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Selva, ou Recueil de matériaux, de disconrs et l'instructions pour les

retraites ecclésiasiiques; par Alpb. de Liguori; tlouvelle traduction par M. J. G.(1).

Il parut, il y a deux ans, une traduction du Seiva, que nous annonçames, n° 1873. Elle nous parut faite avec un peu de négligence, él nous hetpūmes nous empêcher de le faire reñiarquer. Celle-ci est plus sóigiiée, dü moitis nous n'y avons point aperçu quelques - unes des fautes qui déparoient la première ; les noms propres n'y sont pas défigurés comme dans la précédenté.

Le traducteur a mis une préface pour recommander l'ouvrage de Liguori. Nous croyons qu'il auroit mieux fait d'être plus simple dans son style. On pouvoit louer le Selva , sans dire que c'est un ouvrage providentiël, qu'il a un caractère provi. dentiel. Pour relever le mérite du Selva , il n'étoit pas nécessaire de dépriiner Massillon, Leroy, le Miroir du clergé, que l'auteur prétend être aujourd'hui insuffisans. Massillon est aussi utile actuellement qu'il l'a jamais été. Comme le B. Liguori, il a travaillé d'après l'Ecriture et les Pères. On en peut dire autant du Miroir du clergé, qui est dans le même genre que le Selva, él qui offre un grand nombre des plus respectables autorités. Quant à Leroy, je ne sais quel est, parıni les auteurs de ce nom, celui que le traducieur désigne ici.

On s'obstine à donuer au bienheureux, sur le frontispice, le titre de snint; nous vous obstinons, de notre côté, à téclamer contre cet oubli des régles reçues, oubli qui seroit plus étonnant encore si le traducteur étoit uni ecclésiastique. Liguori ni'est pas encore canonisé ; seulement un décret de Pie VIII, du 16 mai 1830, porte qu'on peut procéder sûrement à sa canonisation inėmė. C'est la dernière décision qui doit précéder la canonisation, mais ce n'est pas la canonisation même. Dire qu'on peut en sureté faire une chose, ce n'esť pas proclamer que la chose est faile. Liguori n'a à Rome d'autre titre que celui de bienheureux, et les enfans dociles du saint Siege doivent alléndre qu'il ait parlé avant de donner au pieux évêque le titre de saini.

(1) Trois vol. in-18. Prix: 3 fr., et 4 fr. 50 c. franc de port. Chez Gaume, rue du Pot-de-Fer; et au bureau de ce Journal.

fe Gérarit, Adrieu Le Clere. COURS DES EFFÉTS PUBLICS.-Bonrsé du irr juillet 1833. . fíuis pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 45 c. etiermé à 77 fr. 20°Ć. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 103 Ir. 95 c. et Iermé à 103 fr. 75 c. Ketions de la Banque. . . . . i : .... .. .. 0000 fr.00 có

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Les vrais principes opposés aux mours du dix-neuvième

siècle, par M. V. de B.

(Suile, des N" 2011 et 2013.)

Nous avons plutôt indiqué que développé les preuves philosophiques qui nous font rejeler comme insoutenable la définition de l'homme qu'on nous présente comme nouvelle et préférable à la définition communément reçue, tandis que, réellement, elle est ancienne, et n'étoit tombée dans l'oubli que parce qu'elle avoit été généralement et justement abandonnée. Maintenant nous allons faire voir qu'on ne peut rejeter la définition conservée, ni admettre celle qu'on veut y substituer, sans contredire les notions que l'Ecriture sainte nous donne de la nature de l'homme, et l'enseignement de l'Eglise sur quelques mystères de notre sainte religion.

Mais, avant d'entrer dans cette discussion, nous nous faisons un devoir de protester que rien n'est plus loin de notre pensée que d'élever quelque doute sur l'orthodoxie des écrivains estimables dont nous croyons devoir combattre le sentiment. Nous rendons un hommage sincère à la droiture de leurs intentions; nous n'attaquons que les expressions dont ils se sont servis , et nous leur appliquerons ce que saint Thomas disoit, en une occasion semblable, de quelques docteurs catholiques qu'il se voyoit forcé de réfuter pour conserver la pureté du dogme. Ils se sont servis, disoit-il, d'expressions qui énoncent une erreur; mais, par le sens qu'ils attachoient à ces expressions, ils n'ont point erré dans la foi. Dixerunt quidem verba erronea , sed sensum erroris non habuerunt in fide.

Pour connoître la nature de l'homme, nous ne pouvons mieux faire que de consulter l'histoire de sa création dictée par l'Esprit saint. Nous lisons dans la Génèse que le Seigneur Dieu forma l'homme du limon de la terre. Formavit Dominus

(1) In-8°. Prix : 3'fr. 50 c., et 4 fr. 50 c. franc de port. A Avignon, chez Seguin; et, à Paris, au bureau de ce Journal.

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Deus hominem ne linio terrie. Il est illeontestable que ce n'est que le corps de l'homme, sa parlic matérielle, qui a pu être forme de terre ; une substance spirituelle ne peut pas avoir one origine terrestre. Mais comment ce corps, avant même d'avoir reçu l'ame qui devoit lui donner la vie, pouvoit-il être appelé homme, s'il n'étoit du moins une partie essentielle de l'homme, une des parties constitutives de sa nature? Le texte sacré ajoute : Et il répandit sur son visage un souffle de vie, ct l'homme devint vivant et animé, et factus est homo in ani- mam viventem. Remarquez bien ces dernières expressions ; ce sont celles dont le texte sacré se sert pour désigner les animaux en général, lorsqu'il dit : « Que la terre produise des ames vivantes, chacune en son espèce. » Producat terra animam viventem in genere suo, jumenta et replilia , et bestias lerre. Lors donc qu'il dit ensuite de l'homme, factus est homo in animam viventem, ne le range-t-il pas évidemment dans la classe des animaux ?

L'homme, il est vrai, ne doit pas être consondu avec la brute : il fait une classe à part, il est d'une espèce supérieure; le souffle divin qui l'anime l'élève incontestablement au-dessus de tous les autres animaux. Aussi est-il créé séparément et avec un soin particulier. Son corps est formé des mains mêmes de Dieu, et son ame n'est pas seulement sensitive comme celle eles brutes, elle est intelligente. Mais, pour avoir plus que les autres animaux, il n'en a pas moins tout ce qui constitue l'animal, savoir, un corps organisé et vivant, et, par conséquent, il est animal dans toute la signification du mot. L'intelligence dont il est doué ne détruil pas la nature de l'animal; elle la perfectionne et l'ennoblit; elle én fait un animal raisonsable. De même en Jésus-Christ la divinité, qui l'élève infiniment au-dessus des autres hommes, ne détruit pas l'huinanilé, et n'empèche pas qu'il ne soit véritablement homme et ne doive être appelé l'homme-Dieu.

Dieu fait un préceple à l'homme nouvellement créé, et lui annonce que, s'il le Transgresse, il sera puni de mort. Quácumque die comederis ex eo, morte morieris. Ce n'est pas sans doule à l'intelligence que celle menace s'adresse, du moins dans le sens propre et littéral; car l'intelligence ne meuri pas. Elle s'adresse pourtant à l'homme, et il faut bien que ce soit à l'homme en tant qu'animal, puisque la mort ne peut atteindre que l'animal, dont elle est la destruction.

Il seröst facile d'accumuler des textes de l'Ecriture sainte od l'homme est considéré sous le rapport de l'animalité ; mais nous nous en abstenons; car, outre que ces textes sont assez connus, ce n'est pas une dissertation que nous écrivons : nous voulons seulement prouver que la définition qui fait de l'homme true, intelligence, excluant l'animalité de sa nature, ne s'aca corde pas avec les notions que nous donne la sainté Ecriture de la nature de l'homme, et nous croyons en avoir asscz dit pour le démontrer. Nous ajoutons que celle définition ne peut pas davantage s'accorder avec l'enseignement de l'Eglise sur deux dogmes fondamentaux de notre religion, le péché originel et la rédemplion.

Le péché originel, qui a vicié la nature humaiiië, se transmet par la génération, ainsi que l'enseigne le concile de Trenie; inais l'intelligence. ne s'engendre pas : la génération, comme la mort, ne peut s'entendre que de l'animal. Si donc nous admélions que l'homme est une intelligence, et que le corps auquel cette intelligence est unie n'est qu'un instrument dont elle se sert, instrument dont l'idée, si vous voulez, entre dans la dénomination d'homme , comme l'idée de cheval entre dans la dénomination de cavalier, mais qui ne fait pas plus partie de l'homme que le cheval ne fait partie du cavalier ; il s'en. suit nécessairement que l'homme n'est pas engendré; et que ce mode de transmission du péché originel est une fiction. On dira peut-être que, quelque sentiment qu'on veuille adopter, la transmission du péché originel sera toujours un mýstère dont l'explication embarrassera les plus liabiles théologiens. Cela est vrai; inais il ne faut pas faire d'un mystère, c'està-dire d'une chose seulement inconcevable, une impossibilité, une absurdité maniseste. Toute union entre le corps et l'ame autre que celle qui fait de ces deux substances une seule chose; une seule, substance, une seule personne, comme s'exprime saint Augustin, confond toute idée que nous pouvons nous former d'un péché d'origine insectant la nature humaine et se transmettant de génération en génération jusqu'à la postérité la plus reculéé. ... . .. Voyons maintenant ce que devient le mystèrë ineffable de l'incarnation ; ce mystère qui est le fondement de toute notre religion, si nous adoptons la définition de l'homme qu'on rious propose comme meilleure, comme plus exacte que la définition reçue. Et d'abord, que signifient les paroles dont l'Ecriture sainte se sert pour exprimer l'incarnation ? Que signifie le mot même incarnation ? Le Verbe s'est fait chair, Verbum caro factum est. C'est, dit-on, offenser la dignité de l'homme que d'établir un rapprochement entre lui et la matière organisée : comment donc oserons-nous identifier cette matière avec Dieu lui-même? Je dis identifier, car la foi nous oblige de croire qu'en verlu de l'union de la nature humaine avec la naļure divine dans la personne du Verbe, l'homine entier, son corps aussi bien que son ame, ne subsiste que de la subsistance du Verbe, et que la dénomination d'homme-Dieu convient à Jésus-Christ dans le sens le plus rigoureux. L'union du Verbe avec le corps humain n'est pas moins réelle que sou uvion avec l'ame humaine, et Jésus-Christ étoit aussi réellement présent au sépulcre qui renfermoit son corps qu'aux limbes ou descendit son ame : Sepultus est, descendit ad inferos. Ce corps, séparé de l'ame, mais indissolublement uni au Verbe, avoit droit au culte de latrie lout autant que l'ame intelligenle qui avoit momentanément cessé de le vivifier. Dans la solennité que l'Eglise a établie en l'honneur du très-saint Sacrement, et qu'elle appelle Fête du corps de Jésus-Christ, Festum corporis Christi , tous les honneurs sont rendus à ce corps adorable, à ce pain supersubstantiel qui vivifie nos ames. Enfin, l'Eglise, nous expliquant le mystère de l'incarnation , dit que Dieu a pris un corps animé, animatum corpus sumens , de virgine nasci dignatus est. Ainsi, un rapprochement qu'on nous dit être offensant pour la dignité de l'homme est établi pour Dieu lui-même par un prodige de sa puissance et de son amour.

Saint Athanase, dans son Symbole que l'Eglise a adopté, et qui est ainsi devenu l'exposition authentique de notre foi, pour nous donner l'idée la plus précise et la plus nette du dogme de l'incarnation, compare l'union de Dieu avec l'homme dans ce mystère, à celle qui existe entre le corps humain et l'ame raisonnable, sicut anima rationalis et curo unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus. Saint Augustin emploie la même comparaison pour établir l'unité de personne en JésusChrist. De même, dit-il, que le corps et l'ame font un homme, de même l'homme et le Verbe font un Christ : quomodo est unus homo anima et corpus, sicut unus Christus Verbum et homo.

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