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lord Brougham, a prétendu que l'on devoit toujours admettre une pétition. Après quelques autres observations , la pétition de Glasgow a été retirée.

- Le bill d'émancipation des juifs a été lu une troisième fois, et adopté à la chambre des communes, le a2 juillet, à la majorité de 89 contre 52.

- Le choléra , qui exerce ses ravages en Portugal, et qui a reparu en Hol. lande et en Belgique, vient d'éclaler de nouveau à Londres. A Toulon, on est dans l'apprébension, par suite de l'épidémie que la Melpomène a apportée de Lisbonne.

- L'escadre anglaise de l'amiral Malcolm, après avoir paru au mouillage de Ténédos, a rejoint l'eseadre française aux iles d'Ourlac, à l'entrée du golfe de Smyrpe.

M. Benjamin Delessert , président de la Société pour la caisse d'épargnes, a fait le 4 de ce mois, dans une assemblée générale, un rapport sur les opérations de cette caisse pendant l'année 1832. Il a fait remarquer l'influence que les événemens politiques ont eue sur la caisse. Toules les fois qu'il y avoit des émeutes, les versemens diminuoient, et les remboursemens augmentoient dans la même proportion. En 183r, les versemens qui, les années précédentes, éloient montés à plus de 6 millions par an, sont tombés å 2,400,000 fr., et les remboursemens, qui n'alloient jamais qu'à un million, ont excédé 3 millions. Les premiers mois de 1832 se sont ressentis de cette influence; mais à présent les versemen's recomniencent à être plus abondans. En 1832, le nombre total des versemens a été de 82,927 fr., qui se sont élevés à 3,643,221 fr.

M. Delessert déplore l'habitude qu'ont les ouvriers de se reposer le lundi, et leur fait là-dessus un sermon qui ne les corrigera pas. Il se plaint des funestes effets de la paresse, des mauvaises habitudes et de la débauche.Qu'y a-t-on opposé ? dit-il. Quelques palliatifs, des aumônes, des Monts-de-Piété, des dépôts de mendicité, des prisons ou des hôpitaux... Des moyens plus simples se présentent; il faut créer des caisses d'épargnes. C'est très-sérieusement que M. B. Delessert indique ce moyen comme un remède à tous nos maux. Comment ne pense-t-on pas davantage, dit-il, à multiplier partout une institution aussi simple qu'admirable? Il voudroit que l'on ouvrit partout des caisses d'épargnes; s'il y avoit des caisses' d'épargnes, la société ne tarderoit pas à changer de face. Alors nous avons beau. coup à espérer; car, aux douze caisses d'épargnes qui existoient en 1831, on en a ajouté quatre nouvelles en 1832, Avignon, Mylhouse, Toulon et Orléans; trois autres ont été autorisées récemment à Versailles, à Tours et à Saint-Etienne, et il est question d'en établir à Lunéville, à Boulogne , à Sedan, à Verdun , à Saumur, à Angers, à Lorient, à Bar-sur-Seine, etc. Nous sommes donc en progrès, et, grâce aux caisses d'épargnes, nous touchons à un renouvellement favorable dans les mœurs."

Il faut être juste cependant; M. Delessert demande encore autre chose que les caisses d'épargnes. Il voudroit que l'on supprimál ou surveillál tout ce qui propage la fainéantise et les mauvaises mæurs , que l'on commençal par pandre l'instruction et les idées morales et religieuses ; mais comment répandre les idées religieuses quand on laisse déclamer chaque jour contre la religion et les prêtres, quand on les insulte dans les journaux, dans les livres, dans les spectacles, dans les caricatures ? Tout est piége autour du peuple; on sème sur ses pas les moyens de corruption : on lui apprend à se moquer des préjugés. Les beaus-esprits, les riches capitalistes lui en donnent l'exemple : ils rient les premiers des pratiques de la religion, ils ont peur des jésuites et des missionnaires, ils veulent qu'on se défie des prêtres et qu'on les surveille avec soin. N'ont-ils pas bonne grâce , après cela , à se plaindre de l'oubli de la religion chez le peuple, et des mauvaises mæurs qui en sont la suite inévitable ? C'est là une plaie que toutes les caisses d'épargnes du monde ne guériront pas.

Leçons d'une Mère à sa Fille, sur la Religion; par madame Caroline F.,

née J. 1).

Cet ouvrage est en deux parties : l’une, consacrée à l'histoire de l'ancien Testament; l'autre, consacrée à l'histoire du Sauveur, à l'établissement de son Eglise, à ses martyrs, à ses docteurs, à ses solitaires, etc. Chaque volume est partagé en vingt et quelques leçons, dont chacune a pour sujet quelque grand trait de l'histoire sainle, ou de l'histoire de l'Eglise. Les leçons sont moitié en vers, moitié en prose. L'auteur, qui paroît avoir beaucoup d'imagination, raconte avec grâce, et peint arec feu; elle entremèle les récits, les réflexions et les conseils : elle a cru mème pouvoir y joindre quelques fictions. Divers traits de l'ancien Testament, l'histoire des Macchabées, celle des martyrs, etc., lui eu ont fourni le sujet.

(1) Deux vol. in-12. A Clermont, chez Thibaut-Landriot.

Le Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS Publics. Bourse du 26 juillet 1833.
Trois pour 100, jouissance du 22 déc., ouvert à 77 fr. 35c., et fermé à 77 fr. 45 c.
Cing pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 104 fr. 40 c., ct fermé à 104 fr. 40 C.
Actions de la Banque. . .'. . . . . . . . . . . . 1736 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET Comp.

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On sait quel éclat a jeté, dans le xviie siècle, la congrégation de Saint-Maur, établie il y a environ deux cents ans par des hommes zélés pour l'observance de la règle de saint Benoit. Elle mit la réforme dans beaucoup de monastères, et donna, dans les premiers temps surtout, de grands exemples de piété et de ferveur. On lui dut la restauration de plusieurs anciennes abbayes détruites par les guerres précédentes; elle releva des églises dégradées. Mais ce qui l'a le plus fait connoître, c'est son zèle pour les bonnes études et pour les sciences ecclésiastiques. Elle fit beaucoup de recherchos sur les temps anciens, donna des éditions soignées des Pères, éclaircit l'histoire du moyen âge, forma des bibliothèques choisies, rendit enfin des services signalés à l'érudition. Il n'est pas permis d'ignorer les noms et les travaux des Mabillon, des d'Achery, des Blampin, des Lami, des Martenne, des Monfaucon , des Sainte-Marthe, etc. On ne pouvoit donc qu'applaudir d'abord au projet de relever cette illustre congregation de ses ruines, et c'étoit une heureuse pensée que de renouer cette chaine d'hommes pieux et savans. D'anciens bénédictins en formèrent le projet en 1814 et 1815; ils présentèrent au roi une requête dont nous fimes alors mention, et ils obtinrent en 1816 de se réunir à Senlis, et d'y présider à l'éducation des enfans soutenus par l'association paternelle des chevaliers de Saint-Louis. Un des plus zélés pour le rétablissement de la congregation étoit dom Alphonse Marquet, ancien prieur de Pontlevoy, et supérieur du collège du même lieu, homme qui, par son mérite, sa sagesse et son expérience, étoit trèspropre à faire réussir l'entreprise; mais il mourut à Senlis , le 12 octobre 1817, à l'âge de 75 ans, et cette perte fut fatale au projet. Les autres bénédictins éloient âgés ou inférieurs, d'autres avoient des emplois, soit dans le ministère , soit dans l'instruction. L'idée de rélablir la congregation fut peu à peu ubandonnée.

Il y a quelques mois, des journaux annoncèrent'un nouveau

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projet de rétablir les bénédictins; ils publièrent même une espèce de prospectus ou l'on donnoit de justes éloges à la congrégation de Saint-Maur, et ou l'on paroissoit vouloir faire revivre ce corps savant. On ouvroit à cet effet une souscription, et on citoit avec complaisance une lettre de M. de Chàteaubrianu qui applaudissoit à l'entreprise, et prenoit le titre de bénédictin honoraire è neo congregatione Sancti Mauri. Ce nouveau genre d'affiliation parut assez singulier, et bien des gens crurent y trouver quelque chose de peu conforme à la simplicité et à la gravité des habitudes monastiques. En effet, nous n'avions jamais oui parler de bénédictins honoraires, ni de laïcs agrégés à la congrégation de Saint-Maur. Quoi qu'il en soit, on annonçoit que de jeunes ecclésiastiques avoient acheté l'ancien prieuré de Solesme, près Sablé, dans le Maine. Ils devoient se réunir le 11 juillet, jour ou se célèbre généralement en France la sèle de saint Benoit. La maison devoit être composée de six religieux de cheur et de quatre Frères convers. Le principal auteur du projet paroissoit être M. l'abbé Guéranger, chanoine honoraire du Mans, auteur d'un -Traité de l'élection des évêques, dont nous avons rendu compte dans ce journal, et de quelques articles qui ont paru autrefois dans le Mémorial catholique sur la lithurgie. Lui et ses associés passoient pour être attachés aux opinions des auteurs de l'Avenir.

On s'allendoit que ces messieurs auroient cherché à s'adjoindre quelque ancien bénédictin. Il existe encore en France plusieurs membres respectables de la congrégation de SaintMaur, dont le concours paroissoit nécessaire aux nouveaux associés pour leur faire bien connoître l'esprit de la régle, et leur inculquer les traditions de l'ordre de Saint-Benoit. Cette adjonction étoit d'auiant plus naturelle que les futurs bénédictins étant tous assez jeunes, l'expérience de quelque ancien religieux devoit leur être à la fois agréable et utile. Toutefois ils n'ont point cru avoir besoin de ces conseils et de cet appui, et ont commencé seuls leur entreprise. Ils n'ont même pas dissimulé, dil-on, qu'ils ne souhaitoient avoir avec eux aucun bénédictin de Saint-Maur, parce que la congrégation étant entachée de jansenisme et de gallicanisme, ils auroient craint de perpétuer cet esprit parmi eux. Ce jugement seroit sévère et injuste. Il y avoit des jansenistes dans la congrégation de SaintMaur; mais, dans les derniers temps surtout, ils étoient bien moins nombreux. Leur gallicanisme n'avoit rien de plus dangereux que celui de tant de prêtres contre lesquels on avoit lancé cette accusation dans le Mémorial ou dans l'Avenir, et qui n'en ont pas moins donné d'éclatantes preuves de leur dévouement au saint Siege.

Nous nous étonnons, à dire le vrai, que des hommes qui veulent se faire bénédictins repoussent toute liaison avec les bénédictins qui restent en France. Ils avoient annoncé dans leur prospectus qu'ils aspiroient à faire sortir de ses ruines cette antique congrégation de Saint-Maur; et puis ils la mettent entièrement à l'écart, ils évitent tout rapport avec elle, ils s'isolent de ces grands noms des Mabillon et des Monfaucon qu'ils avoient invoqués d'abord, et qui les auroient protégés de leur renommée. A quoi se rattache donc la nouvelle association? Qu'est-ce que des bénédictius qui ne passeront point par les épreuves accoutumées ? Qui les dirigera dans leur noviciat? Y aura-t-il même un noviciat? On nous dit que le 11 juillet ils ont nommé un prieur; mais des novices ont-ils jamais élu un prieur? Ce prieur d'ailleurs est aussi novice que les autres. Quels que soient ses talens, son esprit, sa vertu, son instruction, il ne peut encore bien connoitre l'esprit de la régle, et il est difficile qu'il y forme les autres.

Telles sont les réflexions que nous suggère une entreprise que nous regrettons de ne pouvoir louer exclusivement. Les nouveaux associés ont des intentions droites, tout nous porle à le croire; mais il est à craindre qu'ils n'aient pas parfaitement calculé la marche à suivre pour assurer le succès de leur æuvre. Ce n'étoit pas ainsi qu'avoient commencé les premiers fondateurs de l'ordre; ce n'étoit pas ainsi qu'avoit commencé la congregation de Saint-Maur. Que seroit-ce si les povices de Solesmes au lieu de se former dans la retraite et le silence aux vertus de leur état, allcient se lancer immédiatement dans la carrière des lettres, publier des ouvrages, se livrer à des recherches d'érudilion ? Ce seroit vouloir couronner un édifice avant d'en avoir posé les fondemens. Cependant ce n'est point assez , et un journal a supposé que les jeunes bénédictins alloient peut-être faire un journal. Pourquoi pas, dit-il? Assurément une telle idée auroit paru bien étrange à saint Benoit et à ses premiers disciples. Des novices faire un journal, et se former ainsi aux babitudes de la vie religieuse! Il faut croire que c'est une plaisanterie.

· Do 2

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