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COMÉDIE LYRIQUE. 13

M. WESTERN.
Il me semble que le présent que je vous fais
en vous donnant ma fille , vaut bien la peine qu'on
m'en remercie.

BL IF I L.
Croyez que ma reconnaissance....

M. WESTERN.
Oh! point de grands mors : fois mon ami,
rends ma fille heureuse; c'est toue ce que je te
demande. Va trouver ton oncle, il t'attend. Vois
avec lui si les ordres que j'ai donnés pour ton ma-
riage te conviennent; je n'aime point les disputes.
Je veux bien ne rien épargner; mais je n'entends
pas qu'on differe. (Blifil lui fait des révérences;
M. Western le pousse.) Eh! va donc vîre. (Blifil
sort.) ( A Sophie.) Tu vois, mon enfant; je pré-
viens tes plus secrets delirs; j'oublie tout pour ne
m'occuper que de toi.

SOPHIE, à Honora. (Honora fort.) Le temps ett cher. Laisse-nous, je vais tour risquer. Mon

pere,

li j'osais m'expliquer devant

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Vous...

M. WESTERN.
Eh! bien, qu'est-ce ? Rien ne doit t'empêcher
de m'ouvrir ton cæur. Ne sçais-tu pas que tu
dois tout espérer de ton pere; que je n'ai dans la
vie d'autre plaisir, d'autre joie que de te voir
de t'entendre, de t’aimer ?

SOPHIE.
Votre bonté m'encourage.

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C'est à vous que je dois la vie,
Vos bontés me la font chérir;
A la voix de votre Sophie,
Que votre ame daigne s'ouvrir.
Écoutez son coeur qui vous crie :

C'est à vous que je dois la vie ;
Me voulez-vous contraindre d'en gémir?

Apprenez que ce mariage,
Qui vous paraît l'objet de tous mes voeux,

N'est à mes yeux

Qu'un esclavage :
C'est le lien le plus affreux.
C'est à vous que je dois la vie, &c.

M. WESTERN.
Ah! voilà donc ce grand secret ! c'est-à-dire ,

pas

Blifil, que tu ne veux pas l'épouser ?

SOPHI E.
Mon pere !

M. WESTERN
J'en suis bien fâché, Mademoiselle, très-
fâché : mais il n'est plus tems , il fallait plutôc
me prévenir. Voyez un peu l'impertinence ! m'en-
gager à des démarches, me lailler donner tous les

que tu n'aimes

ordres, & puis sé vouloir dédire ! Non, non,
c'est inutile; c'est pour ton bien, pour ton avan-
tage que j'ai conclu cette affaire : Blifil est jeune,
riche, il est neveu de mon ami, il t'aime, il te
convient, & tu l'épouseras.

S O P H I E.
J'aimerais mieux la mort que d'y confentir,

M. WESTERN.
Comment! tu me résistes ! tu me tiens tête !
Oh! voici du nouveau pour moi.

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M. WESTERN.

A ton Pere
Tu ne crains donc pas de déplaire ?
Tu ne crains donc pas ma colere.

SOPHIE.
Mon Pere!

M. WESTERN.
Vous & ma four yous me trompiez!

SOPHIE.
Hélas ! fi vous m'écoutiez.

M. WESTERN.
Non, non ; il faut me fatisfaire :

Non ; je veux que vous l'épousiezs
A mon ami j'ai donné ma parole,

Ma promesse n'eft paint frivole;
Je prétends que vous me cédiez.

Div

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SOPHIE

M. WESTERN Mon Pere, Je me jette à vos pieds. Non, non; il faut me satisfaire:

Mon Pere, Hélas ! si vous m'écoutiez... Jeprétends que vousmecédiez, Je me jetre à vos pieds, Jeprétends que vous l'épousiez,

Bangs

S CE N E X.

SOPHIE à genoux ,

genoux, JONES accourant, Monsieur WESTERN.

JONES.

'ACCOURs à vos criş.... Que vois-je?.... Sophie !

(Il lui donne la main ; elle se releve. )

M. WESTERN. Une fille qui ne se plaît qu'à chagriner son pere.

Į O N E S. Modérez-vous.

M. WESTERN, Refuser Blifil!

JONES, avec joie. Elle le refuse! O Ciel!

M. WESTERN. Eh! bien, n'en es - tu pas étonné toi-même ?.., Le plus riche héritier de la Province! Je m'en rapporte à toi, mon ami somn. Mais ne te chagrine pas, elle l'épousera. Tu sais ce qu'est Blifil; faisa

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