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- Un de nos journaux paroil avoir connoissance d'un grand secret que l'ara rivée de madame la duchesse de Berry à Palerme ne tardera pas à révéler. Si, comnie il le donne à entendre, ce grand secret doit aboutir pour nous à voir. éclaler une dissension de famille au sujet de l'éducation de M. le duc de Bordeaux, autant vaudroit-il qu'on n'eut rien à nous apprendre; car cela ne peut guère con venir qu'aux conseillers brouillons qui se sont mis en lèle de nous tailler des restaurations et des régences de fantaisie, dont ils se donnent la baute direction, sans plus de formalité. Singulier temps que le nôire! On ne voit que des gens qui pleurent el gémissent sur l'anarchie; et ils sont les preniers à se mêler de tout. Cela va jusqu'à vouloir faire la leçon à leurs maitres et à s'introduire de force dans les familles pour y dominer les volontés et en régler le régime.

- Par ordonnance insérée au Moniteur sont nommés : A la préfecture de l'Ain, M. Marchand-Dubreuil, sous-préfet de Blaye; à celle des Landes, M. Bel. lon, préfet de l'Ain ; à celle de la Loire, M. Sers , préfet des Landes ; à celle du Hayi-Rhin, M. Bret, préfet de la Loire ; à celle de l'Aisne, M. Renauldon, préfet du Haut-Rhin ; à celle des Hautes-Alpes, M. Gauja , préfet de l'Arriège; à celle de l'Arriège, M. Monicault, maitre des requêles; à celle du Doubs, M. Tourangin, préset de la Sarthe; à celle de l'Orne, M. Derville-Maiéchard, préfet du Doubs ; à celle de la Sarihe, M. de Saint-Aignan, préfet des Hautes-Pyrénées ; à ceile des Hautes-Pyrénées, M. de Ségur-d'Agniesseau, substitut à Paris ; à celle des Deux-Sevres, M. Thiessé, préfet du Jura ; à celle du Jura, M. Heim, préfet des Deux-Sèvres ; à celle de la Haule-Vienne, M. Mourgne, préfet de la Dordogne; à celle de la Dordogne, M. Romieu, sous-préfet de Louhans; et à celle de Vaucluse, M. Mercier, sous-préfet d'Alais. M. de Sainte-Suzanne, préfet de l'Aisne, et M. de Théis, préfet de la Haute-Vienne, sont adonis à faire valoir leur's droits à la retrailę. MM. Reynaud , préfet de l'Arriège ; Chogenson, de l'Orne, et Bureau de Puzy, de Vaucluse, sont appelés à d'autres fonctions.

- Des affiches annoncent la mise en vente des magnifiques héritages de M. le duc de Bourbon , dont madame de Feuchères étoit en possession. Ces propriétés sont : la belle forêt d'Enghien; des parties de bois considérables; les château, parc et bois de Boissy; les château, parc, bois et dépendances de Saint-Len. La mise à prix du tout ne s'élève qu'à la modique somoje de 4,001,950 fr. La pauvre madame de Fenchères! L'adjudication aura lieu aux enchères publiques le 22 août. Il est à croire que M. le due de Bourbon n'auroit pas fait don de ses biens pour Jes morceler et les gaspiller. .- La mesure, dont le maréchal Soult a ep retenu Ja' cbambre, vient d'être mise en vigueur par ordonnance du 5 juillet. Cette ordonnance porte que les forces de terre se composeront de l'armée de ligne et d'une réserve. La réserve, qui sera organisée dès cette année, comprendra luus les hommes appartenant aux classes appelées, non compris dans l'effectif entretenu sous les drapeaux, soit qu'ils n'aient pas été mis en activité de service, soit qu'ils aient été renvoyés dans leu's foyers avant d'avoir accompli le temps de service déterminé par la loi. Il y aura

65 dépots de recrutement et de réserve, dans lesquels seront envoyés deux conpagnies d'élite et deux de fusiliers du 4 bataillon, créé il y a deux ans daus les régimens. Dans chaque dépot on formera une compagnie de chasseurs francstireurs, armée de carabines rayées, et composée de jeunes gens propres à devenir d'habiles tirailleurs. Les dix compagnies départementales, établies dans l'Ouest, seront incorporées dans les dépôts de leurs départemens respectifs. En cas d'appel des bataillons de garde nationale mobile , les officiers et sous - officiers seront pris daus la réserve. Les jeunes gens en nan activité, réunis aux dépôts, seront exercés et instruits militairement.

. — Le conseil-d'Etat a rejeté, le 13 juillet , le pourvoi de MM. Ouvrard et Vanlerbergh, munitionnaires, qui, d'après une clause de leur marché, réclamoient 2 millions et demi pour le retard apporté dans le paiement des fourni. tures qu'ils opt faites à la guerre et à la marine sons le consulat. : - La Cour royale a rendu le 19, sous la présidence de M. Brière de Valigny son jugement dans la canse contre le duc d'Aumale e tla dame de Feuchères, relative au domaine d'Ecouen. Le jugement du tribunal de première instance a été confirmé, el la dame de Feuchères a été déclarée en conséquence non recevable dans sa demande en délivrance de ce domaine. Quant aux dépens, ils ont été compensés entre les parties.

- Uue grave question vient d'être soumise, en premier lieu, à la cour d'as. sises, sur une réclamation de M. Mie, imprimeur. Il s'agissoit de l'accumulation des peines, en matière de délit politique, par exemple. On sait que depuis quelque temps, des journalistes ont vu s'accumuler sur eux un lotal énorme d'amendes et d'années ou de mois de prison. M. Moulin, avocat, a combattu à l'avance ce système, dans un mémoire appuyé sur de forts argumens. Les principaux avocats du barreau de Paris, au nombre de 62, ont adhéré à celle consultation. On remarque, parmi les adhérens, les noms de M. Parquin, bàtonpier, Odilou - Barrot , Ch. Comle, Jolly, Betbmunt, Mauguin, de Vatimesnil, Crémieux, Franque, Gairal, Duvergier; et MM. Hennequin, Berryer fils, Gaudry, Fontaine, Guillemin. L'affaire a été appelée le 15. M. Moulio a en vain fait valoir les principes posés dans le mémoire, et rappelé que, sous la restauration, les gérans des Constitutionnel et du Drapeau blanc avoicnt obtenu de MM, de Peyronnet et Bellart ce que MM. Barthe et Persil refusent après une révolution faite au nom de la liberté de la presse. La cour, présidée par M. Hardouin, a, sur les conclusions de M. Frank-Carré, débouté M. Mie de sa demande , et l'a condamné aux dépens : celui-ci s'est aussitôt pourvu en cassation.

- Le tribunal de commerce de Paris a prononcé le 15 son jugement dans l'af. faire de la Banque de France contre les membres de la société J. Laffitte et Co. Il a accueilli la demande de la Banque et condamné les commanditaires à faire le versement de leur mise à l'exception de M. Claremont, qui a été reconnu avoir versé la sienne. M. le comle Perregaux est tenu de verser, par provision, un million à valoir sur les trois millions qne forme sa com uandite. Ce jugement est conforme à une

consultation délibérée en faveur de la Banque par MM. Dalloz, Scribe , Crémieux, Odilon - Barrot et Desclaux; en réponse à celle délibérée en faveur de M. Perregaus, par MM. de Vatimesnil, Gairal, Ph. Dupin, Mollot et Merlin.

- La police vient de faire une visite domiciliaire chez M. Valérius, qui avoit été mis en jugement pour le service de Saint-Germain-l'Auxerrois. :- Le nouveau préfet de la Seine continue à visiter les principaux établissemens de la ville et du département. Il a visité à l'improviste l'Hôtel-Dieu, l'hôpital de la Salpétrière, les salles d'asile, le canal Saint-Martin, le port de Bercy, les mairies, etc.

.- M. de Rambuteau a présidé lui-même la réunion des notables commerçans, qui a eu lieu le 17 pour l'élection des juges du tribunal de commerce.

– Le ministre de l'instruction publique s'est rendu, le 13, à Versailles. Il a visité le collége royal et l'école normale primaire de cette ville, ainsi que les écoles primaires des communes de Chaville et de Viroflay.

- M. Dulong a donné sa démission de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.

- Un grand appareil militaire sera déployé dans les journées anniversaires de juillet. Outre la garde nationale de Paris et des environs, on fait venir à Paris des troupes casernées à quatre journées de marche, qui formeront pour la revue,

avec celles de la garnison, deux divisions d'infanterie, trois divisions de cavale- "ries, trois batterie d'artillerie, elc. Les troupes étrangères à la garnison seront

captonnées autour de Paris l'avant-veille de la revue, et ne se retireront que le 31. Tous les corps défileront le 28 devant la colonne de Buonaparte en présence de

Louis-Philippe. Sed dig ***.- La police a fait saisir deux placards affichés sur les murs de Paris; le premier étoit intitulé : Appel au peuple de juillet ! le second, 14 juillet 1789!

- Les dépenses de la garde nationale de Paris pour 1833, votées par le conseil municipal de Paris, s'élèvent à 822,23 1 fr.

– Un temps magnifique a favorisé l'observation de l'éclipse de mercredi 17 juillet. Sur les ponts, les quais et les places il y avoit beaucoup de curieux. Le soleil a présenté la forme d'un croissant, dont les cornes étoient lournées d'abord par en haut, ensuite à gauche vers le nord. A six henres du matin, la lumière du soleil se trouvoit sensiblement affoiblie. Elle étoit à peu près la même qu'une heure avant le coucher de cet astre par le temps le plus pur. On aura de plus grandes éclipses de soleil le 15 mai 1836, le 8 juillet 1842 , et surtout le 9 octobre 1847. Celle-ci sera annulaire à Paris ; le soleil sera réduit pendant quelques minutes à un anneau lumineux qui n'aura que 1724 du diamètre de cet astre. Pendant tout le siècle, il n'y aura pas d'éclipse totale de soleil visible à Paris, où il n'en a été observé depuis fort long-temps qu'en 1724.

-- S'il faut en croire la Tribune, M. Cousin a déclaré aux élèves que ceux qui ne professeroient pas les sentimens du gouvernement ne seroient pas admis.

. ou servient renvoyés. I! auroit même exigé d'eux upe profession de foi poiilique.

-- M. Prevot-Leygonie, député ministériel, a reçu un charivari en arrivant à Bergerac. Il s'est empressé de quilter celle ville.

– Le sieur Rogiiel, de Borchamps, qui avoit été acquitté à Orléans sur les poursuiles dirigées contre lui pour faits de chouannerie, vient d'être condamné à Laval à six mois de prison et 500 fr. d'amende, pour propos tenus publiquement contre Louis-Philippe et son gouvernement.

- Le Journoi de l'Ain annonce la mort de M. Guichoir, docteur en médecine à Oyonnax, enlevé à l'âge de 40 ans, el qui étoit ainić el estimé dans tout le canton. Accessible el bon pour tout le monde, et surtout pour la classe pauvre, il s'éloit fait aimer par son désintéressemeut et par son empressement à obliger. Ses olisèques ont eu lieu à Oyonuax, le 4 juillet, en présence d'un grand concours. Un nombrens clergé précédoit le convoi , et les regre!s éloient unanimes.

- Par suite d'une fonte de neiges dans les Pyrénées, la Garonne a subi une crue considérable qui a occasionné des malheurs. On a vu flotter sur ses eaux des moissons emportées et même quelques cadavres.

-- On avoit arrété à Marseille huit on neuf royalistes à la suite des événemens du 4 juin , dans lesquels le commissaire de police Marlou reçoit deus blessures. Ils ont élé nois en liberté à la suite d'une ordonnance de non-lieu; on n'a retenu en prisou que M. Roinan; encore son innocence est-elle constante. . -- Une émeule a eu lieu le 4 du mois à Salies. Il s'agissoit d'empêcher le passage d'eau salée provenant d'Orlaas. Les perturbateurs, composés d'ouvriers et de femmes, se sont jetés sur les voitures el ont défoncé les barriques sur la place publique en poussant de grands cris.

-- On vient d'établir à Tours une caisse d'épargnes et de prévoyance destinée aux classes ouvrières de celle ville et du département d'Indre-et-Loire. C'est à la ger:érosité et aux soins des royalistes que l'on doit principalement cet établissement utile; aussi les administrateurs ont-ils été pris parmi les nolables de l'opinion légitimisle. On y remarque M. Giraudeau, qui étoit maire de Tours sous la reslauration, el M. de Romand, págeur du département à cette époque.

- Le général Birgeaud, qui a accompagné madame la duchesse de Berry jusqu'à Palerme, est arrivé à Toulon, le 12 , avec son aide-de-camp.

- Il est entré le même jour dans la rade de Toulon la frégale la Melpomène , parlie, le 3, de Lisbonne. Le choléra s'éloit déclaré a rec beaucoup de violence à Bord de ce batiment. Dix-huit hommes sont moris avant le départ de Lisbonne, et quarante-cinq ont été laissés à l'hôpital de celte ville. A son arrivée à Tonlon, elle avoit à bord irente-trois nouveaux malades, qui ont été déposés an lazarel.

-- M. Vanslaer, consul de Portugal à Londres, qui est arrivé à Paris le 16, a annoncé que la foile de don Miguel, sortie de Lisbonne le 1er juillet, a atlaqué · le 4, près du cap, Saint-Vincent, celle de don Pédro, commandée par Napier ;

qu'un combat a eu lieu pendant une heure, et qu'ensuite la première s'est rendue. Celle escadre, qui se composoit de deus vaisseaux, trois frégates, quatre correlles et bricks, a été conduite dans le port de Lagos, occupé par les pédristes; et l'on ajonte que les 3,000 honmes de débarquement, que purloient les bâtimeus de don Miguel, ont pris parti pour son adversaire. Un seul brick s'est échappé, et a pris la direction de Madère. Le bâteau à vapeur, qui a porié cette nouvelle à Loudres, a rencontré, en route, celui que montoii M. de Bourmont, et l'a informe de ce résultal. Il ne s'est rien passé de nouveau à Porlo.

- On annonce que la reine d'Espagne est de nouveau enceinte.

- Les officiers polonais, qui étoient retournés de France et de Suisse en Pologne , en sont repartis sans dépasser les frontières. Ceux qui sont restés se sont divisés par bandes. Ils attaquent les corps de cosaques isolés ; et, après les avoir détruits, ils se réfugient dans les bois. Le gouvernement russe envoie des troupes en Pologne pour réprimer ces désordres.

- Le prince Milosch vient d'annoncer, dans une proclamation à son peuple, que la Porte a consenti à rendre à la Servie les six districts qui lui ont été relirés en 1813. Cette nouvelle a produit beaucoup de joie parmi les Serviens.

- Un mouvement populaire a éclaté dans les îles ioniennes. Lord Nugent, haulcommissaire Anglais, avoit doublé le niombre des éligibles pour le corps législatif, et triple celui des électeurs. Cette concession n'a pas satisfait le peuple; 2000 paysans, exclus probablement du droit électoral, pénétrèrent à Corfou au moment des élections, dispersèrent les électeurs, allaquerent le palais, et se baltirent contre les Anglais.' On proclama alors la loi martiale, et la tranquillité se rétablit. Plusieurs paysans furent arrêtés, mais le lord baut - commissaire jugea prudent de les relâcher et de ne pas faire de poursuites.

Le ministre de l'instruction publique a envoyé aux 42,000 instituteurs prie maires ( si lant est que leur nombre s'élève si haul ) la loi du 28 juin dernier sur l'instruction primaire, l'exposé des motifs et une instruction spéciale sur la conduire à tenir. Celle instruction renferme en plusieurs endroits des réflexions et des conseils qu'il est à propos que le clergé connoisse :

« Toutefois, Monsieur, je ne l'ignore pas : la prévoyance de la loi, les ressources dont le pouvoir dispose , de rénssiront jamais à rendre la simple profession d'instiluteur communal aussi attrayante qu'elle est utile. La société ne sauroit rendre, à celui qui s'y consacre, tout ce qu'il fait pour elle. Il n'y a point de fortune à faire, il n'y a guère de renommée à acquérir dans les obligations pénibles qu'il accomplit. Destiné à voir sa vie s'écouler dans nu travail monotone, quelquefois même à rencontrer autour de lui l'injustice ou l'ingratitude de l'ignorance, il s'allristeroit souvent et succomberoit peut-être s'il ne prioit sa force et son courage ailleurs que dans le perspectives d'un intérêt immédial et purement personnel. Il faut qu'un sentiment profond de l'importance morale de ses

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