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; Pinar. La salle du marin Risson, qui a fait sauter sou batiment en Croce, costarbivée le 22 juin à Lorient, sa ville natale. On s'occupe de sa pose sur la colonne, mi l'inauguration aura lieu le 29 juillet.

- Les jeunes gens arrêtés pour le charivari donné à M. Gaillard de Kerbertins à Rennes, ont été jugés le 23 jnin: Deux ont été condamnés, l'un à quinze jours de prison, et l'autre à cinq jours de la même peine.

- Le canal du Rbône au Rhin est enfin en activité jusqu'à Strasbourg. Le pres mier arrivage de marchandises du Midi daus cette ville a eu lieu le 25 juin. .

- Les réfugiés Espagnols resteront à Périgueux. Il est arrivé le 25 juin, dans relle ville, un ordre ministériel qui y maintient leur résidence. . La cour d'assises de l'Aube, sous la présidence de M. Jacquinot - Godard, conseiller à la cour royale de Paris, a consacré quatre audiences au jugement des individus accusés de l'assassinat de M. l'abbé Vallon , aucien curé de Savière, ågé de 73 ans; assassinat qui fut suivi d'un vol de la valeur de 40,000 fr. ties accasés étoient les pommes Petit ( Napoléon), ágé de 25 ans, Marie Cyre Breleil, sa concubine, et deux frères de celle femme. M. Poinsot, procureur du roi, a soutenu l'accusation. Le jury a déclaré Petit coirpable de recel d'objets volés, mais sans savoir que ce vol eût suivi un homicide; et la fille Breleil coupable de vol et d'homicide volontaire, mais avec des circonstances attéDuantes. En conséquence, Petit a été condamné à cinq ans d'emprisonnement, 500 fr. d'amende el dix ans de surveillance; et la fille Breleil, aux travaux forcés à perpétuite et à l'exposition. L'arrèt n'a été rendu qu'à trois heures du masin le 30. Les aliords du palais de justice étoicnt restés encombrés de curieux, ,

- A la suite d'une longue discussion, soulevée par me pétition contre les actes de la police, qualifiés d'arbitraire, M. Finch a fait à la chambre des communes d'Angleterre une motion tendant à supprimer les unions politiques comme subversives de toute autorité, contraires à la constitution, et dangereuses pour le trône et l'Etal. L'orateur a représenté que, si le parlement et le gouvernement n'y prennent garde, ce quatrième pouvoir, qui s'élève en face d'eux, les aura bientôt paralysés el dominés. Il a soutenu que les membres des unions avoient une organisation toute préparée, que leur lord chancelier est M. O'Connell, leur chancelier de l'in chiquier M. Altwood. M. Plumptree a pris la parole pour appuyer la motion. Lord Althorp a combaltu celle motion, en disant que le gouvernement ne redoutoit rieu en ce moment des associations. Elle a été rejetée à la majorité de 70

contre 8.

- On a découvert en Wurtemberg le fil d'une conspiration qui s'étendoit sur tout le royaume et qui se rallachoil à l'éroeule de Francfort, aux mouvemens qui ont eu lieu en Pologne, à l'entrée des réfugiés polonais en Suisse et aux tentatives qui ont échoué en Italie. C'est ce qu'ont fait connoitre des papiers saisis à un Polonais, et par suite desquels 78 individus ont été arrêtés.

- Le roi de Prusse a défendu aux Prussiens de fréquenter l’université de Heidelberg, dont l'esprit est libéral.

- On a reçu des nouvelles de Constantinople du 10 juin; le départ de Russes continuoit à s'effectuer.

- De grands désordres ont eu lieu à Arta. Les commissaires chargés de la délimitation dn royaume de la Grèce ont été fort maltraités. Le consul anglais et le Poppe grec (évèque) ont élé eminenés par des bandits, en ätages dans les montagnes. Le gouvernement grec a aussitôt envoyé des troupes sur ce point.

– M. Herrera, micistre plénipotentiaire de la république de l'Amérique centrale, après avoir conclu un traité de commerce favorable à la Frauce, retonrne dans sa patrie. On assure que ce ministre, en quillant Paris, a annoncé au gou. vernement qu'a son arrivée en Amérique il s'occuperoit des moyens à employer pour nielire à exécution le projet de jonction des deux Océaus par le lac du Nicaragua et le fleuve San-Juan, plus avantagelix, dit-on, que le canal rectiligne de l'isthme de Panama. M. Herrera se propose aussi d'établir un système de colonisation qui présenteroit aux émigrans d'Europe des avantages et même des garanties.

Paraphrase des sept Psaumes de la pénitence, ouvrage traduit de

l'italien (1).

Chaque paraphrase est précédée d'un argument ou sommaire qui indique l'ob. jet da psaume. Outre les réflexions sur chaque verset, il y a encore à la fin de chaque psaume des réflexions générales et une élévation à Dieu. L'auteur a eu surtout en vue les chrétieus qui ont été long-temps engagés dans le monde, et qui sont revenus à Dieu. Les sept psaumes sont distribués pour les sept jours de la semaine.

A la fin du volume, ou a joint des Pensées sur l'éternité, des prières pour la messe , la confession et la communion, et les vepres du dimanche.

(1) In-94. Prix, < fr. 20 c., et 1 fr. 60 c. franc de port. Chez Jeantbon , place Saint-Audré-des-Arts; el au bureau de ce Journals

fe Gérant, Adrien Le Clere,

· Cours DES EFFETS PUBLICS. — Bonrse du 3 juillet 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 11. 15c., et fermé à 77 fr. 25 c. Cing pour 100, jomss. 1 22 mars, ouvert à 103 kr. 80 e., ct fermé à 104 fr. 05c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . 1700 fr. 00 c.

IMPRIMERIR D'AD. LE CIERE ET Comp.

SAMEDI 6 JUILLET 1833.

(N° 21 24.)

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Sur le Parti - Prêtre et sur les Processions.

La chambre des pairs et le public ont pris la libertat de se moquer un peu des terreurs d'un noble pair qui a d oré éloquemment les usurpations du clergé, son influence crore sante, et les affreux dangers dont elle nous menace. Toutefois, il faut bien reconnoitre que M. de Montlosier n'est pas le seul qui soit effrayé de cette tendance du clergé à reprendre le pouvoir et à remettre la France sous le joug : le Constitutionnel, qui n'a pas moins de pénétration que le dénonciateur du parti-prêtre, voit aussi les progrès alarmans de cette conspiration sacerdotale qui nous environne, et qui s'annonce par des fails. trop éclatans pour être méconnus. Ces faits sont d'abord les processions extérieures de la Fête-Dieu, qui demontrent la tendance du clergé à reprendre le cours de ses usurpations , et la déplorable condescendance des fonctionnaires. Mais ce n'est pas tout, et beaucoup d'autres faits prouvent qu'il y a ici un système tout entier. Ces faits , le journaliste les énumère et les accumule dans une longue période où il a lâché de déguiser leur petit nombre sous la pompe et l'emphase des paroles ; car, au fond, le beaucoup se réduit à trois faits , savoir l'introduction des curés dans les conseils de département et dans les comités d'instruction primaire, le rejet du projet de loi sur le divorce, et le discours de M. Humann sur l'amendement de la chambre des députés pour la réduction des siéges. Quelle masse de faits effrayans! quel amas de preuves irrésistibles ! Il faut que le clergé soit bien puissant, puisque les prêtres ne sont pas exclus par une loi des conseils de département; car vous voyez bien qu'ils vont y entrer en foule, et qu'il n'y aura bientôt de place que pour eux dans ces conseils. On connoit l'esprit des électeurs, et on sait qu'ils sont partout vendus au clergé. Ce n'est même là qu’un premier pas, et le journaliste prévoit que l'introduc- .. tion des curés dans les conseils-généraux n'est que le prélude de l'introduction des évêques dans la chambre des pairs. En

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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effet, cela est très-vraisemblable, et les évêques vont affluer dans la chambre tout aulant que les curés dans les conseils. Cependant, comme cette double inondation est encore dans les futurs contingens, elle n'est peut-êlre pas une démonstration bien rigoureuse de l'imminence du danger.

Le rejet du projet de loi sur le divorce est une chose bien fâcheuse, sans doute; mais est-ce l'influence du clergé qui en est cause? Croyez-vous que le rapporteur, M. Gauthier, qui est protestant, soit un agent ou un flalleur du parti-prélic? N'a-t-il pas fait valoir des considérations morales indépendantes des principes de l'Eglise catholique, et les mêmes coiisidérations n'ont-elles pas influé sur le vote d'un grand nombre de pairs qui ne sont pas plus que lui disposés à se mellre sous le joug sacerdotal? Enfin, le discours de M. Humann, qui couronne cette immense série de faits, esl, dit-on, une insulte i la chainbre. Comment! c'est une insulte que de blâmer un amendement! Mais tous les jours le journaliste lui-même blâme des aniendemens déjà adoptés : pourquoi le ministre n'auroil-il pas le même droit? Est-il bien sûr d'ailleurs que ce soit pour plaire au clergé que le ministre ail improuvé l'amendement? Ne seroit-il pas possible qu'il eût envisagé surtout les inconvéniens et les embarras qui résulteroient d'une réduction des sièges ? N'est-il pas probable que le ministère est effrayé des suites d'un nouveau changement, de la désorganisation des diocèses, des difficultés qui s'offriroient a chaque pas ? Est-il sage de froisser, pour une mesquine économie, les võux du peuple, et de jeter le découragement et l'inquiélude dans le clergé?

Ainsi, les faits groupes et entassés par le Constitutionnel : se réduisent à rien. Celui qui le choque le plus, et sur lequer il insiste avec plus d'amertume, est l'article des processions. il y voit une violation flagrante de la loi, une réaction 4tale, et il en fait un acte d'accusation contre le ministere. " appelle aux électeurs, et les conjure d'arrêter celle marche rétrograde et suneste. Ce zèle pour la légalité est silns do une chose bien louable ; mais quand ce zèle est vrai et pur..!! s'étend à tout. Comment se fait-il que le Constituíionnel n all jamais réclamé contre les illégalités commises dans la Vendée: contre les visites domiciliaires nocturnes, les arrestations aro traires, les pillages, les assassinats même? Est-ce que tuer un homme lui paroitroit moins illégal que de faire une procession

au deliors ?. ost-ce que le sang versé le toucheroit moins que

les honneurs rendus à la religion ? est-ce que si sensibilité "seroit plus affectée de la pompe d'une cérémonie pieuse que de violences exercées sur les personnes et sur les propriétés ?

Hé biên! nous aussi vous invoquons la légalité : nous trou· vons dans la Charte de 183o que chacun professe sa religion

avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection. Si chacun professe sa religion avec une égale liberté, pourquoi les câiholiques ne pourroievl-ils pas faire leurs processions ? Ces cérémonies font partie de leur culle; elles sont dans les habitudes du peuple, elles plaisent aux ames pieuses , elles consolent leur foi, elles offrent aux indifférens inèmes un spectacle innocent qui les récréé. Pourquoi voulezvous les en priver? De quel droit, vous qui proclamez la liberté des cultes, y apportez-vous aussitôt des restrictions? Est-il juste de refuser à la majorité ce qu'elle désire, par égards pour une petite minoritë exigeante et envieuse ? Voilà pourtant ce que nous avons vu. De grandes villes, Lyon, Marseille, Nantes, Lille, Orléans, etc., n'ont point eu de processions extérieures. Cependant il est notoire que l'immense majorité les souhaitoit. Dans ces villes, les processions, partie d'une fèle, étoient elles-mêmes une fête à part. On se faisoit une fêle de préparer et d'orner des reposoirs, de tendre les maisons, de Joncher les rues de fleurs. Les enfans, les jeunes filles faisoient partie du cortége: les uns suivoient la procession avec respect, les autres se pressoiekt pour la voir passer el pour jouir du spectacle de ceite pompe religieuse. Oui, mais ce sont ces léJmoignages de foi qui déplaisent à des esprits jaloux. Leur tolérance ne peut souffrir ces démonstrations de piété, et, pour les contenter, on interdit les processions. Ainsi, on consulte plutot les væux de quelques fanatiques d'impiété, de quelques faclieux, que ceux de la partie la plus nombreuse et la plus estimable de la population : la légalité le veut-elle ainsi?

On fait valoir les droits des protestans et l'article 45 de la loi organique du concordat. Mais en quoi les processions blesseroient-elles les droits des protestans? Ils ne font poirit de proċessions, et on n'a point à craindre des rencontres d'où il po u rroit résuliér quelques troubles. L'article 45 de la loi orgaVinue de i802 porie en effet que les processions n'auront point

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