Images de page
PDF
ePub

les deux inesses. La châsse étoit portée , lour à tour, par douze pères de famille, membres de la confrérie de saint Roch.

- Les journaux de la révolution parlèrent l'hiver dernier de troubles à Velaux, diocèse d'Aix. M. l'archevêque avoit cru devoir faire passer le curé de celle paroisse à un aulre poste. Les habitans réclamèrent. Le maire, l'adjoint et les membres de la fabrique se rendirent auprès du prélat qui avoient sans doute eu ses raisons pour déplacer le curé, et qui ne se rendit point aux instances qui lui furent faites. Une supplique qui lui fut préseniée n'eut pas plus de succès. M. l'archevêque ordonna au curé de se rendre au nouveau poste qui lui avoit été assigné. Au moment du départ, on arrête le curé, on le fait rentrer au presbylère et on mel une garde pour l'empêcher de sortir. Cependant, quelques jours après, on consent à le laisser aller, mais on déclare qu'on ne recevra pas d'autre prêtre envoyé par l'autorité diocésaine. Une pétition fut adressée à Châtel pour lui demander un prêtre. Le primai se hâta de répondre favorablement. Mais dans l'iniervalle les choses changèrent de face. M.l'archevêque a voit nommé un desservant à Velaux; celui-ci vint sur les lieux et occupa le presbytère. Les habitans les plus sages, et même quelques-uns de, ceux qui avoient pris parti pour l'ancien curé, se l'endirent aux offices et aux insiructions du nouveau pasteur. Le maire, qui vouloit avoir un prêtre de Châtel, ayant convoqué les habitans pour lui répondre, peu se rendirent à sa convocation. Il fallut donc renoncer à avoir un prêtre de l'église Châlel. Ce fut un grand désappointement pour ceux qui avoient suscité cette affaire dont le secret nous est révélé dans une lettre d'un sieur Roman, avocat, datée d'Aix le 7 février dernier, et adressée à Châtel qui l'a publiée dans son journal. Le sieur Roman convient qu'il avoit pris une part assez active à ce qui s'est passé à Velaux, et il regrette que les habitans n'apprécient point l'honneur qui rejailliroit sur eux, s'ils étoient les premiers à secouer le fanatisme et l'intolérance du clergé romain pour suivre les vrais principes dela religion chrétienne. Il paroît qu'il y a à Velaux deux protestans aisés, el on peut soupçonner qu'ils sont pour quelque chose dans celle tentative de schisme. M. l'avocat Roman, qui joue ici un rôle, est digne d'être le parent de M. Roman, de Lourmalin, qui fit tant (le bruit en 1819 pour ne pas tendre sa porte devant le saint Sacrement. On doit se féliciter à Velaux de n'avoir pas suivi l'exemple de Lèves,' où le schisme a produit en si peu de temps la révolte.

- Pendant que des conseils municipaux , cédant à l'impulsion des passions du moment, ferment les écoles de Frères, leur retirent toute allocation, ou les fatiguent de tracasseries, le conseil municipal de Rodés a voté 4,000 fr. pour les écoles des Frères. On aime à citer un tel exemple, qui prouve que la contagion de l'esprit de

parti n'a pas encore pénétré partout, et qu'il est des corps qui savent s'en défendre. .- M. l'abbé Félix, ecclésiastique français établi en Belgique, avoit beaucoup trop fait parler de lui en 1826 pour un sermon prêché le 15 janvier dans l'église de Sainte-Gudule à Bruxelles. Ce discours étoil à la fois une apologie du gouvernement de ce temps-là, et une satyre contre le clergé des Pays-Bas. L'auteur s'étoit déclaré en faveur du collége philosophique qu'on venoit d'établir malgré les réclamations du clergé et des fidèles. Il fut interdit par M. l'archevêque de Malines; mais son protecteur, Gouban, l'en dédommagea en lai procurant une pension. M. Félix irrité s'oublia tout-à-fait; il publia une seconde édition de son sermon avec un supplément plein d'emportement; de plus, il mic au jour une allocution sur son anathème. Nous avons rendu compte du sermon et de ces écrits, nos 1214 et 1259, tomes XLVII et XLIX du journal. Depuis les circonstances ont bien changé, les protecteurs de M. l'abbé Félix ne sont plus en Belgigue. Il a eu le temps de regretter ses complaisances pour eux; et, désenchanté de ses illusions, il s'est soumis å ses supérieurs, et a fait insérer dans les journaux une'lellre où il exprime son repentir du passé. Puisque nous avons fait connoître ses torts, il est juste que nous montrions comment il les a réparés. Voici sa lettre aux rédacteurs de l'Union :

Bruxelles, le 25 avril 1833. · « Messienrs, frappé de différens passages des saints Pères et de l'Evangile, je viens de prendre le parti de me soumeitre sans réserve à mes supérieurs ecclésiasiques, et comme le public religieux a dû être scandalisé de certains de mes précédens écrits, entre autres d'un passage d'un de mes sermons où j'envisageois comme une faveur accordée à mon pays l'établissement du collége philosophique, en le comparant à une nouvelle aurore qui paroisso't sur notre horizon pour y dissiper les ténèbres, et ajoutant que désormais il n'y auroit plus de préires ignorans; et aussi de ce que mon nom parut en 1830 dans la brochure intitulée : M. C. Helsen vengé des poursuites honteuses de l'inquisition du 19 siècle, dont cependant j'ai loujours regardé le contenu comnie contraire à la saine doctrine et à la sourdission aux supérieurs légitimes; j'ose vous supplier, messieurs, de vouloir bien me fournir, par la publicité, le mioyen de réparer la mauvaise édification qu'à cette époque je donnois à ma patrie encore si religieuse.

'» Je dois aussi à la vérité , messieurs , encore plus qu'à una propre réputation, de faire connoitre au public que je ne suis nullement l'auteur de la brochure dans laquelle M. Helsen m'avoit engagé dernièrement à faire figurer mon noin; il m'assura lui-même, en termes exprès, qu'elle avoit été composée par quatre personnes différentes de ses connoissances ; je désire encore que le public apprenne que mes supérieurs ecclésiastiques ignorent complètement la démarche que je fais en ce montent. : isi

- » Je suis avee 'une considération respectueuse, messieurs, votre très-humble servieir,

F.-J. Félix, ex-confesseur à Sainte-Gulule. »

NOUVELLES POLITIQUES. Paris. Un malbeur ne ra jamais seul, dit-on. Il en est de même de toutes les mauvaises choses , surtout en 'matière de révolation. Pendant que l'émeale attaquoit le palais épiscopal de Chartres et l'église de Lèves, on travailloit dans la chambre. des députés à porter deux autres conps à la religion. D'un côté, M. Bavoux reproduisoit son projet de loi sur le divorce ; et de l'autre, on fermoil les portes de l'instructioü publique à tout le clergé de France. C'éloit comme un accord préparé pour humilier le clergé et affoiblir la religion. Toutes ces choses-là n'arrivent point ensemble par l'effet du hasard ; et, tant que durera la cause révolutionnaire qui leur a donné l'impulsion, elles se reproduiront sous une forme ou sous une autre. La ruine de la religion est une des idées fixes de la révolution de juillet. L'orgueil humain est là pour répondre qu'une entreprise aussi cbaudement commencée par lui ne sera point abandonnée. Le travail actuel ne sauroit être discontinué que quand on changera d'ouvriers ; et, sous le rapport qui interesse la religion, on peut assurer que la révolution de juillet ne s'en ira qu'avec la chambre des députés , qui a si fort.contribué à augmenter le désordre moral que nous voyons.

- Les journaux de l'opposition révolutionnaire gourmandent les députés de leur opinion qui perdent courage, et quittent la partie en donnant leurs démissions pour retourner cbez elix. « Nous savons bien, leur disent les amis qui cherchent à les retenir, vous savons bien que la canse de la patrie est désespérée pour. le monient, et que vous n'avez plus rien à faire ici pour elle. Mais n'oubliez pas que vous êtes les représentans de l'avenir. » Rien n'indique non plus que MM. les députés déunissionnaires ne se considèrent pas comme les représentans de l'avenir, et le parti qu'ils prennent de prouve nullement qu'ils aient une autre manière d'envisager les choses. Seulement il leur paroit plus paturel d'aller ate tendre l'avenir chez eux que dans la chambre des députés ; et vous trouvons qu'ils ont raison pour leur repos et pour le nôtre. .

– Emeric-Joseph, duc Dalberg, neveu du feu prince, primat de Ratisbonne, est mort dans ses terres en Allemagne, sur la rive gauche du Rhin. Il étoil né à Mayence en 1773, et étoil fils du baron Dalberg, intendant du théâtre de Diane » heim. Son éducation paroit avoir été assez frivole, et les acteurs y eurent autant de. part que les maitres. Le jeune Dalberg suivit pendant la révolution française la ligne politique de son oncle. Il obtint une place dans l'administration de Bavière, sous le vouvel élécteur Maximilien, depuis, roi, et, en 1803, le grand-duc de Bade le nomma son ministre en France. Mais, en 1810, M. Dalberg renonça å l'Allemagne, el fut fait duc par Bnonaparte. Sa liaison avec le prince de Taleyrand le fit adınelưre dans, le gouvernement provisoire en 1814; choix assez singulier,::. puisque le duc étoit né allemand. Le duc suivit M. de Taleyrand au congrès de.

Vienne, fut proscrit par Buonaparte en 1815, fut nommé paip de France el ministre d'Etat par Louis XVIII à son retour, et devint ensuite ambassadeur en Sar-, daigue. Son mariage avec la comtesse de Brignoles , 'en 1807, avoit augmenté sa forlune, déjà fort considérable. Nous ne sachons pas qu'il ait rien publié. Il est mori le 27 avril dans sou château de Hernsheim, près Worms, à la suiie d'une maladie longue el douloureuse; c'éloit une maladie de foie, dont il a supporté les douleurs avec courage. Il est mort chréliennement, el reçut les sacremens le 22 avril avec des sentimens de foi. Une notice que nous suivons lóne sa bonté et se; inclinations généreuses. Il avoit fait rebâtir son châleau de Hernsheim, ruiné par les ravages de la guerre, et affectionnoit beaucoup cette résidence.

- M. Achille Leclère, membre de l'Institut, est nommé membre du conseilgénéral des bâtimens civils.

- Le ministre du conimerce et des fravaux publics a écrit une circulaire aux préfels, pour leur recommander de tenir la main, dans l'usage des poids et inesures , au maintien du système métrique dont on se relâche.

- M. Bascans, ancien gérant de la Tribune , et M. Mie, imprimeur, ont comparu le 4 devant la cour d'assises, au sujet des Numéros des 7 cl 8 juillet de l'année dernière, où plusieurs articles éloient présentés comme renfermant les délits d'offense envers Louis-Pbilippe, d'altaque contre ses droits et contre les chambres. Les prévenus, défendus par M: Sarrut, l'un des propriétaires et rédacteurs du journal, ont été acquittés, sur la déclaration du jury.

-- M. Dentu, imprimeur-libraire, a comparu le 6 devant la cour d'assises, au sujet de la publication de la brochure intitulée : Henri, duc de Bordeaux , et d'un autre ouvrage politique. Il n'a pas cherché à défendre ces écrits, dont les auteurs sont inconnus ; il a seulement invoqué sa bonne foi. M. l'avocal-général Bayeux a soutenu la prévention. Après une longne délibération, le jury a déclaré M. Denti coupable d'attaque contre les droits de Louis-Philippe, et d'excitation au mépris du gouvernement; il a été condamné à trois mois de prison et 500 fr. d'amende.

- M. Murphy est nommé chargé d'affaire de la république mexicaine à Paris en remplacement de M. Margino.

- M. Hyde de Neuville a reproduit, dans celte seconde session, sa pétition pour l'abolition du seraient politique.

- Le passage de douze saints:simoniens à Mende, le 21 avril, a causé beau - * coup d'agitation. Ces hommes ont été poursuivis à coups de pierre. Leur chef, Huart, a élé grièvement blessé à la tête, et il a fallu l'intervention des vétérans, de la gendarmerie et d'un détachemeut de ligne pour les préserver des effets de l'exaspération. Un juge du tribunal de Mende, ayant cherché à défendre les disciples de Saint-Simon, a reçu deux coups de pierre, des suites desquels il est mort au bout de deux jours.

- Dans la soirée du 29 avril, le café Quet, à Montpellier, a été assailli à coups : de pierres. Les personnes qui s'y trouvoient réunies n'ont pu en sortir que sous la protection d'une patrouille. ..

it M. Cobbelt, dans l'intérêt des classes ouvrières d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, a présenté le 3, à la chambre des communes, une répartition plus égale des impôts. Il a montré ce qu'il y avoit d'injuste dans les droits de limbre, d'encan, etc., qui alloient en décroissant à mesure que la somnie devient plus forte, tandis qu'il conviendroit plutôl que les impôls fusseut progressifs pour atteindre davantage les riches. Celle motion a été repoussée à la majorité de 250 contre 26. i - Le Messager de Gand, traduit devant la cour d'assises de la Fiandre. Orientale pour avoir atlaqué la légitimité i e Léopold, a été acquillé par le jury.

- Par ordonnance du ros mai, les Etats du royaume de Wurtemberg sont convoqués à Stuttgard pour le 20 mai. Le prince de Hohenloger-Dehrungen est nommé président de la première chambre pendant cette session. : - La grippe, après avoir parcouru la Russie et la Prusse, fait presque autant de ravage à Vienne qu'à Londres. On a été obligé de suspendre des représentalions, théâtrales. . - La corvelle autrichienne, qui ramenoit de Constantinople l'internonce impérial, baron d'Oltcnfels, a fail naufrage sur les côles de Naples, le 9 avril.

L'ambassadeur et les passagers sont parvenus à se sauver. Le commandant du bâ· timent s'est donné la mort le lendemain.

- L'amiral Holiham, commandant l'escadre anglaise dans la Méditerannée, est mort le mois dervier.

- Deux lettres de Malte, du 22 avril, annoncent que qualre vaisseaux de ligne et cinq frégates de la marine française étoient réunis à Navarin, d'où ils se disposoient à faire voile pour les Dardanelles. L'escadre unglaise u'avoit pas encore paru.

- L'hôtel de la Trésorerie, à Washington, a été réduit en cendres le 8 avril : les registres et autres papiers ont pu être sauvés.

- le congrès du Pérou a rciidu , le 22 décembre, un décret qui prescrit de consigner toutes les marchandises étrangères à des ciloyens nés dans la république, ou à des étrangers qui, étant naturalisés, seront mariés ou veufs. Le chargé d'af. faires de France a réclamé, sans succès, contre celle mesure , qui porte un coup fubeste au commerce européen.

CHAMBRE DES PAIRS. · Le 6, M. le ministre de l'instruction publique présente le projet de loi sur l'instruction primaire. M. le président Pasquier charge de suite de son examen une commission composée de MM. Cousin, de Germiny, Girod (de l'Ain), de Crillon , Decazes , de Laplace, Jaucourt , Portalis et Villemain.

On reprend la discussion de la loi sur l'expropriation. MM. de Bassano et Villemain présentent des amendemens qui ont pour but d’exiger que les domandes d'autorisation de grands travaux, adressées alix chambres, soient accom· pagnées de plans et de devis. Ces dispositions sont rejetées sur l'observation de · M. le ministre du commerce, que ce seroit faire entrer les chambres dans des dé· tails administratifs. - M. Mouvier développe ses amendemens, dont le principal objel est de faire ré

« PrécédentContinuer »