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Je me suis vûc en proye à des troubles affreux.
Ah! Doris, quels écueils pour un caur vertueux !
Des vils adulateurs la troupe facrilége,
Eft sans cesse, d'un Roy, le malheureux cortége:
Leur foin est d'ériger ses vices en vertus,
De lui cacher les maux des peuples abatus;
La vérité tremblante , en butte à leurs outrages,
Ne se montre jamais, à ses yeux, sans nuages;
Il couronne le vice, en voulant l'abaisser,
Et proscrit la vertu, qu'il croit récompenser.
Des plus nobles desirs ; aujourd'hui je m'enflame,
A de plus doux objets, j'abandonne mon ame :
Je cherche le bonheur d'un peuple abéissant,
Et la grandeur d'un fils vertueux, bienfaisant:
A ces fublimes soins, que la gloire m'ordonne,
J'immole avec plaisir, l'honneur d'une couronne.

DOR I S.
Quand votre ordre secret fir enlever Téglis,
Et d'un coup si terrible, étonna votre fils,
Je crus que, pour garder la grandeur souveraines
Vous aviez fait, contre elle, éclater votre haine,
Que votre ambition vous armanț de rigueur.....

OLIMPIA S.
Que tu pénétres mal dans le fond de mon caur!
Mon amour pour mon fils , fe bonheur de l'Epire,
Sopt les feules raisons qui la frent profcrire.

!

Pyrrhus n'avoit des yeux que pour voir les apas,
Il me cachoit ses feux ; je ne m'y trompai pas;
Je m'aperçûs bien-tôt du secret de son amę,
Et prévis les effets de cette indigne fâme,
Je craignis que, contraire à mon juste dessein,
D’Antigone, Pyrrhus ne refusât la main;
Ou plûtôt, je craignis que, pour monter au trône,
Se livrant, sans amour, à l'hymen d’Antigone,
A la seule Téglis, il ne gardât ses væux.
Je redoutai d'abord les desordres affreux,
Où se trouve plongé le malheureux Empire,
Dont le Prince se livre à l'amour qui l'inspire.
Il ne fait plus régner la justice & les loix;
Une femme, en son cœur, en étouffe la voix;
Elle règle l'état au gré de son caprice,
De son ambition, & de son avarice;
Les emplois, les honneurs ne se dispensent plus
A la haute naissance, aux talens , aux vertus,
Ils sont en proye à ceux, qui peuvent satisfaire
A la cupidité de son cœur mercénaire;
Et cette Idole enfin persécute à jamais
Qui, bravant le pouvoir qu'ont surpris sesattraits",
Ofe lui refuser un folempel hommage,
Et lui ravir l'encens qu'elle croit fon partage.
Ah! devois-je exposer mon peuple à tant de maux,
Doris, quand je pouvois assurer son repos?

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Mais quand même Téglis n'eût pas

causé ma peine,
En quoi, n'avois-je rien à craindre de Sosthene?
Je le connois trop bien; sous les plus beaux dehors,
Il cache adroitement d’ambitieux transports:
Il auroit tout tenté pour couronner sa fille,
Cu pour porter la guerre au sein de ma famille.
Il est chéri du peuple, & des grands estimé;
Falloit-il rien de plus à mon cœur allarmé ?
Ainsi, diffimulant ma crainte & ma colere,
Par les plus grands bienfaits , je m'assurai du pere,
Et mon ordre en secret, dans l'ombre de la nuit,
Fit enlever Téglis fans obstacle & fans bruit.
Je n'ai point oublié les marques de ton zéle;
J'en garderai toujours un souvenir fidéle;
Mon projet fut, par toi, si bien exécuté,
Tu me servis si bien qu'aucun ne s'est douté,
Que j'eusse quelque part à cette violence;
Je promis à Sosthêne une prompte vengeance,
Je voulus.....

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ఉదరపోవడంతో

SCENE VII. OLIMPIAS, DORIS,MITRANE,

MITRANE.

U

N Vaisseau vient d'arriver au Port.

Madame ; mais à peine a-t-il touché le bord , Qu'on a cru voir Téglis, & qu'on l'a reconnue, Elle va , dans ce jour , paroître à votre vûe.

OLIMPIA S. (à part.) Qu'entens-je! Quel secours a pû la conserver,

(à Mirrane.) O Dieux!.. Scait-on comment elle a pû se sauver 3

MITRANE.
L'on n'en dit rien : bien tôt par un récit fidéle,
Vous pourrez d'elle-même....

OLIMPIAS,

Allez,

B

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Uelle nouyelle !
Du furres de mes soins, Dieux, étiez vous jaloux !
Pour nous la ramener, quel tems choisissez-vous !
Encor quelques instants , ne pouviez-vous attendre?
Ah ! que je crains, Doris , que pour elle trop tendre,
Pyrrhus ne songe .. avant qu'il la puisse revoir,
Courons hâter l'hymen qui fait tout mon espoir.

DORIS.
Et s'il le refusoit ?

OLIMPIAS.

Il n'osera peut-être !
Mon cœur, de ses transports, ne seroit pas le maître:
J'en ai trop fait .... malheur à cet objet, Doris ,
Par qui se détruiroit la gloire de mon fils.

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Fin du premier Ade.

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