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ACTE II .

eo of of offeffofofofoftote SCENE PREMIER E.

ANTIGONE, CEPHISE.

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CEPHISE.
Adame, où courez-vous, d'où naissent ces

allarmes?
Quel trouble vous faisit? quoi, vous versez

des larmes !
La couronne autrefois attiroit tous vos veux;
Quand, de la recevoir, brille l'instant heureux,
Quel chagrin dévorant, ộ ciel ! vous inquietę?

ANTIGONE.
Hélas ! jamais un caur sçait-il ce qu'il souhaite ,
Céphise ? Dans ces lieux conduite pour régner,
J'attendois l'heureux jour de me voir couronner;
Cet espoir me fattoit ; mon cæur se plaignoit même
Qu'Olimpias tardât à rendre un diadême,
Qui n'est, depuis long-tems, qu'en dépôtsur son front,
Et, d'un plus long délai, je redoutois l'affront.

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En ce jour, à mes væux , elle vient de se rendre,
Céphise; & je voudrois qu'elle pût le reprendre:
Quel coup de foudre, ô Ciel!que deviendrai-je, helas !

CEPHISE.
Je vous entens, le sceptre a pour vous des appas;
Mais, du choix de la Reine, à présent allarmée,
Vous voulicz, avec vous, voir régner Ptolomée.
C'est là...

ANTIGONE.
De mon destin , tu vois la cruauté;
Le seul bien dont mon cœur pouvoit être flaté,
Je le perds!

CEPHISE.
Quoi ! Pyrrhus, ce Prince jeune, aimable,
Lui, que mille vertus doivent rendre estimable ...

ANTIGONE.
Céphise, en arrivant dans ces funestes lieux ,
Te n'eus d'autre desir

que

à ses

yeux ;
Et bien-tôt", pour Téglis, je reconnus sa Alamc.
Le dépit aussi-uốt s'empara de mon ame ;
Mais, à de dignes soins, abandonnant mon cæur,
Je l'occupois enfin de gloire & de grandeur ;
Je ne songeois qu'au trône ; & cependant son frere
Presque insensiblement, trouvoit l’art de me plaire ;
Et je ne reconnois qu'il s'est fait adorer
Qu'en ce fatal moment qui va m'en séparer.

te n'eus d'autre delar que de plaire de

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CEPHISE.
Votre fort eft cruel, mais reprenez, Madame ,
Ces desirs de régner, seuls dignes de votre ame.

ANTIGONE.
Ah! de l'amour sur moi, quel que foit le potyoir,
Ne crois pas qu'il balance un moment mon devoir :
Faite pour commander, je sçai qu'une Princesse
Ne doit point écouter une vaine tendresse :
Un cour tel que le mien ne suit que les grandeurs ;
Tout ce que peut l'amour , c'est d'en tirer des pleurs.
Mais ô Ciel! quel objet ! Que mon ame est émue!
Allons , Céphise...

SCENE II.

ANTIGONE, PTOLOME’E, CEPHISE,

PTOLOME'E.

EH quoi, vous fuyez à ma vûe?

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ANTIGONE.
Pyrrhus est votre maître ; il sera mon époux ;
Notre sort est réglé: que me demandez-vous ?

PTOLOME' E.
Croyez vous qu'accablé des coups de la fortune,
J'aille vous fatiguer d'une plainte importune !

Celui qu'un fort propice a comblé de faveurs
Plaint peu les malheureux en bute à fes rigueurs,
Madame , je le sçai ; mais aussi fan's murmure,
Mon cour sçait , du destin, recevoir une injure :
De la grandeur d'un frere , il ne s'irrite pas;
Et la couronne en vain brille de mille appas.
Sa perte ne fait point mon plus cruel supplice :
Est-ce là le seul bien que ce jour me ravisse?

ANTIGONE.
Que dites-vous, Seigneur ?

PTOLOME' E.

Pardonnez ce transport, Madame, à la rigueur de mon funeste fort : Lorsque j'ai tout perdu, daignez au moins entendre, Jusques à quel excès mon malheur

peut

s'étendre;
Lorsqu'il faut pour jamais me séparer de vous,
Reconnoissez du moins le pouvoir de vos coups.
Que Pyrrhus est heureux ! non de monter au trône;
Mais, hélas! d'obtenir la charmante Antigone?
Les Dieux me font ténioins , si j'aurois souhaité
D'autre bien , d'autre honneur, d'autre félicité !
Ah ! qui connoît le prix d'un caur tel que le vôtre,
Peut-il , s'il le pofféde, en defirer quelqu'autre ?

ANTIGONE.
Vous auriez dû, Seigneur, contraindre votre feu;
Et ne pas hazarder ce téméraire aveu.

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Je ne veux pas pourtant accroître votre peine ,
Ni me ressouvenir que je suis votre Reine ;
Et pour la soulager , je vous dirai bien plus :
Je prends part à vos maux ; j'estime vos vertus;
Du thrône , de ma main, si j'eusle été maîtresse,
Peut-être

que

sensible à l'ardeur qui vous presse, Mon cæur, pour vous , Seigneur , eût pû se déclarer.

PTOLOME'E. Ah , Madame .

ANTIGONE.

Arrêtez , & cessez d'espérer. Vous connoissez les loix, où nos traités m'obligent, Et ce que ma vertu , ce que ma gloire exigent ; Etouffez un amour qui blesse ce devoir; Et commencez surtout par ne me plus revoir.

1

********

SCE N E

III.

PTOLOME'E seul.
Erois-je aimé, grands Dieux ! eh , puis-je m'y

,
Que fais-je... hélas! pourquoi chercher à le comprendre!
Pourquoi, dans mon malheur, mè voudrois-je affùror
D'un retour, qui ne peut que me desespérer ?

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