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SOSTHENE. Je vais chez la Reine, & dois, de ton bonheur, Lui faire part, ma fille.

TEGLIS, avec trouble.

A la Reine, Seigneur!

SOSTHENE. Quel trouble vous saisit!

TEGLIS.

Pensez-vous qu'avec joïe, Dans l'Epire, Seigneur, la Reine me revoïe? Quel autre.....

SOSTHENE.

Quel foupçon tu me fais concevoir ! Tu croirois.... par l'accueil que j'en vais recevoir, Je verrai si ta crainte est justement placée, Et je vais pénétrer au fond de fa pensée. thanhhhhhhhhhh

SCENE V I.

TEGLIS seule.
Nfin il est donc vrai, je n'arrive en ces lieux

Que pour être témoin d'un hymen odieux?
Ah! du moins si l'ardeur de monter.fur le trône
Le déterminoit seule à l'hymen d’Antigone,
Si son cœur..... mais il vient...

E

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PYRRHUS, TEGLIS.

PYRRHUS.

Estil

St-il vrai, justes Dieux ! | Téglis, je vous revois ! Puis-je en croire mes yeux?

TEGLIS. N'en doutez point, Seigneur; oui, c'est Téglis, c'estelle, Que ramene en ces lieux la fortune cruelle.

PYRRHU S. Que dites-vous, que vois-je ! ô ciel, quelle froideur, Madame! me revoir, c'est pour vous un malheur! En quoi, dans ce moment qui me comble de joïe, M'enviez-vous le bien qu'un fort heureux m'envoïe! Ouvrez les yeux, voyez Pyrrhus à vos genoux, Pyrrhus, dont le bonheur est de vivre

pour vous ; C'est le plus tendre amant qui toujours vous adore, Dont le sort est trop doux, si vous l'aimez encore. .

TEGLI S. Ce n'est plus à l'amour, Seigneur, de vous toucher; A de plus nobles soins, il faut vous attacher: La gloire vous destine une plus digne épouse, Suivez ses loix; Téglis n'en fera

pas jalouse.

PYRRHUS. Qu'entens-je! quoi, Madame, oseriez-vous penser Qu'une autre, de mon ame, ait pû vous effacer! Quoi, vous soupçonneriez qu'à l'absence insensible, Mon cæur, d'une autre fâme, ait été fufceptible? Eft ce donc là le prix dont vous récompensez Les maux que j'ai soufferts, les pleurs que j'ai versez!. Quand je me livre entier à ce bonheur suprême, Qui, vous offrant à moi, me rend tout ce que j'aime, Lorsqu'après un long-tems, le Ciel nous réunit, Par un cruel soupçon, votre cæur me punit?

TEGLIS. Parjure, fur le point d'épouser Antigone, Vous vous plaignez encor que Téglis vous foupçonne! Et rapport, par

de tendres discours, Vous voulez colorer vos nouvelles amours ! Mon cœur, ma main, de vous ne sont pas assez dignes; Le trône vous oblige à des nauds plus insignes; Vous avez dû céder aux douceurs de régner, Et mon deffein n'est pas de vous en éloigner ; Mais j'espérois du moins qu'avant que de se rendre, Votre ame ....

PYRRHUS. A ces discours, je n'ai pas dû m'attendre: Hélas ! un seul moment, me suis-je démenti! A ce fatal hymen, avois-je consenti!

par un vain

C'est en vain qu'entraîné par l'honneur & la gloire, Qu'occupé quelquefois du soin de ma mémoire, Du sceptre & des grandeurs, je voyois les appas; Ils ébranloient mon cœur, mais ne le gagnoient pas; Et votre souvenir plus puisiant sur mon ame, En revenoit bien-tôt banvir toute autre Aâme. C'est en vain qu'en ce jour, par un choix solemnel, La Reine m'élevoit au trône paternel, Pour mon amour; en vain je vous croyois perdue, Sans espérer qu'un jour, vous lui seriez rendue ; Loin que, d'un autre hymen, j'eusse pû me lier, J'écois prêt à l'instant à tout sacrifier : Cet amour fans espoir , mes soupirs, mes allarmes, Autant que ces grandenrsavoient pour moi de charmes. Votre cœur est d'un prix à qui tout doit céder, Et ma plus grande gloire est de le posséder. Qu'un autre désormais obtienne la couronne; Qu'un autre soit choifi pour l'époux d’Antigone! De ces foibles honneurs, je ne suis point épris: Grands Dieux ! vous me rendez l'adorable Téglis; Tous vos autres bienfaits, & tous ceux de ma mere N'offrent plus, à mon cœur , rien qui puisse lui plaire.

TEGLIS.

Pardonne à mon amour cet aveugle transport;
Mon coeur s'est abusé par le premier rapport.

I

Il ne veut désormais expier cet outrage,
Cher Prince, qu'en t’aimant , s'il se peut , davantage.
Cependant quel malhcur me menace en ce jour !
Sort cruel! à quels maux, réduis-tu mon amour!
Dures extrémités ! malgré notre tendresse,
Il faut que vous donniez la main à la Princesse ,

de la couronne, un indigne refus, Me gardant votre foi...

Ou que,

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E vous cherchois , Pyrrhus !

( à part.)
Quoi, Téglis avec luilla fatale entreyûe !

(à Teglis.)
Par quel rare bonheur , nous êtes-vous rendue ?
Que le sort, à propos , prelle votre retour !
Vous allez relever l'éclat de ce grand jour ;
Et vous ajouterez à la commune jose ,
Ce plaisir imprévû que le ciel nous envoïe.

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