Images de page
PDF
ePub

Hède ; c'est sans doute Don Gerle qu'on a voulu dire. Celui-ci devint en effet membre de l'assemblée constituaute, et s'étoit épris des rêveries de la prophélesse. Je ne sais pourquoi, dans le même article, on ne nomme pas en toutes lettres la dame de haut rang qui protégeoit la Dille Labrousse ; il n'y a aucun inconvénient aujourd'hui à dire que c'étoit la duchesse de Bourbon. Je sais gré à l'éditeur d'avoir consacré un article au docteur Laennec, homme fort instruit et médecin trèshabile, mort en 1826; mais je regrette qu'on ait omis de parler des sentimens religieux de cet excellent homme. Laennec n'étoit pas seulement croyant, il pratiquoit la religion sans respect humain, et sa conduite, sous ce rapport, étoit aussi honorable que ses principes étoient fermes.

Nous nous sommes un peu arrêté sur ce tome vii, où nous avons trouvé sujet de donner à l'éditeur de justes encouragemens.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. Rome. Une onzième liste des dons volontaires pour la reconstruction de la basilique de Saint-Paul, se monte å 301 écus romains, savoir : 100 écus de la succession du cardinal Gazzola, évêque de Montefiascone; 100 écus de la succession du cardinal della Marmora ; 5 écus de M. l'archevêque de Turin, pour dons l'ecueillis dans le diocèse; 30 écus de M. Durini, évêque d'Aversa ; 11 écus de M. Zelli, évêque d'Ascoli, pour offrandes recueillies dans son diocèse; et 54 écus de la dame Tamatava, de Pétersbourg.

- Le pape a fait extraire des catacombes de Saint-Hippolyte , sur le chemin de Tivoli à Rome, le corps de saint Prime, martyr. et enfant, ainsi que l'indique l'inscription qui se trouve sur son tombeau. Le corps a été donné à la paroisse de Casabasciana, dans le duché de Lucques , et y a été recu le 25 mai dernier avec de grands témoignages de joie et de piété. Ce saint. Prime ne paroît point marqué dans le Martyrologe, et est différent de saint Prime, martyr, nommé sous le 9 juin, et qui étoit âgé.

- La nuit du 29 juin, le feu se manifesta dans l'église de Sainte-Marie-de-la-Victoire, à Rome. Aux cris des pères CarmesDéchaussés, des habitans de la pieuse maison d'industrie accou-, rurent d'eux-mêmes, et aidés de leurs supérieurs ecclésiastiques ou séculiers prirent les premiers moyens pour arrêter le feu , si bien qu'à l'arrivée des vigili, ceux-ci eurent moins de peine à l'éteindre. Leurs services ne se bornèrent pas à cela. Cinq des plus âgés s'offrirent pour être de garde le reste de la nuit, parce

qu'on craignoil que le feu ne se rallumât, et les jours suivans ils ont travaillé à la recherche de la pieuse image de la sainte Vierge et des objets précieux qui, quoiqu'endommagés par l'action du leu, ont été en grande partie retrouvés, à la grande satisfaction des religieux qui ont remercié ces braves gens, et leur ont donné une honorable attestation de leur zèle pour empêcher la ruiné entière de l'église.

Paris. Parmi les églises construites à Paris sous la restauration, une des plus remarquables est l'église de Sainte-Elisabeth , près le Temple. Il y avoit là autrefois un couvent de Filles de saiute Elisabeth , qui étoient des religieuses du tiers-ordre des Franciscains el qui se livroient à l'éducation. Le couvent avoit été fondé a'n commencement du 17e siècle par Marie de Médicis, femme de Henri IV., et elle avoit posé la première pierre de l'Eglise. Celte Eglise échappa au marteau de la destruction pendant le règne de l'impiété, elle servoit de magasin de farine. À l'époque du concordat, elle fut désignée pour être la paroisse du quartier. On ne put cependant obtenir qu'elle fût immédiatement rendue au culte, et nous nous rappelons avoir vu en 1804 les fidèles de ce quartier rélégués, faut-il le dire? dans une espèce d'écurie basse , étroite, incommode et pavée coinme la rue. Mais l'administration ayant voulu abattre ce local pour élever le nouveau marché du Temple, consentit enfin à rendre l'église Sainte-Elisabeth. Le culte du moins s'y exercoit plus décemment; mais on ne tarda pas à reconnoître l'insuffisance du vaisseau, qui, très-convenable pour une église de religieuses, étoit beaucoup trop petit pour une population très-considérable. Les paroissiens demandèrent donc que leur église fût agrandie. Leur vou fut fortement appuyé par un homme estimable et considéré, M. Bellart, à qui sa qualité de membre du conseil général du département et ensuite celle de procureur-générat donnoient encore plus d'influence et de crédit. C'est à son intervention et à ses instances que l'on dût d'obtenir les fonds nécessaires. On ne s'étoit proposé d'abord que de restaurer et d'agrandir l'église; mais il reste très-peu de choses des anciennes constructions. L'Eglise est aujourd'hui la plus grande de celles qui ont été bâties sous la restauration. Elle se compose d'une nef et de deux bas-côtés, ceux-ci se prolongent autour du chour et derrière le sanctuaire. Par-delà se trouve une chapelle de la sainte Vierge qui est un parallélogramme d'une bonne grandeur. Cette chapelle est bien décorée. Sur l'autel est un groupe représentant la sainte Vierge avec l'enfant Jésus et saint Jean-Baptiste. Les vitraux de la chapelle sont peints et représentent d'un côté la foi, l'espérance et la charité ; et de l'autre, saint Joseph , saint Jean-Baptiste et saint Jean l'évangéliste. Une autre chapelle, celle de sainte Elisabeth, à gauche du chwur, offre aussi

un travail curieux. Le devant de l'autel est peint en émail sur pierres de Volvic; et, au-dessus de l'autel, est un grand tableau représen. tant sainte Elisabeth, reine de Hongrie, qui dépose sa couronne aux pieds d'une image du Sauveur. Ces deux chapelles, outre qu'elles augmentent l'emplacement, donnent beaucoup de facililités pour le service intérieur de l'église. Seulemeni elles sont beaucoup plus ornées que le maître-autel et le chour que l'on n'a pas eu le temps de finir, la révolution de 1830 ayant supprimé les fonds assignés pour cela. Il reste encore à réparer le portail qui est celui de l'ancienne église. Celle dépense ne seroit pas très-considérable, et l'administration devroit avoir à cour de ne pas laisser ce monument inachevé.

- L'église 'primatiale de Châtel est toute en désarroi. Jinaginez-vous que M. Dufour, l'administrateur temporel de toutes les églises francaises, qui avoit signé ce beau traité dont nous avons parlé , qui avoit si bien l'econnu à tout jamais Châtel pour évêque primat; M. Dufour a abandonné de primal, et l'église, el l'administration ? Il dit, pour ses raisons, qu'il ne reçoit rien, que son traité le ruine, et qu'il ne veut pas être dupe plus long-temps; igisérables prétextes, comme si l'honneur d'être à la tête du temporel d'une si florissante église ne devoit pas être acheté par quelques sacrifices. Quoi qu'il en soit, la fugue de M. Dufour a jeté un grand trouble dans le chef-lieu de la primalie. Le temporel et le spirituel, s'il y a du spirituel là dedans, en ont également soufferi, le journal même en a été interrompa , el voilà deux dimanches de suite que les nombreux lecteurs de celle intéressan!c feuille en sont privés. Mais ce n'est pas tout, et la désertion de M. Dufour n'est pas le plus grand échec que l'église française ait à gémir. Un des prêtres de celle église, un oraleur, qui étoit, je crois, en dignité, qui étoit peut-être vicaire primatial, qui seroit incontestablement devenu évêque, a renoncé tout à coup à tant d'honneur et d'espérances; M. Journiac a abandonné Châiel, et, qui plus est, il l'a abandonné en témoignant un grand repentir de sa foiblesse, de son schisme, de ses discours et de ses sacriléges. Il s'est mis en retraite, il a écrit à ses supérieurs et il a offert de faire lout ce qu'on exigeroit de lui pour réparer sa faute et expier son scandale. Puisse le ciel le fortifier et le maintenir dans ces bonnes dispositions! M. Journiac doit se rendre dans son diocèse.

- M. l'abbé Frere a terminé son cours pour cette année en Sorbonne. Ses dernières leçons, à la fin de juin, ont été sur l'éducation. Nous..compléterons successivement nos analyses de son Cou's ; elles avoient été retardées par d'aulres matériaux. Il nous reste à parler des leçons de mai el de juin.

- On se rappelle le sort du séminaire de Perpignan en 1830 et 1831. Après les journées de juillet, il fallut l'abandonner, et dans le même temps M. l'évêque fut obligé de quitter la ville, et quaranle curés furent expulsés du diocèse. Au mois de février 1831, on pilla le séminaire, et on brûla en place publique des ornemens d'église. Depuis ce temps le séminaire étoit devenu caserne, et toutes les démarches pour le recouvrer avoient été inutiles. Les élèves étoient dispersės partie à Carcassonne, partie à Prades. Enfin, les militaires ont eu ordre d'évacuer le séminaire, qui est actuellement à la disposition de M. l'évêque. On espère que les élèves pourront y habiter après les vacances. Le prélat a repris l'exercice de ses fonctions comme autrefois. Il a donné plusieurs fois la confirmation à Perpignan, il a présidé à la distribution des prix du petil-séminaire, et il fait en ce moment une visite pastorale dans le diocèse.

– La Gazette de Picardie contient l'article suivant, en réponse à des déclamations de la Sentinelle picarde, sur une croix plantée à Vron, arrondissement d’Abbeville :

« Une croix a été plantée sur une propriété privée; une paroisse fait une procession. Ces deux événemens bien simples ne trouvent pas grâce devant la Sentinelle picarde. Elle fait à ce sujet de mauvaises plaisanteries, et des raisonnemens qui ne sont pas meilleurs. Il suffira de répondre à ceux-ci. On va exbumer une loi révolutionnaire de l'an 1v, qui proscrit l'exposition publique d'un signe religieux. Pourquoi ne pas citer une foule de lois qui proscrivirent les hommes et les choses, el opprimèrent la conscience elle-même au nom de la liberté? Il est bon nombre de ces lois d'une horrible tyrannie qui n'ont pas été formellement révoquées.Celle de l'an iv ľa été implicitement par le concordat, et encore plus par l'usage, le meilleur interprèle des actes législatifs. Il n'est aucune de nos 40,000 communes où l'on n'ait rétabli, depuis 1802, une ou plusieurs croix. Celle de Vron étoit dans une position plus favorable que les autres, puisque l'on ne pouvoit s'opposer à sa plantation sans méconnoître le droit de propriété. Quant aux processions, l'article 45 de la loi organique suppose évidemment qu'elles sont autorisées partout ailleurs que dans les villes qui ont un temple protestant. Un décret du 13 juillet 1804 va plus loin, et prescrit de rendre les honneur's militaires au saint Sacrement porté en procession. La Sentinelle avoit à choisir entre une loi oppressive et une loi de liberté, entre une loi tombée en désuétude et une loi universellement pratiquée. Elle n'a pas hésilé à se prononcer pour la première , uniquement parce qu'elle est anti-religieuse. Voilà la tolérance libérale! »

- En moins de dix-huit mois la mort a frappé les principales têtes du diocèse de Besançon. M. Vernier, supérieur des missionnaires de Beaupré, est mort le 24 mai dernier, à l'âge de 73 ans. C'étoit le seul qui restât des anciens missionnaires de ce nom. Héritier des anciennes traditions du diocèse, il n'étoit pas moins distingué par son savoir que par sa piété, et avoit toute la confiance du clergé cu diocèse. Ce fut lui qui, aussitôt après la per

sécution il y a plus de trente ans, l'essuscita secrètement l'enseignement théologique dans le diocèse. Dans ces temps difficiles il forma plusieurs élèves qui ont servi utilement l'église. On lui doit quelques ouvrages, entre autres celui qui a pour titre : Theologia practica sub titulis sacramentorum; 1829, 2 vol. in-8°. Nous avons parlé, n° 1529, de cette Théologie qui se recommande par l'ordre, la méthode et la précision. L'auteur, qui avoit long-temps professé la théologie, a voulu consigner dans cet ouvrage le résumé de son expérience. Sans afficher le rigorisme, il redoutoit les progrès du relâchement. Le cardinal de Rohan l'avoit nommé grand-vicaire honoraire. Nous aurions souhaité recevoir une notice plus étendue sur ce digne prêtre, mais nous n'en remercions pas moins la personne qui a bien voulu nous transmettre quelques renseignemens à cet égard. La Gazette de Franche-Comté n'en avoit donné qu'une idée très-imparfaite.

- LAlbum catholique, de Toulon, annonce qu'il s'est formé à Castelnaudary une Association chrétienne pour répandre partout la connoissance de notre Seigneur Jésus-Christ , et que cette Association a bientôt étendu sa correspondance dans tout le Languedoc. Les membres reçoivent chaque année vingt-quatre cahiers in-12, qui forment à la fin de l'année 2 vol. L'un traite du dogme, l'autre de la morale catholique. L'éditeur de l'Album dit avoir lu plusieurs des cahiers publiés par l'Association, et il en parle avec éloges. Comine ce recueil est dans un bon esprit, nous nous en rapportons volontiers à son témoignage. L'Album déclare d'ailleurs qu'il a sous les yeux les autorisations accordées à l'Association par MM. les évêques de Montpellier et de Pamiers. Il ajoute que M. l'évêque de Carcassonne à vu avec intérêt celte ceuvre, et qu'on assure que M. l'archevêque de Toulouse y a applaudi. De telles autorités seroient d'un bien grand poids en faveur de l'Association chrétienne; nous en parlerons plus au long, si nous obtenons des renseignemens plus précis sur le but qu'elle se propose, et sur les moyens qu'elle emploie pour l'atteindre.

- L'école des Frères établie à Hières, comme nous l'avons raconté N° 2116, a déplu à M. le maire, quoiqu'elle ne coûtât rien à la ville, et qu'elle n'eût été fondée que par des dons particuliers. ll en fait fermer les portes par un arrêté arbitraire, en alléguant que cet établissement portoit la désharmonie dans les autres écoles. C'est joindre le ridicule à l'arbitraire, et la moquerie à l'illégalité. Seroit-il possible qu'on ne fit point droit aux réclamations des habitans ? Quel nouveau crime introduit dans notre législation, la désharmonie? M. le maire d'Hières devroit bien se persuader que c'est lui qui est en désharmonie avec l'esprit de la population. M. Adam, maire de Boulogne, Pas-de-Calais, suit aussi son plan contre les Frères des écoles chrétiennes. Il vient de leur faire

« PrécédentContinuer »