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tion des rabbins sur l'alma, et avoit mėlé les bouffonneries aus raisonnemens.

L'auteur a ajouté des notes pour éclaircir quelques difficultés; il fait preuve dans cet ouvrage de beaucoup d'érudition rabbioique. Peut-être la discussion pourroit. elle étre plus concise et plus méthodique; je regrette toujours que l'auteur de vewille point mettre de lable des matières: il faut feuilleler tout son livre pour y trouver ce dont on a besoin.

On n'a encore qne la première partie de la troisième lettre; le reste se composera d'une explication de la double généalogie du Sauveur, d'une dissertation sur la condamnation de Jésus-Cbrist, pour prouver qu'elle fut contraire à toutes les règles judiciaires en usage chez les Hébreux, et d'une dissertation sur le meine sujet, en Italien, par M. le cardinal Pedicini.

Cet ouvrage, imprimé à Rome, a été examiné par le sarant père Orioli, comme censeur. Le père Builaoni, maitre du sacré palais, el le prélat della Porta , vice-gérant, ont donné l'imprimatur.

M. Drach avoit publié peu auparavant deux dissertations sous ce titre : L'Inscription hébraïque du titre de la sainte Croix restituée, et l'heure du crucifiement de Jésus-Christ déterminée , in-8° de 46 pages. Ces dissertations sont en forme de let{res, adressées en décembre 1830 à M. Libermann , Israélite converti, alors au séminaire de Paris. Dans la première lettre, qui est assez courte, M. Drach détermine l'heure du crucisiemenl; la seconde lettre offre une discussion approfondie sur l'inscription de la croix. L'auleur pense que cette inscription devoit être en syriaque, tel qu'il se parloit alors à Jérusalem. Il distingue deux écritures chez les juifs à celle époque, une écriture sacrée pour les choses saintes et une profane et vulgaire. On lui objectera ce passage de l'Evangile : Litteris hebraicis... el erat scriptum hebraicè , et il répond que les anciens rabbios entendoient par hébreu la langue devenue vulgaire parmi les juifs sur la fin; il en cite de nombreux exemples. Toute cette discussion nous a paru curieuse et savaple ; il en résulle que la langue des juifs, all temps de Notre-Seigneur étoit le syriaque corrompu , qui est devenu après quelques modifications la langue rabbinique ;' telle qu'elle existe depuis quatorze siècles. A cette occasion, l'auteur réfute l'objection de Horne sur le sens figuré des paroles de l'institution de l'Eucharistie. Vojez ce que nous en avons dit no 1975.

fu Gérant, Adrien Le Clere, COURS.OES EFFETS PUBLICS. — Bourse du 12 juillet 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 11. 65c., et fermé à 77 fr. 5o c. Cing pour 100, Joniss, du 22 mars, ouvert à 104 (r. 45 e., ct fermé à 104 fr. 40 c. Actions de la Banqne..... . . . . . . . . . . . . 1770 fr. 00 e.

IMPRIMERIX D'AD, LI CLERE IT Cour".

MARDI 16 JUILLET 1833.

Questions importantes sur la Législation concernant les

Eglises, les Presbytères et les Cimetières.

tte sepi ans, divil est tel decnos lois,

Quand on examine de près l'origine des divisions qui partagent les communes, on s'aperçoit qu'elles tiennent presque toujours à des causes que la législation ou la sagesse de l'administration auroit pu prévenir. Il est des hommes qui croient avoir beaucoup fait pour l'amélioration de nos lois , et qui ne se doutent peut-être point qu'il est tel décret de deux lignes qui, depuis vingt-sept ans , divise sept à huit mille communes .sans que cette division ait tourné au profit de personne, et quoiqu'elle ait fait peser sur un grand nombre des charges très-onéreuses.

Un décret de 1806 a donné aux paroisses dont le titre étoit conservé toutes les églises dont le titre avoit disparu dans la nouvelle circonscription. Celles-ci, supprimées de droit, n'en ont pas moins existe de fait. Elles n'ont cessé de protester et de refuser des fonds pour l'église à laquelle on les avoit forcément réunies. De là des discussions sans fin, l'accroissement des dégradations pendant l'interminable durée des débats, et enfin une triple charge pour la pauvre commune dépouillée de son titre; car elle finit toujours par être contrainte à payer pour l'église titulaire une partie des frais, et à supporter toutes les réparations de sa propre église.

Croyez-vous que l'on se soit jamais occupé sérieusement de mettre fin à ce désordre, qui afflige près d'un quart de nos communes rurales ? Pas le moins du monde. Et ici je ne prétends pas faire le procès à la révolution de juillet plutôt qu'à la restauration. Celle-ci, qu'on a tant accusée de subir l'influence sacerdotale , y avoit, sous ce rapport, si bien résisté, qu'elle n'a pas même entendu le veu non équivoque de plusieurs milliers de communes. Qu'on n'allègue pas le prétexte de l'économie : on pouvoit pourvoir au plus pressé, par la simple concession d'un titre. Comment se fait-il qu'avec tant de lois inutiles nous manquions d'une loi qui fixe le sort de tant d'églises jugées aujour

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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d'hui nécessaires aux populations qui les ont conservées , malgré tout ce que le pouvoir a tenté pour les détruire? La réponse n'est pas douteuse : l'indifférence d'une législation rédigée indépendamment de toute croyance devoit s'étendre aux églises et s'efforcer d'en diminuer le nombre.

Le gouvernement a-t-il du moins fixé clairement l'élat des édifices paroissiaux dans les communes qui ont conservé un titre de cure ou de succursale? Cela devroit être ; mais cela n'est point. Malgré qu'il en ait été plusieurs fois sollicité, jamais le conseil d'état n'a décidé à qui appartenoit la propriété des églises, des presbytères, et des cimetières. Jamais surtout il n'a voulu s'expliquer franchement sur l'obligation de les entretenir et de les réparer. Jamais les diverses législatures n'ont pensé à s'occuper d'un objet néanmoins si digne de fixer leur attention.

Si vous exceptez les villes qui possèdent plusieurs édifices plus ou moins remarquables, et un certain nombre de villages demeurés en possession des biens communaux échappés à la voracité révolutionnaire, quelles sont, pour presque toutes les communes, les propriétés publiques ? N'est-ce pas l'église, cette maison véritablement commune, puisqu'elle est ouverte non pas seulement à quelques municipaux, mais à tous les habitans sans distinction d'âge, de rang et de fortune? N'est-ce pas le presbytère, demeure pacifique du voyant du hameau, ou le villageois est admis à toute heure, et trouve toujours des conseils aussi sages que désintéressés ? et enfin le cimetière, placé entre l'habitation du pasteur et le sanctuaire dont il est le ministre : terre sacrée, sorte de temple ou se pratique la religion des tombeaux ; car on y voit toujours, au sortir des offices, des parens, des amis qui viennent y prier sur la dépouille mortelle de plusieurs générations de chrétiens ? Hé bien, ces trois propriétés, nécessaires partout ou il y a un culte public, ne sont pas encore fixées. Si l'église se dégrade, si le presbytère ne met point à l'abri de l'intempérie des saisons, si la terre du cimetière est profanée et foulée aux pieds par les animaux, parce que ses murs tombent en ruines, on ne sait à qui il appartient de restaurer ces édifices, de relever cette enceinte. La commune, sollicitée par la fabrique, lui renvoie cette charge, qu'elle prétend lui être étrangère, ou ne devoir peser sur elle qu'autant que la fabrique ne pourroit la supporter. Mais,'si celle-ci s'avise de prouver son impuissance, on récuse ses preuves, on lui reproche d'être trop prodigue, quelle que soit d'ailleurs sa simplicité et son économie. Pendant ce temps les dégradations augmentent, et les réparations deviennent trèsdispendieuses. N'y auroit-il pas un remède à cette désastreuse incertitude ? Nul doute qu'il ne dépende du pouvoir de l'appliquer, et cependant il ne le fera point; parce que, il faut le dire, il y a je ne sais quelle pusillanimité et je ne sais quel défaut de franchise dans tous ses actes à l'égard du clergé. On le recherche et on le redoute, on le défend et on le délaisse; on l'estime peut-être, et en plus d'une occasion on le traite en ennemi ou en suspect : en sorte que jamais les relations du prètre avec le gouvernement ne sont nettes et précises.

En attendant que nous trouvions, sur un point aussi imporiant, une volonté bien arrêtée, voyons quelles lumières nous fournit la législation incohérente de l'empire. Il est dit dans le décret du 30 décembre 1809, 1° que les fabriques sont chargées de veiller et de pourvoir à l'entretien des églises ; presbytères et cimetières (art. 37); que la commune doit subvenir aux grosses réparations des édifices consacrés au culte (art. 92); que si la fabrique manque de ressources, même pour le simple entretien, la commune doit y suppléer (art. 37, 43 et 92). Jusqu'ici les charges semblent assez clairement réparties, quoiqu'il soit assez difficile de justifier l'espèce de répartition adoptée par le décret. Mais ne faisons pas ici l'office du législateur; prenons-le tel qu'il est , et essayons de le concilier avec d'autres dispositions législatives. Malgré l'opinion que nous avons émise ailleurs, il nous semble plus probable que l'article du décret, qui met les grosses réparations de l'église à la charge de la commune, ne peut être contredit par aucun autre décret ou ordonnance. Cependant, depuis peu l'administration, si nous sommes bien informé, met d'abord la dépense en quesa tion à la charge de la fabrique, et ne l'impose à la commune que subsidiairement, et en cas d'insuffisance de fonds de la part de la fabrique. Qu'on ne s'imagine pas que, pour changer sa jurisprudence, l'administration y ait mis beaucoup de façon : elle s'est bornée à envoyer des modèles de budget qui supposent le nouveau droit qu'elle a dessein d'établir. Ainsi, c'est peut-être un ministre qui a décidé du sort de trente mille édifices , non pas en rédigeant une ordonnance royale , une décislon ministérielle, ou tout autre acte de son ressort, mais en

faisant faire un tableau , travail presque mécanique., et abandonné ordinairement aux employés les moins instruits.

Cette décision indirecte est d'autant plus étrange que l'administration considère les églises comme propriété des communes. Or, c'est un principe incontestable du droit civil qu'en général le propriétaire reste chargé des grosses réparations. Voilà ce que nous avions à dire pour l'église. Les mêmes raisons militent en faveur des fabriques pour les décharger des grosses réparalions des presbytères et des cimetières. Les motifs suivans leur donnent une force invincible : l'art. 92 du décret du 30 décembre 1809 met à la charge de la commune l'obligation de fournir un presbytère, et, à défaut de presbytère et de logement, une indemnité. C'est conformément à cet article que le ministre de l'intérieur écrivoit, sous la date du 16 janvier 1823 : « Mes prédécesseurs, toutes les fois que des contestations sont survenues au sujet du logement des curés ou desservans, ont toujours décidé que les communes étoient tenues (quels que fussent d'ailleurs les revenus des fabriques) de procurer au curé ou desservant un presbytère, ou, à défaut de presbytère, une indemnité pécuniaire. » Ainsi, la jurisprudence du ministère comme le décret ont mis constamment et entièrement à la charge de la commune le logement du curé, ou l'indemnité lorsqu'il n'y a pas de presbytère. Mais pourquoi la charge seroit-elle divisée lorsqu'il y en a un? Pourquoi imposer à l’un les frais d'acquisition, et à l'autre les frais d'entretient et de grosses réparations ? La qualité de propriétaire impose évidemment à la commune cette dernière charge. Les frais d'entretien pourroient tout au plus être imposés à un autre; mais on pourroit encore demander s'ils retomberont sur la fabrique ou sur le curé. Pourquoi sur la première ? elle ne jouit pas du presbytère. La cure et la fabrique sont d'ailleurs deux établissemens distincts qui existent et s'administrent séparément. Pourquoi sur le curé? aucun décret ne lui en fait une obligation : un seul parle des réparations locatives ; nous allons Je citer. · Le décret du 6 novembre 1813 a tranché plus clairement qu'aucun autre la difficulté, lorsqu'il a décidé, article 21 : Le curé est tenu des réparations locatives; les autres sont à la charge de la commune. Je sais que l'on peut contester l'autorité de ce décret, et prouver, comme nous l'avons fait dans ce journal, par de fort bonnes raisons, qu'il a été porté pour ré

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