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gler l'administration des biens ecclésiastiques dans les pays réunis à la France sous l'empire; mais je sais aussi que le gouvernement ne peut nous opposer cette fin de non recevoir, puisqu'il invoque lui-même ce document en différentes circonstances, et notamment pour la gestion des deniers des sėminaires diocésains. Remarquez, du reste, comme tous ces décrets sont peu cohérens ! Dans celui de 1809, on ne charge la commune que des grosses réparations ; dans celui de 1813, on lui impose en outre les réparations d'entretien. Jusqu'à preuve contraire, nous pensons que MM. les curés peuvent invoquer ce dernier, qui est plus récent, plus clair et plus favorable.

Quant aux cimetières, est-il raisonnable d'imposer aux fabriques la charge de les réparer, lorsqu'il est constant que partout les communes en sont propriétaires, qu'elles en jouissent en les faisant servir à l'inhumation des habitans, et qu'elles peuvent faire, à prix d'argent, des concessions de terrain. Il est vrai que les fabriques perçoivent le produit spontané, c'est-à-dire les herbes et les élagages des arbres ; mais ce produit est si foible qu'il ne suffiroit nulle part pour subvenir aux simples réparations d'entretien. Les communes n'ontelles pas, de leur côté, reçu de la loi le droit de percevoir un produit qu'elles ne pouvoient réclamer à titre de propriétaire ? Ce droit leur est attribué par le décret du 23 prairial an 'XII, sur les fournitures funèbres. Ces objets , qui ne servent que pour une pompe qui, de sa nature, est religieuse, devroient, ce semble, être employés plutôt dans l'intérêt de la fabrique : la moitié du produit est cependant attribué aux communes.

Convenons, du reste, qu'il y a dans toutes ces dispositions peu d'harmonie et de raison, et terminons par une conclusion pratique. Quelque bonne que soit la cause d'une fabrique, elle a rarement les moyens de lutter contre l'administration. Nous lui conseillons donc, dans le cas où elle seroit appelée, d'après la nouvelle décision ministérielle , à contribuer aux réparations de l'église, du presbytère et du cimetière : 1° de prouver l'insuffisance de ses ressources si cette insuffisance est réelle, et de refuser toute allocation par ce motif, qui ne peut être récusé; 2° si les ressources sont suffisantes, de ne contribuer en rien, ni pour le cimetière, ni pour le presbytère, ni pour les grosses réparations de l'église ; 3° si ce refus amène des contestations,

une fabrique pout en appeler à l'évêque, qui plaidera sa cause devant qui de droit.

Voilà ce que nous avions à dire sur une question qui ne peut manquer d'intéresser une foule d'ecclésiastiques , puisqu'il en est un si grand nombre qui sont journellement exposés à en réclamer la solution,

Nous bâtons de tous nos veux le moment où nous possé derons enfin (sous le rapport temporel, bien entendu) un code ecclésiastique qui sera intelligible et praticable, D

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

Paris. Il n'est pas étonnant qu'on répande tant de fausses pouvelles sur ce qui se passe loin de nous, puisqu'on en répand sur ce qui arrive à notre porte. On disoit ces jours-ci que M. l'archevêque avoit été insulté à Belleville. Il n'en est rien. Nous savons d'un témoin oculaire, non-seulement qu'il n'y a eu aucune insulte, mais que M. l'archevêque a été reçu avec tous les témoigpages de respect, et que la cérémonie à laquelle il a présidé n'a rien présenté qui ait pu lui être le moins du monde désagréable. .

- Quelques journaux ont dit dernièrement qu'avant la révolution de juillet il y avoit en France 132 écoles chrétiennes et 539 Frères, tandis qu'aujourd'hui on compte 241 écoles et 1,035 Frères. Nous ne savons où on a pu prendre ces renseignemens qui sont tout-à-fait inexacts. La nouvelle édition de la Vie de M. de La Salle, qui a paru chez Méquignon en 1825, contient à la fin un précis de l'histoire de l'Institut jusqu'à ces derniers temps. On y voit qu'en décembre 1824 les Frères avoient 210 maisons, dont 192 en France et le reste en Italie, en Belgique, en Corse et dans nos colonies. Ces 210 maisons contenoient alors près de 1,800 Freręs, sur lesquels 250 faisoient leur noviciat en dix maisons, plus de 800 étoient occupés à instruire journellement environ 52,000 enfans, et le reste étoit employé au temporel et au gouvernement des maisons. Assurément de 1824 à 183o le nombre n'étoit pas tombé de 1,800 à 539, il a plutôt augmenté dans ces six années, el, en effet, nous avons parlé dans ce journal d'écoles de Frères établies à Tulle, à Roubaix, à Pamiers, à Sedan, à Brive, etc. A la mort du frère Guillaume de Jésus en juin 1830, il y avoit près de 2,000 Frères. Il est donc impossible que le nombre des Frères ne soit aujourd'hui que de 4,035 ; ne seroit-ce pas plutôt 2,035 que l'on auroit voulu dire?

- L'oraison funèbre de M. de Dampierre, évêque de Clermont, prononcée, comme nous l'avons vu par M. l'abbé Gannat, grand-vicaire, a été depuis imprimée et fait très-bien ressortir 'le caractère du prélat. L'orateur a pris pour texte ces paroles de l'Evangile : Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram. Il a considéré la douceur comme l'apanage distinctif de M. de Dampierre; celte douceur, dit-il, a eu chez lui deux caractères ; elle fut pa- ! tiente et le fit triompher des épreuves ; elle fut éclairée et agissante, et le mit en état de renouveler Ja face de son diocèse. M. l'abbé Gannat a rattaché à cette division du discours les principaux faits de la vie du vénérable éyèque. Il l'a montré au séminaire, dans les prisons, dans l'administration du diocèse de Paris , et enfin à Clermont :

« La réception de l'envoyé du Seigneur parmi nous ne fut pas ce qu'elle devoit étrc; nous avons gémi de l'oubli des convenances si peu familier à nos mours, dont quelques-uns se rendirent coupables; et l'amertume a doublé, quaud on a pu apprécier celui qui en fut l'objet. Honneur toutefois au chef militaire qui ne put supporter ces écarts dans des légions françaises , et en fit à l'instant justice! Mais rien ne se perd pour la vertu, et, s'il manquoit quelque chose à cette solennité, les entrailles de celui qui étoit déjà notre père, s'élargissoient pour y faire place à quelques enfans égarés. Patience chrétienne, que vous êtes admirable! et tandis que votre mérite, comme en cette circonstance, sémbloit n'attendre de prix que du ciel, Monseigneur jetoit déjà de douces chaines à tous les cours, et notre pontife désarmoit en silence les préventions altachées à son éminent caractère d'évêque. Aussi qu'est-il resté dans la mémoire de cette première injure? rien que le blåme sur ses auteurs , et l'intérét pour l'illustre offensé.» : L'oraleur expose ensuite ce que M. de Dampierre fit pour éteindre le schisme, pour réparer les ruines du sanctuaire et :. pour rétablir diverses institutions pieuses. Il peint heureusement sa douceur, son affabilité, sa charité, et invoque à cet égard le témoignage de tous ceux qui l'entendoient. On peut dire que M. l'abbé Gannat a été l'organe de la voix publique, quand il a si dignement célébré les vertus du bon et pieux évêque.

-M. l'évêque d'Angers a donné dernièrement la confirmation à Saumur. La cérémonie a eu lieu dans la principale église, l'église St. Pierre, et a été remarquable par le concours des fidèles et par les témoignages de leur piété. Le 4 juillet, le prélat célébra la messe; dès six heures du matin, 700 personnes de tout âge s'étoient réunies à l'église, il y en auroit en bien davantage, si la confirmation n'avoit : pas déjà été donnée dans la même ville il n'y a que peu d'années. Les paroisses de campagne étoient venues à Saumur pour la même cérémonie. Leurs processions arrivèrent successivement, et se réunirent sur la place Saint-Pierre. L'église étoit lellement pleine, quoique l'on n'y eût admis que les personnes qui devoient être confirmées, que beaucoup de fidèles ne purent y entrer:. On rangea ceux-ci en ligne sur la place , et le prélat y.

vint leur administrer le Sacrement. La cérémonie, qui avoit commencé à neuf heures et demie, ne fioit qu'à trois heures. Malgré l'affluence, l'ordre ne fut aucunement troublé, et au dehors comme au dedans la religion se vit partout entourée d'hommages. Le soir, il y eut un grand salut à Saint-Pierre; soixante-dix musiciens de l'école de cavalerie exécutèrent plusieurs morceaux composés exprès. Dans le nombre étoient cinquante élèvestrompettes qui avoient fait leur première communion le matin et avoient été confirmés. On a été édifié de leur bonne tenue. Le lendemain, M. l'évêque ayant parcouru à pied plusieurs quartiers de la ville rencontra partout des témoignages de respect. L'aspect qu'a présenté Saumur pendant ces deux jours est un nouveau démenti donné à ceux qui prétendent que la religion a perdu toute son influence sur l'esprit du peuple.

- On a reçu à l'île Bourbon la confirmation de la nouvelle de la mort de M. l'abbé de Solages, préfet apostolique de la colonie. C'est le 8 décembre qu'il est mort à Tamatave, dans l'île de Madagascar; et le gouverneur du pays, en annonçant cette nouvelle au gouverneur de l'île Bourbon , lui a envoyé les effets du défunt. L'ardeur du zèle de M. de Solages lui avoit suscité à Bourbon des contradictions qui avoient nui au succès de son ministère. On espère que le bon accord va être rétabli. La colonie manque de prêtres, et il est à désirer que l'on puisse en envoyer prochainement. Le séminaire du Saint-Esprit, qui est chargé de fournir aux besoins de nos colonies, y a envoyé douze sujets depuis la révolution de juillet , quoiqu'on lui ait retiré tous les secours qu'il recevoit du ministère de la marine. Il se dispose en ce moment à faire partir cinq missionnaires pour diverses colonies.

- Dans la nuit da 18 avril on est entré dans la cathédrale de Baltimore , et on y a volé trois grands chandeliers de bronze doré, douze autres d'argent plaqué, quatre petits, deux crucifix d'argent plaqué et un petit reliquaire d'argent. Les grands chandeliers ont été enlevés par morceaux , après les avoir dévissés. Les trustees ou marguilliers de l'église , ont fait publier dans les journaux qu'ils donneroient une récompense de cent dollars , moitié pour faire prendre le voleur, moitié pour recouvrer les objets volés. Il est encore heureux que les vases sacrés n'aient point été pris. Il y a lieu de croire que les voleurs n'ont pu pénétrer dans la sacristie.

NOUVELLES POLITIQUES.

Paris. Les journaux continuent à disserler sur ce qui s'est passé en dernier lieu à Prague. Quelques-uns nient la nouvelle du remplacement de M. Barande , quoiqu'il paroisse que, si M. Barande est encore à Prague, il n'est plus auprès du

jeune prince; la mesure qui vient d'être prise étoit projetée depuis plusieurs mois. Il seroit assez étrange qu'à 300 lieues de Prague on voulůt condamner ce qui a été fait, sans connoître rien des motifs qui ont pu déterminer la famille exilée. Il seruit assez étrange qu'on voulůt lui dicter des choix, non - seulement sur les affaires de la politique, mais sdr des choses d'intérieur et de famille. Il seroit assez plaisant qu'on lui dit implicitement : « Nous ne voulons point que vous retiriez votre confiance à cet instituteur, parce qu'il a la nôtre , ni que vous la donniez à vin autre, parce qu'il nous est suspect. » Quelques-uns se flattent que madame la duchesse de Berry fera changer la détermination. Mais il a toujours été d'usage, dans la famille royale de France, que ce fût le chef de la famille qui présidât à l'éducation de l'héritier présomptif. Ainsi, ce fut Charles X qui nomina, il y a quelques années, les trois gouverneurs et le précepteur du jeune prince. Charles X, en abdiquant comme roi, n'a pas abdiqué ses droits de père. Madame Ja duchesse de Berry, qui est éloignée de ses enfans depuis deux aos, ne peut connoître parfaitement tout ce qui a pu se passer à Prague dans cet intervale, et il est à croire qu'à la distance où elle se trouve, toute sorte de raisons la porteront à ne point essayer de contrarier ce qui auroit été fait par sa famille.

- Les journaux révolutionnaires ne se lassent pas de dénoncer le clergé de France comme suspect de ne point aimer le nouvel ordre de choses, et de garder une vive rancane au fond du cæur, non-seulement à la révolution, mais à la royauté de juillet. Une chose qui étonne, c'est que les feuilles républicaines ne lui fassent pas grâce du moins de la moitié de cette accusation ; car, en vérité, il ne leur convient guère de signaler les autres comme ennemis du gouvernement. Il nous semble que, s'il excile des aptipathies, elles en prennent bien leur part, et qu'elles devroient se montrer un peu indulgentes sur ce point. Il est vrai qu'elles sont bien embarrassées. Elles ont deux haines égules à conduire de front; l'une contre la religiou, l'autre contre la royauté. Dans cette position, il faut jouer de ruse, et s'adresser à celle des deux qui est Ja plus forte, pour lui demander justice de l'autre, en attendant qu'on puisse la faire soi-même de l'ennemi qui restera. La lactique est bonne ; mais le clergé est mal choisi pour l'allaque et l'accusation. Outre que sa conduite n'y préle point, ses sentimens présumés n'y prêtent pas non plus. Car pourquoi en voudroit-il lant à la révolution de juillet ? Elle n'a fait du bien qu'à lui ; elle n'a honoré que lui, élevé que lui. C'est à elle qu'il a l'obligation d'avoir pu so-montrer si supérieur aux passions de ce petit monde de boue el de misère, qui périt faute de principes pour le diriger. C'est elle enfin qui a procuré au clergé catholique une nouvelle occasion de s'exercer à la patience, aux vertus et aux souffrances qui font sa force et son élémeni. Quelles raisons auroit-il donc pour haïr ce qui lui fait tant de bien et d'honneur ?

-- Nous ne connoissons personne au monde qui ait autant de soucis que le Constitutionnel. Tout est pour lui snjel d'alarmes et de sollicitude. Il ne se passe rien en France, dans la moindre église de village, sans qu'il s'en inquièle

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