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devenir cét empire sur les sens. Nous avons trouvé deux choses dans l'organisation, la force vitale, et l'action organique. La force vitale, avons-nous dit, conduite dans ce fluide nerveux qui l'abrége, vivifie ce sang qui le produit. Cette force sera donc plus ou moins grande, selon l'alimentation, selon la masse ou la quantité d'alimens absorbés. L'action organique rous est connue. D'après cela , chaque organe a son mode d'action , et plus un organe est développé, plus il demande, pius il est exigeanl.

Voyez ce qui se passe depuis sa dégradation : l'ame, separée de Dieu, n'a plus de point d'appui ; elle ne possède plus cette sagesse intellectuelle qui lui faisoit voir les créatures dans le dessein de Dieu. L'objet défendu se présente à l'imagination, agit par elle sur le fluide nerveux, pour le transporter dans l'organe qui doit vous mettre en rapport avec cet objet illicite. De là ceite action organique qui vous entraine, et qui fait consommer jusqu'à l'infamie. Et voilà où mène la perte de Dieu. Grande leçon pour nous de ne jamais oublier cette présence du Créateur, avec lequel les actes de piété nous établissent en communication depuis que Jésus-Christ nous a mérité grâce et miséricorde.

Nous n'avons pu suivre, dans ce résumé, l'ingénieux professeur dans tous les développemens qu'il a donnés aux tristes effels de la chute de l'homme. Il étale au grand jour de la vérité tous les secrels, tous les mystères de notre misère; ses enseignemens , où respire la science sacrée, offrent ce degré de vive foi, source de la véritable éloquence. C......

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

Paris. Mardi dernier, jour de la fête de Notre-Dame du MontCarmel, M. l'archevêque est allé célébrer la messe dans l'église des Dames Carmélites de la rue de Vaugirard. Par une singulière coïncidence, pendant que M. l'archevêque célébroil la messe au maître-autel, M. l'évêque de Nancy et M. le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois la célébroient aux deux privcipaux autels laiéraux. Ainsi ces trois victimes de l'émeute se trouvoient fortuitement réunis, et prioient en même temps pour leurs persécuteurs.

En vertu de la loi du progrès, l'église de Châlel en est venue peu à peu à la religion naturelle. Elle avoit émis successivement différentes professions de foi, toutes de plus en plus hardi es, et qui nioient tantôt un dogme, tantôt un anire; mais

la profession de foi la plus antichrétienne vient de paroître dans le no 26 du Catholique français, par M. Virgile Calland, dont nous avons déjà parlé, et qui a quitié Auzou pour se joindre à Châlel. M. Calland dit hardiment: « Je crois que toutes les religions sont bonnes, et que cependant elles sont louces fausses. Elles sont toutes bonnes en ce sens qu'on peut se sauver dans loutes, dans le mahométisme comme dans le catholicisme romain; mais elles sont toutes fausses, parce qu'elles se prétendent révélées et instituées de Dieu, et qu'elles ne sont évidemment qu'un ouvrage grossier sorti de la main de l'homme, » Les absurdités pullulent ici; absurdité de ne pas voir les contradictions d'une si étrange doctrine, absurdité de supposer qu'on puisse se sauver dans toutes les religions, el par conséquent dans une religion insensée et barbarę; absurdité de prétendre qu'on a pour soi l'évidence, quand on nie ce qui a été admis et respecié par les plus grands génies. Au surplus, en disant que toutes les religions sont bonnes, il est probable que le sieur Calland n'y comprend pas le catholicisme dont il dénonce la sanguinaire intolérance. Il n'y a, dans sou système, qu'une religion véritable; c'est la loi naturelle, expliquée , développée et appliquée , par un homme admirable , dont la Providence s'est servi comme d'un flambeau pour éclairer le monde. Je ne donne pas trois inois à M. Virgile Calland pour changer d'avis sur le flambeau; je me borne ici à faire remarquer l'inconséquence de l'homme admirable qui insère une profession de foi toute déiste, et qui prend le litre de catholique français. C'est une impudente dérision et une tromperie manifeste. ;

- Des membres du conseil municipal de Meymac, diocèse de' Tulle, soupçonnoient leur curé d'avoir consenti, moyennant une rétribution , que l'on de ses voisins empiétât sur le terrain di presbytère. Oo proposa, en séance de nommer une commission pour vérifier le fait, et sur-le-champ quatre conseillers se rendirent au presbytère. Le curé, qui savoit l'objet de la visite, se fâcha el dit qu'il n'y avoit que des gens malhonnêtes qui pussent avoir ces soupçons. Les conseillers municipaux répondirent sur le même ton; mais, non contens de cela, ils allèrent dénoncer le curé au ministère public; en quoi, ce semble, ils furent peu délicals. Puisqu'ils s'étoient vengés eux-mêmes, ils auroient dû s'interdire , une action judiciaire. Quoi qu'il en soit, le curé fut poursuivi pour outrage envers des fonctionnaires publics dans l'exercice de leuis. fonctions. Le tribunal d'Ussel, où l'affaire fut portée d'abord, ren voya le curé de la plainte. Le tribunal de Tuile, jugeant sur appel, prononça de même. Le procureur du roi de Tulle, fort zélé apparement pour la légalité, se pourvul en cassation, et présenta bull moyens à l'appui de son pourvoi. Ces moyens ont été combattus a l'audience du 13 juillet par l'avocal du curé. Mais la cour de cassation, sans statuer sur aucun de ses moyeos, a cassé sur le rapport

de M. Mérilhou et sur les conclusions de M. Parant, avocat genéral. Elle a pensé que le tribunal de Tulle éloit incompétent, puisque le ministère public avoit articulé dans sa plainte des outrages envers des fonctionnaires, et que de tels faits étoient justiciables de la cour d'assises. En conséquence, M. le curé est renvoyé pour être statué sur la mise en prévention devant la chambre d'accusation de la cour royale de Limoges. Il faut avouer que l'amour de la légalité est ici bien sévère; faire passer un curé quatre fois en justice pour quelques mots vifs , qu'ils aient été dits ou non, c'est une grande tépacité.

– M. de Montlosier a des disciples et des échos ailleurs qu'en France, et la peur du parti-prêtre est une maladie qui se gagne de proche en proche. En Belgique, on en est aussi attaqué, et là, des journaux de parti crient également contre l'ambition et l'intluence du clergé. L'influence du clergé dans un pays où l'église est toat en dehors de l'état, où le roi est protestant, où le ministère n'est pas fort catholique, où il n'y a que trois ecclésiastiques dans les chambres, où il n'y en a pas un dans les places administratives et civiles! Mais c'est une folie. Le Courrier de la Meuse, du 27 juin, relève assez bien ce qu'il y a d'absurde dans ces plaintes de la presse libérale.

a On ne peut trop le répéter, la faction cléricale a loul envahi chez nous; elle est aux chambres , au palais , d'où elle exclut les journaux opposés à ses doetrines ; elle est à l'armée, elle met aux arrêts les officiers qui ne se mettent pas à genoux devant des moines crasseux et fanatiques; elle est dans l'administration, d'elle exclut tout ce qui ne pense pas bien ; elle est partout, les libéraux nulle parl.» Voilà ce qu'oa imprime à Bruxelles dans ce moment ; faut-il y répoudre ? La faction cléricale a tout envahi Quoi donc ? les places a mais la plupart des places sont occupées par des libéraux; M, Rogier, ministre libéral, en est convenu lui-même. L'autorité ? mais l'autorité supérieure est tout entière entre les mains des libéralıx, tout le gouvernement est libéral. La faction cléricale a tout envahi. C'est pour cela probablement que, dernièrement, on avoit formé le projet de faire tous nos clercs soldats. Elle est au palais, d'elle exclut les journaux qui sont opposés à ses doctrines. Elle en exclut donc tous les journaux libéraux sans exception; car tous ces journaux sont opposés à ses doctrines. Le Courrier de la Meuse , l'Union et le Journal des Flandres sont donc seuls admis au palais; cela est-il vrai ? Qu'on s'en informe. Elle est à l'armée , elle met aux arrêts les officiers qui ne se mettent pas à ge. noux devant des moines crasseux et fanatiques. Menteur impudent ! et il n'y a pas un seul prèire à l'armée. Les militaires doivent se mettre à genoux devant des moines ! et on ne les conduit pas seulement à la messe, on les empêche même d'y aller. La faction cléricale est partoui, les libéraux nulle part. De quoi se compose donc noire ministère ? Quels sont les hommes qui remplissent les diverses adninistrations, qui siégent dans nos tribunaux ? Quels sont les hommes qui commandent notre armée? Quels sont ceux qui entourent le roi, qui occupent foules les avenues du palais?

- Le duc régnant de Modène veut rendre à l'autorité ecclésiastique la plénitude de ses droits sur le spiritael. Déjà par un rescrit, du 6 mars dernier, ce prince avoit aboli l'usage de l'exequatur qu'on exigeoit pour les bulles d'institution canonique des bénéfices ecclésiastiques. Au lieu de cette formule, on se servira dorénavant de celle nihil obstat, qui a paru ôter toute équivoque. De plus, par un rescrit du 5 avril, l'archidac a ordonné que l'entrée en possession des revenus des bénéfices fût accordée du jour et de la date de l'institution canonique, et non point de la date du nihil obstat, attendu, dit le rescrit, que c'est la date de l'in-' stitution canonique qui constitue le droit de percevoir les revenus à ceux à qui l'église confère des bénéfices. Enfin, par un décret du 5 juin, le prince ôte toute censure civile pour les évêques de ses états. Qui croiroit que ce prince est le neveu de Joseph II et de Léopold II, qui s'attachèrent avec tant de zèle à humilier et à tourmenter le clergé, l'un en Allemagne et dans les Pays-Bas, et · l'autre en Toscane ? Ces princes n'avoient réussi qu'à affliger les peuples par un système de défiance et de tracasserie dont l'expérience a fait assez voir les résultats. Puissent tous les souveraias comprendre que les dangers qui les menacent aujourd'hui ne viennent point de l'autorité ecclésiastique , et qu'ils ont à craindre d'un autre côté des entreprises un peu plus effi'ayantes et un esprit d'envahissement un peu plus inquiétant!

NOUVELLES POLITIQUES.

Paris. Le 26 juin, l'Acteon mit à la voile de Toulon; il arriva le 4 juillet à Palerme , où le comte Luchesi-Palli éloit depuis trois jours. Le 5 juillet, à quatre heures du matin, l' Agathe parut an large. Vers deux heures, le comte LuchesiPalli vint à bord sans suite, et fut introduit auprès de madame la duchesse de Berry. Le débarquement de la princesse, annoncé pour trois heures, n'eut lieu qu'à qualre beures et demie. Alors elle s'embarqua sur un canot de l'Agathe. A cinq heures, le général Bugeaud reçut du prince de Campo-Franco, ministre di. rigeant en Sicile , et père du comte Luchesi-Palli, une lettre, où le prince reconnoissoit que la duchesse et sa fille avoient été débarquées à Palerme en bonne santé. A la même heure, le général Bugeaud vint à bord de l'Acteon , qui, aussitôt, mit à la voile pour revenir à Toulon. Telle est la substance d'un rapport du commandant de l'Ac!eun, inséré au Moniteur. : - La monomanie des jésuites paroît vouloir reprendre possession des têtes que l'on croyoit les plus saines ou les mieux guéries. C'est en vain que les hommes sincères de la comédie de quinze ans sont venus déclarer publiquement

que le jésuitisme n'avoit jamais élé pour eux qu'un fantôme et une invention perfide, dont ils s'éloient servis pour opérer une révolution et détruire la royauté. C'est en vain que le développement de ce système est venu nous apprendre ens1.jle que la profanation et le pillage, la destruction des croix, la démolition des églises, la ruine de la religion et la persécution générale de ses ministres, éloient compris dans le mot d'ordre conire les jésuites. Tout cela n'a point suffi pour faire tomber l'épaisse calaracte qui bouche les yeux de notre paurre nation, pour guérir la maladie mentale dont elle est affligée. Voilà que le vieil épouvantail des jésuites revient effaroucher les imaginations, et c'est du côté de Prague qu'il reparoil. On a entendu dire que M. le duc de Bordeaux alloit changer de précepteur. Il n'en faut pas davantage pour mellre tous les esprits aux champs, et pour faire dire que l'ancienne armée de Montrouge a fait une invasion de ce côté-là. On prète au jeune prince, à cette occasion, un mot, dont on cherche à lui faire grand honneur, mais qui ne nous paroirroit pas d'un bon augure pour lui, en vérité, si la chose étoit aussi vraie qu'elle est fausse.

- Il y a des choses qu'on ne cherche point à s'expliquer, mais dont il faudroit pourtant avoir la clef pour débrouiller une situation politique comme la noire. Le royalisme est divisé, parmi nous, en un si grand nombre de branches, qu'on ne sait le plus souvent à laquelle se raccrocher. Pour nous en tenir à deux de ces catégories, sans compter leurs subdivisions, nous ne parlerons ici que des hommes monarchiques religieux, et des hommes monarchiques sans religion. Ces derniers se désignent eux-mêmes sous le nom de Jeune France. On les disUngue, sans difficulté, à la manière dont ils parlent de leur avenir, et dont ils bâlissent leur maison. Ils ont jusqu'à trois idées qui leur servent de pivot, et qu'ils remanieni perpétuellement, comme pour ne pas les laisser moisir. Avec cela, ils se font fort de rétablir la société sur des bases solides, et de mettre leur avenir en sûreté. Quant aux autres, cet avenir 7e les regarde point; la Jeune France ne cesse de leur répérer qu'ils ont vécu, et que ce n'est pas pour eux qu'elle bàtil. En partant de celle idée, un jeune France croit pouvoir se faire régénéra teur comme un autre. Il vous dit tranquillement que la religion n'a plus à paroître nulle part, ni à se mêler de rien, parce qu'elle gâieroit le nouvel édifice monarchique dont il est occupé. Voilà pourquoi, entre autres choses , il entend s'emparer du duc de Bordeaux et de sa mère, pour les façonner à son idée et les soumettre à la direction de la Jeune France; car il est convenu que la Jeune France leur donne place à tous deux, dans sa barque, pour cheminer ensemble vers l'avenir qui leur appartient à eux seuls, ainsi qu'ils ont soin de vous le répéter. Cela vous explique pourquoi madame la duchesse de Berry a si bien chemiué avec eux jusqu'à présent; et pourquoi ils tiennent tant à ce que le duc de Bordeaux n'aille à la messe que comme Henri IV et Bonaparte. Le fils et la mère sont en bonnes nains, comme vous voyez! Mais nous avons bien de la peine à - sous figurer qu'il puisse sortir de la jeune France monarchique sans religion, quelque chose qui vaille l'ancien royaume très-cbrétien. in . .

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