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A bordée par la droite des ennemis, & fit des charges si vives avec le seul regiment de

Merainville , qu'il rompit trois lignes des ennemis. Au commencement de la campagne dc I 692, il défit le comte de Lippe qui commandoit 3ooo. chevaux. Il se trouva à la défaite du prince administrateur de Virtemberg, qui se rendit à lui, & l'hiver suivant Nous lui donnâmes un commandement en Flandres , pour établir & pousser les contributions, il s'acquitta de cet emploi à notre entiere satisfaction, & avant l'ouverture de la campagne nous le fimes lieutenant general de nos armées, & nous le destinâmes pour servir en Allemagne, où il defit prés de Viceloq une arriere-garde des ennemis, soutenue par le prince Louis de Bade leur general. Envoyé ensuite pour retirer des postes d'infanterie trop avancez, il fit une retraite de

B deux lieuës , malgré les défilez & l'avant-garde des imperiaux, où étoit le prince

Louis de Bade, qui ne put jamais l'entamer. Il servit ensuite dans notre armée d'Italie, & pour lui marquer la satisfaction que Nous avions de ses services, Nous lui donnâmes le gouvernement de Fribourg. Il revint servir en Allemagne, & Nous le renvoyâmes en Italie pour y commander la cavalerie , il se trouva au siege de Valence, & revint sur le Rhin , où il battit un corps considerable de huslars commandé par le comte Palfy leur general, qui y fut blessé. A la fin de la guerre Nous l'envoyâmes vers l'empereur , auprés de qui il negocia entierement à notre satisfaction, & nous y rendit des services importans. A la mort du roi d'Espagne Charles II. la guerre recommençant, Nous le rappellâmes de Vienne & lui donnâmes ordre d'aller servir en Italie; en faisant route, encore foible d'une maladie, pour joindre l'armée avec une escorte qui fut attaquée par 9oo. chevaux , commandez par le general Mercy, il défit les ennemis, Nous l'envoyâmes ensuite servir sur le Rhin, & vers la fin de la campagne, Nous le chargeâmes de chercher les moyens de secourir notre frere l'elccteur de Baviere, declaré pour nos interêts , ce qui étoit d'autant plus difficile que les ennemis étoient de beaucoup plus superieurs, commandez par un general habile & fort accredité, & qu'il falloit passer le Rhin, & établir un pont devant une armée retranchée sur les bords. Cependant aprés avoir par diverses actions établi un pont à Huningue , & emporté la petite ville de Neubourg , profitant du mouvement que fit le prince Louis de Bade , pour aller reprendre Neubourg, il passa le Rhin malgré les retranchemens des ennemis, & remporta sur eux une victoire entiere, & d'autant plus importante qu'elle nous assura deux ponts sur ce fleuve , & fut cause que les ennemis abandonnerent leurs retranchemens d'Haguenau, & firent repasser dans leur pays les nombreuses troupes qu'ils prétendoient faire hiverner en Alsace. Ce fut pour le recompenser d'une entreprise si glorieuse & si heureusement executée, que Nous l'honorâmes de l'état & office de marêchal de France. Revenu auprés de Nous, Nous le chargeâmes de former le siege de Kel , entreprise d'autant plus difficile qu'il faloit surprendre le prince Louis de Bade, superieur en troupes, dans son pays même, & qui paroissoit sur ses gardes par les retranchemens qu'il avoit fait faire sur la Kinche , il falloit surmonter les difficultez d'une longue marche , & precipitée, dans le fort de l'hiver, en passant le Rhin , & au milieu des quartiers que les ennemis avoient sous Brisac & sous Fribourg , il falloit qu'une † bien munie & bien fortifiée fût emportée en trés peu de temps, pour ne pas donner aux ennemis le loisir de s'assembler & de la secourir, pour ne pas perdre les troupes par la rigueur de la saison, & pour prévenir les pluyes & les fontes de neiges qui enflant le Rhin auroient pû noyer les tranchées. Tout fut executé avcc une diligence incroïable, il surprit les cnnemis, dissipa le corps d'armée qu'ils avoient sur la riviere d'Ette, pasla la Kinche malgré les efforts du prince Louis de Bade, investit Kel, & au mois de Fevrier en 13. jours de tranchée prit cette place , défenduë par 35oo. hommes, & qui étoit des plus importantes par elle-même & par la conjoncture des affaires. Trois semaines aprés aïant passé le Rhin , & reconnu les lignes de Stolophen & de Bitchel, il tourna tout à coup par la valée de la Kinche, surmonta toutes les difficultez du passage des montagnes noires, & en un jour & demi força en divers postes les enncmis qui les gardoient, & joignit hcureusement l'électeur de Baviere qui alla du côté du Tirol & lui laissa le soin de garder le Danube, ce qu'il fit avec un grand succés, quoique le prince Louis de Bade fût beaucoup superieur, il eut besoin d'une grande vigilance & d'unc extrême activité, pour faire marcher à propos des détachemens,l'un desquels défit entierement le comte de la Tour qui avoit passé le Danube avec 6ooo. hommes, & l'obligea de le repasser avec les fuyards. Ce fut bien-tôt aprés que sous les ordres de l'élccteur de Bavicre; il donna la bataille d'Hocstet, où les cnnemis aprés avoir perdu 14oo. hommes, quoiqu'cllc ne nous cn ait pas coûté Tome V. - - B 2

2oo. hommes. Il prit ensuite Kempten, & ayant forcé le prince de Bade à quitter A.

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OUIS par la grace de Dieu, roi de France & de Navarre : A tous presens & à venir , SA L u T. Les continuels & importans services qu'a commencé à Nous rendre & à notre état, dès l'année 1672. notre trés-cher & bien amé cousin LouisHector de Villars, marêchal de France, chevalier de nos ordres, Nous auroient porté à le reconnoître par des emplois & dignitez que Nous avons augmentez à mesure que ses genereuses actions l'ont merité. Nous avons érigé par nos lettres patentes du mois de Septembre 17o5. les terres & seigneurie de Vaux-le-Vicomte , ensemble les vicomté de Melun, seigneurie de Maincy, circonstances & dépendances en titre & dignité de duché sous le nom de duché de Villars, pour par lui & ses descendans C mâles cn ligne directe, nez & à naître en loyal mariage, joüir à perpetuité comme proprietaires dudit duché des titres, honneurs, dignitez, rangs, prérogatives, prééminences & privileges qui y appartiennent, tout ainsi qu'en joüissent les autres ducs de notre royaume ; les effets qu'ont produit ces honneurs & dignitez en la personne de notredit cousin, ont assés marqué qu'il les meritoit, puisqu'il a toujours continué à Nous donner de nouvelles preuves de son zele. Les alliez aïant pris Landau rassemblerent toutes leurs forces pour attaquer la France par le côté de la Mozelle , Mi- | lord Malborough se mit à la tête des troupes d'Angleterre, de Hollande & de l'Empire , mais le marêchal de Villars s'étant posté avantageusement en capitaine experimenté, arrêta les progrès dont ce General se flattoit, prit les magasins destinez pour cette D entreprise & les villes de Treves & de Hombourg : la campagne suivante il attaqua Hagueneau, Bitscheviler, Drusenheim, se saisit des lignes de la Mutter, non content de ces avantages, il prit Lutterbourg, le fit fortifier, & croyant que pour la seureté de cette frontiere, il falloit encore deposter les ennemis de l'Isle du Marquisat soûtenuë de l'armée commandée par le prince Louis de Bade, il prit des mesures si justes qu'il les chassa, retablit les ouvrages du fort-Louis, & par là rcndit cette place aussi considerable qu'elle l'avoit été. En l'année 17o7. il fit l'important projet d'emporter les lignes de Stolophen, que le prince Louis de Bade qui les avoit fortifiées, regardoit comme le rempart de l'Allemagne , il s'en saisit & pousla devant lui le marE quis de Bareith avec toutes les forces de l'Empire, défit le general Ihanus, établit des contributions jusques par de-là le Danube, força la ville d'Ulm de lui rendre les prisonniers qu'elle retenoit depuis la seconde bataille d'Hocstet. L'ayant destiné en 17o8. pour commander nos armées de Provence & de Dauphiné, il prit des postes si avantageux, fit faire des marches par des endroits jusqu'alors si inconnus , qu'il soutint la vallée de Briançon , attaquée par l'armée du duc de Savoye, chassa les troupes qui défendoient le Mont-Geneve, emporta d'assaut les deux villes de Cezanne, défenduës par l'armée du duc de Savoye, commandée par ce prince en pcrsonnc , & auroit achevé la défaite de ses troupes, si le château d'Exilles avoit tenu quelques heures de plus. En la presente année 17o9. l'aïant choisi pour le commandement de nos F armées de Flandres, aprés avoir surmonté par son application les difficultez infinies qu'apportoit la sterilité presque generale à la subsistance des troupes, fit un camp retranché que les ennemis ne purent attaquer, couvrit Aire & Bethune que les ennemis avoient dessein d'assieger pour faire une irruption dans le royaume, ce qui les obligea de se jetter sur Tournai qu'il ne put secourir par la disette des vivres. Prévoyant que les ennemis vouloient se placer entre Douai & Valenciennes, il fit des retranchemens & des inondations qui rompirent ce projet, mais les voyant marcher pour assieger Mons, secondé des conseils & de la presence de notre cousin le marêchai duc de Boufflers, qui croyant tous les emplois dignes de lui, quand il peut rendre des services à Nous & à l'état, Nous avoit demandé ( quoique plus ancien maréchal de France)d'aller servir volontaire dans une conjoncture si considerable.Le

Septembre 17 o9

marêchal de villars prit la resolution de se saisir des troüées qui sont entre les bois â de Sart & d'Aaulnoi, ce poste avantageux mettoit les ennemis dans la necessité d'abandonner le siege de Mons, ou d'attaquer notre armée, ils prirent le dernier parti se fiant à la superiorité de leur nombre. Le marêchal duc de Villars voyant le plus gros corps de l'infanterie ennemic tomber sur la gauche, se porta où il jugea qu'ils feroient le plus grand effort. Notre cousin le marêchal de Boufflers soutenoit la droitc avec une conduite & une valeur infinie & toujours avec avantage, la gauche soutenoit le feu de l'artillerie & les efforts des troupes des alliez avec la même intrepi-dité, mais le grand nombre des ennemis & la mort de plusieurs officiers donna lieu de penetrer dans le bois, d'où l'infanterie depostée se retira avec beaucoup d'ordre, le marêchal de Villars songea dès-lors à charger les ennemis, quand ils déboucheroient ; pour cela il envo a chercher les carabiniers qui étoient à la gauche de tout, les plaça prés de la trouée, mit en bataille notre infanterie qui quittoit le bois, la fortifia des brigades de Champagne, Poitou , Gondrin, des Irlandois, & s'étant mis i à la tête chargea, la bayonnete au bout du fusil, l'infanterie ennemie dont il défit entierement vingt bataillons, & comme il marchoit pour charger avec les carabiniers & profiter de 1'ébranlement des ennemis, il reçût une blessure trés-dangereuse, celle du marquis d'Abergotty, la mort du marquis de Chemerault les plus anciens lieuAtenans generaux, arrivée dans le même temps , suspendirent ces mouvemens qui promettoient un avantage considerable à cette aile de l'armée. Notredit cousin ne laissa pas d'agir & donner ses ordres, nonobstant les douleurs qu'il souffroit jusqu'à ce que Ja perte du sang & la foiblesse dans laquelle il tomba, obligea de l'emporter. Notre -cousin le marêchal de Boufflers prit le commandement de l'armée, fit faire & fit luimême pendant quatre heures plusieurs & differentes charges avec la conduite & l'intrepidité qui accompagnent toujours ses actions à la guerre, ensorte que les ennemis -quoique fort superieurs en nombre furent poussez plusieurs fois & hors d'état de le -troubler, voyant la fierté & l'ordre de sa retraite. Les ennemis ont perdu à cette -bataille prés de 35ooo. hommes tuez ou blessez, plusieurs officiers generaux & grand nombre de drapeaux & d'étendars gagnez sur eux en cette journée, & comme Nous ne pouvons trop témoigner à notre cousin le marêchal duc de Villars , combien Nous -sommes satisfaits de la valeur & du zele qu'il a montré pour notre service. A ces · causes & autres considerations à ce Nous mouvans, de notre grace speciale , pleine puissance & autorité royale , Nous avons joint , uni, incorporé & annexé par ces · presentes signées de notre main, joignons , unissons , incorporons & annexons audit -duché de Villars, le titre, qualité & dignité de Pair de France, que Nous avons à cette fin créé & érigé, créons & érigeons pour dorénavant & perpetuellement joüir · par notredit cousin, ses hoirs & successeurs mâles nez & à naître en loyal mariage -dudit duché, en titre de duc & Pair de France, aux mêmes honneurs , noms, droits, dignitez & prééminences que les autres duchez & Pairies, sous le nom de duché & Pairie de Villars. Voulons & Nous plaît que ledit duché-Pairie de Villars, ses appartenances & dépendances; ensemble les seigneuries de Blandy, & generalement tous les autres fiefs & seigneuries qu'il a acquis depuis l'érection dudit duché, & tout ce E qu'il pourra acquerir de proche en proche pour son agrandissement, & qui y ont été unis par nos lettres patentes d'érection dudit duché du mois de Septembre 17o5. soient dorênavant dites & appellées duché & Pairie de Villars, & qu'en cette qualité notre cousin puisse le tenir & en jouir, ses hoirs successeurs & descendans mâles en ligne -directe nez & à naître en loyal mariage, perpetuellement & à toujours, ainsi qu'ont accoutumé de jouir & user les autres ducs & Pairs de notre royaume, soit en justice -& jurisdiction , séance en nos cours de parlement avec voix déliberative, faits d'arAmes, assemblées de nobles ou autrement , & auquel duché & Pairie de Villars ses appartenances & dépendances, Nous avons d'abondant ordonné par ces presentes que F la justice sera administrée par les juges & officiers de notredit cousin, les appellations -desquelles ressortiront nuement en notre cour de parlement de Paris, sans qu'aucun autre juge en puisse prétendre jurisdiction & connoissance , fors & excepté des cas royaux, dont la connoissance appartiendra à nos juges qui avoient accoutumé d'en connoître, conformément à nosdites lettres du mois de Septembre 17o5. à la charge que notredit cousin & ses succesleurs mâles tiendront ledit duché de Nous à cause de notre couronne de France, aux charges anciennes & accoutumées sans aucun accroissement d'icelles , & seront les vaslaux dudit duché-Pairie de Villars, en faisant les hommages & donnant les aveux & dénombremens par écrit, & à tous autres actes generalement quelconques tenus & astraints, dorénavant de nommer, avouer & reCOIlllOlIfC

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G E N E A L O G I E DES SEIGNEURS DE LA CHAPELLE, &c.

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IERRE de Villars, épousa à Lyon Suzane Joubert, veuve de Jean Chapoton, & fille deJacques Joubert, & d'Agnés du Bourg de Genevray. Leurs enfans furent

1. FRANCOIS de Villars, qui suit.

2. CLAUDE de Villars , seigneur de la Chapelle , dont la posterité sera rapportée

aprés celle de son frere aîné.

3. PIERRE de Villars, embrassa l'état écclesiastique, fut reçu docteur ès droits à Padouë à l'âge de 22. ans, s'attacha au cardinal de Tournon, lequel lui trouvant du merite & de la capacité lui confia diverses commissions, & le chargea de plusieurs emplois importans, dont il s'acquitta dignement , & dans lesquels il s'acquit tant de reputation, qu'il merita une charge de conseiller-clerc au parlement de Paris , dont il fut pourvû par lettres données à Fontainebleau le 23. Juin 1555. il y fut reçu le 1. Juillet suivant, & dispensé de servir par autres lettres du 6. Août de la même année, verifiées le 9. suivant, attendu son voyage à Rome avec le cardinal de Tournon, auprés duquel il fut toujours , & qui lui procura dans la suite l'évêché de Mirepoix qu'il tint dix ans , pendant lesquels

Tome V. C 2

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