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paris en parlement le quatre juin mil six cent quatre-vingt dix-huit Signé, DoNcoIs. avec paraphe.

Registrées en la chambre des comptes , ouy le procureur general du roi, pour jouir par limpeirant de l'effet & contenu en icelles, le six juin mil six cent quatre-vingt dix-huit. Signé, GAMART avec paraphe.

Donation entre-vifs de madame la princesse de Conty, à monsieur le marquis de la Valliere, du duché de la Valliere.

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OUIS, par la grace de Dieu, roi de France & de Navarre , à nos amez &

feaux conseillers les gens tenans notre chambre des comptes à Paris , presidens,

tresoriers generaux de France au bureau de nos finances à Tours, Salut. Voulant Tome V. . E 6

".

ratifier & traiter favorablement notre trés-cher & bien amé le sieur marquis de A
la Valliere,, gouverneur & notre lieutenant general en notre province de Bour-
bonnois. A ces causes, & autres considerations à ce nous mouvans, nous lui avons
donné & octroyé, donnons & octroyons par ces presentes, signées de notre main,
les droits de lods & ventes , quints , requints , rachat , relief & autres droits &
devoirs seigneuriaux qui peuvent nous être dûs & appartenir sur la terre de la
Valliere & dépendances, a cause de la donation qui en a été faite audit fieur mar-
quis de la Valliere par notre trés-chere & trés-amée fille legitimée Marie-Anne
de Bourbon, princesse de Conty , pour par lui jouir & user desdits droits , aux
clauses & conditions portées par notre édit du mois d'aoust 1669. concernant nos
domaines. Si vous mandons que ces presentes vous ayez à registrer , & du con-
tenu en icelles faire jouir & user ledit sieur marquis de la Valliere pleinement &
paisiblement, & rapportant par le receveur de notre domaine ou autre comptable
qu'il appartiendra, les presentes , avec quittance dudit sieur de la Valliere de la
somme a laquelle monteront lesdits droits, nous voulons qu'il en soit tenu quitte &
déchargé en ses comptes par vousdits gens de nos comptes, vous mandant ainsi le
faire sans difficulté : Car tel est notre plaisir. Donné à Versailles le treiziémejour
d'aoust l'an de grace 1698. & de notre regne le cinquante-six. Signé, LOUIS. Et
plus bas par le roi , PHELYPPEAux.

Et à côté est écrir. Registrées en la chambre des comptes , ouy le procureur general du roi, pour jouir par l impetrant de l'effet & contenu en icelles, & prendre lesdits droits par les mains du receveur general des domaines le vingt-neuf decembre mil six cent quatreving ds but Signé, RICHE R.

Erection de la baronié de S. Christophe en Touraine , & autres terres, en duché-Pairie ,

sous le nom de la Valliere, en faveur de Charles-François de la Baume-le-Blanc, marquis de la Valliere.

Du mois de fevrier 1723.

OUIS, par la grace de Dieu, roi de France & de Navarre, à tous presens &

à venir , Salut. Nos prédecesseurs rois & nous avons décoré du titre de duc & Pair de France les personnes illustres qui ont eu cet éclatant honneur, tantôt à cause de l'ancienneté de leur noblesle , ou de leurs hautes alliances , & tantôt à cause de leurs signalez services, ou de ceux de leurs ancêtres , parce que de tels sujets sont toujours inviolablement attachez à maintenir notre couronne , & à soutenir les interêts de l'état, & qu'ils servent de modeles aux autres pour faire d'éclatantes actions, & par-là meriter des recompenses proportionnées à leur valeur,ces avantages se trouvent en la personne de Charles-François de la Baume-le-Blanc , chevalier, marquis de la Valliere, gouverneur, lieutenant general & grand senechal de notre province de Bourbonnois , lieutenant general de nos armées , ci-devant mestre de camp general de la cavalerie legere de France. C'est pourquoi nous ne pouvons mieux faire que de l'honorer du titre éminent de duc & Pair de France. Il fut choisi entre la haute noblesse de France par le feu roi notre trés-honoré seigneur & bisayeul en 1698. pour être menin de notre ayeul, en 1711.pour être menin de notre pere, alors l'un & l'autre dauphins. Le même roi qui sçavoit par plusieurs experiences sa capacité, sa sage prévoyance, sa vigilance, sa valeur à la guerre, & que toutes ses hautes & rares qualitez lui sont naturelles, comme à ses ancêtres, lui fit l'honneur de le nommer pour commander la cavalerie de l'armée que notre pere devoit avoir en Flandres en 17o8. les signalez & continuels services dudit sieur marquis de la Valliere, depuis qu'il les commença jusqu'à la derniere paix de 1714. sont si connus de tous nos sujets, que nul d'eux ne lui refuse à cet égard la justice qu'il lui doit. En effet, ce qui en sera dit ici succinctement ne sera que pour la posterité. Aprés avoir été mousquetaire du roi , il fut en 1688. capitaine de cavalerie dans Girardin , en 1692. mestre de camp d'un regiment de cavalerie de son nom, en 17o4. pour recompenses de ses actions de valeur à la bataille d'Hochtet ( où aprés avoir chargé & repoussé l'ennemi jusqu'à sept fois differentes à la tête de sa brigade & d'autres troupes qu'il r'allia, avoir eu un cheval tué sous lui, & avoir reçu sur la tête plusieurs coups de sabre, & dans ses habits des coups

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A de feu, il fut fait prisonnier les armes à la main ;) le feu roi lui donna la charge de commissaire general de la cavalerie legere de France, le fit marêchal de camp & l'échangea contre un officier general ennemi, en 17o9. lieutenant general, & en 1713. mestre de camp general de la cavalerie legere de France. Il a commandé, ou en Flandres ou en Allemagne, la cavalerie des armées qui y ont servi depuis 17o7. jusqu'à la derniere paix de 1714. Pendant les 36. années qu'il a servi, il s'est trouvé aux batailles de Stafarde , de Stinkerque & de Nerwinde, de Spire , d'Hochtet, de Malplaquet & de Denain ( à ces dernieres commandant la cavalerie ) & aux sieges de Namur, de Charleroy, d'Ath, de Kell, de Brisac, de Landau premier siege, de Douay, de Bouchain, du Quesnoy , & de Landau deuxiéme siege ( à ces derniers montant la tranchée comme officier general.) Sa maison qui est des plus anciennes d'entre la noblesse de Bourbonnois, & qui vers la fin de l'an 14oo. s'est transplantée en Touraine au château & seigneurie de la Valliere, nom sous lequel depuis B elle a été connuë, a produit des grands personnages, entr'autres des ancêtres de notre trés-cher & bien amé le marquis de la Valliere, dont il descend de mâle en mâle, & de meres, toutes d'ancienne noblesle, & de ceux de sa maison qui ont rendu de signalez services à l'état ou qui ont fait de grandes alliances, sont Perrin I. qui fut homme de valeur & de distinction à la guerre , & qui à cause de son château & de sa seigneurie de la Baume, paroisse d'Aveudre sur l'Allier en Bourbonnois, fit sa foi & hommage l'an 1 3o I. au seigneur de Clermont , comme époux de la dame de Bourbonnois, par laquelle foi & hommage inserée au feuillet 9o. verso d'un registre couvert de bois, qui est dans la chambre des Comptes des ducs de Bourbonnois à Moulins , il C est qualifié damoiseau. Jean & Henry ses fils qui furent executeurs du testament de | Philippes de Bussy, sont aussi qualifiez damoiseaux par l'acte du 1o. decembre 1354. | (Guichenon, histoire de Bresse , en fait mention. ) Perrin deuxiéme, fils de Jean, aussi homme de guerre, jura sa foi & hommage au duc de Bourbonnois le 8 janvier 141o. pour les mêmes château & seigneurie de la Baume. Perrin troisiéme qui sous le regne de Charles VII. étoit gouverneur des châteaux d'Aveudre & de Chaudes-Aigues, fut chargé de la défense de toute la province de l'Allier, depuis le port Barreau jusqu'à Bec d'Allier, dans les temps que les Anglois & les Bourguignons tenoient les châteaux & les pays de la Ferté, de saint Pierre le Moutier, de Nevers, D de Meaux, de Cuffy & de la Charité; laquelle frontiere il garda & défendit si valeureusement que les ennemis ne purent rien entreprendre sur lui, qui au contraire les défit en une action , quoiqu'il fut inferieur en nombre à eux; il eut tant comme ancien noble, que comme chef experimenté à la guerre, le commandement de la noblesse de son pays de Bourbonnois , & lorsque Charles VII. envoya une armée à Aveudre aux ordres du comte de Montpensier & de la pucelle d'Orleans, il commanda l'avant-garde de l'armée qui alla à saint Pierre le Moutier, avec laquelle avantgarde il donna un tel assaut en arrivant devant cette ville, qu'il gagna le boullevard de la porte de S. Babille, & la força à se rendre au roi, dans laquelle ville il entra avec la pucelle d'Orleans par la porte de Bourbonnois, enfin il secourut d'hommes & de vivres l'amiral de Culant, qui assiegeoit Cuffy suivant la lettre qu'il lui en écriE vit, dattée devant cette place le 4 juin 1425. laquelle lettre & une autre que lui ccrivit Marie de Berry , duchesse de Bourbonnois & d'Auvergne , le s. du même mois de juin 1425. pour qu'il empêchât le transport des bleds & autres vivres qu on faisoit sortir alors de Bourbonnois, avec lesdites foi & hommage de 13o I. & de 141o. & les preuves des deux côtez des chevaliers de Malte. Jacques-Guy & François de la Baume-le-Blanc de la Valliere des . .. . & quatorze avril 1625. sont parmi les titres de noblesse de notre trés-cher & bien-amé le marquis de la Valliere. Ce Perrin troisiéme épousa Jeanne d'Autour fille du seigneur de Nesle, d'ancienne noblesle de Bourbonnois; leur fils aîné Jean premier & leur petit-fils Jean deuxiéme furent aussi avec distinction gouverneurs des châteaux d'Aveudre & de Chaudes-Aigues Guillard neveu de Jean premier, se signala en plusieurs rencontres , particulierement à la bataille de Marignan où il combattit prés du sieur de Roye qui y fut tué. Laurent fils d'autre Laurent, seigneur de Choisy & de la Valliere, fut tué au siege d'Ostende. Charles seigneur de la Gasserie, fut tué au siege de Spire. François de la Baumele-Blanc de la Valliere, chevalier de Malte, marêchal des camps & armées , gouverneur des ville & château de Fleix en Catalogne, mestre de camp d'un regiment d'infanterie de vingt compagnies, & capitaine d'une compagnie de chevaux legers, s'est signalé en beaucoup d'occasions, & lorsqu'il fut tué au siege de Lerida, il étoit nommé lieutenant general & pour commander l'armée de Catalogne aprés le depart de monsieur le prince qui devoit revenir en France. Louis seigneur de Boille, fut tué au siege de Damvilliers. Gilles fut évêque de Nantes; ces quatre derniers étoient

fils de Jean & de Françoise de Beauvau , & grands oncles dudit sieur marquis de la Valliere , Laurent III. marquis de la Valliere, baron de la Maisonfort, gouverneur d'Amboise, son ayeul, commandant la Mestre de camp general de la cavalerie , sou

tint au passage de Bray tout l'effort des ennemis , par-là il favorisa la retraite de

l'armée. Il rompit à la journée d'Avein le bataillon du general Lamboi. Les batailles

de Sedan & de Rocroy ont rendu son nom illustre , & le château d'Amboise a .

prouvé sa fidelité. Il épousa Françoise le Prevot, fille de Jean Chevalier, seigneur

de la Coutelaie, de la Riviere, de la maison du Plessis-au-Prevot , feu Jean-Fran

çois, marquis de la Valliere son pere, gouverneur & grand senechal de la province

de Bourbonnois, capitaine commandant les chevaux-legers de Monseigneur le Dau

phin notre ayeul , & marêchal des camps & armées , a donné des preuves d'une

haute valeur & d'une sage conduite à la guerre, dans les commandemens des troupes,

tant en Hollande les années 1665. & 1 666. qu'en Berry & Nivernois & en Bour

bonnois les années 1674. & 1675. étant mort en 1676. peu avancé en âge. Les

rares qualitez du feu marquis de la Valliere lui procurerent l'honneur des bonnes

graces & de la confiance du feu roi , le feu marquis de la Valliere avoit épousé Gabrielle Glé , comtesse de la Cottardaie, barone de Becherel, &c. d'une grande mai

son de Bretagne, elle fut dame du Palais de la Reine notre trés-honorée bisayeule ; ·Louise de la Baume-le-Blanc de la Valliere, fille de Jean & de Françoise de Beauvau, épousa Charles de Beauvau , marquis de Rivarennes , ledit Jean seigneur de

la Valliere & de la Gasserie , de Boisse , de Montreuil & de Reugny , baron de

la Papelardiere, dite Maisonfort, gouverneur d'Amboise & de Tours, & sa femme

| Françoise de Beauvau , sont le bisayeul & la bisayeule dudit fieur marquis de la Valliere, ils le sont aussi de notre trés-chere & trés-amée tante la princesse de Conty

premiere douairiere , à cause de notre cousine Louise-Françoise de la Baume-le

Blanc, duchesse de la Valliere sa mere, tante paternelle dudit sieur marquis de la

Valliere, en faveur de laquelle notredite cousine la duchesse de la Valliere, le feu roi érigea au mois de may 1667. les grandes terres des baronies de S. Cristophe,

premiere de la Touraine, de Chateaux, premiere d'Anjou , & de Courcelle aussi en Anjou, avec leurs seigneuries, circonstances & dépendances , pour ne faire qu'un seul corps & une seule terre au titre & dignité de duché & Pairie de France, sous le nom de la Valliere, lequel duché a subsisté jusqu'en l'année 1698. que notre tréschere & trés-amée tante la princesse premiere douairiere de Conty en a fait donation entrevifs par confentement du feu roi porté par ses lettres patentes du mois de may de la même année 1698. enregistrées tant en notre parlement qu'en notre chambre des comptes les 4. & 6. juin suivant, audit sieur marquis de la Valliere, qui a l'honneur d'être son cousin germain maternel, en faveur de son mariage avec dame MarieTherese de Noailles, dame du palais de la dauphine notre mere , fille de feu notre trés-cher & bien-amé Jules duc de Noailles , Pair & marêchal de France, commandeur de nos ordres , premier capitaine de nos gardes du corps , gouverneur de Roussillon, general de nos armées , & de notre trés-chere & amée cousine MarieFrançoise Princesse de Bournonville, à present duchesse & maréchalle de Noailles. Par les considerations de ce que dessus , mais principalement pour commencer à continuer par nous les mêmes marques d'amitié , d'estime & de consideration que le feu roi avoit justement pour notredite tante la princesse premiere douairiere de Conty & les prouver à la posterité, nous estimons devoir faire revivre ledit duché & Pairie de la Valliere en la perfonne de sondit cousingermain maternel ledit sieur marquis de la Valliere. A ces causes, de l'avis de notre trés-cher & trés-amé oncle le duc d'Orleans regent , & de notre grace speciale , pleine puissance & autorité royale, Nous avons rétabli, & par ces presentes signées de notre main, retablissons l'union ci-devant faite des terres & baronies de S. Christophe en Touraine, Châteaux & Courcelles en Anjou, fiefs & seigneuries en dépendantes, lesquelles en tant que besoin seroit, Nous avons unis & unissons pour ne composer à l'avenir qu'un seul & même corps de terre que Nous avons rétabli, & de nouveau créé & érigé, & par cesdites presentes créons & érigeons en titre, nom, dignité & prééminence de duché-Pairie, voulons qu'elle soit dorénavant appellée duché & Pairie de la Valliere, pour par ledit Charles-François de la Baume-le-Blanc de la Valliere, ses enfans & descendans mâles nez & à naître en legitime mariage , proprietaires dudit duché-Pairie de la Valliere, jouir du nom, titre, qualité & dignité de duc & Pair - de France,

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