psaumes de David suivant la traduction du Bréviaire de Paris (1). · Tout se trouve renfermé dans les Psaumes : l'histoire du peuple de Dieu, les dogmes de la religion, les préceptes de la morale, les sentimens de la piété, s'y montrent sous la forme la plus touchanie. On a donc cru utile de présenter aux fidèles ce sujet de lecture ou de méditation dans le formal le plus portatif et le plus commode.

Le Mois de Juin consacré au précieux sang de Jésus-Christ (2).

Cet ouvrage est traduit de l'italien sur la quatrième édition. L'auteur est M. Sirambi, évêque de Macerala, mort il y a quelques années en Italie en grande répulation de piété. Son livre offre pour chaque jour des méditations relatives à ce sang adorable par lequel nous avons été rachetés, el qui est pour nous une source de grâces. A la fin du volume, on fait conuoitre la confrérie du précieux sang, et les indulgences qui y soni allachées.

(1) Un vol. in-32. Prix: 1 fr., et 1 fr. 20 c. franc de port. Chez Ad. Le Clere el comp., quai des Grands-Augustins, n. 35.

(2) In-18. Prix: 1 fr. 20 c., et 1 fr. 50 c. franc de port. Chez Jeanthon, place Saint-André-des-Arts; ct au bureau de ce Journal.

Le Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 12 juin 1833. Truis pour 100, jouissance du 22 déc., vuvert à 78 fr. 400, et fermé à 78 fr. 15 c. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 104 fr. 05 c. et lermé à 104 fr. 00 c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . 1802 fr. 5o c.

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OY!

SAMEDI A5 JUIN 1833.

(N° 211

Sur le cours de M. l'abbé Frere on Sorbonne

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DE L'HOMME. (Suile.) - Dieu a créé l'homme pour gouverner les creatures dans la justice et l'équité, et les faire servir à ses usages.

(Leçon du 14 mars.)

Nous avons vu qu'après avoir créé l'homme, Dieu le placa dans un lieu de délices ou toutes les créatures étoient coordonnées pour la satisfaction de ses besoins. Nous trouvons également, dans le même texte , que Dieu eut en vue, avant même que l'homme existât, de créer un ètre semblable à lui par le gouvernement, l'empire et la souveraineté sur les créaiures. Faciamus hominem ad imaginem et similitudinem nostram... et præsit, etc... Tel est le dessein de Dieu ! et vous savez que vouloir, c'est agir, pour cet être incréé. Aussi, dès que ce dessein est conçu, l'acte arrive; Dieu crée l'homme, et aussitôt le bénit en lui disant : Croissez et multipliez; assujétissez-vous la terre, et dominez sur toutes les parties de la création, sur les poissons, sur les oiseaux, sur les animaux domestiques, sur les reptiles, dominez sur la terre. Crescite et multiplicamini , etc...,

Ainsi, rien de plus manifeste que le dessein de Dieu a élé de faire un homme souverain sur toute la nature, représentant de la divinité dans cet attribut spécial du gouvernement et de la domination. Cette vérité est exprimée de nouveau dans les Psaumes ; la pensée du roi-prophète, planant au-dessus des merveilles du monde primitif, s'arrête tout à coup sur le chefd'ouvre de la création, et s'écrie : « Seigneur, vous avez couronné l'homme de gloire et d'honneur, vous lui avez assujéti toutes les créatures. Omnia subjecisti sub pedibus ejus. Voyez-vous tous ces animaux, venant aux pieds de l'homme reconnoilre leur maitre et recevoir un nom ! Quelle plus noble manière d'exprimer la souveraineté de l'homme sur tous les ètres vivans ! Nous trouvons la même idée dans l'Ecclésiastique : El dedit illis potestatem super omnem terrani el

Tome LXXVI, L'Ami de la Religion.

posuit, etc. El toutefois remarquez qu'en même temps que l'homme reçoit celte souveraine puissance, Dieu piace dans la nature des animaux un instinct de soumission qui les porte à la reconnoitre : Et posuit timorem illius in omni carne. Dans l'origine, cette soumission fut universelle : tous les animaux reconnurent Adam pour leur souverain. A sa chute, cet ordre fut troublé, et il ne reste que quelques vestiges de la dépendance générale dans la privauté des animaux domestiques ; et encore y a-t-:1 là une grande marque de la dignité ole l'homme : il commande, il fait un signe, et l'instinct de l'animal le presse de reconnoitre son maitre à l'instant. Vous voyez combien de désordres a introduits le péché; mais la destination première n'en est pas moins manifeste : l'homme a été créé pour gouverner les créatures dans la justice et l'équité. La justice exige que l'homme leur fournisse ce qui est nécessaire, et l'équité veut qu'il ne les emploie pas à un usage différent de ceux pour lesquels Dieu les a créés. Et de la ressort une autre considération : c'est que, si ces créalures ne sont pas gouvernées dans la justice, elles s'aliéreront; car, nous l'avons vu, la conservation vient des rapports, et l'existence de ces rapports est la condition essentielle de l'existence de l'ètre : vérité grande et nécessaire pour comprendre l'humapilé! La sagesse incréée qui a établi ces rapports les maintient, el l'homme qui participe à l'intelligence de ces rapports , qui sont la loi, possède une lumière, lex lux; et dès lors il pénètre la nature des êtres, il voit leur fin, il les conserve, et par là il travaille et coucourt à sa propre conservation. Altérés ou inaJades, tous ces êtres cessent de lui être de quelque utilité. La maladie étant l'infraction des rapports , l'abus des êtres en est un autre, et tous les deux sont fruit du péché. En détournant Jes créatures de leur destination, l'homme viole donc leurs rapports ; il les violente, elles souffrent : Omnis creatura ingemiscit et parturit usque adhuc, parce que, dès que la justice et l'équité cessent d'être la règle des gouvernemens de l'homme sur les créatures, il devient leur tyran. Mais qu'il revienne à la justice primitive, et vous verrez le bien-être partout. Ecoutez les paroles de la Sagesse sur la manière dont l'homme doit gouverner les créatures : Ut disponat orbem terrarum in æquitate, justitiâ et in directione cordis judicium judicet. Voilà la lumière et la règle ; l'homme les possède quand il veut excrcer sagement son empire sur toules

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