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parures, des diamans, la moitié, les deux ciers de mon bien ? Parle.

SOPHI E.
Je vous supplie de m'écouter.

JONES, à part.
Que dira-t-elle ?

SCENE VI I.

JONES, Monsieur WESTERN, SOPHIE, HONOR A.

HONOR A. Monsieur

ONSIEUR Blifil demande s'il peut vous faluer.

M, WESTERN. Eh! mais, sans doute : qu'il vienne ; pourquoi tant de cérémonies ?

JONES, d part. Blifil!... Blifil!... Sortons, je craindrais qu'à sa vue... le désespoir... (haut.) Vous sçavez, Monsieur, qu'il me reste encore quelques ordres à donner pour la chasse de demain ?

M. WESTERN. Si je le sçais ? Parbleu, je t'y suis. Mais crois-cu

bonnement

bonnement que je vais m'ennuyer ici à écouter les foupirs de ces deux tourtereaux ? Ma foi, tu ne me connais guères. (A Sophie.) Ah ! çà, ma fille , je n'ai pas trop besoin de te dire comment tu dois le recevoir : en pareil cas, on prend plutôt conseil de son cæur que de son pere. ( A Honora.) Ne va pas les gêner toi, ces chers enfans : moi, je suis enchanté, cela me rajeunit; allons, mon ami Jones. ( A sa fille.) Je reviens vous rejoindre. Sans adieu, Sophie.

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UE me dit-il, heureuse ? Ah! qu'il est in

juste !

HON O R A.
J'apperçois Blifil. Contraignez-vous.

D

SO P H I E. Quelle entrevue ! ... Rentrons fous ces allées pour y rassurer un moment mes esprits. (Elles entrent dans une allée ; Blifil, qui entre

du côté du Roi, s'avance sur la Scène.)

BLI FI L. Que le sexe est dissimulé! je n'aurais jamais soupçonné qu'elle eût pour moi quelque tendresse. Saisissons cette circonstance, pressons ce mariage avant que... Mais elle s'approche... Elle s'approche bien lentement!

HONORA, à Sophie. Courage, il faut prendre sur vous.

(Blifil & Sophie se saluent.) Quelles graces, belle Sophie, n'ai-je point d vous rendre? & lorsque je crois n'obéir qu'aux ordres de mon oncle....

SOPH I E. Je fais , Monsieur, les intentions de mon pere.

BL IF I L. C'est à leur mutuel aveu que je dois l'avantage dont je jouis, & le bonheur qui m'attend.

H ON O R A.
Oh! ce n'est pas encore chose faite.

BL IF I L. Mais vous baissez les yeux, vous rêvez! L'âge, la naissance, la fortune , tout se réunit en notre faveur, & s'accorde entre nous.

SO P H I E. Je le fais : aussi n'est-ce d'aucun de ces côtés qu'il se pourrait trouver des obstacles ?

BLI FI L. Il faut que l'on n'en ait pas prévu, puisque Monsieur votre pere lui-même paraît, autant que moi, presse de conclure.

S O P H I E. J'espere, Monsieur, que vous serez de mon sentiment; qu’un délai de quelques jours....

B L I FI L. Mon unique desir eft de vous plaire; mais je n'oserai jamais demander cette grace à mon oncle.

SOPHIE. Eh! bien, Monsieur, je l'obtiendrai de mon pere.

BL IF I L. Je doute qu'il y consente ; je ne puis moimême, sans chagrin, voir différer le moment de mon bonheur : mais vous changerez d'idée, sans doute , quand vous sentirez, tout l'avantage qui résulte pour vous de l’union de nos fortunes.

A R I ETT E.

De l'opulence

De l'abondance
Notre maison deviendra le séjour;

Tendresses,
Richesses,

Caresses,
Tout vous prouvera mon amour.
Jamais je n'aurai d'autre envie
Que de veiller sur la belle Sophie,
Trop heureux d'en être chéri.

Ainsi
De l'opulence, &c.

SCENE I X.

HONORA, SOPHIE, M. WESTERN, habillé comme au premier Acte , BLIFIL.

M. WESTERN, dans la coulisse. Oui, oui, que tout cela soit arrangé. Eh ! bien, vous avez eu, je crois, tout le tems de causer ensemble : pour vous, Monsieur mon gendre, il paraît que , si l'on veut vous voir, il faut venir vous chercher.

B LIF I L.
Pardon, Monsieur.

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