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- Le jury avoit à prononcer, le même jour , sur les poursuites dirigées contre M. Laponneraye, auteur d'une brochure intitulée : Lettre aux prolétaires, incriminée de provocation au rensersement du gouvernement et d'excitation à la haine d'une classe de citoyens (les riches). Le prévenu a présenté lui-même sa défense, qui a été coinplétée par M. Boussi, avocat, l'un des rédacteurs de la Tribune. Déclaré coupable du double délit dont il s'agit, les juges ne l'oct condamné qu'au minimum de la peine, 3 mois de prison et 50 fr. d'amende. L'imprimeur, M. Grossetèle, mis en cause, a été acquitté.

– M. Dupin a quillé le palais de la chambre des députés le jour de la ciòture de la session, el est retourné à son hôtel de la rue Coq-Héroo.

- Les ouvriers doreurs se sont coalisés pour obtenir une augmentation de salaire. A près plusieurs jours de suspension de travaux, les maîtres doreurs, pressés par les fabricans, ont consenti à l'augmentation.

- Les ouvriers employés aux travaux des forts projetés auprès de Paris, ont été congédiés à la fin de la semaine dernière ; il est resté roulefois à l'ouvrage 200 soldals du génie. .

- Le ministre de la guerre, par suite des suppressions sar son budget, a décidé la dissolution immédiale des deux régimens provisoires de gendarmerie, actuellement en exercice dans les départemens de l'Ouest.

- Les Polopais, pendant leur séjour à Besançon, ont contracté beaucoup de detles. Les créanciers ont demandé qu'on leur remit à valoir le reliquat de subside que n'avoient point réclamé ces réfugiés; mais le gouvernement s'y est refusé, altendu que ces secours sont inaliénables et ne peuvent être comptés qu'aux tillslaires.

-- L'institutrice mutuelle de Boves, qui avoit élé si fort protégée par l'administration, vient d'être destituée. Ce n'éloit pas la peine de favoriser lant cette fille, et de donner lieu aux Troubles de ce village, pour reconnoitre ensuite qu'on avoit fait un mauvais choix.

- Le général polonais Dembinski, qui étoit à Strasbourg, est parti pour l'Egypte, où le pacha lui promet un emploi important. Plusieurs de ses compatrioles l'accompagnent.

- L'affaire des troubles d’Anzin a occupé plusieurs audiences an tribunal correctionnel de Valenciennes. Après les dépositions et les plaidoieries , le procureur du Roi a conclu à deux ans de prison contre deux des prévenus, un an, six mois et trois mois contre les autres, et il a abandonné la prévention contre cinq autres. Le tribunal a coudamué seulement les sieurs Ledain et Senecot à un mois de prison, Deramez et Gendarme à quinze jours, Qudart el Trognon fils à huit jours de prison. M. Lemyer, qui présidoil, a ensuite adressé une allocution aus mineurs. Les prévenus ont été défendus par M. François..

- Un individu acesė d'homicide volontaire sur le complice de sa femme, !i

pris en flagrant délit d'adulière, a été acquitté par la cour d'assises de Šadoret-Loire. - - L'équipage de la frégale française la Résolue, qui a échoué snr un des bancs de l'entrée de l'Escaut, est parvenu à se sauver.

- La discussion sur l'adresse est enfin terminée à la chambre des représentans de la Belgique. Le ministère n'y ayant pas mis d'opposition, on a adopté le 25 juin des amendemens de MM. Legrelle, Dumortier et de Brouckère. D'après l'un, la Belgique se réserve des droits et des moyens d'action contre la Hollande, pour arri. ver en tout lemps à l'exécution du traité des vingt-quatre articles, et pour oblenir dès à présent la liberté de l'Escaut saus entraves; dans l'autre, on recommande an gouvernement la punition des désordres qui ont eu lieu en Belgique au mois de mai. Ou a reponssé, par le premier amendement, le système qui refusoit aux Belges le droit de fixer aux puissances le délai dans lequel doit avoir lieu l'exécution du traitė. MM. Dubus et Fallon ont proposé un autre amendement, conlenant un blâme indirect pour la dissolution de la chambre et les destitutions de fonc:ionnaires qui avoient fait de l'opposition. Le ministère a déclaré qu'il ne pouvoit y adhérer. Cel amendement a été rejeté à la majorité de 54 contre 37 sur la question de dissolution , et de 55 contre 36 sur celle de destitution : majoriré en faveur du ministère, 17 et 18. Il y avoil gi membres presens. L'ensemble de l'adresse a été ensuite volé. C'est une paraphrase du discours du trône. On y remarque ce passage : « La nation belge a fait assez de sacrifices à la paix de l’Europe; ses droits ne peuvent plus être long-temps méconnus. »

-- Le nouvel acle de la police de Londres, qui a reçu la sanction royale, contient une clause, introduite par les lords, pour charger les magistrats d'empêcher les omnibus, el antres voitures publiques, de passer devant les temples et chapelles pendant l'office divin.

-- Le roi de Bavière est arrivé le 6 juin à la Colombella, près de Pérouse ( Elats romains). C'est une maison de campagne du marquis Florenci, son chambellan, chez qui il a dû passer quelques semaines.

- L'infant don Carlos est arrivé dans le port de Civita - Vecchia. Après avoir fait sa quarantaine, ce prince se rendra à Ronie.

- En creusant un puils à Guyarino, près de Conegliano, on a découvert une fontaine de feli, ou plutôt un courant de gaz hydrogène, qui s'élevoit les premiers jours à deux mètres de hauteur, et présentoit une largeur de plus de deux décimètres. Quelques jours après, le 29 mai, la perforation ayam atteint une profondenir de quarante-cinq mètres, le courant prit une force lelle, que la flamme s'est élevée à dix mètres environ, sur une largeur de plus de deux mètres, et parmi la flamme jaillissoit de l'eau, de l'argile et du sable. Le docteur Gera , qui annonce ce fait, promel un mémoire détaillé.

- Le nombre des cholériques, depuis le "" mai jusqu'au 6 juin, s'est élevé à Lisbonne à 8,207 : 1,547 ont succombé.

- Il y a eu, le 17 juin, à Berlin, un rassemblement occasioné par l'arrestalion d'un apprenti raillant des militaires qui faisoient la prière du soir dans le corps-de-garde où ils étoient de service. La foule ameutée réclama avec menace la remise du prisonnier. La troupe survint, et l'on arreta onze personnes. Le calme se rétablit ensuite.

- Le Vésuve est en éruption depuis le 28 mai dernier. Il s'est formé sur l'an. cien craière, obstrué par la lave de l'éruption de février dernier, un nouveau cratère qui vomit des pierres et de la cendre à une grande hauteur, avec des délonpalions qui s'entendent au loin. Une bouche s'est ouverte sur le flanc oriental de la montagne, et il en découle des flots de lave enflammée qui roulent comme un torrent de feu vers le village de la Torre di l'Annunziate, si souvent détruit par la lave. Le rep juin, on comptoit un millier de spectateurs de l'éruption, parmi les. quels se trouvoient le grand-duc de Toscane, la grande-duchesse de Bade et des Anglais de distinction. : - On a exposé au palais de Tamédo, à Pétersbourg, un lit en cristal massif , destiné à être envoyé en présent au schah de Perse par l'empereur de Russie. Ce lit magnifique, le seul de ce genre qui existe peut-être dans le monde, est resplendissant d'argent, orné de colonnes de cristal; on y monle par des marches de verre blen. It est construit de manière à ce que, des deux côtés, il peut en jaillir deux jets d'ea:i odoriférante. Ce meuble sort de la manufacture impériale de Pé. tersbonrg.

- Des lettres d'Odessa, en date du 7 juin, annoncent qu'immédiatement après l'arrivée d'une corvette expédiée de Constantinople, les préparatifs qui se faisoient dans la première de ces villes pour un nouvel embarquement de forces russes ont entièrement cessé. On a même donné l'ordre de décharger les munitions qui se trouvoient déjà à bord des bâtimens. La corvelle dont il s'agit étoit porteur de la nouvelle de la conclusion du traité entre la Porte et le pacha d'Egypte, et de la retraite d'Ibrahim. La flotte et l'armée russe se disposoient à quitter le Bosphore. Les troupes de terre seront dirigées sur Théodosie.

– Les journaux de Java annoncent qu'il y a eu le 25 décembre dernier, à minuit, une violente éruption du volcan de Melapil. Ce volcan a jelé beaucoup de cendres et de pierres, qui ont incendié et renversé de fond en comble le village de Gomen-Subrang , situé sur les flancs de la montagne; vingt-cinq personnes et beaucoup de bestiaux ont péri, L'éruption a été suivie d'une pluie de cendres, qui a couvert les environs d'une couche blanchâtre.

- Les nouvelles reçues de Sainte-Lucie jusqu'au 15 mai représentent celle colonie anglaise dans un grand état d'agitation. Les nègres y sont dans un tel état d'insubordination, que c'est avec beaucoup de peine qu'on les fait travailler un pen. Une grande sécheresse afflige d'ailleurs cette ile.

De la sucesssion au trône d'Espagne, et de la convocation des cortès ;

par M. Clauscl de Coussergiles. (1) On sait que Ferdinand VII révoqua, le 29 mars 1830, la pragmatique sanc. tion de Philippe V sur la succession au trône. Les princes de la maison de Bour: bon réclamèrent; et en septembre 1832, Ferdinand , étant tombé malade, annula la pragmatique de 1830. Mais peu après les ministres furent destitués. Le 6 octobre, la régence fut donnée à la reine, et le système du gouvernement chaugea lolale. ment. Enfin, le 31 décembre 1832, un nouveau décret remit en vigueur la prag. watique de 1830. Ces variations montrent assez la fuiblesse du prince, qui cédoit tour à lour à des suggestions contraires. Don Carlos , frère de Ferdinand, réclama le maintien de ses droits. Ce prince a depuis été obligé de quitter l'Espagne. Il est permis de craindre les suites d'une mesure qui divise les fidèles Espagnols et ébranle les lois précédentes sur la succession an trône. Peut-être prépare-i-elle à l'Espagne de longues secousses et de grandes calamités.

M. Clausel de Coussergues a voulu éclaircir ici le point de droil. Il prouve que la pragmatique de Philippe V ne pouvoit être annulée sans porter alleinle au Traité d'Utrecht, qu'elle n'a pas été annulée par Charles IV, qu'elle n'est pas contraire aux lois fondamentales de la monarchic espagnole, et qu'elle est même d'origine espagnole. L'estimable et judicieux auteur interroge sur ces divers points les monumens de l'histoire, répond aux argumens de la Gazetie officielle de Madrid, el demande que les membres des cortès, convoqués pour prêter le ser. , ment, examinent auparavant la question du légitime héritier, question si imporlante pour la tranquillité de l'Espagne et pour celle de l'Europe. Cet écrit d'un magistrat éclairé el d'un publiciste consciencieux peut servir à la résoudre. L'anteur a joint quelques notes à sa brochure; nous en remarquons une priucipalement qui n'a pas un rapport direc! avec la discussion de l'auteur, mais qui peut offrir quelque intérêt : .

« Qli'on nous permette de faire remarquer, ali sujet de la loi satigue, que c'est cette loi qui a principalement distingué les deux monarchies de France et d'Es. pagne, dès leur origine et jusqu'à nos jours. Les rois suèves et goths , et leurs compagnons d'armes, 1011s ariens , après avoir envahi l'Espagne, en persécutèrent les peuples, tons ca iholiques, détruisirent les églises, ou s'en emparèrent. Celle oppression de l'Espagne dura près de deux siècles, jusqu'au temps de leur roi Récarède , qui fut converti à la foi catholique par les inspirations d'une princesse française, comme, vers le même temps, une autre princesse française pré. para la conversion des Anglo-Saxons.

» Clovis et ses compagnons, au contraire, reçurent la foi catholique dès leur entrée dans la première ville de celle partie de la Gaule qui alloit bientôt s'ap.

(1) In-8°. Prix: 2 fr., et 2 fr. 25 c. franc de port. Chez Pihan de la Forest, rue des Noyers, n. 37; et au bureau de ce Journal.

peler la France. Ce fut saint Romni qui donna la sanction, le principe de vie, à la loi salique : les évèques, chefs des cités gauloises, furent, conime l'a remarqué Gibbon , les vrais fondateurs de la inonarchic française. Aussi la loi salique a-i-elle paru ne devoir régner en France qu'autant qu'y régneroient les anciens principes': elle devoit y élre abolie lorsque l'athéisme du dix-huitième siècle les auroit fait momentanément oublier. Nos adversaires ont, sur ce sujet, les mêmes pensées que nous : ce qu'ils redoutent uniquement, c'est de voir la religion florissante. ils ont publié dans leurs feuilles, el ils n'ont pas dissimulé à la tribune , que, s'ils avoient conspiré pendant quinze ans pour détrôner Charles X, c'éloit contre l'apostolique, coutre le jésuite, c'est-à-dire contre le chrétien, qu'ils avoient conspiré.

» Les caricatures qu'ils faisoient circuler avant leur triomphe, dont ils couvri. rent, depuis, les murs de la capitale , faisoient toutes ullusion à sa piété: l'auguste fille de Louis XVI fut associée au même honneur. Plus tard, on représenla le roi sous la figure d'un mendiant, portant toujours sur lui les signes de sa foi. Les vrais Français , qui passoient devant ces images, forcės d'élever leurs pensées vers nn autre ordre de choses, ne pouvoient s'empêcher d'éprouver une pieuse el profonde joie, en songeant que ce mendiani avoit distribué, par année, sept millions à des indigens; que les deux princes, ses fils, et les deux princesses, ses filles, étoient la providence de loutes les pauvres familles du royaume, dont l'incendie avoit détruit la chaumière, dont l'intempérie des saisous avoit ruiné la récolle, et que les députés des départemens ne s'adressoient jamais à l'une de ces personnes royales, sans en obtenir ces secours. Aussi ce n'est pas le peuple français qui a fait la guerre à ces princes, pas plus que le peuple français ne la fit å Louis XVI, en 1789, et à Louis XVIII, au 20 mars. »

AVIS. MM. les Souscripteurs dont l'abonnement expire au 1er juillet prochain sont priés de le renouveler promplement, pour ne pas éprouver de retard. Ils voudront bien joindre à leur demande une de leurs adresses imprimées. Prix actuel de l'abonnement : Pour un an, 42 fr.; pour six mois, 21 fr.; pour trois mois, 11 fr. On ne reçoit que les lettres affranchies.

fu Gérant, Adrien Le Clerc. Cooks des effets publics. Bourse du 28 juin 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 28 fr. 00c., et je me à 77 fr. 60 €. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 103 fr. 95 c. , ci fermé à 104 fr. ooc. Aetions de la Banque. . . . . . ooi'.... i 0000 fr. 00 ei

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