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En c. Blanc, blanche, blanchement; public, publique publiquement.

En d. Lourd, lourde, lourdement ; nud, nue, nuement. En e. Ceux-ci fe forment fur le mafculin, en y ajoutant la fyllabe ment. Exemp. Agréable, agréablement; aifé, aifement.

En f. Ceux-ci fe forment fur le féminin. Exemp. A&tif, active activement ; attentif, attentive, attentivement ; & femblables.

En g. De même. Long, longue, longuement.

En i. Ceux-ci fe forment comme ceux en e, fur le mafculin. Exemp. Hardi, hardie, hardiment; poli, polie, poliment ; vrai, vraie, vraiment.

En l. Les uns doublent la finale du mafculin, les autres non; ce qui prouve que c'eft fur le féminin qu'ils fe forment. Exem. Final, finale, finalement ; fubtil, fubtile, fubtilement; cruel, cruelle, cruellement ; pareil, pareille, pareillement; mol, molle, mollement; nul, nulle, nullement; ainfi des autres.

En n. Il en eft de même de ceux-ci. Exemp. Certain, certaine, certainement ; plein, pleine, pleinement; fin, fine, finement; commun, commune communément; ancien, ancienne, anciennement bon, bonne, bonnement.

En r. Ils fuivent le féminin. Exemp. Léger, légere, légére ment; fier, fiere, fiérement; dur, dure, durement ; &c.

En s. Ils fe forment pareillement fur le féminin. Exemp. Gras, graffe, graffement; niais, niaife, niaisement; frais, fraiche, fraichement ; &c.`

En t. De même. Ex. Délicat, délicate, délicatement ; net,' nette, nettement ; fecret, fecrete, fecrétement; fubit, fubite fubitement; dévot, dévote, dévotement ; &c.

En u. Les adverbes dérivés des adjectifs en u, font ceux qui méritent le plus d'attention, à caufe de la diverfité des fentiments. Les uns veulent qu'ils fuivent le masculin; d'autres le féminin: ainfi on trouve, fuivant le goût.de chaque Auteur, dûment, affidúment, ingénúment, &c. ou duement, affiduement, ingénuement: on m'objectera fans doute qu'en écri¬ vant ces adverbes de cette derniere façon ils ne peuvent entrer en poéfie, ce qui eft vrai. Pour réfoudre cette difficulté il ne faut que deux réflexions. La premiere eft, qu'ils y entrent très-rarement; la feconde, qu'on accorde aux Poëtes des li cences qui ne font pas permifes en profe. Il eft plus für de fuivre à cet égard l'Orthographe de l'Académie qui écrit ques-uns de ces adverbes avec un e, & les autres fans fans Accent Circonflexe.

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良いず

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En x. Enfin les adverbes qui dérivent des adjectifs en x; fuivent également le féminin. Exemp. Hideux, hideufe, hideufement; faux, fauffe, fauffement; doux, douce, doucement; ambitieux, ambitieufe, ambitieufement; & femblables. D'où je conclus qu'il faut avoir recours aux adjectifs féminins, pour favoir comment on doit écrire l'adverbe qui en dérive. J'ai fait voir ci-deffus qu'il n'y a que les adverbes dérivés des adjectifs en e & en i qui foient exceptés de cette regle. Si les adverbes dérivés des adjectifs en u, étoient auffi exceptés, il ne faudroit pas mettre de Circonflexe fur l'u, & on écriroit ingénument, qui vient d'ingénu, comme on écrit aisément & hardiment, qui dérivent d'aife & de hardi.

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A l'égard des adverbes dérivés des mots en ant ou ent, ils se forment en changeant les deux finales du mafculin en m, après laquelle on ajoute la fyllabe ment. Exemp. Suffifant arrogant innocent, prudent, &c. font fuffisamment, arrogamment, innocemment, prudemment, & ainfi les autres. Mais il ne faut pas croire pour cela que tous les adjectifs en ent fuivent cette regle; car lent fait lentement; préfent, préfentement, fuivant la regle des mots terminés en i ci-dessus. L'e qui précede la fyllabe ment, eft ordinairement muet dans ces adverbes, hormis dans aisément, aveuglément, commodément &c. Voyez les autres adverbes exceptés dans la Grammaire de M. Reftaut.

DES PARTICIPES.

Plufieurs Savants donnent aux participes en ant un pluriel au mafculin, quoique ces participes foient prefque tous indéclinables en François. C'est une faute groffiere, dans laquelle on ne tombera pas à l'avenir, fi l'on veut faire attention à la réflexion fuivante. Pour favoir fi l'on doit écrire allant ou allants dans cette phrafe : le pere & le fils allant à Paris, ont trouvé, &c. il faut changer ce masculin en féminin, & confidérer si l'on peut écrire, la mere & la fille allantes: il eft certain que non; par conféquent on doit écrire, le pere & le fils allant. Autre exemple: le pere & le fils, quoique demeurant ensemble ne font pas toujours communauté; changez ce masculin en féminin, la mere & la fille demeurant, &c. or il est certain qu'on ne peut pas dire demeurantes ; donc il faut écrire, le pere & le fils demeurant ; & pour-lors ce participe indéclinable de-, viendra de tout genre, comme les gérondifs en do chez les Latins.

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A l'égard des participes qu'on rend adjectifs, il eft certain qu'ils doivent s'accorder en genre & en nombre avec leurs fubftantifs. Ainfi on doit écrire, fang bouillant huille bouillante, bouillons rafraîchissants, eaux dormantes, étoffes changeantes, & femblables. Voyez M. Reftaut.

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Mais il faut remarquer qu'on ne doit pas écrire, J'ai trouvé les deux freres dormants, comme l'écrivent quantité de perfonnes. En voici la raison. Ce participe eft indéclinable au féminin; car on ne peut pas écrire, J'ai trouvé les deux fœurs dormantes; par conféquent il l'eft auffi au mafculin, & l'on doit écrire, j'ai trouvé les deux freres dormant ; J'ai trouvé les les deux fœurs dormant. Cet exemple doit fervir de regle pour tous les autres.

Voici quelques Remarques fur l'ufage des participes paffifs. Rien n'eft plus ignoré dans notre Langue.

1°. Le participe eft indéclinable, quand après foi il a le Nominatif du verbe exemple; La peine que fe font donné mes amis, & non pas donnée : Les peines qu'ont pris les Savants, & non pas prifes.

2°. Le participe eft indéclinable, quand il a pour régime & à fa fuite un Infinitif qui n'eft précédé d'aucune particule comme; Les personnes que j'ai entendu chanter, & non pas entendues chanter. De même on dira; Elle s'eft fait peindre, & non pas faite peindre. Si l'Infinitif étoit précédé de quelque particule, le participe pourroit être déclinable: comme; Des Soldats qu'on a contraints de marcher. On diroit encore; Elles fe font laffées de travailler: Elle s'eft exercée à chanter; plutôt que; Elles fe font laffé de travailler, &c.

3°. Le participe eft indéclinable après un verbe réciproque, qui a pour auxiliaire, je fuis, & pour régime un pronom perfonnel au Datif : Ils fe font donné un ridicule à eux-mêmes. De même une femme pourroit dire en parlant d'elle-même ; Je me fuis prefcrit cette regle.

4°. Le participe du verbe pouvoir, qui eft pu, est toujours indéclinable , parce qu'il est toujours fuivi d'un Infinitif fousentendu. On ne dit pas; J'ai fait les démarches que j'ai pues, mais que j'ai pu ; car on fous-entend manifestement pu faire.

5. Les participes font indéclinables, dans la même phrase de que 2 ou de qui

, que j'ai

quand ils font fuivis comme; Les raifons

qu'il a cru que j'approuvois. De même ; Les perfonnes que j'ai vu qui étoient prévenues.

6°. Les participes font indéclinables dans les verbes imperfonnels: Les pluies qu'il a fait.

Voyez la Grammaire de M. l'Abbé de Dangeau; vous y trouverez l'explication des difficultés concernant les participes.

DES VERBES.

On trouvera les verbes dans leur ordre alphabétique, avec des Remarques fur les plus difficiles & irréguliers dont j'aurai foin de marquer l'Orthographe la plus fuivie chez les meilleurs Auteurs, foit dans les temps, foit dans les modes: & je n'ai pas ici d'autre observation à faire, finon qu'il eft plus régulier de conferver que de fupprimer le d dans les premiere & feconde perfonnes du préfent de l'Indicatif & de l'Impératif des verbes dont l'Infinitif eft terminé en dre, parce que ce d eft la lettre caractéristique de ces verbes qui ne doit pas être perdue de vue. Ainfi on écrira j'entends, tu entends, entends, du verbe entendre ; je comprends, tu comprends, comprends, du verbe comprendre ; je répands, tu répands, répands, du verbe répandre; je réponds, tu réponds, réponds, du verbe répondre; & ainfi des autres.

Il eft d'un ufage général d'écrire avec un d les mêmes perfonnes des verbes de cette efpece, lorsqu'elles ne font que d'une feule fyllabe; comme dans, je rends, tu rends, rends; je prends, tu prends, prends; je vends, tu vends, vends; je ponds, tu ponds, ponds; je perds, tu perds, perds; je tords, tu tords, tords; &c. L'analogie & l'uniformité demandent que la même Orthographe foit obfervée dans les fimples & dans leurs compofés, & ce n'eft pas une raifon d'écrire un verbe différemment d'un autre qui à la même terminaifon, parce qu'il a plus de fyllabes.

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Il faut excepter de cette regle les verbes dont l'Infinitif eft terminé en indre, comme, je crains tu crains, crains ; je peins, tu peins, peins; je joins, tu joins, joins; des verbes, craindre peindre, & joindre ; & les verbes abfoudre, diffoudre, & réfoudre, qui font, j'abfous, tu abfous, abfous; je diffous, tu diffous, diffous; je réfous, tu réfous, réfous. On remarquera que ces verbes ont un t & non un dà la troifieme perfonne du fingulier; il craint, il peint, il joint; il abfout, il diffout, il réfout. Ainfi ce n'eft pas le d qui en eft la lettre caractéristique, & c'eft là la véritable raifon qui l'a fait fupprimer dans ces verbes.

DE LA PONCTUATION.

L'écriture étant l'image de la parole, elle doit avoir fes

paufes comme le difcours : c'eft par ce motif que la ponctuation a été inventée. Le point eft la marque de la plus forte paufe: auffi ne l'emploie-t-on que pour marquer que le fens d'une période eft parfait & fini. Les deux-points, que les Imprimeurs nomment comma, fe placent au milieu de cette même période entre deux propofitions qui fe fuivent néceffairement. Les point-&-virgule, qu'on nomme petitque, fe mettent quand il y a encore une plus grande liaison entre deux propofitions: enfin la virgule s'emploie entre des termes qui font par eux-mêmes diftincts mais qui font unis par la construction, fans être liés par une conjonction. Remarquez que les conjonctions &, ni, ou, comme, & quelques-autres, tiennent lieu de la virgule, quand les termes qu'elles affemblent font fimples & courts.

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Il y a de trois fortes de points: le point feul., dont j'ai parlé ci-dessus ; le point-interrogant?; & le point - admiratif!.

Le point-interrogant, fe place à la fin d'une période dans laquelle il y a une interrogation, pourvu cependant que cette période ne foit pas trop longue; car alors on la termine avec un point simple.

Le point admiratif, fe place après une exclamation. Mais comme il arrive fouvent que cette exclamation eft fuivie d'une interrogation, le point - admiratif doit être mis immédiatement après l'exclamation, & le point-interrogant à la fin de la période. En voici un exemple; Hélas! qui l'auroit penfé?

Il faut encore obferver qu'on ne doit point mettre de Capitale après le point-admiratif, ni après le point-interrogant, à moins qu'ils ne terminent une phrase.

La parenthefe (), fert à enfermer un difcours inféré dans un autre, avec lequel il n'a aucune connexion: mais on s'en fert rarement, parce que deux virgules font le même effet.

Ceux qui voudront en favoir davantage fur la ponctuation, trouveront de quoi fe fatisfaire dans la Méthode de MM. de Port-Royal, dans l'excellent Traité qui eft à la fin de la Grammaire Françoife du Pere Buffier & pour ce qui regarde l'Orthographe en général, dans la Grammaire de M. Restaut.

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