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GRAMMAIRE

PAR

88969

MM. NOËL ET CHAPSAL

д

NOUVELLE ÉDITION
REVUE, CORRIGÉE ET MISE EN RAPPORT AVEC LES NCUVEAUX PROGRAMMES

DE L'ENSEIGNEMENT DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES

LRS COLLÈGES ET LES LYCÉES.

COURS SUPÉRIEUR

Ouvrage inscrit sur la liste des livres fournis gratuitement

par la Ville de Paris à ses écoles.

PARIS
AU DÉPOT, 26, RUE DES GRANDS-AUGUSTINS
A. PIGOREAU

HACHETTE ET Cie
13, QUAI CONTI, 13

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
E. RORET

DELALAIN FRÈRES
63, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 63

58, RUE DES ÉCOLES, 58
CH. DELAGRAVE, RUE SOUFFLOT, 15

1886
Tous droits réservés

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C'est en 1824 que parut la première édition de la grammaire Noël et Chapsal. Tout le monde connaît l'immense succès de cet ouvrage : plus de 200 éditions l'ont établi et consacré.

De grandes réformes ont été apportées à l'enseignement grammatical dans ces dernières années. Héritier du nom et des @uvres de M. Chapsal, je tiens à continuer ce succès et à le justifier : j'ai donc demandé à un membre de notre Université de revoir et de compléter l'oeuvre tout entière de M. Chapsal.

J'espère que MM. les professeurs de nos divers établissements d'instruction publique et libre voudront bien reconnaître que

le cours de grammaire que nous leur présentons est à la hauteur des exigences de l'enseignement actuel.

E. CHAPSAL.

Tout exemplaire non revêtu de ma signature sera réputé contrefait.

6

PRÉFACE

DIRECTIONS PÉDAGOGIQUES

UTILITÉ DE L'ÉTUDE DE LA GRAMMAIRE

MÉTHODE A SUIVRE

a

On a dit beaucoup de mal, dans ces dernières années, de l'enseignement de la Grammaire: Plus do grammairo, plus do dictéos, plus d'analyso! Tel était le cri de guerre des prétendus novateurs.

La leçon de grammaire, si on la tolérait parfois encore, devait être donnée « occasionnellement », à propos d'une lecture, ou d'une question soulevée par les élèves eux-mêmes.

Le résultat de cette déplorable campagne ne se fit pas longtemps attendre.

Un de nos meilleurs inspecteurs primaires, M. Trouillet, relevant avec tristesse les fautes grossières qu'il rencontrait dans les copies de nos élèves ou des candidats à nos divers examens, écrivait il y a peu de temps:

Je recevai... je vivai... j'ai arrivé... que je voulasse... ils faisent... il pleuva... Nous en sommes venus à négliger l'étude des verbes, de la conjugaison, qui est l'âme des langues. L'analyse aussi a disparu, et voici nous article contracté, troisième personne du singulier.

» La grammaire se cache, et nous n'obtenons plus de définitions exactes, précises, catégoriques. Et les cinq fautes du certificat d'études, qui paraissent si anodines, tuent les trois quarts de nos candidats...

» Voici ce que je trouve encore dans des devoirs de style : Nos livres de lecture dans lequel... Les principaux livres de lecture après l'Histoire de France est le Maurice... Je vais prende le mauvais air... Le manchon de la charrue... Nos pauvres petites mains, ils sont rouge... L'école, alle est neuve... On s'avait aperçu... Les aufs, ils étions trop chers... (1).

M. l'inspecteur général Anthoine, dans un de ses derniers

(1) L'Instruction primaire, journal d'éducation pratique, 4° 50, du 14 août 1881, .

;

rapports à M. le Ministre (1), s'exprime à son tour en ces termes :

« On a peut-être trop médit de la grammaire, ou les maîtres ont pris trop à la lettre les paroles qui ont retenti à ce sujet. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on trouve aujourd'hui peu d'élèves qui soient capables de se reconnaître dans une phrase française, de distinguer quels sont les inots qui la composent, comment se groupent ces mots, quels rapports les unissent, quels rôles ils jouent. On s'est beaucoup moqué de l'importance que prenaient dans nos écoles les règles relatives aux participes passés; le meilleur moyen de s'en tirer vite et bien n'est-il pas encore de savoir où est le sujet, le complément direct, le complément indirect, si le verbe est transitif ou intransitif, ou, si l'on aime mieux, actif ou neutre? D'une part beaucoup de temps est donné, les concours l'exigent, aux exercices d'orthographe; les dictées sont fréquentes et souvent longues; mais il n'y a pas seulement une orthographe d'usage qui s'apprend par l'usage, à force de voir et d'écrire les mots; il y a une orthographe qui naît de règles et s'explique par des règles; comment la posséder si l'on ne possède pas les règles? Beaucoup de temps, d'autre part, est également donné, les concours l'exigentencore, aux exercices de rédaction, pour me servir du nom qui leur est ici attribué officiellement. On veut amener l'enfant à exprimer ses pensées, à écrire : cela est excellent; mais on écrit avec des phrases, avec des mots. Comment faire entendre à cet enfant que sa phrase n'est pas correcte, s'il n'a pas l'idée de ce qu'est une phrase, de la manière dont elle se compose et se construit ? Comment critiquer et corriger les mots qu'il a employés, si à l'avance il n'a été habitué à se préoccuper du sens des mots, de leur valeur, de leur plus ou moins de justesse ? Je ne voudrais rien dire d'excessif, mais je demande qu'il soit entendu que ces exercices, exercices d'orthographe, exercices de rédaction, qu'on a l'air d'isoler, se tiennent par un lien très étroit, qu'ils ont même matière, la langue française; que, pour mener à bien les uns et les autres, la voie la plus sûre et la plus prompte est l'étude intelligente et raisonnée de la langue française ; que cette étude enfin, sans laquelle il n'y a pas de véritables progrès, de véritable développement de l'esprit, doit être l'objet d'une attention toute particulière (2). D

Les plaintes sont unanimes, et pour tous les ordres d'enseignement.

Dans sa circulaire aux Recteurs, du 4 novembre 1882, relative

(1) Rapports d'Inspection générale de l'Académie de Paris (1880). — Imprimerie nationale.

(2) Le P. Lamy, de l'Oratoire, à propos de ce moyen d'apprendre les langues par l'usage, comme Montaigne avait appris le latin, remarquait déjà que « par lo moyen d'une grammaire bien faite on apprend en un inois ce qu'on ne découvrirait qu'après une étude de plusieurs années ».

å l'application du plan d'études du 2 août 1880, pour les lycées et collèges, voici ce que dit M. le Ministre:

« Il ne faudrait pas que, par leur attrait même, les études scientifiques des classes élémentaires fussent un obstacle à la culture littéraire, plus délicate sans doute, plus intime, mais un peu aride à ses débuts, et dont le haut intérêt ne se révèle que par un long exercice. Villez donc à ce que partie littéraire et même grammaticale de notre enseignement élémentaire ne soit point masquée et offusquée par un développement exagéré de l'élément scientifique. L'étude des langues, du français en particulier, qu'on a trop longtemps négligė, peut aussi offrir un haut intérêt...)

Nous avons donc pensé que le moment était opportun pour faire paraître une édition nouvelle d'une grammaire qui a eu autrefois un très grand succès: La grammaire Noël et Chapsal.

Les trois volumes du cours primitif (Abrégé de la grammaire française, – Nouvelle grammaire française, Syntaxe française) ont été entièrement refondus, et mis, tous les trois, au courant des nouvelles méthodes d'enseignement grammatical.

A ces trois volumes nous avons cru devoir ajouter un cours supérieur complémentaire.

* * *

Le Cours élémentaire est un cours d'initiation, en rapport exact avec les programmes du 27 juillet 1882 et avec ceux qui ont été adoptés pour les écoles de la Ville de Paris et dans la plupart des académies de France.

Nous n'avons pas oublié que les élèves de ce cours sont de tout jeunes enfants, qui apprennent ou viennent d'apprendre à lire et à écrire.

« Ce qu'il faut, disait en 1875 la Commission instituée à Paris pour l'examen des grammaires proposées à l'adoption des écoles primaires, ce n'est pas une grammaire proprement dite, c'est un petit cours d'initiation, très sobre de théorie, dont tout le mérite doit consister dans une suite d'exercices très simples, très courts et bien gradués, qui amène l'enfant, dans son année ou ses deux années de cours élémentaire, à écrire convenablement, avec leur orthographe usuelle, les mots les plus fréquemment employés, et à appliquer les règles générales : 1° de la formation du pluriel dans les noms; 2o de la formation du féminin et du pluriel dans les adjectifs ; 3° de l'accord de l'adjectif et du verbe. »

Nous croyons avoir donné satisfaction au désir exprimé par cette Commission, exclusivement composée d'instituteurs et

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