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roi de Naples pour le conduire à Pietra-Nera en Calabre; de là, il devoit se rendre à Calanc.

Par suite des instances de l'ambassadeur de France à Paris, le gouverno ment espagnol a supprimé entièrement les quarantaines imposées aux provenances de Frauce.

- Le pavillon français a été reconnu et arboré à la factolcrie française, résidence du consul,, à Canton, vers la fin de décembre dernier. C'est la premièrefois, depuis trente ans, que le pasillon français est arboré en Chine.

- Le roi de Danemark a donné des ordres pour que l'on repoussát les réfugiés polonais qui se présenteroient sur son territoire, et qui ne seroient pas munis do passeports visés par les ambassadeurs russes.

CHAMBRE DES PAIRS. Le 8, on continue la discussion du projet de loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. La commission propose de modifier l'art. 14 de manière à faire déclarer l'expropriation par le tribunal dans les trois jours du dépôt des pièces. M. Tripier demande que l'ou ajoute : « si toutes les formalités prescrites par la présente loi ont été remplies. » M. le ministre de l'intérieur combat ce sousamendement. M. Molé fait observer que M. d'Argout est en contradiction avec ce qu'il disoit l'année dernière à la chambre des députés. M. Tripier modifie son amendement. M. Villemain l'appuie. M. Decazes propose un autre amendement qui réunit les deux idées. On lui accorde la priorité, à la suite d'un vif débat, et il est adopté. Une assez longue interruption s'ensuil. Les art. 15 à 20 passent en, suite, avec de légers changemeos de rédaction.

Le 9, on adople un amendement de M. Decazes, qui prévoit le cas où des biens seroient divisés en usufruit et en nue-propriété. La chambre rejette les articles 21 à 26, par suite d'un amendement introduit par la commission à l'art. 20, dans le but de donner exclusivement au jury ce que le gouvernement attribuoit à l'expert. Les articles suivans, jusqu'au 33°, passent sans opposilion.

On revient à l'article si relatif au jury, chargé de régler les indemnités. Un débat de priorité s'engage entre MM. de Fréville et Portalis qui ont proposé des amendemens. Ils obtiennent de les développer simultanément. Le premier est d'avis que l'on substitue dans le jury le président du conseil général au conseil général lui même, et le procureur général ou le procureur du roi à la cour royalo ou au tribunal de première instance, attendu que la responsabilité de ces fonclionnaires est plus positive. Le système de M. Portalis consiste à faire juger les contestations entre les intéressés et l'administration par neuf arbitres , dont trois pommés par les propriétaires, trois par l'administration et trois par 'la cour royale. M. le ministre de l'intérieur combat ce système, qui reproduit le mode des la loi de 1807. M. Portalis réplique.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS. Le 8, M. Laffitle lit deus propositions; l'une relative à l'amortissement, et l'autre au desséchement des marais.

On reprend la discussion du projet de loi sur les attributions municipales, M. Prunelle, rapporteur, déclare que la commission, à qui le projet a été renvoyé après le rejet de la division des communes en deux classes, persiste dans les conséquences de cette division et dans les amendemens de la loi. M. le ministre dų commerce s'étonne que la commission , forcée de revenir à l'affranchissement des grandes commțines, prétende obtenir ce qu'elle avoit d'abord reconnu impraticable, l'émancipation de toutes les communes. M. Thiers s'élève contre celle dangereuse anomalie, et engage la chambre à revenir au projet du gouvernement, qui a été rédigé par une commission d'hommes habiles , et à renoncer à l'article 7, qui renferme encore in principe démocratique. Il soutient que ce projet fait des concesssions raisonnables. M. Isambert remarque qu'on ne parle pas de la faculté de faire de réglemens de police.

MM. Gillon et Vivien présentent un amendement par lequel on laisseroit aux conseils municipaux l'administration des biens communaux, la passation des baux de neuf ans, la répartition des påturages et affouages, le parcours et la vajne pâture, les menues dépenses communales, et la nomination des gardes champêtres, påtres ot gardes des bois. M. Thiers déclare que le gouvernemeni acceptera cet amendement, si l'on en retranche les affouages ou distributions de bois communaux, el · si l'on admet un sous-amendement qu'il présente pour établir une exception.

M. Laurence combat l'amendement. MM. Bellaigle, Odilon-Barrot et de Tracy demandent que l'on vote d'abord sur celui de la commission, qui est plus large. Ua débat assez vif s'engage à ce sujet. MM. Barthe et Thiers insistent pour la priorité en faveur de l'amendement auquel ils adhérent. M. Thiers est interrompu par un membre de l'extrème gauche, qui met en doute que ce ministre pense ce qu'il dit. M. Dupin rappelle à l'ordre l'auteur de cette interruption, qu'il qualifie d'inconvenance. .

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. . M. Odilon-Barrot' reconnoît que M. Thiers parle avec conviction , puisqu'il a défendu l'unité du pouroir et la centralisation dans son ouvrage sur la révolution française. L'orateur soutient ensuite que les communes doivent être considérées comme propriétaires , et qu'on ne peut pas leur refuser le droil d'administrer sans réserve leur propriété. M. le garde-des-sceaux déclare que le gouvernement nc sauroit admelire ce principe, attendu que les biens communaux ne sont pas gérés par les propriétaires , mais par des mandataires, les conseillers municipaux, qui sont en même temps tributaires de la commune. M. Odilon-Barrot 'réplique. M. le miyistre du commerce entre dans de nouvelles explications sur la position des communes, et est interroinpu pour le mot veto qu'il prononce en terminant. M. Malo guin n'est pas d'avis que l'on pousse trop loin les effets de la centralisation ; mais il ne peut s'empêcher de critiquer l'opinion de M. Odilon-Barrot. :' ' Après un nouveau débat de priorité, ou met d'abord aux voix le second paragraphe de l'amendement, portant que les délibérations des conseils municipaux seront exécutoires trente jours après leur remise au préfet, si elles n'entrainent pas d'annullation. Cette disposition est adoptée à une grande majorité. Un moment d'agitation s'ensuit. On adopte ensuite successivement les premières attributions déterminées par l'amendement. MM. Laurence et Odilon-Barrot demandent que l'on y joigne l'acceptation des dons et legs, ce qui donne lieu à une vive opposi. tion de la part de MM. Vivien et Barthe. La chambre renvoie son vole à l'art. 9. MM. Barthe et Debelleyme combattent įla faculté de vomoser les gardes chama, pêtres.

Le 9, M. Laffitte développe sa proposition sur la distribution du fond d'amor-' tissement. M. Duchâtel combat son système, qui est appuyé par M. de Mosbourg. Après quelques observations du ministre des finances, la proposition est renvoyée à la commission chargée d'examiner le projet du gouvernement.

On reprend la discussion de la loi sur les altributions municipales. MM. Dulong et de Tracy deinandent encore que la nomination des gardes champêtres soit faite par les conseils manicipaux, sans contrôle. MM. H. d'Aulnay, Mauguin et Debelleyme insistent pour qu'elle soit réservée au gouverneinent. MM. Vivien et Gillon viennent de nouveau au secours de la délibération contradictoire , en proposant un amendement qui donde aux conseils municipaux le droit de nommer et de révoquer les pålres et gardes champêtres, pourvu que la décision ne soit valable qu'avec l'approbation du préfet. Cette disposition est adoptée.

MM. Vivien et Gillon présentent ensuite une rédaction plus complète de leur amendement de la veille. Il en résulte que les conseils inunicipaux auront la faculté de délibérer, sauf l'approbation du préfet, sur les alienations et acquisitions d'immeubles, sur les projets de constructions et de démolitions , sur les dépenses qui n'excèdent pas les revenus de la commune, sur les actions å intenler en justice , l'acceplation des dons et legs, elc. Si le préfet ne donne pas son approbation dans le délai de deux mois, el que le conseil municipal persiste dans sa décision, on pourra passer outre, à moins que le gouvernement n'exige une enquête, ce qui entraineroit un nouveau délai de trois mois. Ces dispositions passent successivement.

Un long débal s'engage sur une exception demandée par le ministre du commerce, el consentie par la commission. Cet amendement est ensuite renvoyé à la commission. On adopie les art. 9 et 10 qui désignent les matières sur lesquelles on prendra l'avis des conseils municipaux, et autorisent le gouvernement ou les conseils municipaus à provoquer des enquêtes sur les besoins de la commune. L'article 11 règle les droits du conseil municipal sur les élablissemens de bienfaisance. M. de Gérando le combat comme donnant trop de pouvoir aux conseils. M. Prunelle, rapporteur, le défend. Cet article passe avec une disposition, portant que le conseil municipal donnera son avis sur les comptes et budgets des fabriques des églises , quand elles reçoivent ou réclament des secours de la commune.

Lettres sur le Déluge , par M. T. Passot (1). L'anteur éxamine la possibilité d'accorder le récit de Moïse arec les faits constatés par l'observation et les principes de la physique. Il traile deux points principaux, les bancs de coquillages et la quantité nécessaire d'eau pour le déluge. On avoit cru jnsqu'à ces derniers temps que les débris de coquillages trouvés sur les montagnes et dans l'iulérieur de la terre proucoient l'existence du déluge; mais des géologies ont prétendu que ces grands bancs demandoient une inondation beaucoup plus longue que celle de Moïse. Ils admellent plusieurs déluges, comme si ces bancs de coquillages n'avoient pas pu être amoncelės et transportés subitement par les flors. La mer est remplie de débris de corps solides qui ne vont pas même au fond, et qui sont constamment poussés et repoussés par le mouvement intérieur et l'agila, tion de ses eaux. Est-il bien difficile de supposer que, lors du déluge, de semblables masses aient été déposées sur la terre, et recouvertes ensuite de terre ou d'autres débris ?

Mais d'où a pu venir la quantité d'eau nécessaire pour porter l'inondation jusqu'à quinze condées au - dessus des plus haules montagnes ? L'auteur croit qu'on peut l'expliquer naturellement par la condensasion des vapeurs répandues dans l'almo-, sphère, et il répond aux objections qu'on peut faire à cet égard. Son explication nous a paru très-plausible; elle est à la fois conforme au récit de la Génése. aux lois de la physique et aux observations des géologues. M. Passol paroît avoir. étudié avec soin les sciences naturelles, et son zèle à concilier les observations et les découvertes modernes avec nos livres saints mérite des eycouragemens et des éloges.

La nouvelle édition des Vies des Saints, en 20 volumes in-8° et in-12, an. noncée par M. Lefort, imprimeur-libraire à Lille, a été retardée jusqu'à ce jour par un travail qui a pour but de réunir toutes les améliorations dont cet ouyrage est susceptible. Nous pouvons annoncer que les matériaux sont prêts, et nous aurons sous peu à rendre comple des premiers volumes qui seront mis en vente.

(1) In-8°, prix, a fr. A Paris, chez Bricon, rue du Vieux-Colornbier, et au bureau de ce journal.

L'e. Géraut, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.-Bourse du 10 mai 1833. Trois pour 100, jouissance du 22 déc. , ouvert à 77 fr. 80 c. et sermé à 77 fr. 75 c. Cinq pour 100, jouiss, du 22 mars, ouvert à 102 fr. 85 e. et fermé à 102 kr. 80 c. Actions de la Banque. . . . . . . . . . . . . . . 1760 fr.00 .

IMPRIMERIK D'AD, LE CLERI IT GOUT.

MARDI 14 MAI 1833.

(19° 3001.)

Sur des déclarations en faveur du Journal des Connois

: noissances utiles.

ue l'on su Ainsi, nous tenu, d'aparlialité

Nous crûmes, il y a quelques mois, devoir faire connoitre l'esprit qui a présidé à la rédaction du Journal des Connoissances utiles. Nous n'y súmes déterminé par aucune prévention et par aucun sentiment de partialité : nous jugemes ce journal d'après son contenu, d'après des articles que nous avons cités. Ainsi, nous lui avons reproché d'avoir émis le væu que l'on supprimât le traitement du clergé; nous lui avons reproché d'avoir calomnié les premiers chrétiens, et d'avoir dit qu'aujourd'hui il n'est permis à personne d'attaquer la religion , tandis que tant d'attaques et d'insultes restent impunics ; nous lui avons reproché d'avoir plaidé en faveur du divorce, si formellement réprouvé par l'Evangile ; enfin, nous lui avons reproché ses sorties contre le sacerdoce orgueilleux et contre les superstitions de paroisses, et nous lui avons demandé quel est ce sacerdoce orgueilleux qu'il accuse d'avoir effacé la doctrine de l'Evangile, et quelles sont ces superstitions de paroisses qu'il travaille à éteindre. Ce fut l'objet des deux articles que nous avons donnés au mois de novembre dernier, Nos 2026 et 2028.

On n'y a point répondu ; il n'y avoit guère moyen de nier les passages que nous avions cités, ni de contester le sens qu'ils présentoient. On a cherché un autre adversaire plus incommode que nous, qui ne pouvons avoir rien de commun avec le Journal des Connoissances utiles , allendu que son plan et le nôtre sont essentiellement différens. Mais il est né depuis quelques mois un journal du même genre que le sien, un journal tout-à-fait étranger à la politique, qui ne donne aucune nouvelle, et où on se propose d'éclairer le peuple sur ses devoirs religieux, en même temps qu'on lui donne des conseils sur ses intérêts matériels. Cetie entreprise a porté ombrage au Journal des Connoissances utiles , qui a cru nécessaire de publier son apologie. Il vient de faire paroitre trois lettres qui sont imprimées en tête de la table des années 1831 et 1832. Ces lettres sont peut-être moins

Tome LXXVI. L'Ami de la Religion.

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