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M. Taillandier demande la suppression de ces derniers mots, allendu que ce serait préjuger le maintien de ce conseil..MM. Guizot, Renouard et Dumon représentent qu'il faut prendre les institutions telles qu'elles existent en ce moment; si elles sont abolies, tout ce qui s'y rapporte tombera de plein droit. L'amendement est écarté, ainsi qu'un autre de M. Gillon dans le même sens.

D'après l'art. 25, il y aura dans chaque département, sous la bomination du ministre, une ou plusieurs commissions chargées d'examiner les aspiraus aux bre. + vets de capacité, et de leur délivrer ces brevets. M. Taillaudier propose de laisser' ces commissions à la nomination du conseil-général du département. M. Demarcas, , qui craint que les jésuites et les principes ultramontains exercent quelque jour de l'influence au ministère, appuie cet amendement. MM. Renouard et Dubois pensent qu'il n'y a rien de semblable à redouter acluellement des ministres , qui sont d'ailleurs responsables. L'amendement est rejeté.

L'art. 26 porte que, selon les besoins et les ressources des communes, il pourra être établi , sur la demande des conseils municipaux, des écoles de filles auxquelles : Toutes les dispositions de la loi seront applicables. M. F. Delessert désireroit que l'on prît des mesures plus efficaces et plus étendues pour établir de ces écoles.

M. Guizot répond qu'il n'a pas encore recueilli des documens qui le mettent à même de proposer des dispositions à cet égard. M. Pelet montre que l'on ne peut rendre applicable la présente loi aux écoles de filles. M. Vivien dit qu'il seroit plus simple de supprimer l'article. M. Guizot déclare y consentir. Celle suppression a lieu. M. Senné fait alors observer qu'il seroit nécessaire d'interdire aux institúe 1 teurs de recevoir à la fois des filles et des garçons, et M. Taillandier propose à cetp effet un article portant que, dans les communes où il n'y a pas d'institutrice, l'ins , truction primaire sera donnée aux filles , par l'instituteur communal, à d'autres jours et à d'autres heures que celles des garçons. M. Guizot dit que toul cela est inutile dans la loi , attendu qu'il sera pris des mesures administratives.

M. Jouvencel demande que l'on soumette les instituteurs actuels à un nouvel esamen. Le président et le ministre répondent que cela est de droit, puisque les écoles communales ne sont point encore censées exister. M. Taillandier propose d'établir des écoles d'adulles dans les régimens et les prisons. M. Guizot déclare que, faute de renseignemens suffisans , il ne peut faire de proposition. La loi est ensuite volée à l'unanimité moins 7. .

On entame la discussion du projet de loi sur les attributions municipales. L'art. 1or maintient la circonscription actuelle des communes. Un débat s'engage a sur l'art. 3, portant, d'après l'amendement de la commission, que les communes qui ont moins de 800 habitans peuvent être réunies à une commune limitrophe. sur le consentement du conseil municipal, M. Demarçay insiste sur le consentement proposé par le gouveruement, M. Dupin quitte le fauteuil pour appuyer cette opinion, en montrant qu'il ne faut pas contrarier les affections des habitans. M. Prunelle, rapporteur, réplique.

Le 4, M. Bavoux reproduit sa proposition sur le divoree. M. Laffitte lit une

proposition tendant à libérer de leur emprunt les imprimeurs et libraires qui ont donné des nantissemens de livres et gravures.

M. Paixbans demande que la chambre s'occupe le plus tôt possible du projet de garantie de l'emprunt grec. M. le ministre des affaires étrangères appuie cette pro position. M. Salverte objecte qu'il convient plutôt de s'occuper de luis d'institutions que de nouvelles lois de finances; il prétend d'ailleurs que l'argeot de la France ne serviroit ici qu'à solder les Russes. M. Guizot réplique. M. Essaché. riaux parle dans le sens de M. Salverle. MM. Jay et Dumon trouvent que la ques.. zion de la Grèce est éminemment' nationale, et qu'en retarder la décision c'est paralyser la prérogative royale. Plusieurs membres demandent la priorité pour d'autres projets de lois qui n'ont pu être adoptés avant la clôture de la session. M. Dupin, qui arrive en ce moment, engage l'assemblée, dans l'intérét de sa propre considération, à se tenir en garde contre des prédilections pour certaines lois, et à peser mûrement l'ordre qu'elle doit suivre dans ses travaux. Il lui paroît plus convenable de commencer par le budget, la question d'amortissement et les lois d'institutions. Les ministres des affaires étrangères et de la police témoignent quelque mécontentement de ces observations, et insistent pour la priorité de la loi de l'empruni grec. La majorité se réunit à ce veu : ce sera même le premier objet en délibération.

On reprend la discussion de la loi sur les attributions municipales. Un long débat s'engage sur l'art: 3 déjà discuté la veille. Plusieurs amendemens sont rejetés, . et l'on en adopte un de M. Vivien, modifiant celui de la commission, et qui porte qu'une commune au-dessous de 300 habitans pourra être réunie, par ordonnance royale, à une commune limitrophe, lorsque le conseil-général et le conseil d'arrondissement seront de cet avis, sans avoir besoin du consentement des conseils municipaux respectifs , qui cependant devront être entendus. Les art. 4 et 5 passent sans réclamation. Ils laissent à l'autorité législative le droit de prononcer sur ja réunion des communes au-dessus de 300 habitans, et sur le fractionnement de toutes les communes, en cas d'opposition des conseils municipaux, en réservant' les droits respectifs pour les biens et usages locaux.

A cinq heures, la chambre n'est plus en nombre. L'appel nominal est ordonné sur la réclamation de plusieurs membres ; et l'on décide que cette formalité' sera' répétée lundi à une heure, et que les noms des absens seront insérés au Moniteur,

fe Gérant, Adrien Le Clere. ,

L','11;; COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 6 mai 1833.. - He's Trois pour 100, jouissance du 27 déc., ouvert à 77 fr. 50 o. et fermé à 77 fr. 70 C. ' Cing pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 103 Ir.,00 c. et fermé à 103 kr. 50:0.Actions de la Banque. • .. . ... . . . . . . . 1765 fr. 00 c.

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JEUDI 9 MAI 1833.

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Sur le cours de M. l'abbé Frere en Sorbonne. DE L'HOMME. (Suite.) --- L'ame unie au corps ; nalure, cxcellence de celle

. union. (Leçon du 14 février.)

Après avoir étudié l'origine et l'organisation du corps humain, nous devons aujourd'hui examiner en quoi consiste l'union de l'ame avec le corps , et, par suite, de quelle manière

l'ame le régit : question importante, téméraire même, si - elle avoit pour but l'audacieux désir de pénétrer un secret

que Dieu seul se réserve; mystère dont le voile ne sera déchiré que dans le séjour de toute lumière. Loin de nous done la prétention de découvrir comment l'ame est unie au corps ! Qu'il nous suffise de constater comment nous apercevons sa présence, son existence dans le corps organisé. Pour celle fin, rappelons - nous l'idée que nous révèlent les livres saints de l'esprit divin : Qui vivit in æternum spiritus est. Celui-là seul qui vit, à qui l'ètre est en propre, qui a toujours été, est esprit. Rappelons-nous encore que, d'après une déduction rigoureuse de principes, nous avons établi que tout etre qui commence n'est pas éternel, que l'élre qui existe par lui-même a des caractères, des propriétés qui ne conviennent qu'à lui, tellement que tout ce que nous apercevrons n'avoir pas ces

caractères ne sera point l'étre nécessaire. Hé bien ! la rigueur · des raisonnemens exige qu'il n'y ait qu'un seul étre nécessaire, et que cet être nécessaire soit esprit. Deus spiritus esl: esprit, c'est-à-dire un être simple, mais doué de propriétés qui lui sont propres, propriété de posséder, de connoitre, de vouloir: voilà tout ce que vous voyez dans un esprit, être simple qui échappe à toule perception des seps! Or, l'être éternel, l'esprit incréé et créaleur, comment a-t-il agi pour produire un être sensible, cet univers qui frappe nos sens? Dixit, omnia quæcumque voluit fecit. Telle est l'action de cet esprit, il veut. Dixit, mandavit. Or, cet acte de vouloir n'a rien de sensible ; il est esprit comme le principe d'où il émane, et cependant il produit des êtres sensibles, élendus ; un seul acte de cette volonté divine se produit au dehors : Fiat lux, et les Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

D

merveilles de la lumière reluisent dans les cieux : Et facta eri lux. Adorons le mystère dont nous ne pourrions récuser les effels, el dont le principe est un acte de la volonté de l'esprit. incréé, voluit. .. Hé bien ! cet élre qui est esprit, dont le vouloir est le principe de lout ce qui existe , plane au-dessus de toute la nature pour la diriger, il la pénètre pour l'animer, il l'environne pour la contenir. Cet esprit simple remue le monde entier, le porte dans sa pensée, et toute cette malière s'anime, se développe et n'existe que par l'acte de son simple vouloir. Omnia que cunique voluit fecit in cælo et in terra. Comment cet être simple a-t-il fait passer à l'existence tous les êtres sensibles ? Nous ne pouvons le concevoir. Ainsi en est-il de l'union de l'ame avec le corps ; car, messieurs, Dien, cet esprit créaleur, · éternel, qui a produit tout ce qui existe , a voulu créer aussi

des esprits à son image et à sa l'essemblance : Faciamus hominem ad imaginem et similitudinem nostram; il leur a fait porler ce caractère de sa ressemblance, à savoir : que de même que Dieu régit l'univers, toute la matière sensible, par son vouloir, l'homme, aussi semblable par son ame à l'esprit de Dieu , fut uni à un corps pour le gouverner. Cette union se fit par l'acte de la volonté divine, qui donna à l'ame un empire souverain sur le corps, an point que cette ame, par un simple vouloir, sans connoilre même la matière à laquelle elle est unie, ni la structure de son organisation, ni le mouvement de ses fibres , quand elle est dans les rapports établis par Dieu même, régit tous les actes de ce corps, image de la souveraineté de Dieu sur l'univers. Sans doute que cet empire de l'ame. sera troublé souvent; mais ce vice est survenu depuis l'institution divine ; c'est une dégradation qui n'existoit point à l'origine; et ce défaut, ce vice, cette dégradation peuvent être corrigés par le retour de l'ame vers son Dieu. . L'union de l'ame avec le corps se, manifeste par l'action inème : l'ame pense et veut, et aussitôt le corps se neut. Je reux marcher, je marche. Je dispose mes membres comme il me plait, je dirige mes yeux, je prête l'oreille, je parle, je me lais; et j'ignore comment tous les muscles concourent à me faire voir, entendre, et à former des sons : je veux, cela suffit, l'effet arrive. Quel empire, quelle souveraineté ! Mais celle ame qui agit ainsi , où est-elle ? dehors? dedans ? Un être simple - n'a pas de lieu, il n'a que vertu et action pour

me marche pense avec le

manifester sa présence, ainsi que Dieu existe invisible dans l'univers, qu'il anime et fait agir. Saint Grégoire de Nysse, et Bossuet après lui, tiennent le même langage sur ce point. Telle est donc l'union de l'ame avec le corps, union de présence, de commandement et d'action : c'est tout ce qu'on peut dire ; mais rien n'est plus certain que cette démonstration.

Considérons actuellement l'excellence de cette union ; elle produit deux effets remarquables , le premier dans l'ordre général de la création, le second dans l'immortalité future du

corps humain. Et d'abord, étudions le premier effet de celle : union. Dieu a créé des esprits purs, des anges; il a aussi tiré du néant la matière. Voyez-vous ces deux extrêmes ? L'ange, esprit pur; la matière, brute et inerte. Celle matière organisée ne sent pas ; elle n'a pas conscience de son existence, ne connoit pas les lois qui la régissent, et, toutefois, c'est l'autre de Dieu qui devroit glorifier son auteur. Ici , adınirez le dessein du créateur; voyez ce qu'il va faire, si j'ose ainsi parler : il animera celte matière , il la rendra intelligente, capable de rendre hommage au Dieu qui la produit. Comment cela ? Il va allier intimement un esprit à cette malière, qu'il organisera dans ce but, puis il opérera un mélange d'esprit et de corps : et par ce mot de mélange n'entendez pas celle idée grossière de la pénétration de deux corps ensemble; non ; mais il y aura mélange en ce sens seulement que l'ame, par sa 'vertu , pénétrera dans ioules les parties du corps pour le mou- "voir et le régir : action double, aivsi que nous l'avons vu en expliquant le système organique nerveux qui nous met en rapport avec le monde extérieur, el auquel correspond un autre système organique nerveux qui sert à la conservation du corps intérieur, favorise són existence et son développement. L'ame pénètre donc celte matière, non à la manière de Dieu , qui pénètre les choses comme les ayant faites, mais par un acte simple de pouvoir, sans avoir la vue actuelle de ce qui se passe dans ce corps : c'est une action virtuelle de dépendance réciproque. Le corps dépend de l'ame, l'ame régit le corps ; elle est obligée de vivre inséparablement avec lui. Depuis la dégradation, l'amé est souvent abattue, mortifiée par la chair; mais ici redisons encore qu'il n'en étoit pas ainsi dans l'institution primitive. Maintenant, considérez l'action de la personne humaine, de l'ame et du corps réunis, sur toutes les créatures extérieures ; voyez comme tout ce qui est sensible est possédé

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