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voirs qu'ils lui doivent en ladite qualité, & pour exercice de la jurisdiction dudit duché

À duché notredit cousin pourra établir un siege ducal dans ledit lieu de Boufflers, dans

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parlement & chambre des comptes à Paris, & autres nos justiciers & officiers qu'il

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LETTRES D'ERECTION D U DU CH E D E B O U F F L E RS EN PA I R I E, - en Decembre mil sept cens huit

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OUIS, par la grace de Dieu, Roy de France & de Navarre : A tous presens

& à venir, Salut. Les longs, continuels & importans services qu'auroit commencé à Nous rendre & à notre état dés l'année mil six cent soixante & trois, notre trés-cher & bien-amé cousin Louis-François de Boufflers, marêchal de France, chevalier de nos ordres, & de la toison d'or, Nous auroient portez à les reconnoître par des emplois & dignitez considerables, que Nous aurions augmentez à mesure que ses genereuses actions l'ont meritées, jusqu au point d ériger par nos lettres patentes du mois de Septembre mil six cent quatre-vingt quinze , sa terre de Cagny, située en Beauvoisis mouvante de Nous, ensemble celles de Bonnieres, Haucourt, Urocourt, Buicourt, & le tiers de la Chastellenie de Milly, en duché, sous le nom de Poufflers, pour par lui & ses descendans mâles en ligne directe , nez & à naître en loyal mariage , joüir à pcrpctuité, comme proprietaires dudit duché des

Tome V. T

titres, honneurs, dignitez, rangs, prérogatives , prééminences & privileges qui y A appartiennent , tout ainsi qu'en jouislent les autres ducs dc notre royaume ; les effets qu'ont produit ces honneurs & dignitez en la personne de notredit cousin, ont assez marqué combien il les meritoit , puisqu'il a toujours continué à Nous donner des nouvelles preuves de son zele. Au commencement de l'année mil six cent quatrevingt scize, Nous lui donnâmes le commandement en chef de notre armée sur la Meuse , pour défendre les villes de Dinan & de Charleroy que les alliez avoient resolu d'assieger , il s'acquitta de cette commission avec tant d'exactitude qu'il sçut rendre leurs projets inutiles, quoiqu'ils eussent rassemblé toutes leurs forces de ces côtez, sous le commandement du prince d'Orange, du Landgrave de Hesle, du prince de Vaudemont, des generaux de Brandebourg , de l'électeur Palatin, de l'évêque de Munster, & autres alliez ; & avec une armée beaucoup inferieure en nombre à B celle des ennemis, il finit aussi avantageusement cette campagne, que nous le pouvions desirer, & ayant resté pendant l'hyver sur la frontiere, il continua de Nous y servir trés-utilement : au commencement de l'année mil six cent quatre-vingt dix-scpt ayant resolu de faire le siege de la ville d'Ath , & ayant formé pour ce deslein trois armées, deux desquelles devoient observer les ennemis, pour s'opposer au secours qu ils voudroient donner à cette place, les marches promptes , hardies & concertées de notredit cousin qui en commandoit une, rendirent leurs desseins si absolument inutiles, que la ville d'Ath fut obligée de capituler , notredit cousin s'étant ensuite avancé avec l'armée qu'il commandoit prés de Bruxelles, les ennemis qui s'y rassemblerent sous le commandement du prince d'Orange avec toutes leurs forces, se trouverent C comme assiegées dans les dehors & sous le canon de cette place. Pour lors le prince d Orange & ses alliez, voyant qu'ils ne pouvoient plus soutenir une guerre qui leur étoit aussi desavantageuse, & prenant sa resolution de nous demander la paix, resolurent de la traiter avec notredit cousin, comme sur l'avis qu'il nous en donna nous lui envoyâmes les pouvoirs necessaires. Il commença les conferences qui produisirent le traité de Riswick, qui quelque temps aprés fut signé & executé. En 1 698. Ayant resolu d'assembler une armée considerable à Compiegne, pour donner à notre petit-fils le duc de Bourgogne les premiers élemens de la guerre, Nous crûmes ne pouvoir faire un meilleur choix , pour le commandement de cette armée , & pour instruire par consequent notre petit-fils, que de notredit cousin , il repondit en celaà D notre attente par l'ordre & la discipline qu'il fit observer à toutes les troupes pendant la durée du camp, la justesse des mouvemens & la magnificence avec laquelle il soutint cet emploi. La mort dc Charles II. roy d Espagne étant survenuë le premier Novembre mil sept cent, & son testament en faveur de notre petit-fils le duc d'Anjou , comme Nous connûmes de quelle importance il étoit de s'assurer pour lui des places des pays-bas Espagnols, & de prévenir les desseins des Hollandois qui les occupoient, Nous jettâmes les yeux sur notre cousin pour la conduite & l'execution d'une entreprise si importante , l'effet répondit à nos projets , & notredit cousin concerta si bien toutes choses, qu'en une même nuit , qui fut celle du six Fevrier E mil sept cent un, il fit occuper pour notre petit-fils le roy d'Espagne les places de Lu embourg , Namur, Charleroy, Mons, Ath, Oudenarde, Nieuport & Ostende, aprés un si grand service, & si utile pour les deux couronnes, notredit cousin s'étant rendu par nos ordres dans les pays-bas Espagnols , il a continué de Nous y servir avec le même zele & la même utilité dans tout ce qu'il y a eu de plus capital & de plus important, ayant contribué par ses soins à rétablir dans les pays-bas l'autorité du roy d'Espagne entierement anéantie, à mettre sur pied une armée de quarante mille hommes qui étoit réduite à trois mille cinq cens, lors de l arrivée de notredit cousin, à reparer les places la plûpart ouvertcs & insultables, à les munir de provisions F de guerre & de bouche, & à fermer contre les Hollandois tout le pays depuis la mer jusqu'à la Meuse par des lignes fortifiées. En l'année 17o2. ay ant jugé à propos de mettre notre petit-fils le duc de Bourgogne à la tête de notre armée dans le pays de Gueldre, Nous en donnâmes sous lui le commandement à notredit cousin , il s en acquitta si parfaitement, qu'il contribua a la gloire que s'acquit notre petit-fils, en poussant l'armée des Hollandois jusques sous les murailles de Nimegue, dans laquelle action les ennemis perdirent plus de douze ou quinze cens hommes , & plus de quatre cent chariots de leur artillerie & de leurs bagages. En l'année mil sept cent trois , les Etats generaux ayant assemblé deux armées considerables dans les idées qu'ils s'étoient formées de conquerir entierement les pays-bas Espagnols, & d'y faire reconnoître l Archiduc comme roy d Espagne , Nous jugeâmes à propos de former

en Flandre deux armées , de l'une desquelles Nous donnâmes le commandement à A

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& Pair de France , aux mêmes honneurs , noms , droits , dignitez, preéminences que les autres duchez & Pairies : Voulons & Nous plaît que ledit duché-Pairie de Boufflers , ses appartenances & dépendances, ensemble les deux tiers de la terre de Milly, qui étoient dépendans de notre domaine, que Nous avons échangez avec plusieurs heritages qui lui appartenoient dans notre parc de Versailles, & les terres & seigneuries d'Urocourt , tant pour ce qui étoit de l'ancien domaine de notredit cou

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