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lieu là où il existe des temples prolestans. D'abord cet article n'a jamais élé entendu que des villes où il existoit des consistoires, et le ministre de l'intérieur en écrivit dans ce sens aux présets dès 1802. A la même époque, plusieurs consistoires protestans exprimèrent leurs regrets de ce qu'ils étoieit un obstacle à l'exercice extérieur du culle catholique, et demandèrent à ce que les cérémonies pussent avoir lieu, comme autrefois, hors de l'enceinte des églises. Les préfets furent donc autorisés à le permettre quand il n'y auroit pas d'inconvénient. M. Jauffret nous l'apprend dans ses Méinoires historiques sur les affaires ecclésiastiques de France (1), tome 1er, p.244. Depuis on a successivement accordé des oratoires protestans à des villes qui n'avoient pas le nombre requis pour former un consistoire ; mais il étoit naturel que cette concession ne préjudiciât point aux droits des catholiques, et en effet cela n'a point fait de difficulté jusqu'à ces derniers temps.

Il résulte de tout cela que les envahissemens du parti-prêtre ne sont pas aussi effrayans qu'on le suppose, et qu'il est des choses un peu plus illégales que les processions.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

· Paris. Par ordonpance insérée au Moniteur du 4 juillet, M. l'abbé Cadalenc, archi prêtre à Alby, et l'un des grands-vicaires du dernier archevêque, est nommé à l'évêché de Saint-Flour, et M. l'abbé Casanelli d'Istria, chanoine d'Auch et grand-vicaire de M. le cardinal d'Isoard, est nommé à l'évêché d'Ajaccio, qui étoit vacantdepuis près de deux ans. M. l'abbé Casanelli est né en Corse, et avoit toute la confiance de M. le cardinal d'Isoard. Il ne reste plus à pourvoir que l'évêché de Clermont. Châtel a annoncé dans son journal qu'il étoit question , pour ce siége, de M. Rostaing, curé d'Ambert, même diocèse , qu'il désigne comme un prêtre constitutionnel. Nous ne savons ce qu'il entend par-là; mais si M. Rostaing a été en effet proposé, nous avons tout lieu de croire que cette proposition n'aura point de suites : l'âge avancé de cet ecclésiastique étoit seul une raison de ne pas songer à lui pour l'épiscopat dans un vaste diocèse qui demande un prélat actif. .

- M. l'archevêque de Paris a présidé jeudi dernier à la première communion des enfans de la paroisse de Saint-Sulpice. La

(1) Trois volumes in-8". Prix : 15 fr. A Paris, chez Adrien Le Clere el comp., quai des Augustins , 11. 35. '

cérémonie a commencé à sept heures du matin par l'exposition du saint Sacrement, suivie du Veni, Creator. Le prélat a ensuite célébré la messe. Avant la communion, il a adressé de l'autel aux enfans une exhortation rolative à la circonstance. La communion a élé longue, mais elle a été fort édifiante. Tout s'est passé avec beaucoup d'ordre et de recueillenient. Après la communion, M. l'archevêque a encore pris la parole, et a fait sentir aux enfans quelle devoit être leur reconnoissance pour le bienfait qu'ils venoient de recevoir. L'un et l'autre discours, pleins de piélé et d'onction , ont été entendus dans un grand silence. La cérémonie a fini par une messe d'actions de grâces. Un grand nombre de parens étoient présens, et ont pris part au bonheur de leurs enfans.

-- Divers bruits contradictoires ayant circulé sur le sacre de M. Guillon, évêque élu de Maroc, il a paru convenable d'exposer simplement les circonstances qui ont accompagné cette affaire. Il y a environ trois mois qu'une autorité, digne de tout respect, pressentit M. l'archevêque nommé de Besançon sur ses dispositions au sujet de ce sacre. Il ne pouvoit y avoir de sa part aucune objeclion, du moment que M. Guillon avoit l'institution canonique. Le prélat s'engagea donc à faire la cérémonie, et le jour ful fixé à la saint Barnabé; mais une indisposition, qui lui survint, le força à différer. MM. les évêques de Versailles et de Beauvais avoient promis leur concours; ils s'accommodèrent eux-mêmes d’un délai qui les mettoit à même de concilier leur présence à ce sacre avec d'autres devoirs. L'époque du premier dimanche de juillet fut unanimement résolue; sur ces entrcfaites, il arriva que le gouvernement, ignorant les causes de ce retard, et présuinant qu'il pouvoit être occasionné par la difficulté de réunir le nombre d'évêques voulu pour la cérémonie, adressa à M. l'évêque de Dijon l'invitation de se rendre à Paris. Le prélat acquiesca avec empressement à ce désir ; mais il trouva en arrivant que les arrangemens étoient pris d'avance, de manière à ne pas nécessiter sa coopération. Il le comprit, et n'attribua ce désappointement qu'à un défaut de con- : cert, Privé de coopérer au sacre, il n'en témoigna pas moins le désir d'être présent à la cérémonie, qui doit avoir lieu demain dimanche dans la chapelle du séminaire à Issy, où M. Guillon est en retraite.

- Une ordonnance de M. l'archevêque de Toulouse, adressée au clergé de son diocèse, et datée du 8 avril dernier, est relative à l'établissement d'une caisse de prévoyance ecclésiastique.'

« Notre sollicitude pastorale, dit le prélat, dout le premier et le principal objet est le salut des ames., ne peut cependant ni ne doit rester indifférent aux maux temporels des ouailles qui nous sont confiées, et surtout des ministres du Seigueur qui, après avoir fourni une carrière pleine de vertus, après avoir eux

moèmes soulagé l'infortune, arrivés à l'âge tout n'est plus que peine et doua leur', manquent des choses les plus nécessaires à la vie. Ce dénuement où se trousent quelquefois de dignes prêtres de Jésus-Cbrist, outre qu'il est peu honorable pour le clergé et qu'il accuse d'indifférence les fidèles, est encore nuisible à la religion, en ce qu'il est capable d'arrêter les yocations ecclésiastiques et de priver l'Eglise de sujets qui auroient étendu par leurs travaux le règue de Dieu. C'est pour remédier à ces maux que nombre d'évêques ont établi dans leurs diocèses des caisses d'épargne , ou de prévoyance, ou des associations de charité, destinées à secourir les prêtres que leurs infirmiļės mettent hors d'état de conti, pper à remplir les fouctions du saini ministère. Le besoin d'une institutioni semblable se fait sentir dans divers élais de la société : on y a pourvu dans plusieurs, Le clergé, qui doit éminemment être animé d'un esprit de charité et de sagesse, seroit-il le seul qui ne sauroit prévoir l'avenir, et qui ne s'occuperoit pas des moyens de ménager à ses membres, par quelques légers sacrifices, des secours pour les temps mauvais ? Notre prédécesseur, le cardinal de Clermout-Tonnerre, avoit proposé dans ce but une souscription qui donna d'heureux résultats pendant plusieurs années, mais à laquelle, plus tard, par l'effet de diverses circonstances, on cessa malheureusement de donner suite. » .'

M. l'archevêque entre ensuite dans le détail des dispositions qu'il a prises pour l'établissement de la caisse de prévoyance. Cette caisse est destinée à donner des pensions de retraite aux prêtres infirmes. Les ecclésiastiques qui voudront avoir droit à une pension verseront 10 fr. par an, et seront par là même asso, çiés. Ceux qui le pourront sont invités à verser la première fois la contribution de plusieurs années; elle leur sera imputée sur les années suivantes. Les sommes versées seront placées en l'entes. M. l'archevêque réglera la quotilé des pensions, avec l'avis d'un conseil d'administration, qui est composé de MM. les grandsvicaires, de MM. les chanoines de Prépaud et Dubourg, el de MM. les curés Pagan et de Gounon. Celui-ci sera trésorier, et M. Dubourg secrétaire. Les pensions ne pourront ordinairement excéder 600 fr. Les ecclésiastiques qui serojent révoqués ou destilués cesseront d'avoir droit à la pension de retraite, sauf à leur l'estituer, s'ils l'exigent, ce qu'ils auroient versé à la caisse.

- M. l'évêque de Carcassonne, qui vient de faire dans son diocèse une tournée de confirmation, a administré, entre autre, le sacremenļ, le 12 juin, à Lacombe, où il y avoit eu quelques jours auparavant une cérémonie fort édifiante. La religion , qui avoit paru long-temps oubliée dans ce village , y est rentrée dans, ses droits. Le 6 juin, après une préparation convenable, soixantecinq habitans , tant vieux que jeunes, et de différens sexes, y ont fait leur première communion. Ils ont ensuite reçu la confirmation des mains du prélat, ainsi que plusieurs enfans des conmunes voisines. On étoit allé en grand nombre à la rencontre du prélat, qui a reçu le même accueil huit jours après à Rochefort, où il a donné la confirmation à plus de six cents personnes.

- La Gazette de l'Ouest, en rendant compte de la dernière émeute arrivée à Angoulême, déplore l'incurie, l'insouciance et l'aveuglement des autorités sur l'état de celle ville. Nous n'avons cessé, dit-elle, de souper l'alarıne ; mais on est resté sourd à nos plainles, et loutes les occasions, même les plus légères, sont saisies avec avidité par les agilateurs pour faire entendre des cris de mort, et se porler aus derniers excès. Tout leur est permis; ils peuvent, quand bon leur semble, chasser iin punément les élèves de deux séminaires, comme il arriva le dimanche 20 février 1831, où les grand et petit séminaires fureol assaillis par une multitude aveugle, et les. élèves obligés de se sauver, comme ils purent, en escaladant les murs. Ils peuvent chasser un curé de sa cure, de sa maison, de sa ville, comme il arriva à la inéme époque à M. le curé Chevrou; expulser un autre curé de sa succursale, celui de Saint-André; exemple qui a été imité dans plusieurs autres paroisses du diocèse. Ils peuvent assiéger un évêque dans son évéché, tenter d'assassiner des jeunes gens acquillés par un arrêt solennel, menacer et insulter les habitans les plus paisibles, s'opposer à l'exercice du culle de la majorité, outrager publiquement la religion el méconnoître la subordination militaire, comme on l'a vu à la dernière procession. 'Tout cela est permis aux agens de troubles; personne ne songe à prévenir ou à réprimer leurs efforis, ei les autorités manderont peut-être dans leurs rapports officiels que tout va au mieux à Angoulême, el peut-être recevront-elles des félicitalions et des récompenses pour avoir si bien maintenu le bon ordre, et pour avoir proiéyé toutes les classes avec tant d'impartialité.

- On souhaitoit depuis long-temps à Lamballe un établissement de Filles de la Charité pour visiter, assister les pauvres malades à domicile; mais ces væux étoient restés jusqu'ici stériles. M. Padel, prête , ancien religieux de l'ordre des Capucins, vient enfin de les réaliser'. A peine a-t-il été en possession de la succession de son frère, movt l'année dernière, qu'il a écrit à la supérieure des Filles de Saint-Vincent de Paul pour lui demander trois scurs. Elle y a consenti. Les llois sour's arrivèrent à Lam) -balle le 11 juin. Elles y furent accueillies avec beaucoup d'intérêt, et le 17 elles ont été installées par M. l'évêque de SaintBrieuc, accompagné du fondateur, du clergé de la ville et des autorités constituées , qui dès le commencement applaudirent au projet de M. Padel, ei le secondèrent de tous leur's efforts. On alla prendre les Saurs dans la maison du fondaleur, et on les conduisit processionnellement à l'église paroissiale, en chantant le Veni, Creator. Arrivées dans l'église, M. l'évêque leur adresser une courie allocution él celebra la messe, après laquelle on les conduisit, en chantant le Te Deum, dans la maison qui leur est destinée. M. Padel a sacrifié presque toute sa fortune pour assurer aux pauvres de sa ville nalale la durée de secours bien précieux.

- L'Ami de la Charte, de Nantes, cite comme une preuve de l'ignorance du clergé, que les épitres de saint Paul ayant été répandues en grand nombre dans plusieurs communes, entre Nantes et Reones, les curés ont ordonné à leur's ouailles de les leur livrer, afin qu'ils puissent brûler ces publications sataniques. Le zèle de ces curés n'est pas si absurde que l'Ami de la Charte le suppose. On sait en effet que les sociétés bibliques distribuent des Bibles ou des parties de la Bible dans des traductions qui, soit qu'elles soient prolestantes, soit qu'elles soient des traductions catholiques altérées , doivent être également suspectes. Dans ce cas, ce ne sont point les épitres du saint apôtre qu'on redoute, cé sont les erreurs qu'y enseignent ou qu'y insinuent des tradueteurs infidèles.

— Nous apprenons de l'Anjou que le bruit y court que M. Mauger, ancien curé d'Avrillé, a été nommé membre de la Légiond'Honneur. Ce bruit réjouit les uns et fait gémir les autres. Quoi! dit-on, M. Mauger', qui a été interdit par son évêque, dont la conduite est connue, qui n'a plus rien d'ecclésiastique, qui..., von, cela n'est pas possible. Malheureusement la chose paroît n'êire pas douleuse. M. Mauger en a fait confidence à plusieurs de ses amis; à sa place, on n'est pas fâché de se prévaloir d'une pareille nomination. A la vérité, il ne porte pas encore la croix ; il faut qu'il y ait eu à ce sujet quelque difficulté. Peut-être l'autorité aura-t-elle été avertie de la bizarrerie d'un tel choix; peut-être lui aura-1-00 l'eprésenté que rien ne pouvoit plus la compromettre que de distribuer des récompenses avec si peu de discernement. Avoir choisi M. Mauger dans tout le clergé de l'Anjou pour lui donner la croix, quelle école! Les amis du gouvernement en baissent les yeux; ils craigoent que cela ne serve encore de prétexte à ces malheureux carlistes pour crier qu'on 'insulte à la religion. La croix à un homme qui venoit d'être interdit par son évêque, n'est-ce pas un affrout pour le prélat, un sujet de gémissemene pour les fidèles, un sujet de triomphe pour les amateurs du scandale ? Il ne resteroit plus qu'à la donner aussi aux vénérables personnages interdits ou dignes de l'ètre , qui ont fait parler d'eux dans ces derniers temps; aux sieurs Châtel, Duinonteil, etc. Ce seroit un puissant relief pour la Légion-d'Honneur.

- A propos du monastère de Praglia, près Padoue, rendu avec la jouissance des biens non vendus aux Bénédictins qui vontdroient venir l'habiter, nous avons dit, 'no 2102, que c'est la première fois qu'un monastère est rétabli dans les domaines autri

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