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L'ÉPINE.

Qui dà... Mais fongez bien... qu'il en est trois déjà... Er de trois ... jusqu'à cinq... la distance et peu

grande. Dans deux heures ... au plus, cette heure arrivera.

MELANIE.
Le plaisant discours que voilà !

L'EPINE.
Pour peu que votre esprit le suive,
Il le trouvera concluant.

MELANIE.
Mais à force de temps il n'est rien qui n'arrive ;

Et tout ce vain raisonnement,

De votre message présent,
Ne m'apprend point le motif ni la cause.

L'EPINE.
Elle est facile à concevoir.
Mon Maître doit venir vous voir
Et comme il a de la prudence,

Il m'envoye ici pour sçavoir
Si votre rendez-vous tient toujours pour ce soir.

MELANIE.
Sans doute. Il peut venir en assurance. .
Pourquoi ne pas vous expliquer d'abord ?

L'ÉPINE.
Oui, vous avez raison...mais, moi, je n'ai pas tort;

Je conçois bien ... mais je balance... Sur les mots que je cherche & qui ne s'offrent pas. Le don de la parole enfin n'est pas le nôtre.

C'est ce qui fait mon embarras... Ec... que je dis souvent une chose

pour

l'autre. MELANIE. Trève de galimarias;

Je m'en défie, & me rappelle Que vous m'avez tantôt demandé, dans ces lieux, Si je n'étois pas

Isabelle.

L'ÉPINE.
Oui, mais ... remarquez ... je vous prie...

pour m'instruire mieux...
Si vous n'ériez

pas

Mélanie. MELANIE. De tout ceci , je ne sçais que penser. Mais ma fæur est longtemps , & je vais la presser.

Que c'étoit

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Ce n'est pas sans efforts que je viens d'en sortir.
Encor n'est elle pas trop portée à me croire.
Mais Lucinde en personne ici porte ses pas.
C'est elle
» pour

coup, je ne m'y trompe pas.

le

SCENÉ V I I.
L'ÉPINE, LUCINDE.

.
L'ÉPINE.
JE

E viens sçavoir de la part de mon Maitre;
S'il peut, Mademoiselle, en ce inoment paroître ,
Et jouir du bonheur de vous voir sans témoin.

LUCINDE.
Oui , courez l'avertir.
L'ÉPINE.

J'y vole.
Mais le voici lui-même, il m'épargne ce soin.

(A part en s'en allant.) Je n'ai plus rien à faire , & j'ai rempli mon rôle.

SCENE VIII.
LÉANDRE, LUCINDE.

LUCINDE.
JE
E vous attends; Monsieur, le papier à la main.

Secondez mon transport lyrique. Exécutons ensemble un morceau tour divin,

J'entends parler de la musique.

Elle est nouvelle , elle est unique. Vous en serez charme.

LÉANDRE.

Vous en êtes l'Auteur ?
LUCINDE.
Jufte , vous venez de le dire.

LÉANDRE.
Sans contredie, d'avance je l'admire.

LUCIND E.
Je ne dis rien des vers , car ils sont de må sæur.
Ils sont, entre nous deux, d'une mise re extrême.

LÉANDRE.
Tant mieux, vous sçavez qu'à présent

On ne prend plus garde au Poëme,
Et pour qu'il n'ótè rien à la gloire du chant;

Il n'est pas mal qu'il soit méchant.
Mais concertons sans tarder davantage.

Je vais goûter un bonheur des plus doux. Ah'quel plaisir pour moi de chanter votre ouvrage,

Et de le chanter avec vous !

LUCINDE.
Tevez, voilà votre partie.

LÉANDRE.
Bon.

LUCIND E. Le feu de la ville est dépeint par mes sons. Vous, vous êres Daphnis ; & moi , je suis Silvie. L'un & l'autre enchantés des jeux que nous voyons,

Nous admirons de compagnie.

LEANDRE. Nous ne nous quittons pas , & mon ame est ravie.

Allons, m'y voilà ; commençons. [IL CHANTE] Air noté no.

Est-ce l'effet de la magie?
Ou de l'art des Mortels est-ce l'heureux pouvoir ?
Des clartés de la nuit la vûe est éllouie ,
Et des globes des Cieux je vois l'onde embellie.
Un freitacle plus beau jamais ne se fit voir.
Dieux ! qu'il est doux pour moi ! j'y suis près de

Silvie.
LUCINDE chante. Air noté no. 2.
Fixez vos yeux sur ce Palais charmant ,

I.

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