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et en réve quinze jours. Il veut savoir de quelle menière s'administrent parlout les sacremens et s'enterrent les morts ; de quelle couleur sont les bannières des confréries et les chasubles des prêtres qui disent la messe. Dans ce moment, c'est une niche de saint qui l'occupe. Il a découvert dans une paroisse de la Bretagne une ancienne statue de saint Louis , dont les préfets de la révolution de juillet ont négligé de faire enlever le manteau. Or, ce manteau, comme bien vous pensez, se ressent de l'époque où il a été fait. Le règne des trois couleurs n'étoit point encore commencé, et les horribles emblèmes de ce temps-là sont restés sur les épaules du saint. Vous figurez-vous les inquiétudes du Constitutionnel! il déclare qu'il de dormira pas que tout cela n'ait été barbouillé par un peintre de village. Il tire de la d'ailleurs les conséquences les plus sinistres. Il y voit ua commencement d'entreprise du parti-prétre pour en revenir jusqu'aux missions. Jusqu'aux missions, grand Dieu ! autant vaudroit-il annoncer la fin du monde au Constitutionnel.

- Nous avons annoncé la mort de M. le marquis de Lagrange, lieutenante général ; nous devons ajouter que cet officier-général est mort dans les plus vifs sen:imens de religion. M. François-Adélaïde-Blaise Le Lièvre, marquis de Lagrange, étoit né en 1766, et servit sous le gouvernenient impérial. Il perdit un bras à la Guadeloupe, où il a été employé. Ea 1854, Louis XVIII le nomna capitaine-lieutenant des mousquetaires poirs. M. de Lagrange suivit les princes à Béthune en mars 1815, et y licencia son corps d'après les ordres qu'il reçut, H ne prit point de service sous Buonaparte, ce qui ne l'empêcha point d'épronver des désagrémens au second retour du Roi. Mais Louis XVIII lui rendit justice, et le fit gouverneur de la 10° division militaire. M. de Lagrange étoit retiré du , service depuis long-temps, et faisoit profession d'altachement à la religion. Il est mort le 3 juillel en son château de Viarmes (Seine-et-Oise).

- M. Lacoudrais, commissaire général de la marine, maître des requétes, chef de division au ministère de la marine , est nommé directeur de la complabilité des fonds et invalides au ministère.

- Le duc d'Elchingen, second fils du maréchal Ney et capitaine au re régiment de carabiniers, est nommé officier d'ordonnance du duc d'Orléans. .

- M. Mayet-Térengy est nommé président du tribunal de Bourges , et M. Razaverye procureur du roi au même siége. M. Raynal est pommé substitut du procureur-général à la cour royale de Bourges. M. Grosbois, substitut à Ségré, y devient procureur du roi.

– Louis-Philippe a visité samedi dernier les travaux de l'église de la Madeleine. Il étoit accompagné de M. Thiers, ministre des travaux publics, et du gé. néral Athalin.

- Par ordonnance du 12 juillet, Louis - Philippe a sanctionné la décision du conseil-d'état portant qu'il n'y a pas lieu d'accepter la fondation faite par son bienaimé oncle le duc de Bourbon , pour un établissement au château d'Ecouen en

faveur dos enfans et descendans des officiers et soldats des armées de Condé et de la Vendée. . — M. Delaporte, banquier et fabricant , est nommé adjoint au maire du 5o arrondjssement de Paris.

- Décidément, trois jours seront consacrés à l'anniversaire de la révolution de juillet, comme en 1831. Le premier est destiné à la mémoire des parriotes qui ont succombé dans l'insurrection. Le 27, on décorera les lieux où ils ont été ens terrés ; il y aura un service funèbre dans les églises ; le vaisseau construit sur la Seine tirera , en signe de deyil, des coups de canon de quart d'heure en quart d'heure. Le 28, aura lieu la revue de la garde pationale ; le soir, un orchestre de 500 musiciens exécutera des morceaux d'harmonie dans le jardin des Tuileries, et Je vaisseau dų port d'Orsay şera attaqué par une flotille chargée d'artillerie et de fusées. Le 29, les seize couples mariés et dotés par la ville de Paris seront conviés à un grand banquet, anquel assisteront tous les fonctionnaires et même les mipistres, et ce repas sera suivi d'une fête à laquelle seront invités 2,000 personnes. Dans la journée, il y aura une jollte sur la Seine, et l'on découvrira les deux obélisques provisoires élevés place de la Concorde et au rond-point des ChampsElysées. Le soir, trois mals, élevés sur le terre-plain du Pont-Neuf, porteront les fameuses dates, 27, 28, 29, en illuminations.

- La cour de cassation a décidé qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre les fonc. tions d'officier de la garde nationale et celles de membre du conseil municipal.

- La cour royale a réduit à un mois l'emprisonnement de deux mois prononcé contre M. Delisle , pour avoir contiņué de faire paroître sans cautionnement la Bridoison.

– Après une longue instruction, la chambre des mises en accusation de la cour royale a renvoyé devant les assises les sieurs Robert et Bastien, comme au. teurs de l'assassinat commis il y a douze ans rye de Vaugirard. La femme Robert a été mise hors de cause.

- M. Sarrans jeune, homme de lettres, vient de déposer au parquet de la cour royale une plainte en abus de pouvoir, violation de domicile et détention en charle privée, contre le commissaire de police Adams qui l'a arrêté, et contre M. Gisquet, préfet de police, qui a décerné le mandat. Par un acte postérieur, M. Sarrans s'est porté partie civile contre ces deux fonctionnaires. L'affaire devra donc suivre son cours devant les tribunaux. Il paroîtroit qu'il y a eu up quiproquo, et que c'est à M. Sarran, écrivain légitimiste, qu'on en vouloit.

- M. le baron de Saint-Clair, qui, après la révolution de juillet, a été condamné à un an de prison pour diffamation, vient d'être arrêté de nouveau.

- Le garde-des-sceaux vient d'attacher, à la commission de liquidation de l'ancienne liste civile, dix-huit auditeurs au conseil-d'Etat.

- M. de Rambuteau , préfet de la Seine, s'étant avisé d'aller visiter les fonde mens des foris voisins de Paris, a été salué sur son passage par les cris: A bas les Joris ! à bas les bastilles ! Dans une tournée qu'il avoit faite précédeniment aux barrières de l'octroi, les cris à bas les droits réunis lui ont été adressés.

--En plusieurs lieux, on voit écrits sur les murs de Paris ces mots, toujours effacés par les agens de police, et toujours reparoissant : Point de Bastilles. Ils ont été crayondés jusque sur les guérites des Tuileries.

- On vient de décharger sur le quai du Louvre 2 ou 300 obus, de huil å neuf pouces de diamètre, provenant des fonderies de Dunkerque, et destinées au château de Vincennes. .- Un rassemblement de cinq à six cents personnes s'est formé rue Duphol

dans la matinée du 11 juillet , par suite d'une arrestation. Une jeune personde . de dix-sept ans entretenoit des liaisons criminelles avec un employé du ministère

des finances. Le père obriot de M. le président Debelleyme, d'après la loi, l'autorisation de la faire placer pendant trois mois dans une maison de correction. Lorsque les agens de l'autorité viorent la chercher, l'employé entra en fureur, et frappa les agens. Il fallut appeler la garde nationale pour mettre le mandat à erécution. On a arrété cet individu , ainsi que la jeune fille.

- M. Guerin, condamné à cinq ans d'emprisonnement pour l'affaire de la rue des Prouvaires, s'est évadé d'une maison de santé, où il avoit été transféré. M. Faultrier, directeur de cette maison, a été traduit à ce sujet devant le tribunal correctionnel, et il a été condamné à trois jours d'emprisonnement.

- La Gazeite des Tribunaux rapporte qn'au moment où la cour d'assises des Deux-Sèvres alloit juger les chouans Vié et Gerin, dont la condamnaúon à (mort paroissoit probable, M. le conseiller Delavaut, l'un des membres de la coury s'est retiré ; qu'une sommation lui ayant été faite de reprendre séance, il s'excủsa sur l'indisposition de son père, quoique l'on présumât qu'il n'étoit mu que par ses opinions légitimistes; qu'enfin, après une longue indécision , le président fit part aux jurés de ce qui s'étoit passé, et appela un juge pour remplacer M. Delavaut. Les deux accusés ont été condamnés à mort, et le garde-dessceaux a ordonné des poursuites' disciplinaires contre M. Delaraut.

– Une ordonnance du 21 juin modifie l'organisation du conseil des prud'hommes de la fabrique des étoffes de soie à Lyon. Il y aura neuf membres tilulaires et huit suppléans. Ils seront pris moitié parmi les fabricans et moilie parmi les chefs d'atelier. ..

— Le désordre s'est renouvelé le 8 ay soir dans la rue qu'habite à Strasbourg M. Saglio, député ministériel. La présence de la garnison et de la garde nationale ont été nécessaires pour rétablir la tranquillité. Après les trois sominations , on a fail des charges et des arrestations. Le préfet s'est rendu lui-même sur le théâtre du désordre, et le maire a publié une proclamation.

- Louis-Philippe a donné sur la caisse de son domaine privé r0,000 fr. pour achever la route de Paris à Tréport par Aumale. Celle roule établira une con

munication directe, plus courte et plus facile pour les arrivages de la mer à Paris.

-Un curé des environs de Nevers , dont nous ignorons le nom, s'étoit engagé de 7 du courant dans l'Allier, qu'il croyoit pouvoir passer à gué. Le bauc de sable sur lequel il s'avançoit se déroba tout à coup sous ses pieds, et il tomba dans une excavation profonde , creusée par le courant très-rapide en cet endroit. Cet ecelésiastique se noyoit, lorsqu'un marinier qui avoit aperçu så soutane flotter sur l'eau se précipita à son secours ct pärvint à le ramener à terré. Le curé reconnoissant voulut donner sa bourse à son libérateur; mais celui-ci la refusa; en lui disant que le petit service qu'il renoit de lui rendre n'étoit rien en comparaison de eeux des prêtres, et qu'il lui demandoit seulement de prier pour les mariniers."

– La corvette l'Agathe, ayant à bord madame la duchesse de' Berry, à mouillé le 4 juillet sur la rade de Palerme. Tous les passagers étoient' en bonne santé. La nouvelle en a été transmise de suite à Toulon par le brick (Acréon. ; . - On lit dans quelques journaux que M. le comte Hector de Luchesi-Palli est arrivé le 30 juin à Naples, d'où il s'est rendu à Palernie.

- Le bill de juridictions locales, qui introduisoit des améliorations dans l'administration de la justice, a été rejeté à la troisième lecture par la chambre des pairs d'Angleterre à la majorité de 12 voix, au moyen des votes par procuration. Cette décision est regardée comme un acte d'hostilité prononcée contre le ministère. .

- Le marquis de Londonderry s'est plaint le 9 juillet, à la chambre des lords, de la prodigalité avec laquelle les ministres puisent dans le trésor public pour faire réussir leurs plans de politique étrangère, sans que l'Angleterre en retire ni profit ni honneur. Il a conclu en demandant un comple détaillé des dépenses publiques et secrètes, faites à ce sujet depuis plusieurs années. Sa motion a été adoptée. Le même jour M. Fergusson a fait à la chambre des communes une motion en faveur des Polonais. Il s'est élevé contre l'indifférence qu'ont montrée pour la Pologne l'Angleterre et la France, et il a demandé que le gouvernement anglais ne souffrît pas que l'empereur de Russie violát le traité de Vienne. Lord Palmerston a rendu justice aux intentions de l'orateur, et n’a combattu la motion que comme étant de nature à comproinettre la paix de l'Europe. Il est convenu que les événemens de 1831 n'avoient donné à la Russie aucun droit de s'écarter des stipulations du traité de Vienne, relativement à l'indépendance et à la constitution de la Pologne; mais la conduite de la Russie n'étoit pas en cas de guerre, c'est à quoi le ministre a réduit la question pour l'Angleterre. Après une courte discussiou dans laquelle il a été adipis, par tous les orateurs, que l'état actuel de la Pologne étoit une violation des traités, la motion a été écartée, d'après les considérations du ministère, à la majorité de 177 contre 95.

– On doute plus que jamais de l'adoption du bill de la réforme de l'église irlandaise à la chambre des lords. Ce bill a été combaitu vigoureusement, le 11, par le duc de Wellington , qui a soutenu que la mesure étoit en opposition directe

avec le serment préré par le roi, lors de son couronnement. Lord Grey a réplia qué avec chaleur. La seconde lecture a été ensuite ajournée au 15,

- Le même jour, M. Bulwer a demandé, à la chambre des communes, com. munication des pièces relatives aux dernières affaires du Levant et à l'intervertion des Russes. Il s'est beaucoup élevé contre l'inaction de l'Angleterre dans cette circonstance. Lord Palmerston a avoué que le gouvernement anglais avoit refusé du secours à la Porle ollomane; mais il ignoroit que les événemens marcheroient ensuite aussi vite. Au reste, la Russie donna alors l'assurance qu'elle n'avoit dans son intervention aucun projet d'agrandissement; et, à l'heure qu'il est, les troupes russes ont évacué le territoire ottoman. Jamais, a ajouté le ministre, on ne souls frira le démembrement de cet empire. M. Bulwer a retiré sa motion d'après l'assurance, donnée par le ministre, que les Russes étoient partis de la Turquie.

- On n'a pas reçu de nouvelles du Portugal depuis celles données par les journaux anglais en faveur de l'expédition pédriste contre Lisbonne. Quatre bar leaux à vapeur viennent d'être achetés en Angleterre pour don Miguel. Le premier est parti avec 300 marios recrutés pour ce prince.

- Le général Voirols commandant en chef, par interim , l'armée d'Afrique, et M. Genly de Bassy, intendant civil de la régence d'Alger, ont pris un arrété qui réduit à cinq le nombre des juges composant la cour criminelle d'Alger, mais qui exige la nsajorité de quatre voix pour motiver une condamnation.

– Le général Goblet, ministre des affaires étrangères en Belgique, est parlé le 12 en mission pour Londres. C'est M. de Mérode qni est chargé de son portefeuille pendant son absence.

- Le défaut d'harmonie continue entre la seconde chambre du grand-duché de Bade et le gouverneur de ce pays. Par un rescrit en date du 7 juillet, le grandduc Léopold s'est plaint amérenient de ce que celle chambre avoit converti en résolution la motion d'un député tendant à ce qu'on réformât la législation sur la presse. La chambre, après avoir reçu communication du rescrit, a passé tout siinplement à l'ordre du jour.

– Le navire français le Magellan, du Havre, expédié pour la pèche de la baleine, a naufragé dans la nuit du 11 au 12 janvier dans la baie de Saledad , iles Malouïnes. L'équipage est parvedu à se sauver.

- LA LIBERTÉ, poëme en quatre chants. On ne sait pourquoi l'auteur de ce petit poëme a cru devoir garder l'anonymex car il est difficile de n'y pas reconnoître la muse originale et spirituelle qui a tant égayé les connoisseurs par ses charmans badinages sur les Grecs et les Romains, ot par d'autres productions légères qui ont eu dans le temps un prodigieux succès. Quoi qu'il en soit, respectons son secret, puisqu'il le veut, et contentons-nous de

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