Images de page
PDF
ePub

son absence, le général H. Sébastiani, membre du conseil des ministres, est chargé de son portefeuille.

- On a fixé au 23 juillet l'adjudication des travaux des deux entrepôts de Paris, afin que la pose de la première pierre fasse partie des cérémovies du 29 juillet. Quant à la statue de Buonaparte sur la colonne de la place Vendôme, on se båte d'en achever l'érection, pour que l'inauguration ne coïncide pas avec cel anniversaire.

- On va établir pour les fêtes de juillet , sur le port d'Orsay, devant le palais de la Légion - d'Honneur, uu modèle de vaisseau de guerre à trois ponts, destiné, dit-on, à recevoir 130 pièces de canon. Ce bâtiment, qui sera fixé sur pilotis, aura 800 pieds de long, 150 de hauteur, y compris la mâlure, et sera muni de tous les agrès d'un vaisseau de ligne : 200 ouvriers sont occupés depuis quelques jours à cette construction, et des marins en préparent le gréement.

– M. le ministre des affaires étrangères a reçu, de la part des cours de Naples et de Sardaigne, notification de la protestation faite par les ambassadeurs de ces deux puissances à Madrid, contre le changement apporté par le gouveruement espagnol à la loi salique, et contre la tenue des cortès actuelles, ayant pour objet la prestation de serment à la fille ainée du roi Ferdinand. M. de Broglie, dans une lettre en réponse à celle communicalion, a déclaré qu'il ne la recevoit qu'à titre de document.

- L'Académie des inscriptions et belles-lettres a décidé qu'une commission choisie dans son sein s'occuperoit de recueillir et de publier tous les historiens, soit de l'Orient, soit de l'Occident, qui ont décrit les guerres des croisades. Cette académie se propose de compléter ainsi la grande collection des historiens de France, dont la continuation lui est couliée. La commission a été composée de MM. Hase, Et. Quatremère, Reynaud, Guérard et A. Beugnot.

- Le Collège de France est appelé à délibérer sur les titres des candidats qui se présentent pour y remplacer M. Andrieux à la chaire de littérature françaisc, et M. Say à la chaire d'économie politique. Il n'y a que deux candidats pour la première, M. Ampère fils, et M. Dubois (de la Loire-Inférieure), député el inspecteur de l'université. Trois candidats sont sur les rangs pour succéder à M. Say; ce sont M. Chevalier, M. Rossi, professeur de droit romain el membre du conseil représentatif de Genève; et M. Ch. Comte, député, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques.

-Le ministère du commerce et des travaux publics a décerné une médaille eu or à M. l'abbé Jouy, curé de Pépieux (Landes), qui , malgré son âge, a affronté les plus grands dangers pour arrêter les progrès d'un incendie survenu dans celle commune. Monté le premier sur le comble de l'édifice embrasé, pour porter des secours, il ne l'a quitté que le dernier. C'est le conseil municipal qui avoit sollicité celte récompense par l'organe du maire.

- L'affaire relative au legs du château d'Ecouen, par le prince de Condé, a été plaidée le 9 à la cour royale. M. Lavaux a insisté pour que la dame de Feluichères fût mise en possession de ce domaine , ed annouçant qu'elle présenteroit, pour la fondation de l'établissement, un plan qui pât concilier les convenances politiques avec la volonté du prince. M. Dupin jeune, dans l'intérêt du duc d'Aumale, à qui le bien reviendroit par une conséquence de la décision du conseil d'Etat, s'en est rapporté à la justice. M. Delapalme, avocat-général, a conclu à la confirmation du jugement du tribuual de preinière instance, en soutenant que le bien en question ne pouvoit plus être remis à la réclamante : il a d'ailleurs approuvé les motifs de la décision du conseil d'Etat. La cause a été remise à marji prochain pour le prononcé de l'arrêt.

- On a arrêté, le 9 au matin, M. l'abbé Pulawski, Polonais, et l'on a saisi tous ses papiers. En même temps, quelques autres Polonais, la plupart hommes de lettres, J. Czinski, Zakizewski et autres, ont reçu l'ordre de quitter Paris.

- Le Rénovateur breton et vendéen vient de succomber sous d'énormes condamnations. On étoit déjà parvenu à tuer, à Nantes, l'Ami de l'Ordre, qui défendoit également le parti de la légitimité. Espérons qu'un nouveau journal de cette couleur ne se fera pas allendre dans une ville telle que Nantes.

– M. Biraud, gérant du Vendéen, a été condamné par défaut à la cour d'assises des Deux-Sèvres, à six mois de prison et 500 fr. d'amende, pour des réflexions sur la rigueur de l'état de siége.

- M. Poulin de la Vincendière, qui avoit été condamné par contumace à la peine de inort, est mort le 2 juillet, à Nantes, dans une maison où il se lenoit caché depuis le commencement de juin 1832.

- Les journaux royalistes de l'Ouest ayant donné le relevé de toutes les violences commises sous l'état de siége, le Breton , journal patriote de Nantes, s'est avisé de faire une nomenclature de méfaits qu'il attribue aux chouans; inu

tile de dire que cette liste est pleine d'exagérations et même de faussetés. Déjà le maire de la Jumellière a écrit à cette feuille pour démentir des excès et des menaces auxquels se seroient livrés les Vendéens dans l'arrondissement de Chollet. Le Brelon avait été jusqu'à dire que l'on avoit altaché in caporal à un arbre et qu'on lui avoit fait subir une horrible mutilation. L'Ami de la Charte lui-même répond que c'est le militaire qui, dans un accès de manie, s'est mutilé de la sorte.

- Des maires, des conseillers et des électeurs municipaux de plusieurs conmunes de l'arroudissement de Vitré, n'ont point voulu jusqu'ici préter serment au Roi actuel; lous les moyens oni été pris pour les y contraindre. Sous l'état de siége, on a été jusqu'à les menacer d'arrestation; aujourd'hui, le sous-préfet de Vitré s'avise d'écrire circulairement aux maires de sa juridiction, que, si l'on se refuse encore au serment, il proposera an gouvernement de supprimer les como munes récalcitrantes , et qu'en attendant il fera porter les registres de l'état civil dans les communes soumises, pour y être tenus aux frais des autres.

- Il règne en ce moment, dans presque toule la France, une épizootie sur les vaches. On porte le nombre de celles qui sont mortes à plus de 20,000. La ferine du Raincy, qui appartient à Louis - Philippe, en a perdu un grand nombre. - - Par suite d'une érente qui a eu lieu à Quérieux (Somme), le maire de celle commune a donné sa démission.

- Dans la soirée du dimanche 30 juin, un Espagnol a été assassiné à coups de coutean auprès de Pau par trois de ses compatriotes réfugiés. Ce malheurenx a survécu peu de temps à ses blessures. Deux des meurtriers sont arrêtés. On croit que ce crime est un assassinat politique comme celui de Rodez.

- Quelques désordres se sont manifestés dans plusieurs ateliers de passementerie de Saint-Etienne (Loire). Des chefs d'atelier ont été menacés. La justice s'occupe de celle affaire.

- Le gouvernement n'a point, comme on s'y attendoit , pris des mesures pour faire continuer l'exploitation des mines de bouille du Creuzol, dont l'administration vient de faire faillile Les agens provisoires de celle faillile ont essayé seulement d'obtenir, des principaux intéressés, les fonds nécessaires pour payer les ouvriers et maintenir l'usjue en activité; mais ils ont échoué par suite, nolamment, de l'opposition de M. Agnado. Les ouvriers, à qui l'on doit le salaire des mois de inai et de juin, ont voulu se porter à des excès envers ces agens à leur relour an Creuzot. Ils les ont tenu cernés, et ont fail entendre quelque temps contre eux des cris de niort. L'autorile a envoyé sur-le-champ un bataillon d'infanterie sur des lieux et un autre à Autun. Lorsqu'on apprit ces circonstances à Paris, M. L. Vassal, juge-conmissaire de la faillile, permit de vendre pour 60,000 francs de marchandises pour distribuer aux ouvriers et obtenir la liberté des agens retenus en otage.

- Il va être formé pour le service de don Pédro une légion polonaise , dont le maximum s'élèvera , s'il est possible, à 3,200 bonnés. Les officiers et sous-officiers serout polonais; mais on recevra parmi les soldats des Français el des Allemands.

– La corvelle de don Pédro, l'Eugénie , qui alloit rejoindre l'expé lition des Algarves, a été capturée par un bâtiment de don Miguel. I'Eugénie avoit arboré un pavillon britannique, et l'équipage avoit essayé de se faire passer pour anglais; mais ces subterfuges u'ont pas eu de succès. On a saisi daus celle corverte des papiers, et l'on a recueilli des prisonniers des révélations qui ne sont pas saus importance dans l'état des choses. . - La question du paiement des frais de la campagne des français en Belgique a été agitée de nouveau le 5 juillet au sénat belge. MM. Dubuis et Vilaiu XIV ont soutenu que les frais de logement mème devoient être remboursés par la France. Le ministre de la guerre a répondu que l'on nous réclameroit ces frais, allendu que l'intendant-général de l'armée avoit souscrit un acte par lequel la France consentoit à se charger de routes les prestations en nature,

.-M. Buckingham a demandé, le 2 juillet , à la chambre des communes la nomination d'un comité d'enquête pour aviser aux moyens de réduire la dette pu-" blique, de mierix asseoir les révenus du royaume et de convertir toute la delte en un fonds national d'annuités qui s'éteindroit en cent ans. Lord Althorp est convenu de l'avantage qu'il y auroit à convertir la rente perpélvelle en rentés à terme; mais il s'est opposé à la molion, dont le résultat seroit d'ajouter annuellement cinq millions sterlings aux charges du peuple. Elle a été rejetée à la majorité de 57 contre 38. '

- Le ministère anglais a éprouvé un petit échec à l'occasion du bill de réglement des fabriques. Lord Althorp'avoit proposé, par forme d'amendement, que le bill fût renvoyé à une commission spéciale, en ajoutant que des mesures seroien: prises pour que les enfans au-dessous de 14 ans ne travaillent pas plus de huit heures par jour, et pour qu'il soit pourvu à leur éducation. L'amendement a été rejeté à la majorité de 164 contre 141.

– Le collége supérieur des études de Hanovre a adressé une circulaire à tous les chefs d'instilution, pour s'opposer à toute association d'étudians. .

- Le bruit s'éloit répandu à Corfou que la peste avoit éclaté à Durazzo. Le gouvernement ionien a envoyé sur les lieux, et il a été reconnu que la population jouit d'une santé' parfaite.

- L'ouverture de la dière fédérale de la Suisse a eu lien le fer juillet à Zurich. L'ambassadeur de France est le seul des ministres étrangers qui y ait assisté.

- M. de Lamartine, poète el député, est arrivé le 27 mai à Smyrne , et en est reparti le 30 pour Conslantinople, d'où il reviendra en France.

Sur les Ecoles d'Adultes dirigées par les Frères à Paris. . Nous avons parlé, n° 2119, des Ecoles d'adultes dirigées à Paris par les Frères des écoles chrétiennes; nous avons vu qu'il y en avoit six. On trouve d'assez amples renseignemens sur ces écoles dans une source non suspecte, le Journal officiel de l'instruction primaire (1), que dirige M. Malter, protestant, inspecteur-général des études. Ce journal parle des écoles d'enseignement mutuel que fréquentent 330 adulles répartis entre onze écoles; puis il fait connoître les écoles de Frères. Il n'en comple que cinq; mais, dans le fait , il se tronve qu'il y en a six. Ces écoles d'adulles ne peuvent se tenir que dans les maisons où ils résident, et où ils reviennent le soir, après avoir tenu leurs écoles de jour pour les enfans dans les différens quartiers. Elles sont situées faubourg Saint-Honoré, près Saint-Roch, dans le quartier

(1) Les journaux du ministère viennent d'annoncer que le Journal de l'instruction primaire n'est point officiel, quoiqu'il en prenue le titre.

Saint-Martin, faubourg Saint-Antoine , au Gros · Caillou et près le Luxembourg. Celle du faubourg Saint-Honoré ne faisoit que commencer ; 40 ouvriers s'étoient fait inscrire. Celle de la rue d'Argenteuil, près Saint-Roch, comptoit 50 élèves ; le nombre d'enfans qui la fréquentoient le jour s'élevoit à 300, partagés en quatre classes. L'école de la rue Montgolfier compte 24 Frères, qui desservent dans le jour cinq écoles d'enfans sur quatre paroisses; l'école de la maison a cing grandes salles de classes , fréquentées par 460 enfans : le soir, il y a de 250 à 280 ouvriers. Chaque salle a au moins deux Frères; il y règne beaucoup d'ordre et d'attention. Dans la classe supérieure, on s'occupe d'architecture élémentaire, de grammaire, de géographie et de sphère. Plusieurs jeunes gens suivent sous les Frères les études qu'ils avoient commencées sous eux dans leur enfance. On fait deux fois par semaine des compositions sur l'écriture et l'ortographe; on donne des places et des récompenses, ce qui excite l'émulation. La majorité des élèves est de 20 à 30 ans. Les Frères font en outre une classe d'adolescens dans la journée, de midi à deux heures, dans l'intervalle de leurs classes d'enfans; ils en reçoivent ainsi 30 ou 40. Ainsi ces infatigables instituteurs n'ont, depuis huit heures du matin jusqu'à dix heures et demie du soir, de suspension de leçons que depuis cinq heures jusqu'à huit. L'écolc d'adultes de la rue Sl-Bernard, faubourg SaintAntoine, est à peu près aussi nombreuse que la précédente; plus de 200 ouvriers y reçoivent des leçons dans quatre salles. L'ordre y est aisément maintenu , et les expulsions sont rares, mais elles se font toujours avec justice. Il y vient des élèves de fort loin , et même d'au-delà les barrières. Dans l'hiver, les jardiniers et ma. raîchers s'y rendent assez assidûment. L'école du Gros · Caillou compte ga élèves; on y enseigne le dessin géométrique et le dessin d'architeclure. Enfin l'école de la rue de Fleurus , près le Luxembourg, a environ 100 élèves. On ne doute point que ce nombre n'augmente l'hiver prochain. Le Journal de l'instruction pri. maire rend plusieurs fois hommage au zèle des Frères , au bon ordre de leurs classes, au succès de leur méthode. Leurs classes d'adultes réunissent en tout de 7 à 800 élèves. L'administration des hospices donne 8,000 fr. pour les frais indispensables, l'éclairage, le chauffage, etc. On voit par les détails ci-dessus que six des arrondissemens de la capitale ont des écoles d'adultes; ce sont le rer, le ae, le 6", le 8°, le 10€ et le 11°. .

fe Gorant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.—Bourse du 10 juillet 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 45 c. et fermé à 77 fr. 50 c. Cinq pour 100, jouiss. vu 22 mars, ouvert à 104 fr. 25 c. et fermé à 104 (r. 25 c. Actions de la Banque. .. . . . .. ... . 1737 fr.50 c.

IMPRIMERIE D'AV, LE CLERE ET COMP.

« PrécédentContinuer »