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membres de la famille impériale sont qualifiés GrandsDucs et Grandes-Duchesses.

En Espagne et en Portugal, tous les princes et princesses de la famille du souverain sont qualifiés Infants et Infantes, en les distinguant entre eux par leurs prénoms ().

En Prusse, en Suède et en Danemark , le fils aîné du souverain est appelé Prince Royal; tous les autres princes et princesses de la famille royale sont désignés par leurs prénoms.

Au Brésil, le fils aîné de l'empereur prend le titre de Prince Impérial; le fils puîné, ou la fille puinée porte celui de prince, ou princesse du Grand-Para.

En France, au temps où la branche aînée de Bourbon occupait le trône, le premier frère du roi (par ordre de naissance) portait le titre de Monsieur ; les fils et petits-fils du roi étaient nommés Enfants de France.

De la courtoisie.

Les empereurs seuls, autrefois, étaient en possession du titre de Majesté ; les rois recevaient celui d'Altesse et de Sérénité. A la fin du xve siècle, les rois de France prirent les premiers le titre de Majesté; au xvi° siècle, plusieurs autres rois suivirent cet exemple (), et successivement tous adoptèrent ce même

(1) Le titre d'Infant est également porté par le duc actuel de Parme, par ses enfants et par le père du duc régnant. ( Voy. chap. II, Abdications.)

(2) Le Danemark, sous le règne du roi Jean; l'Espagne, sous Charles ser; l’Angleterre, sous Henri VIII; le Portugal, en 1578.

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titre, soit chez eux, soit dans leurs relations avec les puissances étrangères (), et l'exigèrent de l'empereur d'Allemagne. Ce ne fut qu'à la paix de Westphalie, en 1648, que l'empereur l'accorda aux rois de France et bientôt après à plusieurs autres rois; depuis, l'empereur Charles VII l'accorda à tous les rois sans distinction (8).

Les titres de courtoisie en usage aujourd'hui pour relever les dignités des souverains sont, pour le Pape, comme nous l'avons déjà dit, Saint-Père, Sainteté et Béatitude; pour les empereurs, Sire et Majesté Impériale; pour l'empereur turc seul, Hautesse ; pour les rois, Sire et Majesté; pour les autres princes souverains jouissant des honneurs royaux, Monseigneur et Altesse royale ; pour ceux qui n'en jouissent point , Monseigneur et Altesse sérénissime; pour les princes successeurs présomptifs d'une couronne impériale ou royale, Monseigneur et Altesse impériale ou royale (); ainsi que pour les

(1) L'Angleterre et le Danemark, en 1520; la Suède et le Danemark, en 1685. La France ne donna le titre de Majesté au roi de Danemark qu'au commencement du xviue siècle, et au roi de Prusse en 1713.

(2) Voy. WICQUEFORT : L’Ambassadeur et ses fonctions, liv. I, sect. XXV.

(3) Dans les vieilles chartes , on trouve que les titres Altitudo, Illuster (pour illustris), Nobilissimus, etc., étaient donnés aux empereurs : ce dernier titre a été donné aux rois de France jusque dans le xnje siècle. On nommait aussi Nobilissimus et Purpuratus les fils des empereurs (quasi in purpura nati).

(4) Ce n'est qu'en Espagne et en Portugal qu'à l'exception de l'héritier présomptif du trône tous les princes et princesses de la famille royale n'ont que l'Altesse sérénissime. Les archiducs d'Autriche n'avaient, jusqu'en 1806, que l'Altesse royale ; ils ont pris depuis le titre d'Altesse imperiale.

fils ou frères de souverain, empereur ou roi; pour ses oncles et cousins germains; pour les autres princes de famille souveraine, et même pour les princes diatisés d'Allemagne, Monseigneur et Altesse sérénissime.

Ces mêmes titres de courtoisie se donnent aux impératrices, aux reines, et à toutes les autres princesses selon le sang dont elles sont issues, on selon la dignité de leurs époux, avec la simple appellation de Madame ().

Il faut toutefois observer que, lorsqu'une princesse à laquelle le titre d'Altesse impériale ou royale est dû par sa naissance épouse un prince à qui ce titre n'appartient point, elle continue de le porter ; mais, ce seul cas excepté, les princesses portent les titres et dénominations du prince leur époux , à moins qu'il ne soit dérogé à la règle par convention.

Les princes issus de maisons royales qui ne sont pas fils ou petits-fils de rois régnants, et tous les membres des maisons de princes souverains [maisons princières d'Allemagne (R)] auxquels le titre d'Altesse royale n'a pas été expressément accordé, reçoivent la qualification d'Altesse sérénissime (3).

(1) Voy. au chap. vi, Correspondance des souverains. lification de Madame était autrefois en France un titre réel, spécial, que portait la femme de celui des frères du roi qui recevait le titre de Monsieur.

(2) En allemand : fürtsliche Hacuser. Par décision de la diète de la Confédération germanique, du 15 février 1829, les anciens comtes souverains d'Allemagne obtinrent le titre d'Erlaucht, que l'on donnait jadis aussi à des nobles portant le titre de prince, mais qui n'étaient point issus d'une maison souveraine.

(3) Ce fut du roi Charles X que le duc d'Orléans, qui a porté de

La qua

Le titre d'Altesse (), qui, dans le principe, fut donné surtout aux princes souverains d'Italie, et en Allemagne aux électeurs, ainsi qu'aux ducs et princes régnants, fut porté également, plus tard, par les princes auxquels l'empereur d'Allemagne l'avait conféré ; enfin, même de simples particuliers, revêtus du titre de princes par brevets de souverains (et dont le nombre a été prodigieusement multiplié dans ces derniers temps), ont reçu cette qualification.

Quant aux empereurs et aux rois qui, par abdication, renonciation ou autres motifs, ont vu passer

puis la couronne sous le nom de Louis-Philippe Jer, roi des Français, obtint l’Altesse royale, titre dont la princesse sa femme était en possession par sa naissance.

(1) Quoique le titre allemand Hoheit corresponde littéralement à celui d'Altesse, il est devenu aujourd'hui, d'après ce qui a été arrêté à cet égard dans une des séances du dernier congrès d'Aix-laChapelle, en 1818, un titre intermédiaire entre ceux d’Altesse royale et d'Altesse sérénissime; mais la qualification de Hoheit est toujours accompagnée du mot Kaiserliche ou königliche, quand elle s'applique à un prince de famille impériale ou royale. Le titre de Hoheit seul, qui implique une sorte de supériorité sur celui de Durchlaucht, fut adopté, en 1844, par les princes régnants des anciennes familles ducales de l'Allemagne, telles que celles de Saxe, d'Anhalt, de Nassau et de Brunswick, en distinction du titre de Durchlaucht, lequel signifie également Altesse, et qui est porté par des princes souverains (non issus de familles anciennes) de l'Allemagne, ainsi que par de hauts fonctionnaires civils ou militaires qui l'ont reçu de leur souverain étant déjà princes.

Une décision de la Diète germanique , en date du 18 février 1829, a accordé la qualification d'Erlaucht aux anciennes familles comtales allemandes qui ont été médiatisées depuis la dissolution de l’Empire, en 1805. Cette qualification, dont il serait difficile de donner l'équivalent en français, a une origine commune avec le titre de Earl, usité en Angleterre pour les comtes.

leur couronne sur une autre tête, les souverains amis continuent de leur accorder le titre de Majesté C.

Dans le but d'éviter les honneurs qui seraient rendus à leur dignité souveraine, les monarques (plus rarement les princes de leur famille) voyagent, à l'étranger, sous un titre et un nom d'emprunt. Ce secret de convention est rarement ignoré; mais, bien que connu, on respecte l'incognito. C'est ainsi que l'empereur Napoléon, revenant de Russie avec le duc de Vicence, arriva à Varsovie sous le nom de M. de Rayneval. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III prenait hors de ses États le titre et le nom de comte de Ruppin; l'empereur Joseph II vint en France, en 1777, comme comte de Falkenstein. Pendant le voyage qu'il fit en Sicile en 1845, l'empereur Nicolas portait les titre et nom de général Romanow; le prince royal de Wur

(1) Comme, par exemple, la reine Christine de Suède, de 1654 à 1689; le prétendant d'Angleterre, de 1703 à 1766 ; le roi de Pologne Auguste ser, de 1706 à 1709, et Stanislas Leczinski, de 1709 à 1766 ; le roi Louis XVIII, comme prétendant à la couronne de France, depuis 1795 jusqu'en 1844; Charles Louis d'Étrurie, depuis 1807, appelé dans le traité de Paris du 10 juin 1817 l'infant don Charles Louis; le roi d'Espagne Charles IV, depuis 1808 jusqu'à sa mort; le roi de Suède Gustave-Adolphe IV, depuis 1809, et le roi de Hollande Louis Bonaparte, depuis 1810; le roi Charles X, depuis 1830 ; plus récemment encore les rois de Sardaigne, de Bavière, des Pays-Bas, après leur abdication. L'ex-reine d'Etrurie est appelée, dans l'acte final du congrès de Vienne, Sa Majesté l'infante Marie-Louise; l'impératrice des Français, créée, par le même acte, duchesse souveraine de Parme, Plaisance et Guastalla, a conservé jusqu'à sa mort le titre officiel de Majesté Impériale. Le traité de Paris du 11 avril 1814 détermine que leurs majestés l'empereur Napoléon et l'impératrice Marie-Louise conserveront ces titres et qualités.

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