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A lez : personne n'ignore que les seigneurs de Levis étoient en grande consideration dans le douziéme siccle, que Guy sire de Levis , fut un des principaux chefs qui accompagnerent Simon , comte de Montfort , à la guerre contre les Albigeois, qu'il y merita par ses hauts faits & par ses grands services le titre de marêchal de la foy, que lui donna le roi Louis VIII. au commencement du treiziéme siecle, & qui est demeuré hereditaire dans sa maison. Louis de Levis, l'un des descendans de Guy , marêchal de la foy, épousa en 1492. Blanche de Ventadour , fille unique de Louis comte de Ventadour, & de Catherine de Beaufort, dame de Charlus , dont il cut deux fils Gilbert & Jean de Levis, qui ont fait les deux branches de Ventadour & de Charlus. Gilbert de Levis I. du nom, comte de Ventadour, eut un fils B nommé Gilbert comme lui , qui eut lui-même un fils nommé comme son pere & son ayeul. Gilbert de Levis liI. du nom, comte de Ventadour, en faveur duquel le roi Henry III. érigea en 1578. le comté de Ventadour en duché. Dans les lettres d érection, il paroit que le comte de Ventadour étoit chevalier de l'ordre du roi & gouverneur du Limousin; qu'en faisant cette érection le roi avoit principalement consideré la noblesse , la grandeur , l'antiquité de la maison de Levis, les hauts, grands , vertueux & magnanimes faits des nobles & excellens personnages qui en étoient issus, & qui pour soutenir les droits & la cause de sa Majesté, avoient laissé perdre, brûler & saccager leurs maisons, villes, places & châteaux, que même dans les guerres que la France avoit euës contre les Anglois , les ancêtres de Gilbert de C Levis demcurerent toujours fideles, le château de Ventadour ayant été le seul qui tint pour la France dans le Limousin , & ayant été assiegé pendant une année entiere , qu'ils s'étoient depuis signalez dans toutes les occasions qui s'étoient présentées, & qu'ils avoient mérité par leurs services que le comté de Ventadour, l'un des plus beaux & des plus anciens comtez du royaume, fût érigé en duché, en faveur de Gilbert de Levis , comte de Ventadour , & de ses descendans mâles. Cette grace ayant animé de plus en plus le duc de Ventadour à rendre des services importans au roi & à l'état , il merita que son duché fût érigé en Pairie par des lettres du même roi données au camp de Baugency au mois de juin 1589. mais comme la mort de ce roi arriva peu de temps aprés l'expedition de ces lettres, & que Gilbert D de Levis ne survêquit pas long-temps, le roi Henry III. Henry le grand de glorieuse mémoire, aprés être parvenu à la couronne , voulut bien récompenser de nouveau les services d'Anne de Levis , duc de Ventadour , fils de Gilbert, & lui accorda des lettres pour le faire jouir de la grace qui avoit été faite à son pere par le roi Henry III. & en consequence de ces secondes lettres , celles du mois de juin 1589. portant érection du duché de Ventadour en Pairie, furent registrées au Parlement, séant à Tours le 13. mai 1594. Depuis ce temps , les descendans d'Anne de Levis , duc de Ventadour , Pair de France, & de Marguerite de Montmorency son épouse, ont joui des droits de Pairie jusqu'en l'année 1719. que Louis-Charles de Levis, dernier duc de Ventadour, est decedé sans posterité masculine , n'ayant laislé qu'une fille unique , mariée dans la maison de Rohan. Que la branche de Levis-Charlus , qui sort de la même tige que celle de Levis-Ventadour, c'est-à-dire, de Gilbert de Levis I. du nom , comte de Ventadour ; & qui s'est continuée de mâle cn mâle depuis Jean de Levis , seigneur de Charlus, qui épousa Françoise de E Poitiers-S.-Vallier, par Charles de Levis, baron de Charlus, qui fut grand maître des eaux & forêts de France , par Jean de Levis II. du nom , Jean de Levis III. du nom, Charles de Levis II. du nom, capitaine des gardes du corps du roi Louis XIII. notre trisayeul , par Roger de Lcvis, comte de Charlus, & par Charles-Antoine de Levis , aussi comte de Charlus, tous deux lieutenans generaux en la Province de Bourbonnois , & par ledit Charles-Eugene, marquis de Levis, lieutenant eneral de nos armées, à present l'aîné de fa branche, ne s'est pas moins distinguée que la branche de Ventadour , par les grands services qu'elle a rendus aux rois nos prédecesseurs & à l'état ; desorte que nous avons crû ne pouvoir mieux les récompeuter qu'en remettant dans leur maison la dignité de duc & Pair de France, qu'ils ont perduë par la mort sans enfans mâles du dernier duc de Ventadour : Et nous nous y sommes portez d'autant plus volontiers que celui qui se trouve à present l'aine de cettc maison auroit merité par ses services d'y faire entrer cette dignité, quand même clle n'y auroit point été dés le seiziéme siccle. Il a commencé de trés-bonne heure à servir dans les armées du feu roi notre trés-honoré seigneur & bisayeul, il eut l'honneur de suivre le Dauphin de France notre ayeul, lorsqu'en l'année mil six cent quatre-vingt-huit, il entra en Allemagne, & y prit les villes de

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servi à la tête d'un regiment de cavalerie, tant en Flandres que sur le Rhin. Il s'est trouvé aux batailles de Fleurus, de Steinkerque & de Nerwinde, aux sieges de Mons, de Namur, de Charleroy, & dans les autres occasions importantes qui se sont presentées pendant cette guerre. En 17o 1. la guerre ayant recommencé, il fut fait brigadier de nos armées, & servit en cette qualité pendant deux ans. En 17o3. il commanda la cavalerie dans l'armée qui alla joindre notre trés-cher & trés-amé oncle l'électeur de Baviere, & y ayant eu la même année une bataille considerable, il s'y signala, de maniere que le feu roi le fit, marêchal de ses camps & armées, il a servi en cette qualité sans aucune interruption , il s'est trouvé à toutes les batailles qui ont été données; les generaux sous lesquels il a servi, lui ont souvent confié le commandement de corps separez qu'il a toujours conduits à leur satisfaction. En l'année 17o8. il fut fait seul par distinction lieutenant general de nos armées, & a continué de servir en cette qualité jusqu'à la paix. Au commencement de notre regne ayant établi un conseil de guerre, nous crumes devoir l'y faire entrer, il y a toujours travaillé à notre satisfaction, & aprés que ce conseil a cessé de se tenir, nous lui avons confié le commandement en chef dans notre comté de Bourgogne, où il s'est parfaitement acquitté de ses devoirs , desorte que nous ne sçaurions lui donner des marques trop éclatantes de notre bienveillance. A ces causes & autres confiderations à ce nous mouvans, de l'avis de notre trés-cher & trés-amé oncle le duc d'Orleans regent , & de notre grace speciale, pleine puissance & autorité royale, avons par ces presentes signées de notre main, créé & érigé, créons & érigeons en titre, nom , dignité & préeminences de duché & Pairie de France, les terres & seigneuries de Lurcy-le-Sauvage, Poligny , de la Braudiere , Champfromental, de la Chaussée, de Plaisance, de Lepaud, de Champroux, de Blancfoslé , des grands & petits Bouquetreauds, de la Poissonnerie, de la Chapelle & des quatre Vents, que nous avons ensemble toutes leurs appartenances, dépendances & annexes situées en notre province de Bourbonnois, unies en un seul & même fief sous le nom de duché de Levis, en faveur dudit Charles-Eugene marquis de Levis , à l effet de quoi avons de nos mêmes graces & autorité que dessus, changé & commué, & par ces presentes changeons & commuons les noms desdites terres & seigneuries en celui de Levis, pour par ledit Charles-Eugene de Levis, ses enfans & descendans mâles nez & à naître en legitime mariage, jouir à perpetuité comme seigneurs proprietaires dudit duché & Pairie de Levis, des nom , titre, qualité & dignité de duc & Pair de France, aux honneurs, autoritez, rangs, séances, privileges, prérogatives, préeminences, franchises, libertez & autres droits qui appartiennent à ladite qualité & dignité, & dont les autres Pairs de France ont joui ou dû jouir de tout temps & ancienneté, tant en justice, jurisdiction, séance en notre cour de parlement de Paris & autres nos cours, avec voix deliberative, qu'en tous autres endroits quelconques, soit és assemblées de noblesse, faits de guerre, qu'autres lieux & actes de séance, d'honneur & de rang. Voulons & nous plaît que toutes les causes civiles & criminelles, mixtes & réelles qui concerneront tant ledit Charles-Eugene de Levis, ses enfans & descendans mâles, que les droits dudit duché-Pairic, soient traitées & jugées en notre cour de parlement de Paris en premiere instance, & que les causes & procés d'entre les vassaux & justiciables dudit duché & Pairie y ressortissent nuement par appel, & à cet effet avons distrait & exempté, distrayons & exemptons par ces presentes ledit duché & Pairie & ses dépendances du ressort de tous juges & jurisdictions, où les appellations dudit duché avoient coutume de ressortir, sans préjudice néanmoins des cas royaux, dont la connoissance demeurera à nos juges qui avoient coutume d'en connoître, le tout à la charge d'indemniser nos officiers.Voulons que ledit Charles-Eugene de Levis tienne ledit duché & Pairie de nous nuement en plein fief à cause de notre couronne, & qu'il releve de notre tour du louvre, sous une seule foi & hommage qu'il nous a faite & dont il nous a prêté le serment de fidelité, ainsi qu'il est accoutumé. Voulons aussi que tous ses vassaux & tenanciers le reconnoissent comme duc & Pair de France, qu'ils lui rendent en ladite qualité les devoirs ausquels ils sont tenus, & qu'il puisse établir audit lieu de Lurcy-le-Sauvage un siege de duché-Pairie, sans néanmoins qu'en consequence de la presente érection lesdites terres & seigneuries à present unies en un seul corps de fief, leurs dépendances & annexes, puissent au défaut d'enfans & descendans mâles dudit CharlesEugene de Levis, être par nous, ou par les rois nos successeurs réunis à la couronne, cn consequence des édits, declarations & ordonnances des années 1566. 1579. 1582.

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Registrées, ouy le procureur general du roi , pour jouir par ledit impetrant, ses enfans & descendans mâles nez & à naître en legitime mariage, proprietaires dudit duché & Pairie de Levis, de leur effet & contenu, & être executées selon leur forme & teneur suivant l'arrest de ce jour. A Paris en parlement le vingt deuxiéme fevrier mil sept cent vingt-trois. Signé, GILBERT. Et plus bas est encore écrit :

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ARIE-ANNE, legitimée de France, princesse de Conty douairiere, fit le

8.juin 1698. donation entre-vifs des terres de Chateaux , premiere baronic d'Anjou, dans la paroisse de laquelle est Vaujours, & saint Christophe, premiere baronie de Touraine, avec plusieurs autres terres qui composoient le duché-Pairie de la Valliere, lors de sa premiere érection en 1667. à CHARLES-FRANCOIS de la Baume-le-Blanc, marquis de la Valliere son cousin germain maternel, du consentement du roi Louis XIV. porté par ses lettres patentes du mois de may 1698. registrées au parlement le 4. & en la chambre des comptes le 6.juin de la même année. Il a obtenu au mois de fevrier 1723. des lettres du roi Louis XV. portant erection des mêmes terres en duché-Pairie, sous le nom de la Valliere, pour lui & ses enfans & descendans mâles, registrées au parlement, le roi séant en son lit · de justice pour la declaration de sa majorité, le 22. du même mois. Les pieces qui concernent la premiere érection ont été rapportées ci-devant pages 25. & suivantes. on va rapporter celles qui concernent cette nouvelle érection, aprés lesquelles on donnera la genealogie

des seigneurs , marquis & ducs DE LA VALLIERE , Pairs de France.

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D E L A V A L L I E R E.

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OUIS , par la grace de Dieu, roi de France & de Navarre , à tous presens

& à venir , Salut. , Notre trés-chere & trés-amée fille legitimée Marie-Anne de Bourbon , veuve de feu notre trés-cher & trés-amé cousin Armand-Louis de Bourbon , prince de Conty , nous a remontré qu'elle se trouve entierement hors d'état de disposer des biens qu'elle tient de notre liberalité, ni de partie d'iceux, par la condition de retour à nous & à notre domaine, au cas de son deceds sans enfans, apposée tant dans nos lettres du mois de may 1667. expediées pour l'érection que

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nous fimes alors, en duché-Pairie, des baronies de Chateaux, Vaujours & S. Christophe, que dans celle du mois de mars 1684. par lesquelles nous avons fait don à notredite fille des biens qui nous étoient avenus par la mort de notre trés-cher & trés-amé fils legitimé le comte de Vermandois, & notredite fille desirant de pouvoir faire quelque avantage , particulierement aux personnes qui lui sont les plus proches , elle nous auroit trés-humblement supplié , à l'occasion du mariage que Nous avons agréé de notre cher & bien - amé le sieur Charles - François de la Baume-le-Blanc, marquis de la Valliere , gouverneur & notre lieutenant general en BCurbonnois, avec la demoiselle Marie-Therese de Noailles , fille de notre cousin le duc de Noailles , marêchal de France , de lui permettre de donner audit sieur marquis de la Valliere, en faveur dudit mariage pour lui, ses hoirs, heritiers & ayans cause, lesdites terres & baronies de Chateaux & Vaujours en Anjou, & de S. Christophe en Touraine, réunies sous le titre de terre & seigneuries de la Valliere pour le mettre d'autant plus en état de nous rendre les services qu'il nous doit par sa naislance; & comme les revenus desdites terres sont encore affectez pendant la vie de notre cousine la duchesle de la Valliere , au payement des pensions que nous lui

avons permis , lors de sa profession de religion dans le couvent des Carmelites de

notre bonne ville de Paris, de créer sur lesdits revenus, au profit des personnes employées dans l'état, que nous en avons fait attacher sous le contre-scel, des lettres portant notre consentement à l'établissement desdites pensions. Notre fille la princesse de Conty nous auroit pareillement requis de décharger lesdits revenus du payement desdites pensions, & d'agréer qu'elles soient de même assignées sur les revenus des autres terres & biens qui lui appartiennent. Et d'autant que les considerations qui nous ont excité à donner à notredite fille les premieres marques de notre bienveillance nous portent tous les jours de plus en plus à lui en donner de nouvelles dans toutes les rencontres qui s'en presentent. A ces causes, & autres à ce nous mouvant, de notre certaine science, pleine puissance & autorité royale, nous avons par

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, à tous édits, declarations & autres choses à ce contraires , même à notre édit de

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Registrées, ouy le procureur general du roi , pour jouir par l'impetrant de leur effet & contenu, & être executées selon leur forme & teneur , suivant l'arrêt de ce jour. A

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