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· travaux le soutienne et l'anime; que l'austère plaisir d'avoir servi les bommes et. secrètement contribué au bien public devienne le digne salaire que lui donne sa conscience seule. C'est sa gloire de ne prétendre à rien au delà de son obscure et laborieuse condition , de s'épuiser en sacrifices à peine comptes de ceux qui en profitent, de travailler enfin pour les hommes et de n'allendre sa récompense que de Dieu. Aussi voit-on que, partout où l'enseignement primaire a prospéré, nne pensée religiense s'est unie, dans ceux qui le répandent , au goût des lumières et de l'instruction. Puissiez vous, Monsieur, trouver dans de telles espérances, dans ces croyances dignes d'un esprit saint et d'un caur pur, ube satisfaction et une constance que peul-être la raison seule et le seul palriotisme ne vous donneroient pas! »

Nous savons quels sont les instituteurs qui mellent parfaitement ces religieus sentimens en pratique, qui n'attendent leur récompense que de Dieu, et que des croyances dignes d'un esprit saint et d'un caur pur, soutiennent dans leurs pénibles fonctions. C'est par là que les Frères se sont concilié l'estime et la confiance des familles. Puissent tous les instituteurs apprendre à se conduire par de si pobles motifs ! Le ministre continue en ces termes :

« Les premiers de vos devoirs, Monsieur, sont envers les enfans confiés à vos soins. L'instituteur est appelé par le père de famille au partage de son autorilé naturelle; il doit l'exercer arec la même vigilance et presque avec la même ten. dresse. Non-seulement la vie et la santé des enfans sont remises à sa garde, mais l'éducation de leur ceur et de leur intelligence dépend de lui presque tout entière. En ce qui concerne l'enseignement proprement dit, rien ne vous manquera. de ce qui peut vous guider. Non-seulement une école normale vous donnera des leçons et des exemples, non-seulement les comités s'allacheront à vous transmellre des instructions utiles, mais encore l'Université même se maintiendra avec vous en constante communication. Le Roi a bien voulu approuver la publication d'un journal spécialement destiné à l'enseignement primaire. Je veillerai à ce que le Manuel général répande parlout, avec les actes officiels qui vous intéressent, la connoissance des méthodes sûres, des tentatives heureuses, des notions pratiques que réclament les écoles, la comparaison des résultats obtenus en France ou à l'étranger, eufin tout ce qui peut diriger le zèle, faciliter le succès, entretenir l'émulation.

« Mais quant à l'éducation morale, c'est en vous surtout, Monsieur, que je me fie. Rien ne peut suppléer en vous la volonté de bien faire. Vous n'ignorez pas que c'est là, sans aucun doute, la plus importante et la plus difficile partie de votre mission. Vous n'ignorez pas qu'eo vous confiant un enfant, chaque famille vous demande de lui rendre un honnête homme, et le pays un bon citoyen. Vous le savez . les verlus ne suivent pas toujours les lumières, et les leçons que reçoit l'enfance pourroient lui devenir funestes si elles ne s'adressoient qu'à sou jutelligence. Que l'instituteur ne craigne donc pas d'entreprendre sur les droits des fa

milles, en donnant ses premiers soins à la culture intérieure de l'ame de ses élèros. Autant il doit se garder d'ouvrir son école à l'esprit de secte ou de parti, et de nourrir les enfans dans des doctrines religieuses ou politiques, qui les mellent pour ainsi dire en révolte contre l'autorité des conseils domestiques; autant il doit s'élever au-dessus des querelles passagères qui agitent la société, pour s'appliquer sans cesse à propager, à affermir ces principes impérissables de morale et de raison, sans lesquels l'ordre universel est en péril, et à jeter profondément dans de jeunes coeurs ces semences de vertu et d'honneur que l'âge et les passions n'étoufferont point. La foi dans la Providence, la sainietė du devoir, la soumission à l'autorité palernelle, le respect dû aux lois, au prince, aux droits de tous; tels sont les sentimens qu'il s'attachera à développer. Jamais, par sa conversation on son exemple, il ne risquera d'ébranler chez les enfans la vénération due au bien; jamais, par des paroles de haine ou de vengeance, il ne les disposera à ces préventions aveugles qui créent, pour ainsi dire, des nations ennemies an sein de la même pation. La paix et la concorde qu'il maintiendra dans son école doivent, s'il est possible, préparer le calme et l’union des générations à venir..

Les rapports de l'instituteur avec les parens ne peuvent manquer d'étre fréquens. La bienveillance y doit présider : s'il ne possédoit la bienveillance des familles , son autorité sur les enfans seroit compromise, et le fruit de ses leçons seroit perdu pour eux. Il ne sauroit donc porter trop de soin et de prudence dans celle sorte de relations. Une intimité légèrement contractée pourroit exposer son indépendance, quelquefois même l'engager dans ces dissentions locales qui désolent souvent les petites communes. En se prétant avec complaisance aux demandes raisonnables des parens, il se gardera bien de sacrifier à leurs capricieuses exigences ses principes' d'éducation et la discipline de son école. Une école doit éire l'asile de l'égalité, c'est-à-dire de la justice.

» Les devoirs de l'instiluleur envers l'autorité sont plus clairs encore, et non moins imporlans. Il est lui-même une autorité dans la commune : comment donc donneroit-il l'exemple de l'insubordination ? Comment ne respecteroit-il pas les magistrats municipaux, l'autorité religieuse, les pouvoirs légaux qui maintiennent la sécurité publique? Quel avenir il prépareroit à la population au sein de laquelle il vil, si, par son exemple ou par des discours malveillans, il excitoit chez les en. fans cette disposition à tout méconnoître, à tout insulier, qui peut devenir, dans un autre âge, l'instrument de l'immoralité , et quelquefois de l'anarchie! '

» Le maire est le chef de la commune; il est à la tête de la surveillance locale; l'intérêt pressant comme le devoir de l'instituteur est donc de lui témoigner en toute occasion la déférence qui lui est due. Le curé ou le pasteur ont aussi droit au respect ; car leur ministère répond à ce qu'il y a de plus élevé dans la nature humaine. S'il arrivoit que, par quelque fatalité, le ministre de la religion refusát à l'instituteur une juste bienveillance, celui-ci ne devroit pas sans doute s'humilier pour la reconquérir ; mais il s'appliqueroit de plus en plus à la mériler par sa conduite, et il saurait l'altendre. C'est au succès de son école à désarmer des préreotions injustes , c'est à sa prudence à ne donner aucun prétexte à l'intolérance. Il doit ésiler l'hypocrisie à l'égal de l'impiété. Rien d'ailleurs n'est plus désirable que l'accord du prêtre et de l'instituteur; tous deux sont révélus de l'autorité morale, fons deux ont besoin de la confiance des familles ; tous deux peuvent s'entendre pour exercer sur les enfans, par des moyens divers, une commune influenee. Un tel accord vaut bien qu'on fasse, pour l'obtenir, quelques sacrifices, et j'allends de vos lumières et de votre sagesse que rien d'honorable ne vous coûtera pour réaliser cette union sans laquelle nos efforts pour l'instruction populaire seroient souvent infructueux. »

Il y a du bon dans ces réflexions, quoique l'on pût s'étonner d'y trouver quel. ques traces de préventions et de reproches contre le clergé, et de voir l'instituteur absolument assimilé pour l'autorité morale au curé. Néanmoins il est à souhaiter que les instituteurs veuillent bien néditer quelquefois ces conseils, se convaincre que le curé a droit à leur respect, qu'ils doivent mériter sa bienveillance par leur conduite, et faire même, s'il le falloit, quelques sacrifices pour maintenir avec lui une union ei un concert nécessaires pour le bien.

On publie un nouveau journal mensuel sous le titre de : Mentor du jeune åge, dédié aux enfans des deux sexes. La première livraison a paru le r er juillet, et il en paroîtra une le cer de chaque mois. Dans son premier article, l'éditeur s'annonce franchement pour chrétien et catholique ; cependant il ne parlera pas toujours religion, et cherchera à meubler les esprits des enfans de sciences profanes. Un peu d'histoire, un peu de géographie, un peu d'histoire naturelle, des vers, de la musique, des entretiens, des anecdotes, etc., tels sont les principaux sujets qui doivent entrer dans ce recueil, où l'on voit les noms de MM. Achille de Jouffroy, de Loisellerie, Rouveau, de Vieilcastel, Le Clère, etc. M. l'abbé Bousquet paroît être le rédacteur principal. L'esprit qui préside à celle entreprise, le ton des articles, la variété des sujets, recommande le Mentor aux instiluleurs et aux parens qui veulent offrir aux enfans une lecture agréable et utile. Le prix est de 5 francs par an, rue de Lille, n° 7. .

Pe (gérant, Adrien Le Clere.

Cours des effets rublics. -- Bourse du 17 juillat 1833.. Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 1r. 30 c., et fermé à 76 fr. 95 c. Cinq pour 100, Juss. (1 22 mars, ouvert à 104 (r. 15 e., ct fermé à 104 fr. 05 C. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . 1755 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD. LE CLERE AT COMP

OYAL

SAMEDI 20 JUILLET 1833.

(N° 2130.)

Sur un Bref du Pape.

Nous avions connoissance depuis quelques jours du bref adressé par le saint Père à M. l'archevêque de Toulouse; mais nous n'avions pas cru devoir en faire usage dans le journal avant d'en avoir reçu l'autorisation formelle. Aujourd'hui, deux journaux ayant publié le bref, il n'y a plus, de notre part, de reproche d'indiscrétion à craindre. Le bref est en réponse à la lettre écrite au pape par plusieurs évêques du midi, le 22 avril de l'année dernière : nous en avons parlé, il y a un an, No 1977. Cette lettre précédoit une censure de cinquante-six propositions tirées des deux derniers volumes de l'Essai sur l'Indifférence, des Doctrines philosophiques sur la certitude, du Catéchisme du Sens commun et de l'Avenir. Les signataires étoient, à ce qu'il paroit, MM. les archevêques de Toulouse et d'Albi, et MM. les évêques de Montauban, de Carcassonne, de Périgueux, d'Aire, de Bayonne, de Perpignan, de Nimes, de Montpellier, de Rodez, de Cahors et de Limoges. Depuis, plus de quarante évêques avoient adhéré à la censure. L'affaire a été examinée à Rome avec celle maturité qu'on a coutume d'apporter à toutes les causes importantes. C'est à ce sujet que le souverain pontife publia son encyclique du 15 août dernier. Quelques-uns avoient répandu il y a peu de temps que le pape étoit mécontent de la censure des évêques, et leur avoit fait dire qu'il n'y seroit donné aucune suite, et des journaux ont accueilli complaisamment ce bruit. Les termes honorables dans lesquels le saint Père parle de la démarche des évèques sont un démenti donné à ces vaines rumeurs dont il est aisé de deviner la source. S. S. a trouvé dans la lettre des prélats une preuve nouvelle et éclatante de leur zèle, de leur foi et de leur attachement respectueux pour le saint Siège; elle est loin de s'étonner que des évêques aient cru pouvoir s'occuper d'un fort triste sujet. Il paroit aussi que le saint Père avoit espéré que les auteurs et fauteurs des opinions réprouvées par l'encyclique lui donneroient par la suite des témoignages plus expressifs de leur soumission pleine, sincère et sans équi

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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roques, el rien nc nous montre que le pontile ait eu cette satisfaction. Enfin, on voit que S. S. est douloureusement affectée de bruils tâcheux qui circulent. Mais donnons d'abord le texte du bref en latin et la traduction en français :

. Gregorius PP. XVI. « Venerabilis Frater, salutem et apostolicam benedictionem.

» Litteras quas una cum nonnullis ex venerabilibus Fratribus islius regni episcopis die 22 aprilis anvo superiori dedisti, ac per venerabilem Fratrem nostrum Emmanuelem cardinalem episcopam Tusculanum pænitentiarium majorem nobis ad ferendas ciirasii, animo perlegimus benevolo. Novum quippe ibidem et illustre testimonium pacti sumus pastoralis zeli, el fidei atque observantiæ in hanc apostolicam sedem, quibus te, collegasque tuos mirifice affectos apprinie jam noveramus. Il!æ porro traditæ fuerunt nobis in eam curam cogitationemque jamdiu incumbentibus, ut ex inore instituloque sanctæ hujus sedis, illo habito, juxta Zosimi ponuificis verba, pondere examinis, quod ipsa rei natura desiderabat, omnes Ecclesiæ filios opportune edoceremus, quidnam de tristissimo illo argumento, de quo et in eadem epistola agebatur, sil ex sacrarum scripturarum , sanctiorisque traditionis disciplina prædicandum. Memores enim ex prædecessoris nostri Leonis Magoi monitu, tenuitatem nostram Eoclesiæ præsidere sub illius nomine , cujus fides errores quoslibet impugnal, probe intelligimus, in nobis speciatim .commissum esse, ut omnes conatus nostros causis impendamus in quibus universalis Ecclesiæ salus possit infestari. Id nos, Deo bene juvante, atque auspice in primis Virgine sanctissima fidenter, peregimus, dalis sollemni Assumptionis ipsius die ad catholici orbis avtistites encyclicis litteris , quibus sanam, el quam sequi unice fas sit, doctrinam pro nostri oflicii munere protulimus. Dedit voci nostiæ vocem virtutis Pater luminum, in quem spení omnem coujeceramus : easque alacriter', religiosè, studiosèque ubique récepstas fuisse, gratulabundi testati sunt et sacrorum antistites, et vili ex universis ordinibus commendatiores. Imo auctores ipsi fauloresque consiliorum, de quibus præcipue querebamur, ad quos millendas eas litteras curavimus, publiee denuntiarunt, se ab incapiis illico cessasse, ne voluntati nostræ obsisterent. Quæ quidem declaratio eam illico nobis spem iodidit, sincere ipsos , plene, absolute, omnique depulsa ambiguitate judicio nostro paruisse, idque luculentioribus quoque monumentis fore in posterum testaturos ea fide, qua se erga Christi vicarium incensos loires diserlissime professi sunt. Hæc sane perjucunda spes animum nostrum in summa-temporum difficultaie pro rei sacræ incolumitate soli

citum erexerai: at dolorem adhuc injiciunt, quæ etiam nunc per. feruntur in vulgus. Humilibus proinde precibus oculos manusque

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