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ge#S2S3SS2g2* C H A P I T R E X V I I.

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| OUIS, par la grace de Dieu , roi de France & de Navarre : A tous presens A à venir, Salut. Tous les motifs qui ont porté les rois nos prédecesseurs , à élever à la dignité de duc & Pair de France, ceux de leurs sujets qui ont merité ce titre éminent, se réunissent en faveur de Charles-Eugene, marquis de Levis, comte de Charlus, lieutenant general de nos armées & au gouvernement de Bourbonnois, gouverneur de nos ville & citadelle de Mezieres , & commandant pour nous en chef dans notre comté de Bourgogne. La grandeur de la naissance, les alliances considerables, les services importans rendus à l'état, le desir que nous devons avoir de remettre dans une maison illustre une dignité qu'elle a possedée pendant plus de cent quarante ans, nous portent à ériger en duché & Pairie, sous le nom de duché de Levis, les terres & seigneuries de Lurcy-le-Sauvage , Poligny, Champroux, circonstances, dépendances & annexes, en faveur dudit Charles-Eugene de Levis. Sans rechercher l'origine de la maison de Levis dans les temps les plus recu

A lez : personne n'ignore que les seigneurs de Levis étoient en grande consideration dans le douziéme siecle, que Guy sire de Levis , fut un des principaux chefs qui accompagnerent Simon , comte de Montfort , à la guerre contre les Albigeois, qu'il y merita par ses hauts faits & par ses grands services le titre de marêchal de la foy, que lui donna le roi Louis VIII. au commencement du treiziéme siecle, & qui est demeuré hereditaire dans sa maison. Louis de Levis, l'un des descendans de Guy , marêchal de la foy, épousa en 1492. Blanche de Ventadour , fille unique de Louis comte de Ventadour, & de Catherine de Beaufort, dame de Charlus, dont il cut deux fils Gilbert & Jean de Levis, qui ont fait les deux branches de Ventadour & de Charlus. Gilbert de Levis I. du nom, comte de Ventadour, eut un fils B nommé Gilbert comme lui , qui eut lui-même un fils nommé comme son pere & son ayeul. Gilbert de Levis liI. du nom, comte de Ventadour, en faveur duquel le roi Henry III. érigea en 1578. le comté de Ventadour en duché. Dans les lettres d'érection, il paroit que le comte de Ventadour étoit chevalier de l'ordre du roi & gouverneur du Limousin; qu'en faisant cette érection le roi avoit principalement consideré la noblesle , la grandeur , l'antiquité de la maison de Levis, les hauts, grands , vertueux & magnanimes faits des nobles & excellens personnages qui en étoient issus, & qui pour soutenir les droits & la cause de sa Majesté, avoient laissé perdre, brûler & saccager leurs maisons, villes, places & châteaux, que même dans les guerres que la France avoit euës contre les Anglois , les ancêtres de Gilbert de C Levis demeurerent toujours fideles, le château de Ventadour ayant été le seul qui tint pour la France dans le Limousin , & ayant été assiegé pendant une année entiere; qu'ils s'étoient depuis signalez dans toutes les occasions qui s'étoient présentées, & qu'ils avoient mérité par leurs services que le comté de Ventadour, l'un des plus beaux & des plus anciens comtez du royaume, fût érigé en duché, en faveur de Gilbert de Levis, comte de Ventadour , & de ses descendans mâles. Cette grace ayant animé de plus en plus le duc de Ventadour à rendre des services importans au roi & à l'état, il merita que son duché fût érigé en Pairie par des lettres du même roi données au camp de Baugency au mois de juin 1589. mais comme la mort de ce roi arriva peu de temps aprés l'expedition de ces lettres, & que Gilbert D de Levis ne survêquit pas long-temps, le roi Henry I I I. Henry le grand de glorieuse mémoire, aprés être parvenu à la couronne , voulut bien récompenser de nouveau les services d'Anne de Levis , duc de Ventadour , fils de Gilbert, & lui accorda des lettres pour le faire jouir de la grace qui avoit été faite à son pere par le roi Henry III. & en consequence de ces secondes lettres , celles du mois de juin 1589. portant érection du duché de Ventadour en Pairie, furent registrées au Parlement, séant à Tours le 13. mai 1594. Depuis ce temps , les descendans d'Anne de Levis, duc de Ventadour , Pair de France, & de Marguerite de Montmorency son épouse, ont joui des droits de Pairie jusqu'en l'année 1719. que Louis-Charles de Levis, dernier duc de Ventadour, est decedé sans posterité masculine , n'ayant laislé qu'une fille unique , mariée dans la maison de Rohan. Que la branche de Levis-Charlus , qui sort de la même tige que celle de Levis-Ventadour, c'est-à-dire, de Gilbert de Levis I. du nom , comte de Ventadour ; & qui s'est continuée de mâle en mâle depuis Jean de Levis , seigneur de Charlus, qui épousa Françoise de E Poitiers-S.-Vallier , par Charles de Levis , baron de Charlus, qui fut grand maître | des eaux & forêts de France , par jean de Levis II. du nom , Jean de Levis III. du nom, Charles de Levis II. du nom, capitaine des gardes du corps du roi Louis XIII. notre trisayeul , par Roger de Lcvis, comte de Charlus, & par Charles-Antoine de Levis , aussi comte de Charlus, tous deux lieutenans generaux en la Province de Bourbonnois , & par ledit Charles-Eugene, marquis de Levis, lieutenant eneral de nos armées, à present l'aîné de sa branche, ne s'est pas moins distinguée que la branche de Ventadour , par les grands services qu'elle a rendus aux rois nos prédecesseurs & à l'état , desorte que nous avons crû ne pouvoir mieux les récompeuter qu'en remettant dans leur maison la dignité de duc & Pair de France, qu'ils ont perduë par la mort sans enfans mâles du dernier duc de Ventadour : Et nous nous y sommes portez d'autant plus volontiers que celui qui se trouve à present l'aine de cette maison auroit merité par ses services d y faire entrer cette dignité, quand même elle n'y auroit point été dés le seiziéme siccle. Il a commencé de trés-bonne heure à servir dans les armées du feu roi notre trés-honoré seigneur & bisayeul, il eut l'honneur de suivre le Dauphin de France notre ayeul, lorsqu'en l'année mil six cent quatre-vingt-huit, il entra en Allemagne , & y prit les villes de Philisbourg , Manheim , & Frankendal depuis l'année 1689. jusqu'en 1697. il a servi à la tête d'un regiment de cavalerie , tant en Flandres que sur le Rhin. Il s'est trouvé aux batailles de Fleurus, de Steinkerque & de Nerwinde, aux sieges de Mons, de Namur, de Charleroy, & dans les autrcs occasions importantes qui se sont presentées pendant cette guerre. En 17o1: la guerre ayant recommencé, il fut fait brigadier de nos armées, & servit en cette qualité pendant deux ans. En 17o3. il commanda la cavalerie dans l'armée qui alla joindre notre trés-cher & trés-amé oncle l'électeur de Baviere, & y ayant eu la même année une bataille considerable, il s'y signala, de maniere que le feu roi le fit, maréchal de ses camps & armées, il a servi en cette qualité sans aucune interruption , il s'est trouvé à toutes les batailles qui ont été données; les generaux sous lesquels il a servi, lui ont souvent confié le commandement de corps separez qu'il a toujours conduits à leur satisfaction. En l'année 17o8. il fut fait seul par distinction lieutenant general de nos armées, & a continué de servir en cette qualité jusqu'à la paix. Au commencement de notre regne ayant établi un conseil de guerre, nous crumes devoir l'y faire entrer, il y a toujours travaillé à notre satisfaction, & aprés que ce conseil a cessé de se tenir, nous lui avons confié le commandement en chef dans notre comté de Bourgogne, où il s'est parfaitement acquitté de ses devoirs , desorte que nous ne sçaurions lui donner des marques trop éclatantes de notre bienveillance.A ces causes & autres considerations à ce nous mouvans, de l'avis de notre trés-cher & trés-amé oncle le duc d'Orleans regent , & de notre grace speciale, pleine puissance & autorité royale, avons par ces presentes signées de notre main, créé & érigé, créons & érigeons en titre, nom , dignité & préeminences de duché & Pairie de France, les terres & seigneuries de Lurcy-le-Sauvage, Poligny , de la Braudiere , Champfromental, de la Chaussée, de Plaisance, de Lepaud, de Champroux, de Blancfoslé , des grands & petits Bouquetreauds, de la Poissonnerie, de la Chapelle & des quatre Vents, que nous avons ensemble toutes leurs appartenances , dépendances & annexes situées en notre province de Bourbonnois, unies en un seul & même fief sous le nom de duché de Levis, en faveur dudit Charles-Eugene marquis de Levis , à l effet de quoi avons de nos mêmes graces & autorité que dessus, changé & commué, & par ces presentes changeons & commuons les noms desdites terres & seigneuries en celui de Levis, pour par ledit Charles-Eugene de Levis, ses enfans & descendans mâles nez & à naître en legitime mariage, jouir à perpetuité comme seigneurs proprietaires dudit duché & Pairie de Levis, des nom , titre, qualité & dignité de duc & Pair de France, aux honneurs, autoritez , rangs, séances, privileges, prérogatives,

réeminences, franchises, libertez & autres droits qui appartiennent à ladite qualité & dignité, & dont les autres Pairs de France ont joui ou dû jouir de tout temps & ancienneté, tant en justice, jurisdiction, séance en notre cour de parlement de Paris & autres nos cours , avec voix deliberative, qu'en tous autres endroits quelconques, soit és assemblées de noblesse, faits de guerre, qu'autres lieux & actes de séance, d'honneur & de rang. Voulons & nous plaît que toutes les causes civiles & criminelles, mixtes & réelles qui concerneront tant ledit Charles-Eugene de Levis, ses enfans & descendans mâles, que les droits dudit duché-Pairie, soient traitées & jugées en notre cour de parlement de Paris en premiere instance, & que les causes & procés d'entre les vassaux & justiciables dudit duché & Pairie y ressortissent nuement par appel, & à cet effet avons distrait & exempté, distrayons & exemptons par ces presentes ledit duché & Pairie & ses dépendances du ressort de tous juges & jurisdictions, où les appellations dudit duché avoient coutume de ressortir, sans préjudice néanmoins des cas royaux, dont la connoissance demeurera à nos juges qui avoient coutume d'en connoître, le tout à la charge d'indemniser nos officiers. Voulons que ledit Charles-Eugene de Levis tienne ledit duché & Pairie de nous nuement en plein fief à cause de notre couronne, & qu'il releve de notre tour du louvre, sous une seule foi & hommage qu'il nous a faite & dont il nous a prêté le serment de fidelité, ainsi qu'il est accoutumé. Voulons aussi que tous ses vassaux & tenanciers le reconnoissent comme duc & Pair dc France, qu'ils lui rendent en ladite qualité les devoirs ausquels ils sont tenus, & qu'il puisse établir audit lieu de Lurcy-le-Sauvage un siege de duché-Pairie, sans néanmoins qu'en consequence de la presente érection lesdites terres & seigneuries à present unies en un seul corps de fief, leurs dépendances & annexes, puissent au défaut d'enfans & descendans mâles dudit CharlesEugene de Levis, être par nous, ou par les rois nos successeurs réunis à la couronne, en consequence des édits, declarations & ordonnances des années 1566. 1579. 1582.

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Registrées, ouy le procureur general du roi, pour jouir par ledit impetrant, ses enfans & descendans mâles nez & à naître en legitime mariage, proprietaires dudit duché & Pairie de Levis, de leur effet & contenu, & être executées selon leur forme & teneur suivant l'arrest de ce jour. A Paris en parlement le vingt deuxiéme fevrier mil sept cent vingt-trois. Signé, GILBERT. Et plus bas est encore écrit :

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le 23. du même mois & an , aux lettres du mois de fevrier 1558. à celles du 9. septembre 1564 & aux lettres du 2. mars 1566 pareillement registrées en la cour le 22. juin audit an, le tout cn la meilleure forme & maniere, prerogatives, rangs,

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ble celles du mois de janvier 1676. y contenuës, seront registrées au greffe d'icelle, pour jouir par ledit Philippes-Jules-François Mazarini-Mancini , ses hoirs , successeurs & ayans cause, de leur effet & contenu, suivant les clauses des lettres d'érection du mois de janvier 1538. enregistrées en la cour le 17. fevrier suivant, & de celles d'union du Donziois du mois de fevrier 1552. enregistrées en ladite cour le 23. dudit mois , & être executées selon leur forme & teneur, conformément neanmoins à l'édit du mois de may 171 I. concernant les Pairies , registré en la cour le 2 1. dudit mois, & sans aucune innovation des jurisdictions, telles que les proprietaires desdites terres du Nivernois & Donziois ont eu droit d'avoir, & dont ils ont bien & dûement joui ou dû jouir , suivant les ordonnances, édits, declarations & lettres patentes duëment enregistrées en la cour. Fait en parlement le 3 I. decembre 172o. Collationné, signé GILBERT , avec paraphe. , .

Ensuit la teneur de l'arrêt de reception.

Extrait des registres du Parlement.

EU par la cour, les grand'chambre & tournelle assemblez, l'information faite d'ofhce à la requête du Procureur general du roi le onziéme du present mois de janvier 1721. de l'ordonnance d'icelle par le conseiller à ce commis, des vie, mœurs, conversation, religion catholique, apostolique & romaine, fidelité au service du roi, valeur & experience au fait des armes de Messire Philippes-Jules-François MazariniMancini, poursuivant sa reception en la qualité & dignité de duc de Nivernois, Pair de France. Les lettres patentes du roi données à Paris le 24. aoust 172o. si† , LOUIS. Et sur le repli, par le roi, duc d'Orleans regent present, PHELYPPEAux. lt scellées du grand sceau de cire jaune, obtenues par ledit sieur Mazarini-Mancini, par lesquelles ledit seigneur roi veut & lui plaît, que les lettres du mois de janvier 1676. qui sont au long transcrites en icelles , qui confirment & continuent en la personne de Philippes-Jules Mazarini-Mancini son pere, les titres, dignitez, séances, rangs, honneurs, & prérogatives du duché & Pairie de France, pour le pays de Nivernois & celui de Donziois, pour en jouir par lui , ses hoirs successeurs & ayans cause, ayent leur plein & entier effet, pour en jouir par ledit sieur Philippes

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