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cessiter l'impression parallèle de deux leçons différentes. Ce signe, que le lecteur ne doit pas prendre pour un indice de renvoi, rappelle seulement que si le traducteur s'est écarté de la leçon traditionnellement admise, il l'a fait à bon escient.

Enfin, l'on a conservé dans le texte même de la version, entre crochets [ ], deux récits trop étendus pour figurer comme simples variantes, et une doxologie trop solennelle par son origine biblique et sa connexion immemoriale avec la prière du Sauveur, pour qu'il eût été convenable de la déplacer brusquement (Marc, XVI, 9-20; Jean, VII, 53 — VIII, 11; Matth., VI, 13).

Comme toutes les versions publiées par l'Église de Genève, celle de M. Oltramare est accompagnée de sommaires et d'indications analytiques propres à faciliter l'intelligence du texte sacré. Malgré tout le respect auquel a droit le sentiment pieux au nom duquel on a souvent proscrit des secours de ce genre, la Compagnie, appelée à se prononcer sur cette question, n'a pas cru devoir sacrifier un intérêt réel d'instruction et d'édification à un scrupule qu'elle ne partage pas. Elle ne peut admettre que l'autorité et la dignité des Livres Saints soient compromises par l'adjonction d'un apparat auxiliaire qui apprend aux lecteurs à les expliquer par eux-mêmes, et dans lequel la science humaine n'intervient que pour mettre en relief la grandeur et la beauté du programme rempli par les auteurs inspirés.

Ces particularités ne sont pas les seules dont on demandera compte à l'auteur de cette version. Élaborée à une époque où de nouveaux principes de traduction se sont fait jour dans la haute littérature, et où les imperfections inhérentes à des travaux antérieurs du même genre provoquent des exigences nombreuses et souvent contradictoires, elle ne pouvait échapper à la nécessité d'être originale. Elle devait répondre aux progrès de la science et à d'intimes besoins d'édification, satisfaire les âmes qui ne demandent que l'exacte transmission de la pensée biblique, et se recommander aux esprits qui ne sont attirés vers le fond des choses que si la forme ne les rebute pas. — Le traducteur s'est-il acquitté parfaitement de cette tâche incalculable ? N'a-t-il jamais rencontré d'insurmontables écueils ? -Des juges désintéressés dans la question prononceront avec plus d'autorité que nous. Ce que nous pouvons dire, comme témoins de son travail, c'est qu'il n'a jamais cessé d'affronter les difficultés avec l'énergie de la persévérance et les ressources d'un savoir incontesté. Il s'est rapproché du littéralisme absolu sans viser à l'obtenir au détriment de la clarté, et, tout en sentant comme les traducteurs de 1805 et de 1835 l'importance d'une diction correcte, il n'a pas craint de chercher un style populaire. En s'imposant le devoir d'une fidélité sévère, il n'a pas estimé que la version la plus fidèle dût être celle qui conserve des tournures hellénisantes, qui fait ressortir à tout prix l'étymologie et perpétue dans un idiome vivant des locutions surannées. Il s'est dit que le droit et le devoir du traducteur qui a cru comprendre des termes mystérieux aujourd'hui, lumineux il y a dix-huit siècles, c'est de rendre aussi clairement que possible le résultat net de ses recherches consciencieuses. Ainsi, sans empiéter sur le domaine de la critique ou de l'apologie, et nous bornant à constater des faits, nous pouvons offrir à notre Église le travail de notre collègue,comme une cuvre de progrès dans le champ des études bibliques. Il a fait briller dans les profondeurs de l'enseignement apostolique des clartés qu'il fallait péniblement découvrir au moyen des commentaires. Sans avoir eu besoin de paraphraser le texte sacré, il a jeté du jour sur des passages obscurs en faisant saillir la chaîne des raisonnements et la continuité du mouvement oratoire. Enfin il s'est efforcé d'animer sa diction du souffle de vie qui circule dans les écrits du Nouveau Testament, et qui atteste simultanément les émotions personnelles des hommes de Dieu, et l'inspiration qui sanctifiait leur parole puissante.

Que le Seigneur daigne agréer cette cuvre comme un témoignage rendu à la gloire de son Évangile dans une Église qui lui est redevable de tant de bénédictions ! Que cette version nouvelle réveille l'attention d'une génération trop distraite par les choses qui passent! Qu'elle lui montre la source de vie et qu'en popularisant les résultats d'une science pieuse et progressive, elle conduise les âmes à la vérité éternelle !

Genève, 1er mai 1872.

EXPLICATION DES SIGNES

T. R. désigne le texte publié par les Elzévirs, appelé vulgaire

ment « Texte Reçu. » (*) indique que le traducteur a abandonné le Texte Reçu. Ce

dernier est noté au bas de la page, quand la différence des

textes a quelque valeur. < ..... Les guillemets avec lettres italiques indiquent une cita

tion de l'Ancien Testament.

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