Images de page
PDF
ePub

- It semble que le clergé soit plus spécialement en butle à d'atroces complots. Nous avons annoncé dernièrement l'assassinat de deux curés, M. le cré de Chanos-Curson, diocèse de Valence, et M. le curé de Saint-Lattier, diocèse de Grenoble. Nous apprenons en ce moment un nouvel assassinat commis sur la personne d'un autre ecclésiastique. M. l'abbé Pagès, curé de Saint-Mayme, près Rodez, a été trouvé mort, le 15 de ce mois, dans son presbytère, qui est isolé. Il avoit été pendu par sa cravate à l'espagnolette de l'une des fenêtres de sa chambre, placée à environ cinq pieds au-dessus du plancher. La vérification à laquelle opt procédé les hommes de l'art n'a pu laisser aucun doute que le malheureus curé ne fûl mort par la strangulation qu'on lui avoit fait subir. On croit qu'il a été surpris pendant le sommeil, auquel il aroit l'habitude de se livrer après son déjeûner. Sa servante étoit sortie pour la journée. L'explosion d'une arme à feu s'est, en outre, fait entendre autour du presbytère, le jour du crime, à dix heures du matin. M. Pagès n'étoit âgé que de 35 ans.

A la suite d'une orgie, des risés et des scènes de violence ont eu lieu à Issoudun, entre des Polonais du dépôt. Un agent de police a été repoussé et mal. traité. La gendarmerie a fait quelques arrestations. Plusieurs réfugiés ont pris la fuite. Il y'a eu des désordres semblables à Châteauroux. . .

Le 20 juin, vers cinq heures du matin, le feu se manifesta au Mans chez un boulanger de la rue Saint-Vincent; non loin du grand séminaire. Aussitôt 250 élèves du grand séminaire accoururent, et travaillèrent sous la direction de leir supérieur, M. l'abbé Bouvier, à éteindre l'incendie. Ils y ont réussi; deux sont blessés. Un fonctionnaire a remercié publiquement le supérieur de leur zèle et de leur dévoûment. Ces jeunes gens ont déjà rendu le même service dans de semblables occasions.

a Deux saint- simoniens, qui se sont présentés à Rennes, ont été fort mal accueillis. Ils ont été obligés de quitter la ville dès le lendemain de leur arrivée. L'autorité est intervenue pour les protéger.

- Le gérant de la Gazette du Midi a été cité le 17 devant la cour d'assises de Marseille. Acquitté dans trois affaires, il a été condainné, pour la quatrième, à un inois de prison et 3 200 fr. d'amende.

La ville de Marseille a affecté une somme de 400,000 fr. à la construction d'un hôpital de fous.

- Un incendie a détruit, le 12 juin, dix-sept maisons au hameau de GrandBois-Saint-Denis, conimune de Wignebies (Nord). .

- Le nombre des caisses d'épargnes est de cinq cent vingt-sept en Angleterre. On va en établir quarante nouvelles en France par suite de démarches de quelques députés..

- Il est mort dimanche dernier, à Metz, un individu âgé de 118 ans. C'est le nommé François Roussel, né à Rouvres ( Meuse ) étameur ét fondeur de cuillers ambulant pendant l'hiver, et marchand de tisanne en été. Cet homme, que l'on considéroit conime le doyen des centenaires de France, a cxercé jusqu'ses derniers jours sa pénible industrie.

- Par arrêt du 21 juin, la cour d'assises de Nantes a condamné à mort, par contumace , et au séquestre de lenrs biens, pour participation aux mouvemens de l'Ouest, MM. Amédée de Kersabiec, Louis de Cornulier, Laroche de Lépipais, beau-fils de ce dernier, et Aroodel, ancien percepteur à Mounières.

-- M. Degeorge, rédacteur-gérant du Propagateur du Pas-de-Calais, a été condamné par défaut, le 12 , à neuf mois de prison et 4,000 francs d'amende, pour offenses envers Louis - Philippe, et excitation à la baine du gourernemeri et des magistrals.

- Le Luxor, ayani à bord un des obélisques donnés par le pacha d'Egypte, a mis à la voile de Toulon le 22 juin, escorté par le bateau à vapeur le Sphynx. Ces deux bâtimens se rendent à Cherbourg, d'où l'on avisera au moyen de fraasporter à Paris l'Aiguille de Luxor.

- La frégale la Résolue, qui faisoit partie de l'escadre des Dunes, et qui venoit de partir de Cherbourg, a fait naufrage enlre Barfleur et l'écueil des TroisPierres.

- Le roi d'Espague a répondu le 6 mai à la leltre dans laquelle l'infant don Carlos déclaroit ne pouvoir reconnoitre sa fille comme héritière de la couronne. Ferdinand proteste de son intention ferme de maintenir l'ordre de succession qu'il a établi, el siguifie à son frère que ses devoirs de roi l'obligent à l'éloigner d'un pays où sa présence pourroit servir de prétexte aux mécontens. Il l'autorise à se rendre dans les Etats pontisicaux, et lui annoncé l'enroi d'un vaisseau de sa marine pour l'y transférer.

- Les avocals piémontais Scovazzi et Saluzzo, prévenus de conspiration, ont été jugés, le 13 juin , par le conseil de guerre de Turin. Le premier a été condamné à mort par contumace; le second a été acquitlé. A Gènes, le conseil de guerre condamnoit à mort, le même jour, les nommés Gavotti, maitre d'armes ; Biglia et Méglio, sergens. Ils ont été exécutés le soir même. Le lieutenant Sola-Effisio, qui avoit été condamné précédemment à la peine capitale, ayant obtenu la parole lors de son exécution , reconnut la justice de l'arrêt, témoigna du repentir, et exhorta ses camarades à rester dévoués au Roi et à leurs devoirs. Cet infortuné est mort avec des sentimens religieux très-édifians. Il est maintenant prouvé que la conspiration de Savoie avoit de graudes ramifications dans soute l'Italie el en Allemagne.

— Le Journal de Savoie déclare qu'il est autorisé à dire que, jusqu'ici, il ne résulte pas qu'il y ait aucun Savoisien, militaire ou non, qui ait pris part qux derniers complots.

- A l'occasion de son mariage avec la princesse Marie-Antoinelle de Naples, le grand-duc de Toscane a accordé une amoistie générale à tous les condamnés à la prison et à l'amende. Le mariage du grand-duc a été célébré le , de ce mois à. Naples.

- Le colonel Evans à présenté et appuyé vivement le 20 juin, à la chambre des communes d'Angleterre , une pétition lendanle à l'abolition de la laxe sur les portes et fenêtres. La séance a été en partie occupée par la discussion à laquelle celte réclamation a donné lieu. M. Fergus-O'Counor s'est élevé contre les ministres qui, après avoir long-lemps inscrit le nom de Réforme sur leur bannière, n'ont rempli aucune des promesses qu'ils' faisoient avant leur entrée aux affaires. On crioit, dit-il, coulre le duc de Wellington parce qu'il heurloit de front l'opinion publique; les ministres wighs ne font à celle dernière aucune concession , et il n'y a aucune différence. M. Robinson a déclaré qu'il feroit une motion contre la taxe en question.

- Le vaisseau anglais le Beacon rencontra , le 30 mai, dans l'Archipel, auprès de l'ile de Thasos, buit canots de pirales auxquels il donna la classe. Les pirales, qui menacoient déjà de détruire les biens et les maisons de l'ile de Thasos, se réfugièrent à lerre. Après avoir reçu quelques coups de milraille, ils se rendirent à condition d'être considérés comme prisouniers des Anglais. Ils étoien! au nombre de 140. Deux cents autres étoient parvenus à s'enfuir dans les montagnes. On leur prit 4 petits canons, 138 armes, 5,000 cartouches, et 41,000 piastres provenant du pillage. Il a fallu beauconp de fermelé de la part de l'officier anglais pour empêcher que ces forbans de fussent mis à mort par les Turcs.

- L'adresse de la chambre des représenians de la Belgique a donné lieu à une discussion longue et vive, et elle n'est pas encore volée. C'est M. de Foëre qui avoit été nommé rapporleur de la commission, laquelle comploit parmi ses membres M. de Theux.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 24, M. Boyer, un des deux membres de la minorité dans l'examen de la · question du divorce, fait une proposition dans le sens de celle à laqnelle le rap

porteur, M. Gautier, s'étoit arrêté. Cette proposition a pour objei de faire cesser de plein droit la présomption de palernité dans l'élat de la séparation de corps, provoncée pour cause d'adultère, et de déclarer en conséquence étrangers au mari les enfaos nés 300 jours après celle-séparation, à moins que le mari ne les reconnoisse. Celle proposilion, qui est fortement appuyée, est renvoyée dans les buseaux.

Sur le rapport de MM. de Lascours et de Gerininy, la chambre adople des projels de loi, dont l'un approuve la concession d'un chemin de fer d'Alais à Beaucaire par Nimes , et les autres autorisent les villes de Lyoli, Versailles, Nimes, le département de la Vendée, elc., à s'imposer extraordinairement.

M. Aug. Périer' fait le rapport du budget des recelles de 1834. Il approuve différentes dispositions introduites par la chambre des députés, et se plaint seulement de ce que l'annullation des rentes rachetées ne se soit pas bornée aux 5 mil

lions de rentes nécessités pour l'achèvement de grands travaux. La commission a vu avec peine la diminution du fonds d'amortissement.

On passe à la discussion du budget des dépenses. M. Portal trouve que les traitemens des fonctionnaires sont trop foibles. M. de Montlosier examine la siluation du pays, se plaint de la tolérance envers les sociétés secrèles, dont l'attitude devient telle, que le gouvernement pourra être à sou tour mis en élat de siége. Il approuve les fortifications de Paris, demande que l'ou conserve Alger, el que l'on ne renonce pas aux impôts indirects, contre lesquels s'élèrent beaucoup de publicistes et de contribuables. L'orateur traite d'ailleurs une foule de sujets, et toujours avec des détails et des comparaisons qui excitent l'hilarité et l'impatience de la chambre. Les articles du budget sont successivement volés sans aucune réclamation, et l'ensemble passe à la majorité de usg contre 2.

· Le 25, tous les ministres sont présens.

L'ordre du jour est la discussion du budget des recettes de 1834. Le ministre des finances déclare que le gouvernement donne son adhésion aux amendemens de la chambre des députés. Aucun pair ne demandant la parole, les articles sont successivement votés, et l'ensemble passe à la majorité de 122 contre 2.

MM. de Tascher et de Germiny font ensuite un rapport de pétitions. La chambre passe à l'ordre du jour sur celle de trente-neuf propriétaires du département de l'Aisne, qui demandent, dans l'intérêt de l'agriculture , que les bergers et valets de ferme soient exempls dii service de la garde nationale, et sur le mémoire d'un habitant de Paris contre les inhumations trop précipitées.

Le 26, M. le président du conseil apporte une ordonnance de ce jour, qui déclare close la session des deux chambres. M. le président Pasquier donne lecture de celle ordonnance, et la chambre se sépare sur le champ.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS. Le 26, après la lecture du procès-verbal, M. le président Dupin lit une lettre de démission de M. Accarié, député de la Haute-Saône.

M. le ministre de l'intérieur monle à la tribune, et donne lecture de l'ordonnance de clôture de la session. L'assemblée se sépare aussitôt.

Le Gérant, Adrien Le Clere. COURS DES EFFETS PUBLICS.Bourse du 26 juin 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 70 c. et fermé à 77 (r. 55 c. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 103 fr. 85 c. et fermé à 103 kr. 90 c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . 0000 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AN, LE CLERE ET COMP.

SAMEDI 29 JUIN 1833.

(N° 242

Sur l'OEuvre des Bons-Livres à Bordeaux et à Toulouse.

L'OEuvre des Bons-Livres, fondée à Bordeaux sous le pieux et vénérable M. d'Aviau, continue à prospérer. Nous avons parlé de celle æuvre à son origine : l'idée en est venue à M. l'abbé Barault, qui est parvenu à réaliser son projet, et qui l'a conduit, par son zèle et par ses sacrifices, en l'état où on le voit actuellement. M. d'Aviau traça le plan de l'ouvre dans une ordonnance du 11 novembre 1825. L'association a pour but de répandre de bons livres į elle ne se soutient que par les dons de la charité, qui consistent ou en souscriptions ; ou en dons de livres, ou en dons en argent. Elle tient tous les ans une réunion générale pour rendre compte de la situation de l'æuvre. Cette réunion a lieu le lendemain de la fête de l'association. M. l'archevêque actuel de Bordeaux voulut présider la première réunion qui suivil son arrivée dans le diocèse. Le prélat célébra, le 27 mars 1827, une grand'messe, et prononça le soir un discours sur les avantages des bonnes lectures. Dans la réunion, M. l'abbé Barault rendit compte des progrès de l'@uvre. Il y avoit alors seize dépôts à Bordeaux, et quarantesix dans les autres parties du diocèse. Le total des volumes s'élevoit à quatorze mille. Les dons et souscriptions jusqu'à cette époque montoient à 14,500 fr., et les dépenses lotales à 27,450 fr. ; mais l'excédant des dépenses étoit une propriété. de l'ouvre, et le doni lui en avoit été fait antérieurement à son établissement. En 1831 et 1832, il n'y eut point de réunion générale. Seulement le directeur de l'oeuvre, et M. l'abbé Taillefer, vice-directeur, rendirent comple devant une commission d'ecclésiastiques. De nouveaux dépôts s'étoient formés, et en 1832 il y en avoit quatre-vingt-quinze. Le nombre des livres en circulation s'élevoit à trent-cinq mille. Beaucoup de personnes recouroient journellement aux dépôts : il y en avoit plus de mille sur la seule paroisse saint Paul, qui est comme le centre de l'association, car c'est là qu'elle s'est établie. Le saint Siège aroit accordé i l'association des faveur's spirituelles.

[merged small][ocr errors][ocr errors]
« PrécédentContinuer »