Images de page
PDF
ePub

...

tués, et il a été convenu que désormais les bestiaux pourront paitre paisiblement sur les montagnes du pays. Ces arrangemens sont dûs aux soins du sous-préfet de * Mauléon et du colonel Eraso.

- Dans la nuit du 4' au 5 juin, le nommé Eldin, de la commune de Lagorce, irrité par un charivari, dont il étoit l'objet, fit feu sur le rassemblement, qua trois individus, et blessa un quatrième. Traduit à raison de ces faits devant la cour d'assises de l'Ardèche, il vient d'être acquitté par le jury. ."

- Dans la nuit du 28 ayı 29 juin, un incendie a éclaté à Eglefons, arrondissement de Tulle. Vingt-deux maisons, appartenant à de 'pauvres gens , ont élé détruiles.

- On apprend de Marseille que les quartiers de Saini-Jérôme et de ChâteauGombert sont ravagés par un nombre prodigieux de sauterelles, et que les figuiers sont tout dépouillés de leurs écorces par ces insectes. L'autorité avoit promis une prime de 60 ceni. par kilogramme de sauterelles détruites, et l'on avoit même prié les curés d'en donner avis au prône; mais, lorsqu'il s'est agi de réaliser celle promesse, on répondit que l'on n'avoit pas de fonds ni d'autorisation de l'autorité supérieure. En altendani , et avec ce système, le fléau continue.

- Le brick la Ménagère est arrivé, le 29 juin, à Toulon, de Naples et de Palerme. La mission de ce bâtiment éloit d'aller donner avis à la cour de Naples de la mise en liberté de madame la duchesse de Berry et de sa prochaine arrivée à l'alerme.

- Les vingt-quatre Italiens renvoyés du dépôt de Moulins n'ont pas été reçus sur le territoire suisse. Ils vont traverser de nouveau la France ponr se rendre, sur leur demande, en Belgique ou en Angleterre.

- Comme les réfugiés polonais cherchent maintenant à se rendre en Belgiqne, M. Félix de Mérode, président du comité polonais, a fait insérer dans le Moniteur belge un avis portant que ce comité a épuisé les fonds qu'il avoit recueillis par souscription, et que le gouvernement ne peut rien prendre sur le budget pour secourir les réfugiés.

L'expédition, partie de Porto le 24 juin, a débarqué le 26 à Lagos, point le plus méridional de la côte des Algarves, à soixante lieues de Lisbonne. Le capitaine Napier, après avoir mis à terre les troupes de don Pedro, qui s'élevoient, dit-on, à 4,000 hommes, a dirigé sa flolle rers Lisbonne pour attaquer les forces royales. La nouvelle du débarquement de Lagos étant parvenue de suite à la ca. pitale, on a fait des dispositions de défenses par mer et par terre.

- Le capitaine Sartorius et le général français Soligrác, qui ont abandonné don Pédro , sont arrivés', le premier à Brest, et le second å Londres.

- M. Hassemplug , "miuistre de l'intérieur et de la justice en Hesse-Electorale, mis en accusation par les Etats , vient de recevoir une citation à comparoître devant la cour supérienre. Une commission d'enquête à été nommée pour en. tendre ses mc.jens de justification. S'il ne répond pas à deux citations, il sera jugé

[ocr errors][merged small]

par contumaco. C'est la première fois qu'un míoistire est mis on accusation dans ce pays.

- Le nommé Fursey, accusé d'avoir porté des coups fde poignard aus officiers de police anglais, lors de l'émeule de Cold-Bath-Fields , vient d'être acyuitté à la cour du banc du roi. De grands applaudissemens ont accueilli la déclaration du jury.

- Le choléra reparoit à Edimbourg.

- Le journal de Pétersbourg publie une adresse du sénat de Finlande, du commerce et de la bourgeoisie de Helsingfort, pour exprimer à l'empereur Nicolas l'indignation qu'ont fail naitre les projets d'attentats contre sa personne. :

- La bibliothèque qui se trouve le plus au nord du globe est celle de Reikiavik, capitale de l'Irlande ; elle ne contient que 4,000 volumes. On en élablit une autre à Eskefiorden, dans le nord de l'ile. Celle des iles Féroë a. depuis peu, cousidérablement augmenté.

Affaires de Lèves et de Clichy. Le 27 juin commença à Chartres l'affaire des individus compromis dans les troubles de Lèves et de Charlres ; il y avoit 32 accusés et près de 100 témoins. L'acte d'accusation étoit fort détaillé et remontoit à l'origine des troubles. On y racontoit l'interdit prononcé par M. l'évêque contre le sieur Ledru, mesure prise dans les limites de la compétence de l'autorité ecclésiastique, et qui échappoil à l'examen de l'autorité civile. Les partisans de Ledru, n'ayant pu obtenir la révocation de l'interdit, proposèrent à leur ancien curé d'ouvrir une prétendue église catholique française, et il eut la foiblesse de céder à leurs désirs ; ce sont les termes de l'acte d'accusation. On laissa cette église s'ouvrir; mais bientôt les nouveaux sectaires ne se contentèrent pas d'étre tolérés, ils voulurent dominer, et déclarèrent qu'ils ne souffriroient à Lèves d'autre desservant que le sieur Ledru. Les habitans qui ne vouloient pas le reconnoître furent obligés d'aller pratiquer leur religion dans les paroisses voisines. Un catholique mourut le 12 mars; on ne souffrit pas qu'il fut enterré par un prêtre catholique, et le corps fut porté à l'église française ; peu après, un autre catholique fut porté à Champhol. Ce fut pour faire cesser cet arbitraire qu'on envoya des troupes à Lèves, le 28 avril, pour protéger l'arrivée d'un ecclésiastique désigné par l'évêché. Un rassemblement nombreux se forma : le prêtre, l'adjoint, le préfet, le général, furent insultés et me. nacés. On éleva des barricades, on jeta une grèle de pierres ; et la force armée fut obligée de se retirer. L'adjoint fut frappé, jeté à terre, et reçat des blessures; M. l'abbé Dallier fut abreuvé d'outrages. La troupe de méconteus se porta à l'évé. ché de Chartres , où elle brisa vitres, glaces, pendules, voiture, etc., jusqu'à ce que la cavalerie élant arrivée, les pillards se dispersèrent. C'est pour cela que différens individus furent mis en jugement. Ils étoient accusés, les uns de pébelliou ;

les autres d'insultes et de coupe poriés à l'adjoint, d'aulros d'insultos au prélre en fonctions, d'autres enfin du pillage de l'érêché : 4 hommes et a femmes éloient accusés d'aroir injurié ou frappé M. Dallier, et 10 d'avoir pris part à la dévastation de l'évéché.

Le premier jour fut consacré à la lecture de l'acte d'accusation. La salle étoie pleine; parmi les témoins étoit M. Dallier et le général Porret de Morvan. Les audiences des 28, 29, 30 juin et er juillet, furent consacrées à l'interrogatoire des accusés et à l'audition des témoins. A l'audience du 2 juillet, M. Didelot, avocal-général, soutiat l'accusation sur lous les chefs ; il montra la nécessité de maintenir la liberté véritable en réprimant les perturbateurs de l'ordre. MM. Mannoury, Cailloux, Compagnon et Doublet ont plaidé pour les accusés, el se sont accordés à prétendre que c'éloit l'imprévoyance de l'autorité qui avoit été cause de tous le désordre. Ce système a prévalu sur l'esprit des jurés. Après deux beures de délibé. ration, le 3 juillet, le jury est renlré el a déclaré que les fails étoient constans, mais que les accusés n'éloient pas coupables. Ainsi, il est bien constant qu'il y a eu révolte et pillage ; mais ce sont là apparemment des bagatelles qui ne méritent pas qu'on s'y arrête. Les accusés, qui paroissoient inquiets pendant la délibération, ont fait paroître une grande joie, et l'auditoire a fori applaudi. Un seul accusé, Sébastien, dit Louploup, ågé de 18 ans, et accusé de cinq délits , a élé condamné à au mois de prison pour outrages envers la garde nationale. Une telle issue de celle affaire ne peut être que fort encourageanle pour les faiseurs d'émeules et ponr les dévaslaleurs d'évéchés. C'est une bien heurense invention que le jury dans les temps de parti !

Les habitans de Clichy, compromis dans les troubles de cet hiver , ont comparu -Je 5 juillet devant la cour d'assises de la Seine; ils éloient au nombre de 10, maçons, couvreurs, blanchissseurs, charretiers, etc. Dans leur interrogatoire, ils ont été les hommes les plus innocens du monde. Le maire, le sieur Uzené, qui a donné prudemment sa démission au moment de l'émente, n'a pas voulu non plus se compromettre par ses réponses aux questions qu'on lui a failes comme lémoiu; il a prétendu ne rien savoir. Le maire actuel, M. Gillet, a dit qu'on avoit fait boire les accusés, et qu'ou les avoit entretenus dans l'ivresse pendant trois jours; mais il n'a pas voulu nommer celui qui les avoit fait boire. M. Pelletier, pharmacien à Paris, commandant de la garde nationale de Clichy, a dit que le vrai coupable o'étoit pas là, que c'étoit un bomme étranger à la commune. Lecomte et Goyard, qui se sont jetés sur les gendarmes pour les désarmer, ont allégué qu'ils étoient ivres et qu'on les a poussés. Les témoins appelés par les accusés ont dit qu'il n'y avoit d'aulro barricade que trois ou quatre pavés et une brouette, que les gendarmes avoient fait tout le mal, qu'ils avoient fait feu sur les habitans, qu'ils poursuivoient les femmes, que l'un d'eux avoit trainé une femme par les cheveux, etc. M. Frank-Carré a soutenu l'accusation, et M. Dumont a défendu les accusés. Après une heure de délibération, les réponses du jury ayant été négaLivos sur toutes les questions , le président a prononcé l'acquittement et la mise en

liberté de tous les accusés. La semaine étoit bonne pour les faiseurs d'émeu tes; et puisqu'on venoit d'acquitter à Chartres les gens de Léves qui étoient beaucoup plus chargés, il eût été trop dur de condamner les gens de Clichy, qui n'avoient pas poussé si loin la révolle, et qui n'avoient point pillé.

Les trois militaires qui ont subi à Chambéry la peine capitale en vertu des sen. tences de conseil de guerre, Tombarelli, Tolla et de Gubernális , ont manifesté le plus grand repentir. Ils ont reconnu qu'ils avoient mérité leur sort, et ont exhorté leurs camarades à ne point s'écarter des voies de la religion, de la fidélité et de l'honneur. Tous les trois ont montré la plus touchante résignation, et ont reçu les sacremens avec édification; de Gubernaris, entre autres, a écrit à ses parens une lettre pleine d'expressions de repentir, et a fait le sacrifice de sa vie en expiation de ses fautes. Il a demandé qu'on lui attachål au cou l'image du Rédempteur, et n'a plus voulu la quitter. Ayant oblenu d'entendre la messe, il y a communié avec beaucoup de dévotion. En se rendant à l'exécution, il récitoit les prières que lui suggéroient les ecclésiastiques dont il étoit accompagné, el demandoit hautement pardon à Dieu", au roi et à ses supérieurs. Ces détails édifians sont du moins un sujet de consolation pour la famille et les amis du condamné, et nous ne voyons pas dans tout cela rien qui autorise le dégoût et l'indignation d'un de nos journaux. Les révolutionnaires endureis pourront Iraiter Gubernatis de lâche; mais il est probable qu'ils penseroient autrement à l'article de la mort. En Piémont, les condamnés ont montré les ménes sentimens de religion. La Ga. zette du Piémont, du 25 juin , annonce que presque tous ont témoigné le plus grand regret de leurs erreurs, et que ceux qui ont été exécutés sont revenus sincèrement à la religion. L'avocat Vochiusi, entre autres, a dit qu'il ne pouvoit que respecter les juges qui ont signé son arrél, et prier pour eux; si ses réponses avoient été négatives, ce n'avoit pas été pour sauver sa vie, mais pour ne pas être parjure, et pour ne pas trahir son ami. Il demandoit pardon à ses juges s'il avoit cherché à les tromper, Un seul, continue la Gazette du Piémont, n'a point dementi, jusqu'au dernier moment, sa frénésie de révolution et d'impiété; c'est le médecin Jacques Ruffini , qui a trouvé le moyen de se donner la mort dans sa prison.

fe Góvaut, Adrien Le Clere.

Cours DBS EFFETS PUBLICS. - Bourse du 8 juillet 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 750., et fermé à 77 fr: 60 c. Cinq pour 100, jouiss. du 23 mars, ouvert à 104 fr. 30 e., ct fermé à 104 fr. 306. Actions de la Banque. • • . . . . . . . . . . ... 1710 fr. 00 c.

[merged small][merged small][ocr errors]

JEUDI 11 JUILLET 1833.

(N° 21 26.)

Du duché de Savoie, ou Etat de ce pays en 1833;

par M. d'Héran, d'après les documens statistiques

fournis par M. Darbier. In-8°. Paris, 1833.

Tel est le titre d'un livre qui vient de paraître, et dont quelques journaux ont fait l'éloge. Le bât de cet ouvrage n'est pas douteux : l'auteur veut prouver la nécessité de porter les frontières de la France ai Mont-Cenis et au petit SaintBernard, les seules limites naturelles entre la France et l'Italie. Il faut donc envahir la Savoie, ct, si on ne peut pas l'envahir, il faut au moins tâcher d'y exciter une révolution, il faut y fomenter des mécontentemens, il faut peindre des plus noires couleurs le gouvernement qui régit la Savoie , il faut faire haïr la religion et détester les prêtres, il faut tonner sans cesse contre le despotisme et prêcher la liberté. Or, c'est bien là ce que fait l'auteur du présent livre; et, afin qu'on n'en ignore, il termine son introduction par ce væu pacifique : Puisse notre voix être le bruit du tonnerre éloigné qui présage le moment il éclatera sur le despotisme avec d'autant plus de violence qu'il aura été plus lony - temps retardé! Cela est assez significatif ; ainsi, quand l'auteur dit par la suite qu'il ne veut de révolution que par les lumières, et d'insurrection qu'exempte de désordres et de crimes, c'est une illusion qu'il fait aux autres ou qu'il se fait à lui-même. Il n'y a pas d'exemple de révolution qui n'ait donné lieu à des excès et à des violences. La révolution de 1830, que l'auteur admire, n'en a pas été avare; mais il y a plus, il regrette pour la Savoie les temps de la première révolution, et il dit que les Savoisiens, depuis 1792 jusqu'en 1814, avoient goûté les douceurs d'un gouvernement riche en institutions favorables; les douceurs du régime de 1793 et de 1794 ! les douceurs de la convention ! les douceurs du directoire! les douceurs de l'empire! Il oppose à ces douceurs, les crimes de la cour de Sardaigne. C'est à elle qu'il reproche une tyrannie odieuse et abrutissante. Jugez par-là de l'équité et de l'impartialité de l'historien.

[merged small][ocr errors][merged small]
« PrécédentContinuer »