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velles, ou au démembrement de paroisses existantes, soit dans le culte catholique, soit dans le culte protestant, d'après la demande des parties intéressées, et avec les formalités constamment en usage pour les unions et divisions de cette sorte. N'oublions pas de remarquer que la loi du 18 germinal an X, appelée communément loi organique des cultes, ne concerne pas seulement la religion catholique, et qu'elle regarde aussi les églises protestantes. Ce qui se pratique dans tes communes où le culte protestant s'exerce concurrement avec le culte catholique montre assez qu'un culte quelconque ne sauroit s'élablir de son propre mouvement et sans l'intervention de l'autorité publique dans aucune commune, et surtout dans les communes ou un culte différent est en exercice. La liberté de conscience est le bien commun; mais il faut, par de sages mesures, qu'elle se concilie avec la sûreté commune. L'autorisation spéciale de chaque culte est la sauvegarde de tous les cultes. La faveur se change en oppression, non pour ceux qui en profitent, mais pour ceux qui en souffrent. Un gouvernement qui méconnoit ces principes, qui s'affranchit de ces règles qu'aucun peuple civilisé n'ignore, qui agit arbitrairement en matière si grave, ouvre la porle aux plus redoutables discordes, aux dissentions les plus désolantes ; il précipite la société dans l'anarchie religieuse, où le fanatisme, ne connoissant plus aucun frein , porte l'effroi , la conşternation dans tous les cours vraiment religieux.'

. i : N'est-ce pas, en effet, le spectacle que présentent ces prêtres bannis ou transfuges du sanctuaire, ces a postats obscurs qui se dénoncent bassement eux-mêmes comme ayant flétri pendant plusieurs années le caractère sacerdotal par le rôle in same d'hypocrites et d'imposteurs ? Quel titre pour jouir de l'incroyable privilége de faire et de dire impunément tout ce qui leur plail, au moyen d'un prétendu culte, ou le Dieu des chrétiens, dépouillé de sa divinité, n'est que le fils de Joseph!.... culte qui renverse dès-lors tous nos dogmes, tous nos mystères, et pourtant s'intitule, avec autant d'indécence que d'illégalité, religion catholique ; dénomination frauduleuse que ne pallie point le mot française, lequel, uni aux deux mots qui précèdent, n'a plus aucun sens. Cetle usurpation de nom, de profession, de qualité, seroit, en matière bien moins importante, punissable devant les tribunaux, puisqu'elle porte un évident préjudice à

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altrui. Mais ces hommes, en qui tout n'est que mensonge et révolte, échappent à toute condamnation ; passe encore si leur facétieuse ignorance ne prétoit qu'au ridicule, comme lorsqu'ils affectent de ne désigner les prêtres de l'Eglise de France que sous le nom de prêtres romains, ce qui en francais veut dire prètres de la ville de Rome, de même que prètres parisiens, prètres de Paris. Ce qu'on a plus de peine à comprendre, c'est la tolérance absolue dont jouissent ces prêtres du mouvement et du progrès; car c'est ainsi que leurs avocals les appellent, et qu'eux-mêmes se qualifient. Leurs exploits ne sontils pas connus de la France entière, aussi bien que la protection désastreuse qui leur est acquise? Dans presque tous les lieux ou ils se sont introduits, le sang n'a-t-il pas coulé? Chaque émeute qu'ils provoquent les affermit; toujours le champ de bataille leur reste, et ils célèbrent par des chants de victoire leur constante impunité, leur triomphe sur l'autorité publique et sur les lois (1). Si on avoit l'intention d'allumer la guerre civile par le fanatisme, pourroit-on tenir une autre conduite ? Tout homme doué du plus simple bon sens en demeure le juge. Quel poids immense de reproches élernels s'accumule sur la tète de ceux qui, fermant l'oreille au cri public, se rendent les fauteurs, les complices de la plus ignoble persécution ! La violation du concordat est manifeste; plus d'un homme d'Etat, s'il ne l'avoue, ne le nie pas; mais sur ce point capital, tous les gardiens des lois sont muels. Cet abri tutélaire, ce dernier asile est donc ravi à la religion auguste qui, durant tant de siècles, fut l'unique culte de nos pères !

M. A. C.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

Paris. Le sacre de M. l'évêque de Maroc a eu lieu dimanche matin, comme on l'avoit annoncé, dans la nouvelle chapelle du séminaire d'Issy. M. l'archevêque nommé de Besançon , qui devoit être le consécrateur, craignant, vu le genre de son indisposition, la fatigue de longues prières à réciter, a prié M. l'évêque de Beauvais d'être consécrateur à sa place, et s'est borné aux fonctions de premier assistant; M. l'évêque de Versailles étoit le second. La cérémonie a commencé à huit heures ; elle avoit attiré beaucoup de monde. Les trois jeunes princes aînés de la famille d'Orléans étoient présens.

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inne. La ville de Stenay, diocèse de Verdun, n'avoit qu'une petile, église, l'ancienne église des Minimes, qui lui servoit de paroisse. Cețle église étoit lout-à-fait insuffisante pour une paroisse de quatre mille ames. M. Lombal, curé dle la ville , ancien Bénédictin de la congrégation de Saint - Vannes, pasteur aussi pieux que capable, obtint du gouvernement, il y a quatre ans, des fonds pour construire une nouvelle église sur l'emplacement de l'ancienne. Les princes y joignirent alors leur don. M. le curé s'imposa lui-même des sacrifices, et les fidèles de Stemay concoururent généreusement aux frais de construction. La révolution de 1830 avoit d'abord suspendu les travaux; mais ils ont été repris ensuite , et l'église vient d'être terminée. Elle est d'une belle grandeur, et répond aux besoins de la population.' M. l'évêque de Verdun a bien voulu venir à Stenay pour la cons sacrer. Une retraite préparatoire fut prêchée par M. l'abbé Poncelet. Le prélat est arrivé à Slenay le samedi 15; le 16 il présida à la première communion des enfans, où M. Poncelet fit les exhortations. Le prélat prêcha lui-même le soir. Ou devoit faire la procession de l'octave de la Fête-Dieu, mais le mauvais temps empêcha la procession de sortir. Le lendemain lundi, M. l'évêque donna la confirmation à plus de 1,500 personnes, enfans et autres, tant de Stenay que des environs ; le prélat leur adressa une exhortation également pieuse et solide. La consécration de la nouvelle église étoit fixée au mercredi 19; elle a eu lieu avec loutes les cérémonies du Pontifical. Un clergé nombreux est venu des paroisses voisines ajouter à l'éclat de la cérémonie qui a duré cinq heures. L'église a été bénie sous l'invocation de Saint-Grégoire-le-Grand, et le pape régnant a bien voulu envoyer des reliques du saint povlife. Toute la population a pris part à cette cérémonie qui comble les voeux des fidèles eldu pasteur. M. l'évêque, qui a passé plusieurs jours à Stepay, y a reçu loute sorte de marques de respect; il a nommé M. le curé chanoine honoraire de sa cathédrale. Le prélat se concilie de plus en plus la confiance et l'attachement par sa prudence , par son zèle et par le vif intérêt qu'il montre à son clergé.

- Nous connoissons aujourd'hui, dit la Gazette du Maine , les détails et les principaux acteurs de l'ignoble comédie qui a inspiré l'horreur à la grande masse des habitans d'Evron (voyez notre n° 2022 ) ; mais nous imiterons la relenue du respectable cure d'Evron, et nous contenterons d'insérer sa lettre au rédacteur du Journal de Maine-et-Loire : . i « Monsieur, le comple que votre jourval a rendu de la procession de l'octare de la Fele-Dieu est entièrement mensonger. Si le clergé n'est point sorti ce jour là, ce n'est pas à cause de mon antipathie pour les drapeaux tricolores, mais à cause dų mauvais temps. La procession s'est faite avant la grand'messe, dans l'intérieur de l'église , sans aucune manifestation de mécontentement de la part des fidèles. qui ont assisté à la cérémonie de la manière la plus édifiante. Aussi , Monsieur, la majorité de la population, dont l'esprit est éminemment religieux, n'a pris aucune part à la procession que M. le maire, en écharpe, a cru devoir faire le soir, pour des raisons qu'il de vous dira pas , avec ses adjoints , une petite partie de la garde nationale, et les soldats en cantonnement à Evron. Tout le monde à vu avec effroi et indignation des extravagances dont j'aurois bonte de vous faire ici le détail. Veuillez. ... GÉRAULT, curé d'Evron. »,

- Deux plantations, de croix ont eu lieu presque en même temps dans le diocèse du Mans : à Courgenard, canion de Montmirail, une riche veuve a fait ériger un beau calvaire, qui a été béni un dimanche par le curé. Beaucoup d'habitans des paroisses voisines ont voulu être témoins de la cérémonie, qui s'est faite avec pompe. On s'est rendu processionnellement sur les lieux en chantant des psaumes. Toute la paroisse étoit réunie, et même les auttorités. M. le curé prononça un discours; la croix fut bénite, et, après l'avoir adorée en silence, la foule fit entendre de pieuses acclamations, qui, quoique de loin , auront peut-être choqué les oreilles extrêmement susceptibles de nos impies de Paris. Une cérémonie semblable a eu lieu vers la même époque à Melleray, même canlon. La croix y fut portée en triomphe par des habitans de bonne volonté. La garde nationale et le maire en costume s'associèrent à cet acte de religion. La cérémonie se passa dans le plus grand recueillement.

- Le tribunal correctionnel de Beaupréau a rendu, le 24 juin, son jugement dans l'affaire des troubles de Saint-Crépin , dont nous avons parlé n° 120. Le sergent, qui avoit troublé la procession et maltraité un particulier, a été condamné à six jours de prison ; il s'appelle Monnier, et est du 41° de ligne en congé de semeslie. Le sieur Babou neau, conseiller municipal, qui le même jour se rendit coupable de violences envers M. Chupin, a été condamné à 16 fr. d'amende. C'est un cominencement de justice. Le sergent, pour se soustraire à l'exécution du jugement, a pris, dit-on, le parti de rejoindre son corps. Il faut espérer que l'on fera respecter les décisions de la justice.

- Les journaux révolutionnaires, dit le Vendécn, s'étoient empressés d'annoncer que M. Coulon, curé des. Aubiers, ariondissement de Bressuire, avoit éié arrêté sous la prévention d'attentat contre les moeurs ; la chambre des mises en accusation de Poitiers vient de faire justice de cette calomnie, que l'on impute aux parens de deux jeunes filles , refusées par M. Coulon pour la première communion. La conduite irréprochable de cet ecclé. siastique étoit une protestation victorieuse contre une semblable accusation que la haine de la religion a pu seule concevoir et soutenir. Le curé des Aubiers a trouvé dans les téinoignages d'altachement de ses paroissiens un dédommagement des odieuses inpulations dont il avoit été l'objet.

--L'autorité ne pouvoit tolérer l'étrange délibération du conseil municipal de Pouillé que nous avons rapportée. Le préfet du département, M. Paulze-d'Ivoi, prit le 17 juin un arrêté, portant que le registre des délibérations du conseil municipal de Pouillé contient une lettre à M. l'évêque de Luçon , relative à des matières sur lesquelles les lois n'ont pas autorisé les conseils municipaux à délibérer, et ga'il ne doit exister sur les registres que les délibérations prises dans les formes régulières et dans la limite des altributions qui leur sont conférées par les lois; en conséquence, le préfet ordonnoit que la lettre à M. l'évèque de Luçon fût rayée des registres, et chargeoit le sous-préfet de Fontenay de l'exécution de son arrêté. Cela a été exécuté, et le registre ayant été apporté à la mairie , l'acte du for mai a été biffé et l'arrêté du préfet inscrit en marge. Cette paroisse de Pouillé paroît livrée à un déplorable esprit de schisme, et on peut conjecturer qui y souffle le feu. Au mois de janvier, les habitans ont adressé au sous-préfet de Fontenay une requête pour demander la jouissance de l'église. Ils prétendent que depuis quinze ans ils se sont adressés souvent pour avoir un prêtre, d'abord à M. l'évêque de La Rochelle, ensuiie à M. l'évêque de Luçon. En conséquence, ils ont adopté le rit de l'église française et élu un pasteur. Pauvres gens, qui croient qu'on peut ainsi se faire une religion à sa niode ct prendre pour pasteur le premier venu! Le choix qu'ils ont fait prouve qu'ils ne sont pas difficiles sur les qualités du prêtre qu'ils veulent avoir, et il y a toute apparence que c'est le mauvais esprit de cette paroisse qui s'est opposé à ce qu'on lui accordât un curé.

- Nous apprenons assez tard une insulte faite à la religion à Beaucaire. A la dernière procession, deux jeunes gens la traversèrent, avec une affectation marquée, le chapeau sur la tête, à quelques pas seulement du saint Sacrement, et l'un d'eux repoussa avec des paroles grossières les justes observations qu'on lui adres soit. Près la place aux Herbes, au moment où le peuple à genoux recevoit la bénédiction, la Marseillaise se fit entendre du café Bonnet, qui étoit peu éloigné du reposoir, et ce chant sanguinaire se mêla aux cantiques de la piété. Quelle déplorable frénésie d'impiété peut ainsi associer des cris de querre et de mort aux paio sibles honmages d'une religion de douceur et de charité ?

- Depuis long-temps les habitans du quartier rural de Mont-, Redon, près Marseille, regrettoient de se voir privés d'une église paroissiale; c'étoit une véritable fatigue dans un climat tel que celui de la Provence d'aller à l'église de Bonneveine, à plus d'une demi-lieue. Les propriétaires se sont concertés, et, après

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