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gler les indemnités non par un jury, mais par une commission nommée par le préfet, sauf appel devant la cour royale. M. d'Argoul dit que celle marche paroîtroit arbitraire, et qu'on trouvera plus de garanties d'impartialité dans un jury. La priorité est donnée aux articles du projet de loi. Après quelques débats, l'art. 12, amendė par la commission, est renvoyé à son examen : les précédens ont passé sans opposition.

Le 7, la chambre rejette , sur les observations de MM. de Rassano el Molé, la nonvelle rédaction que la commission présente de l'art. 13. Cet article, qui prévoit le cas où l'expropriation seroit demandée par une commune, ne passe qu'avec des modifications de MM. Mowier et Legrand, commissaire du gouvernement.

M. Boyer propose plusieurs amendemens ayant pour objet la faculié d'une expertise contradictoire qui précéderoit toute autre opération officielle. M. de Vaisnes , rapporteur, combat ces amendemens. M. le ministre de l'intérieur sontient que le mode proposé allongeroit les formalités, et présenteroit moins de garanties aux parties intéressées. M. Boger retire ses amendemens.

L'art. 13, relatif à l'intervention d'un membre du tribumál' pour diriger les formalités d'expropriation, donne lieu à un assez vif débat ay sujet de la rédaction du projet et de celle de la commission. Après avoir entendu MM. de Cornudet, de Laplace, de Barante, Decazes, Molé, Tripier, Legrand el d’Argout, cet article est renvoyé à la révision de la commission.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS. Le 6, M. le ministre des finances présente un projet de loi transitoire sur l'amor. tissement. Ce projet a pour but de disposer à la loi définitive que le gouvernement proposera l'avuée prochaine sur l'amortissenient, ainsi que sur la réduction on le remboursement des rentes. Les principales dispositions consistent à répartir, à dater du ser juillet prochain , au marc le franc, et proportionnellement au capital de chaque espèce de dette publique, entre les rentes, 5, 4 1/2, 4 et 3 pour 100 les fonds affectés à l'amortissement en 1833, et à mettre en réserve les fonds destinés à des rentes dont le cours seroit inférieur au pair, sauf le remploi en bons du

Trésor porlant intérêt. .. :: M. Bessières demande le renvoi de ce projet à la commission du budget, avec lequel il a affinitė. M. Humano appuie cet avis. M. Alby. réclame la nomination d'une autre commission. On demande alors la question préalable , et elle est prononcée : dès-lors le projet siuvra le cours ordinaire des propositions, et ne viendra qa'à son tour. · On reprend la discussion du projet de loi sur les attributions municipales. On adopte d'abord un amendement de M. Dumeilet, portant qu'en cas de division d'une commune il sera procédé à de nouvelles élections municipales. Vient ensuite - l'art. 6 de la loi, relatif au classement des graodes et petites communes : c'est le plus important, et celui qui doit être le plus combatlu. Le projet du gonverne. ment vouloit qu'il ne fúl fait aucune nouvelle distinction entre les communes. La

commission est d'avis qu'elles soient divisées en deux classes pour les attributions municipales ; la prernière comprenant loutes celles qui ont plus de 3,000 habitans, les chefs-lieux de département ou d'arrondissenieni, et les siéges des tribunaux de commerce; la seconde, toutes les autres. Enfin M. de Sade propose de donner des droits égaux à loutes les communes. M. le ministre du commerce trouve inacceplable ce dernier système, que défend M. Laureuce, el que combat M. Prunelle, rapporteur. M. Palaille appuie la proposition du gouvernement. : M. le ministre du commerce et des travaux publics présente de graves considé. rations contre la théorie de l'émancipation des communes, mise en avant par M. de Sade. Le gouvernement, dit-il, ne lient pas à laisser les communes en luielie par despotisme, mais bien dans leur propre intérêt ; c'est aussi dans l'intérêt de l'unité, qui fait la force du pays, el afin qu'il ne se forme point dans le royaume 39,000 pe. lits Etats à qui l'on accorderoit une véritable souveraineté. M. Thiers montre ensaile combien la surveillance et le contrôle des actes des maires et des coaseils municipaux, par le ministère, est indispensable. Il cite des villes où il a été établi des réglemens de police ou des monopoles intolérables et préjndiciables à divers iv. térêts. Si on laissoit plaider et dépenser les communes, comme elles le demandent sans cesse, elles se ruiuervient en procès et eu emprunts, el ne pourroient plus payer leurs impôts. Les projets de Iravaux, dressés par des maitres maçons souvent fort iguorans, n'ont pas moins besoin d'être examines sous le rapport du plan et de l'économie. Il n'est pas étonnant, ajoule-t-il, que M. Prunelle, maire d'une grande ville (Lyon), appuie le travail de la commission. Ce député prend aussitôt la parole. M. Jouffroy voudroit qu'on admit dans la première classe jusqu'aux communes de 300 habitans. 2,. M, Odilon-Barrot combat le maintien de la centralisation. Il soutient qu'on pourroit l'abolir en prenant des mesures pour présenir les abus signalés par le ministre, et pour cooserver entière l'unité dont il reconnoit tous les avantages. M. Thiers réplique. 1 Le 7, M. Prunelle, rapportenr, répond au discours de M. Thiers. Il s'attache à établir que le ministre a tal saisi le projet de la commission, dont le système n'a pas pour but de détruire la centralisation, mais seulement de la régler d'une manière plits conforme aux intérêts des commones. Il allaque principalement le recours au cooseil des bâtimens civils, el cile pour exemple des mauvais services que rend ce conseil , l'imperfection de la salle de la chambre, et les Travaux qu'on a dú abandonner à la Bibliothèque royale.

M. le ministre du commerce montre de nouvean la nécessité de contrôler les dépenses des communes et les arrétés des maires, dont l'autorité deviendroit illimitée. Le principal reproche que l'on fait à la centralisation, ce sont les relards des affaires; or, M. Thiers assure que, depuis six mois qu'il est ministre, il n'y en a eu aucune , surtout en matière de budgéfs communaux, qui ait fait plus d'un mois de séjour dans ses bureaux. Il voit beaucoup de danger dans le rétablissement des franchises municipales , réclamées par la Gazette de France. Si la res. lauration s'est conservée forte, c'est, dit-il, qu'elle a maintenu la centralisation, organisée sous l'empire. Avec le système de la commission, les maires nommeroient les administrateurs des hospices et des bureaux de bienfaisance. Ce droit, combiné avec celui de faire les budgets, présente-t-il assez de garantie pour les deniers publics ? M. Thiers termine en défendant l'utilité et l'habileté du conseil des bâu timens civils.'.

M. Mauguin, qui reconnoît par l'exemple de différens pays les aranlages de l'unité, se prononce contre le classement des communes, et voudroit seulement qu'on modifiàt les prétentions du gouvernement. M. Laurence trouve que le projet de loi a été fort mal fail. M. Thiers répond que ce n'est pas lui qui l'a présenlé; cependant, il lui paroît plus clair que celui de la commission , qu'il a lu six fois, sans pouvoir le comprendre. . .

L'art. 6 de la commission, qui propose la division des communes en deux classes , est rejelė à une immense majorité. Sur la demande de M. Odilon-Barrot, on renvoie alors le reste du projet à la commission pour être réformé, en conséquence du principe adopté. .

Fleurs à Marie, par M. Engelvin (1). Nous regrettons de n'avoir pu annoncer plus tôi ce livre, qui est tout-à-fait de circonstance pour le mois où nous entrons. C'est un livre en l'honneur de la sainte Vierge, et pour apprendre à célébrer le mois qui lui est consacré. Il y a pour chaque jour une méditation et un entrelien. L'auteur avoue dans sa préface que peut-être on ne trouvera pas son style assez simple; mais il déclare qu'il n'auroit pu faire autrement : il aime les fleurs, el il en a répandu dans son livre, qui d'ailleurs est plein de piété et respire une tendre dévotion pour Marie. M. Engelvin a suivi dans ses méditations l'histoire de la sainle Vierge. Les entretiens roulent sur quelque vérité qui ait rapport à la méditation du jour. Une Fleur à Marie termine l'exercice de la journée..

L'ouvrage est dédié à M. l'évêque de Clermont , qui a chargé un ecclésiastique. M. l'abbé Mercier, de l'examiner. M. Mercier fait à la fois l'éloge et de l'ouvrage et de l'auleur, et recommande les Fleurs de Marie au clergé el aux fidèles.

(1). In-12. Prix, 3 fr., et 4 fr. franc de port. A Paris , chez Adrien Le Clere et compagnie; et à Clermont, chez Thibault-Landriol.

fe Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS. - Bourse du 8 mai 1833.

Trois pour 100, jouissance dư 22 déc., ouvert à 77 fr.45c., et fermé à 77 fr. 70 c. Cinq pour 100, jouiss. du 22 mars, ouvert à 102 fr. 60 e. , ct fermé à 102 fr. 90 c. Actions de la Banque. · · · · · · · · · · · · · 1775 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD. LE CIERE ET COMP.

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exions", peine des des bonnues politie

Plusieurs journaux, dont les rues politiques s'étendent un peu plus loin que celles des hommes d'état, qui ne prennent pas toujours la peine de les consulter, ont publié dernièrement des réflexions de la plus haule importance sur l'indifférentisme

imprévoyant qu'affectent les suppòls du pouvoir à l'époque des · plus grandes solennités de la religion. On a remarqué avec

peine que, pendant ces jours, le souverain n'a fait aucun acte public de religion. Le ministère laisse voir une intention persévérante de laisser les troupeaux sans pasteurs, les demandes et les plaintes des évêques sans résultat, les lorts des pouvoirs subalternes sans répression et sans redressemens. Ailleurs, des fonctionnaires impérieux prennent le temps des offices et des sètes de l'Eglise pour inviter à des revues la garde nationale, qui pourroit fort biçn se passer de celle fatigue. .

Cet état de choses, qui prouve, mieux que ne pourroient faire tous les ennemis du gouvernement, que son existence n'est à ses yeux que provisoire, vient-il des sentimens personnels des dépositaires du pouvoir, ou d'une force absolue à Jaquelle ils se croient obligés d'obéir? Suivent-ils un penchant ou une nécessité? Voilà ce qu'on se demande. Peut-on supposer que des hommes , auxquels on ne peut refuser quelque pénétration, ne soient pas encore convaincus qu'une société ne se gouverne pas par des idées particulières, mais par des convic-. tions publiques, dans tout ce qui a rapport au culie de la divinité et à la règle des mœurs? Un homme qui arrive au pouvoir s'abuse étrangement lui-même s'il s'imagine qu'il pourra impunément sacrifier à ses petites opinions de secte ou de parti les principes et les habitudes qui sont d'un intérêt général chez tous les peuples. Nous n'avons pas besoin de lui supposer des convictious et des croyances d'un ordre élevé, ni d'exiger meme qu'il soit aussi éclairé que les hommes qu'il gouverne; mais, du moins , doit-il s'occuper de les connoitre, 'et scruter les moyens par lesquels on acquiert de la considération et de la Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

E

consistance. Ce qui a renversé toutes les existences formées par les révolutions ou à la suite des révolutions, c'est qu'on s'est imaginé qu'on pouvoit exister saus travailler à sortir des révolutions. Tout ce que nous avons vu depuis quarante ans n'a pu se détacher de ce cadavre, ni détourner les miasmes qui s'en échappent, et qui donnent la mort. Les pouvoirs qui ont duré le plus sont ceux qui se sont le plus efforcés de secouer ce fardeau. C'est un fait : le pouvoir doit mesurer là-dessus sa position et son avenir.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'aucune idée régénératrice ne puisse sortir du cerveau des hommes du jour, puisqu'ils se sont accolés au désordre et à la destruction, tout en repoussant, avec de justes frayeurs pour eux-mêmes, les troubles et les ruines. La religion et ses sublimes influences sont au-dessus de leur portée, parce que la religion est un principe qui régénère et qui maintient. Ils osent plaisanter niaisement sur. ce qui tient à ce principe, et ils ne voient pas qu'ils plaisantent sur leur propre existence, et même sur celle du corps social, dont ils perpétuent le problème, qui date déjà d'un demi-siècle; hommes d'autant plus dignes de pitié qu'ils sont contens d'euxmêmes, et n'ont que des illusions et point d'amis.

Qui sait si bientôt peut-être ces aimables saillies de l'ignoble école voltairienne, que l'on ne devroit pas rencontrer sur les avenues du pouvoir, n'auront pas fait place à des larmes, à des douleurs, à des infortunes nouvelles ? La religion que l'on hannit de ces asiles de l'insouciance et de l'oubli, portant ailleurs ses consolations et ses dédommagemens, n'aura rien à offrir aux malheureux qui la méconnoissent et qui l'outragent. Le philosophisme de nos boutiques et le philosophisme de nos palais, après avoir confondu ensemble leurs riches conceptions, pourront échanger à leur aise leur néant et leurs misères : tristes et déplorables échanges qui, n'ayant de réel que des illusions de vanités d'enfant, ne présentent aucune compensation à ceux qui doivent en être les jouets et les victimes. : Que peuvent opposer à des vérités si graves les hommes qu'on appelle, sans doute par dérision, les heureux du jour? Réduits à se taire sur les causes et les résultats de leur triomphe, une seule idée, un seul mot restent encore en leur puissance : c'est le mot nécessité. Et quelle est cette nécessité ? Auroit-on contracté des liens insolubles avec l'impiété et le

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