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JODELET.

MASCARILLE.

MASCARILLE.

MADELON.

et m'a voulu mener à la campagne courir un cerf Almanzor, dites aux gens de monsieur le marquis avec lui? qu'ils aillent querir des violons, et nous faites venir

MADELON.
ces messieurs et ces dames d'ici près pour peupler la Voici nos amies qui viennent.
solitude de notre bal.
(Almanzor sort.)

SCÈNE XIII.
MASCARILLE.
Vicomte, que dis-tu de ces yeux ?

LUCILE, CÉLIMÈNE, CATHOS, MADELON, Mais toi-même, marquis, que t'en semble?

MASCARILLE, JODELET, MAROTTE, AL

MANZOR, VIOLONS. Moi, je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies’ nettes. Au moins, pour moi, je reçois

MADELON. d'étranges secousses, et mon coeur ne tient plus qu'à Mon Dieu, mes chères '! nous vous demandons un Gilet.

pardon. Ces messieurs ont eu fantaisie de nous donMADELON

ner les âmes des pieds ; et nous vous avons envoyé Que tout ce qu'il dit est naturel! Il tourne les cho- querir pour remplir les vides de notre assemblée. ses le plus agréablement du monde.

LUCILE.
CATHOS.

Vous nous avez obligées, sans doute.
Il est vrai qu'il fait une furieuse dépense en esprit.

MASCARILLE.

Ce n'est ici qu'un bal à la hâte; mais l'un de ces Pour vous montrer que je suis véritable, je veux jours, nous vous en donnerons un dans les formes. faire un impromptu là-dessus.

Les violons sont-ils venus?
(Il médite. )

ALMANZOR.
CATHOS.

Oui, monsieur; ils sont ici.
Eh ! je vous en conjure de toute la dévotion de mon

CATHOS. caur, que nous oyions quelque chose qu'on ait fait Allons donc, mes chères, prenez place. pour nous.

MASCARILLE, dansant lui seul comme par prélude. JODELET.

La, la, la, la, la, la, la, la. J'aurais envie d'en faire autant, mais je me trouve

MADELON. un peu incommodé de la veine poétique, pour la

Il a tout à fait la taille élégante. quantité de saignées que j'y ai faites ces jours

CATHOS. passés.

Et a la mine de danser proprement”.
MASCARILLE.

MASCARILLE, ayant pris Madelon pour danser. Que diable est-ce là? Je fais toujours bien le pre

Ma franchise va danser la courante aussi bien que mier vers; mais j'ai peine à faire les autres. Ma foi ! mes pieds. En cadence, violons, en cadence. Oh! ceci est un peu troppressé; je vous ferai un impromptu quels ignorants! Il n'y a pas moyen de danser avec à loisir, que vous trouverez le plus beau du monde. JODELET.

1 On disait alors une chère comme on aurait dit une précieuse. Il a de l'esprit comme un démon.

Ces deux mots avaient le même sens, et étaient également à la

mode; mais chère exprimait surtout l'intimité. Ce mot est resté. MADELON.

2 Danser proprement, pour bien danser. Expression recherEt du galant, et du bien tourné.

chée, qui est restée dans notre langue, où méme elle est deve

nue d'un usage vulgaire. C'est ainsi que dans cette mnltitude de MASCARILLE.

locutions bizarres ou ridicules dont Molière s'est moqué avec Vicomte, dis-moi un peu, y a-t-il longtemps que tant de gaieté, il en est un grand nombre que nous employons tu n'as vu la comtesse?

tous les jours sans nous douter qu'elles sont un présent des

précieuses. Qui croirait, par exemple, que nous leur devons les JODELET.

phrases suivantes : Tenir bureau d'esprit; Avoir les cheveux Il y a plus de trois semaines que je ne lui ai rendu d'un blond hardi; Craindre de s'encanailler; Avoir l'humeur visite.

communicative ; Étre pénétré des sentiments d'une personne;

Avoir la compréhension dure; Revétir ses pensées d'erpressions MASCARILLE.

vigoureuses; Avoir le front chargé d'un sombre nuage; N'aSais-tu bien que le duc m'est venu voir ce matin, voir que le masque de la générosité, etc.? Toutes ces expres

sions , qui n'ont rien d'extraordinaire aujourd'hui, sont citées

par Saumaise comme faisant partie du nouveau dictionnaire Le mot braie a vieilli, et ne se trouve plus dans nos diction des Précieuses ; et l'on peut en conclure que cette affectation de naires que comme terme d'imprimerie et de marine. Du temps langage, dont Molière a fait justice, n'a cependant pas été tout de Molière, 11 signifiait le linge de corps. (B.)

à fait inutile à la langue.

LA GRANGE.

que les

LA GRANGE.

eux. Le diable vous emporte! ne sauriez-vous jouer

SCÈNE XVI. . en mesure? La, la, la, la, la, la, la, la. Ferme. O violons de village!

DU CROISY, LA GRANGE, MADELON, CAJODELET, dansant ensuite,

THOS, CÉLIMÈNE, LUCILE, MASCARILLE, Holà! ne pressez pas si fort la cadence : je ne fais JODELET, MAROTTE, VIOLONS. que sortir de maladie. SCÈNE XIV.

Ma foi, marauds, vous ne vous rirez pas de nous,

je vous promets. Entrez, vous autres. DU CROISY, LA GRANGE, CATHOS, MA

(Trois ou quatre spadassins entrent.) DELON, LUCILE, CÉLIMÈNE, JODELET,

MADELON MASCARILLE, MAROTTE, VIOLONS.

Quelle est donc cette audace, de venir nous troubler

de la sorte dans notre maison? LA GRANGE, un bâton à la main.

DU CROISY. Ah! ah! coquins, que faites-vous ici ? Il y a trois

Comment, mesdames, nous endurerons que nos heures que nous vous cherchons.

laquais soient mieux reçus que nous; qu'ils viennent MASCARILLE, se sentant battre. Ahi! ahi ! ahi, vous ne m'aviez pas

vous faire l'amour à nos dépens, et vous donner le dit

coups

bal ? en seraient aussi.

MADELON.
JODELET.
Ahi! ahi,

Vos laquais ?
ahi!

LA GRANGE.

Oui, nos laquais : et cela n'est ni beau ni honnête C'est bien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir

de nous les débaucher comme vous faites. faire l'homme d'importance !

MADELON.
DU CROISY.

O ciel! quelle insolence!
Voilà qui vous apprendra à vous connaître.

LA GRANGE.
SCÈNE XV.

Mais ils n'auront pas l'avantage de se servir de nos

habits pour vous donner dans la vue; et si vous les CATHOS, MADELON, LUCILE, CÉLIMÈNE, voulez aimer, ce sera, ma foi, pour leurs beaux yeux. MASCARILLE, JODELET, MAROTTE, VIO

Vite, qu'on les dépouille sur-le-champ.

JODELET.

Adieu notre braverie.
MADELON.

MASCARILLE.
Que veut donc dire ceci?

Voilà le marquisat et la vicomté à bas.
JODELET.

DU CROISY.
C'est une gageure.

Ah! ah ! coquins, vous avez l'audace d'aller sur CATHOS.

nos brisées ! vous irez chercher autre part de quoi vous Quoi! vous laisser battre de la sorte!

rendre agréables aux yeux de vos belles, je vous en MASCARILLE. Mon Dieu ! je n'ai pas voulu faire semblant de rien;

LA GRANGE. car je suis violent, et je me serais emporté.

C'est trop que de nous supplanter, et de nous MADELON,

supplanter avec nos propres habits. Endurer un affront comme celui-là, en notre pré

MASCARILLE. sence!

O fortune! quelle est ton inconstance!
MASCARILLE.

DU CROISY.
Ce n'est rien : ne laissons pas d'achever. Nous nous

Vite, qu'on leur ôte jusqu'à la moindre chose. connaissons il y a longtemps, et entre amis on ne

LA GRANGE. va pas se piquer pour si peu de chose.

Qu'on emporte toutes ces hardes, dépêchez. Maintenant, mesdames, en l'état qu'ils sont, vous pouvez continuer vos amours avec eux tant qu'il vous plaira; nous vous laissons toute sorte de liberté pour cela, et nous vous protestons, monsieur et moi, que nous n'en serons aucunement jaloux.

LONS.

assure.

MADELON.

MADELON,

SCÈNE XVII.

Ah! je jure que nous en serons vengées, ou que MADELON, CATHOS, JODELET, je mourrai en la peine. Et vous, marauds, osez-vous MASCARILLE, VIOLONS.

vous tenir ici après votre insolence?

MASCARILLE.
CATHOS.

Traiter comme cela un marquis! Voilà ce que Ah! quelle confusion!

c'est que du monde, la moindre disgrâce nous fait

mépriser de ceux qui nous chérissaient. Allons, caJe creve de dépit.

marade, allons chercher fortune autre part; je vois UN DES VIOLONS, à Mascarille.

bien qu'on n'aime ici que la vaine apparence, et Qu'est-ce donc que ceci? Qui nous paiera, nous

qu'on n'y considère point la vertu toute nue. autres ? MASCARILLE.

SCÈNE XIX. Demandez à monsieur le vicomte.

UN DES VIOLONS, à Jodelet. Qui est-ce qui nous donnera de l'argent ?

GORGIBUS, MADELON, CATHOS, VIOLONS. JODELET.

UN DES VIOLONS. Demandez à monsieur le marquis.

Monsieur! nous entendons que vous nous contenSCÈNE XVIII.

tiez, à leur défaut, pour ce que nous avons joué ici.

GORGIBUS, les battant. GORGIBUS, MADELON, CATHOS, JODELET, Oui, oui, je vous vais contenter, et voici la monMASCARILLE, VIOLONS.

naie dont je vous veux payer. Et vous, pendardes,

je ne sais qui me tient que je ne vous en fasse auGORGIBUS.

tant; nous allons servir de fable et de risée à tout le Ah! coquines que vous êtes, vous nous mettez monde, et voilà ce que vous vous êtes attiré par vos dans de beaux draps-blancs , à ce que je vois ; et je extravagances. Allez vous cacher, vilaines ; allez viens d'apprendre de belles affaires, vraiment, de vous cacher pour jamais. ( Seul. ) Et vous, qui êtes ces messieurs et de ces dames qui sortent!

cause de leur folie, sottes billevesées', pernicieus MADELON.

amusements des esprits oisifs, romans, vers, chanAh! mon père, c'est une pièce sanglante qu'ils sons, sonnets et sonnettes, puissiez-vous être à tous nous ont faite!

les diables! GORGIBUS. Oui, c'est une pièce sanglante, mais qui est un

· Billevesées, ou plutôt billevezées, ainsi que l'écrit Rabeeffet de votre impertinence, infames ! Ils se sont res

lais. Balle remplie de vent, et, par allusion, discours vains, sentis du traitement que vous leur avez fait, et ce- trompeurs. Mot composé de bille, balle, et de vezes, souffler, pendant, malheureux que je suis ! il faut que je boive bien Furetiére, pour balle souffée, pleine de vent. C'est précil'affront.

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sément le nugæ canore des Latins.

BIN DES PRECIEUSES RIDICULES,

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PERSONNAGES.

ACTEURS. Et dois auparavant consulter s'il vous plaît: GORGIBUS, bourgeois de Paris.

L'ESPY.

Informé du grand bien qui lui tombe en partage, CELIE, sa fille.

Mile DUPARC. Dois-je prendre le soin d'en savoir davantage? LELIE, amant de Célie.

LA GRANGE. GROS-RENE, valet de Lélie.

DUPARC.

Et cet époux ayant vingt mille bons ducats, SGANARELLE, bourgeois de Paris et cocu

Pour être aimé de vous doit-il manquer d'appas? imaginairer.

MOLIÉRE. LA FEMME de Sganarelle.

Allez, tel qu'il puisse être, avecque cette somme

MVe DE BRIE. VILEBREQUIN, père de Valère.

DE BRIE. Je vous suis caution qu'il est très-honnête homme. LA SUIVANTE de Célie. Magd. BÉJART.

CÉLIE.
UN PARENT de la femme de Sganarelle.

Hélas !
La scène est dans une place publique.

GORGIBUS.
Eh bien, hélas ! Que veut dire ceci?

Voyez le bel hélas qu'elle nous donne ici!
SCÈNE PREMIÈRE.

Eh! que si la colère une fois me transporte, .
GORGIBUS, CÉLIE, LA SUIVANTE DE CÉLIE.

Je vous ferai chanter hélas de bonne sorte!

Voilà, voilà le fruit de ces empressements CÉLIB, sortant toute éplorée, et son père la suivant. Qu'on vous voit nuit et jour à lire vos romans ; Ah! n'espérez jamais que mon cæur y consente. De quolibets d'amour votre tête est remplie, GORGIBUS.

Et vous parlez de Dieu bien moins que de Clélie'. Que marmottez-vous là, petite impertinente? Jetez-moi dans le feu tous ces méchants écrits Vous prétendez choquer ce que j'ai résolu?

Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits; Je n'aurai pas sur vous un pouvoir absolu? Lisez-moi , comme il faut, au lieu de ces sornettes, Et, par sottes raisons , votre jeune cervelle

Les Quatrains de Pibrac, et les doctes Tablettes a Voudrait régler ici la raison paternelle?

Du conseiller Matthieu ; l'ouvrage est de valeur, Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi? Et plein de beaux dictons à réciter par cæur. A votre avis , qui mieux, ou de vous, ou de moi, La Guide des pécheurs 3 est encore un bon livre; O sotte! peut juger ce qui vous est utile?

C'est là qu'en peu de temps on apprend à bien vivre; Par la corbleu! gardez d'échauffer trop ma bile; Et si vous n'aviez lu que ces moralités, Vous pourriez éprouver, sans beaucoup de longueur, vous sauriez un peu mieux suivre mes volontés. Si mon bras peut encor montrer quelque vigueur.

CÉLIE. Votre plus court sera, madame la mutine,

Quoi! vous prétendez donc, mon père, que j'oublie D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine. J'ignore, dites-vous, de quelle humeur il est,

" Clélie, roman de mademoiselle Scudéry.

* Ces deux ouvrages tenaient autrefois dans l'éducation de la "Ce personnage comique est une création de Molière, et le jeunesse la même place que les fables de la Fontaine y tiennent nom de SGANARELLE est resté au caractère qu'il représente : on aujourd'hui. disait les Sganarelles, comme on avait dit les Jodelets, les Gros- Livre de dévotion , par Louis de Grenade, dominicain espa Renés, etc.

gnol , mort en 1588. ( B:)

La constante amitié que je dois à Lélie?

Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue J'aurais tort si, sans vous, je disposais de moi, D'un, Dieu vous soit en aide, alors qu'on éternue. Mais vous-même à ses võux engageâtes ma foi.

CÉLIE.
GORGIBUS.

Peux-tu me conseiller de commettre un forfait, Lui fut-elle engagée encore davantage,

D'abandonner Lélie, et prendre ce mal fait?
Un autre est survenu, dont le bien l'en dégage.

LA SUIVANTE.
Lélie est fort bien fait; mais apprends qu'il n'est rien Votre Lélie aussi n'est , ma foi , qu'une bête,
Qui ne doive céder au soin d'avoir du bien;

Puisque si hors de temps son voyage l'arrête;
Que l'or donne aux plus laids certain charme pour Et la grande longueur de son éloignement
Et que sans lui le reste est une triste affaire. (plaire, Me le fait soupçonner de quelque changement.
Valère, je crois bien, n'est pas de toi chéri;

CELIE, lui montrant le portrait de Lélie. Mais s'il ne l'est amant, il le sera mari.

Ah! ne m'accable point par ce triste présage. Plus que l'on ne le croit, ce nom d'époux engage, Vois attentivement les traits de ce visage, Et l'amour est souvent un fruit du mariage.

Ils jurent à mon cour d'éternelles ardeurs; Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner Je veux croire, après tout, qu'ils ne sont pas menteurs, Où de droit absolu j'ai pouvoir d'ordonner?

Et que, comme c'est lui que l'art y représente, Trêve donc, je vous prie, à vos impertinences. Il conserve à mes feux une amitié constante. Que je n'entende plus vos sottes doléances.

LA SUIVANTE. Ce gendre doit venir vous visiter ce soir;

Il est vrai que ces traits marquent un digne amant, Manquez un peu, manquez à le bien recevoir : Et que vous avez lieu de l'aimer tendrement. Si je ne vous lui vois faire fort bon visage,

CÉLIE. Je vous... Je ne veux pas en dire davantage.

Et cependant il faut... Ah! soutiens-moi.

(Elle laisse tomber le portrait de Lelie.) SCÈNE II.

LA SUIVANTE.

Madame, CÉLIE, LA SUIVANTE DE CÉLIE.

D'où vous pourrait venir... Ah!bons dieux ! elle påme! LA SUIVANTE.

Hé! vite, holà! quelqu'un.
Quoi! refuser, madame, avec cette rigueur, (cour!

SCÈNE III.
Ce que tant d'autres gens voudraient de tout leur
A des offres d'hymen répondre par des larmes,

CÉLIE, SGANARELLE, LA SUIVANTE Et tarder tant à dire un oui si plein de charmes !

DE CÉLIE.
Hélas ! que ne veut-on aussi me marier!
Ce ne serait pas moi qui se ferait prier :

Qu'est-ce donc? me voilà. Et loin qu'un pareil oui me donnåt de la peine,

LA SUIVANTE. Croyez que j'en dirais bien vite une douzaine.

Ma maîtresse se meurt. Le précepteur qui fait répéter la leçon

SGANARELLE.
A votre jeune frère a fort bonne raison

Quoi! n'est-ce que cela?
Lorsque, nous discourant des choses de la terre,
Il dit que la femelle est ainsi que le lierre,

Je croyais tout perdu, de crier de la sorte.

[te?

Mais approchons pourtant. Madame, êtes-vous morQui croît beau tant qu'à l'arbre il se tient bien serré,

Ouais ! Elle ne dit mot. Et ne profite point s'il en est séparé.

LA SUIVANTE. Il n'est rien de plus vrai, ma très-chère maîtresse,

Je vais faire venir Et je l'éprouve en moi, chétive pécheresse.

Quelqu'un pour l'emporter ; veuillez la soutenir.
Le bon Dieu fasse paix à mon pauvre Martin !
Mais j'avais, lui vivant, le teint d'un chérubin,

SCÈNE IV.
L'embonpoint merveilleux, l'oeil gai, l'âme contente;
Et je suis maintenant ma commère dolente.

CÉLIE, SGANARELLE, LA FEMME

DE SGANARELLE. Pendant cet heureux temps, passé comme un éclair, Je me couchais sans feu dans le fort de l'hiver; SGANARELLE, en passant la main sur le sein de Célie. Sécher même les draps me semblait ridicule, Elle est froide partout, et je ne sais qu'en dire. Et je tremble à présent dedans la canicule.

Approchons-nous pour voir si sa bouche respire. Enfin il n'est rien tel, madame, croyez-moi, Ma foi ! je ne sais pas; mais j'y trouve encor, moi Que d'avoir un mari la nuit auprès de soi,

Quelque signe de vie.

SGANARELLE.

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