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Et peut-être déja ... l'on vient !....

( à Mitrane. )

Cours, va dire à Doris, Que, s'il se peut encor, elle fauve Téglis: Dis-lui que je l'ordonne.

SCENE V.
OLÍMPIAS, PTOLOME' E.

PTOLOME'E.

E NED

Nfin tout est tranquile; Tout respecte vos loix, & l'Armée , & la Ville : Et bien-tôt vous verrez tomber à vos genoux, Un fils respe&ueux , confus de son courroux. Non, il n'attentoit point ,Madame, à votre vie ; Le Thrône n'étoit point l'objet de son envie! Un ascendant vainqueur l'entraînoit malgré lui; De tout ce qu'il adore, il se rendoit l'appui. Je réponds de son cấur; oubliez son audace; Aux transports de l'amour , peut-on refuser grace? Il fait fubir fes loix, même aux plus vertueux : Ah ! rendez à Pyrrhus , l'objet de tous ses võux....

OLIMPIAS

OLIMPIA S. Oui , je vois qu'il est tems, Prince, que je lui céde, Et ne m'oppose plus au feu qui le posséde. Vous pouvez l'assurer , qu'il va revoir Téglis, Et que tous ses souhaits vont être enfin remplis:

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A

PTOLOME'E seul.
H! que ce doux moment aura,pour lui, de char-

mes!

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SCENE V I I. PYRRHUS , PTOLOME’E, IPHIS. ( Pyrrhus, en entrant , paroît agité , & fort inquiet.)

PTOLOME' E.
Enez, Prince, venez ; bannissez vos allarmes !

On ne met plus d'obstacle à vos tendres soupirs, Et la Reine consent de combler vos desirs.

PYRRHUS. Puis-je le croire, ô Ciel: ô flatcuse espérance ! Que ne vous dois-je point ! quelle reconnoissance, Cher Prince me pourroit

V

F

SCENE DERNIERE. PYRRHUS , PTOLOME'E , TEGLIS

moarante, foutenue par une suivante et par fon pere, SOSTHENE, desarmé, IPHIS. PYRRHUS. appercevant Téglis , & courant à sa

rencontre.

A H!Madame , c'clt vous ! Quoi, je puis me flatter du lien le plus doux ? Mais, quelle horreur..., vos yeux ne s'ouvrent qu'a

vec peine!... Je ne vois que des pleurs ! PTOLOME'E à part.

Ah! trop cruelle Reine !
SOSTHENE, à Pyrrhus.
Seigneur, voilà le coup qui ne faisoit frémir;
Que tous mes soins n'ont pû parer, ni prévenir.
Le destin qui poursuit une triste famille,
Aux mains d'une inhumaine a fait tomber ma fille;
La perfide ausi-tốt, par un poison cruel....

PYRRHUS.
Où suis-je! que devien-je ! Ô desespoir mortel!

TEGLIS, à Pyrrhus.
Cher Prince,hélas ! la mort, pour jamais nous sépare :
Je vous avois prédit qu'un destin si barbare,
Termineroit enfin un amour malheureux;
Vous avez négligé mes conseils généreux;
Trop prévenu pour moi, trop tendre, trop fidéle,
Aux desirs d'une mere, en ma faveur, rebelle,
Votre cœur a voulu me conserver sa foi;
Et votre amour me perd, pour vouloir être à moi.

PYRRHU S.
Je vous perds!.. à mes pleurs, ne l'aviez-vous rendue,
Que pour la faire, ô Dieux, expirer à ma vûe!

SOSTHENE.
Si ce cruel spectacle a pû vous affliger,
Venez armer du moins mon bras pour la venger.

PYRRHUS, à Softbêne.
V4, je la vengerai. Je veux que la barbare,
Pleure à jamais du coup que ma main lui prépare?

TEGLIS.
Ah! sur qui voulezvous, Seigneur, venger ma mort ?
Je ne murmure point des rigueurs de mon fort.

PYRRHUS.
Oui, je veux vous venger , non en amanț timide,
Qu, n'osant se frapper , deviendroit parricide,
Non en portant mes coups, sur un perfide flanc,
Où , malgré ses fureurs, j'ai puisé tout mon fang;

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Mais en fidéle amant, dont le bonheur suprême
Elt de vivre, ou mourir avec l'objet qu'il aime.

(Il se tue. ) (Ptolomée fait un mouvement pour l'arrêter, mais le coup est déja porté.)

TE GLIS. Ce coup hâte ma mort !

PTOLOME' E.

Que faites-vous , Seigneur ? Où vient de vous porter une aveugle fureur !

SOSTHENE. Grands Dieux !

PYRRHUS à Ptolomée.

Tu vas régner.
PTOLOME' E.

Epargnez ma tendresse, Prince trop cruel, puis-je .

PYRRHUS.

Ecoute , le tems presse : (en donnant la main à Téglis,qui lui présente aussi la fienne.) Fais qu'un même tombeau m'enferme avec Téglis; Qu'après la mort du moins nous soyons réunis ;

( en regardant Softhêne. )
Protége un malheureux, pour moi,trop plein de zéle ;
Avec la même ardeur, il te fera fidéle :
Mais c'en est fait, je meurs.... déja je ne vois plus....
Adicu ... chére... Téglis.

TEGL IS.
Adieu ... mon ... cher... Pyrrhus.
Fin du cinquiéme e dernier Acte.

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