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Khourchid tourne ses armes contre Souli. - Prise de Régniassa.
-Douleur des Souliotes. - Puuitionde deux de leurs capi-
taines._ Plan de défense des Grecs. --'Affaire'du ag mai. ._.
Combat du äm-Anxiétés des chrétiens. --Combat du 31 ; ils
perdent leurs positions. - Prise du village de Souli par les
Turcs; - ils sont repoussés à Samonivaæ Traits particuliers
d’audace. - Fidélité admirable d’un vieux-Osmanli. - Ma-
nière de combattre des parties belligérantes. _. Choc du
1°’ juin. +Arrivée de Khourchid’ à Parmée. ’-’Négociations
--Assaut du- 7 juin. -- Résolution terrible des Souliotesf-
Courage de leurs femmes, --- qui sbrganisent militairement.
-- 10 juin, reprise des hostilités. -1a juin, victoire desGrecs;
-- s’emparent du cheval de bataille d’Omer Brionès; - ses
regrets. -Injures mutuelles des combattants. -Déroute des
Turcs. -- Osmanlis prisonniers. - Retour de Khourchid à
Janina. L- Son entrevue avec Parchevéque Gabriel. »- Son
départ et son arrivée à Larisse.

La ciel avait exaucé les vœux des guerriers de la
Selleide. Rassuré par la promesse que le lord haut
IV. y I

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commissaire des îles Ioniennes, Thomas Maïtlantl , lui avait donnée (Yempêcher les vaisseaux d’approcher des côtes de l’Épire et de l’Acarnanie, Khourchid s’était décidé à attaquer Souli avant de se porter contre la Morée; et pour régulariser ses opérations, il résolut de s’emparer de Régniassa ( 1).

C’était le point principal de communication des Souliotes avec les Hydriotes; il n’y avait pour le défendre qu’une tout qui renfermait une garnison de cinquante-trois soldats, commandés par les capitaines Perevos, Costas Timolas et Kitzos, contre lesquels on envoya un corps de quatre mille hommes, sous la conduite d’Achmet Brionès, neveu d’()mer pacha. Il avait ordre d’employer la voie des armes ou de la corruption afin de se rendre maître de Régniassa; et comme les chrétiens n’étaient pas assez nombreux pour venir à sa rencontre, il les attaqua avec deux pièces de campagne qu’il traînait à sa suite. Les assiégés firent bonne contenance; mais après quelques combats dans lesquels il y eut du côté des Turcs douze soldats tués et trente blessés, Achmet Brionès ayant parlé dïargent, les Souliotes, qui n’avaient perdu qu’un seul homme , manquant d’eau à cause du mauvais état des citernes, consentirent à traiter. Ils dictèrent la capitulation. Elle portait qu’ils recevraient quarante mille piastres turques pour solde de leurs services pendant le siégé de Janina, et qifils rentreraient à Souli avec armes et bagages.

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Ces conditions furent acceptées. Ils partirent. Ils livrèrent un poste qu’ils avaient juré de défendre jusqu’à la mort, sans que les tombeaux de ces’ fem-e mes généreuses qui s’ensevelirent sous les ruines de la tour de Régniassa en 1802 (I), pour se dérober à lîgnominie de tomber au pouvoir des Turcs, réveillassent en eux aucun sentiment de gloire.

Q MEFA ÏIENOOÉ ÉEAAAIQN, Q THÉ AHEI‘. PQTANI ó douleur des Souliotes.’ ô terre d’Épire.’ s’écria le polémarque Nothi Botzaris, en recevant la lettre qui lui donnait avis d’une pareille transaction. Il fait défendre à la garnison de Régniassa, qui se trouvait au pont de l’Achéron, de monter à Sainte-Vénérande. Il envoie en même temps un détachement de palicares pour la désarmer; Costas Timolas et Kitzos sont mis aux fers, leurs maisons sont peintes extérieurement en noir depuis les combles jusqu’aux fondements, en signe de deuil. Les femmes s’arrachent les cheveux en demandant le divorce. Comment, disaient-elles, nous pré senter à l'avenir devant nos compagnes P De quel front pourrions-nous soutenir leurs regards? Qui d’entre nous oserait aller aux citernes, où nous ne serions admises qzfavec dédain à puiser de l ’eau (a)? Assises aux derniers rangs dans les églises. du Seigneur, délaissées comme des lépreuses et des ex:

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(1) Voy. liv. I, ch. v de cette Histoire.

(z) Lïlsage voulait que les femmes des Souliotes qui s'étaient déshonorés par quelque acte de lâcheté, ne fussent. admises que les dernières à puiser de l'eau aux fontaines publiques, et elles devaient céder pa-rtotit le pas aux épouses des braves.

co/nrnuniées, qui nous donnera le salut de paix?

Malheureuz! s’écriaient les pères des Souliotes qui avaient capitulé, nous avons trop vécu. Em-_ portées par leurs transports, quelques mères , tant leur douleur était véhémente, necraignirent pas de découvrir à leurs lâches enfants le sein qui les avait engendrés. Opprobre de ma vieillesse, si tu pouvais rentrer dans ces flancs qui font porté, s’écria une

d’elles, je te pardonnerazls, dans Pespoir gu’en te

donnant une seconde fiiis la vie , tu renaîtrais peutëtre à Ï/zonneur. Meurs donc, ou fais-toi Turc. Il ne te reste qzfun de ces partis à prendre.’ Et les enfants, fondant en larmes , demandaient des armes pour réparer Youtrage fait à leur nom. Jamais affl-iction plus générale et plus profonde ne fut répandue dans les montagnes de la Selleîde.

Deux jours entiers s’éconlèrent sans que les guerriers, plus malheureux que coupables d’avoir cédé à quatre mille barbares, reçussent de consolation que de la part des ministres du Dieu de clémence, qui leur apportaient secrètement de quoi subsister aux bords’ de l’Achérou, où on les avait- laissés privés d’armes et de nourriture. Leurs plaintes pénétrèrent jusque dans la forteresse de Sainte-Vénérande, où elles furent portées par les prêtres, devenus leurs avocats auprès du polémarque et du conseil des vieillards. Des larmes monillèrent les yeux des vieillards qui étaient tous d’anciens soldats, couverts d’honorables cicatrices. Costas Timolas et Kitzos furent relégués dans des lieux solitaires, Vaffaire de Perevos, regardé comme étran

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