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Et l'on ne doit jamais souffrir, sans dire mot, Se pratique aujourd'hui par force gens de bien.
De semblables affronts, à moins qu'être un vrai sot. N'allons donc point chercher à faire une querelle
Courons donc le chercher, ce pendard qui m'affronte: Pour un affront qui n'est que pure bagatelle.
Montrons notre courage à venger notre honte. L'on m'appellera sot , de ne me venger pas :
Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens, Mais je le serais fort, de courir au trépas.
Et, sans aucun respect, faire cocus les gens.

(mettant la main sur sa poitrine.) (llrevient après avoir fait quelques pas.) Je me sens là pourtant remuer une bile Doucement, s'il vous plaît; cet homme a bien la mine

Qui veut me conseiller quelque action virile :
D'avoir le sang bouillant et l'âme un peu mutine; Oui, le courroux me prend; c'est trop être poltron ;
Il pourrait bien, mettant affront dessus affront, Je veux résolument me venger du larron. [me,
Charger de bois mon dos, comme il a fait mon front. Déjà, pour commencer, dans l'ardeur qui m'enflam-
Je hais de tout mon cour les esprits colériques, Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme.
Et porte grand amour aux hommes pacifiques;
Je ne suis point battant, de peur d'être battu,

SCÈNE XVIII.
Et l'humeur débonnaire est ma grande vertu.
Mais mon honneur me dit que d'une telle offense

GORGIBUS, CÉLIE, LA SUIVANTE DE CÉLIE. Il faut absolument que je prenne vengeance :

CÉLIE. Ma foi ! laissons-le dire autant qu'il lui plaira ;

Oui, je veux bien subir une si juste loi : Au diantre qui pourtant rien du tout en fera! Quand j'aurai fait le brave, et qu’un fer, pour ma peine, Faites, quand vous voudrez, signer cet hyménée :

Mon père, disposez de mes võux et de moi;
M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine,

A suivre mon devoir je suis déterminée;
Que par la ville ira le bruit de mon trépas,
Dites-moi, mon honneur, en serez-vous plus gras ?

Je prétends gourmander mes propres sentiments, La bière est un séjour par trop mélancolique,

Et me soumettre en tout à vos commandements.

GORGIBUS.
Et trop malsain pour ceux qui craignent la colique.
Et quant à moi, je trouve, ayant tout compassé,

Ah! voilà qui me plaît, de parler de la sorte.
Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé.

Parbleu , si grande joie à l'heure me transporte, Quel mal cela fait-il? la jambe en devient-elle

Que mes jambes sur l'heure en caprioleraient", Plus tortue, après tout, et la taille moins belle ?

Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riraient! Peste soit qui premier trouva l'invention

Approche-toi de moi; viens çà, que je t'embrasse. De s'affliger l'esprit de cette vision,

Une telle action n'a pas mauvaise grâce;
Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage

Un père, quand il veut, peut sa fille baiser,
Aux choses que peut faire une femme volage! Sans que l'on ait sujet de s'en scandaliser.
Puisqu'on tient, à bon droit, tout crime personnel, Va, le contentement de te voir si bien née
Que fait là notre honneur pour être criminel? Me fera rajeunir de dix fois une année..
Des actions d'autrui l'on nous donne le blåme :

SCÈNE XIX.
Si nos femmes sans nous font un commerce infâme,
Il faut que tout le mal tombe sur notre dos :

CÉLIE, LA SUIVANTE DE CÉLIE.
Elles font la sottise, et nous sommes les sots.
C'est un vilain abus, et les gens de police

LA SUIVANTE.
Nous devraient bien régler une telle injustice.

Ce changement m'étonne. N'avons-nous pas assez des autres accidents

CÉLIE. Qui nous viennent happer en dépit de nos dents ?

Et lorsque tu sauras Les querelles, procès, faim , soif et maladie,

Par quel motif j'agis, tu m'en estimeras. Troublent-ils pas assez le repos de la vie,

LA SUIVANTE. Sans s'aller, de surcroît, aviser sottement

Cela pourrait bien être. De se faire un chagrin qui n'a nul fondement?

CÉLIE. Moquons-nous de cela, méprisons les alarmes,

Apprends donc que Lélie Et mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes.

A pu blesser mon cæur par une perfidie;
Si ma femme a failli, qu'elle pleure bien fort;

Qu'il était en ces lieux sans...
Mais pourquoi, moi, pleurer, puisque je n'ai point
En tous cas, ce qui peut m'ôter ma fåcherie, stort?

1 Mot qui vient de l'italien cabriola. On disait autrefois caC'est que je ne suis pas seul de ma confrérie.

prioler; mais déjà, du temps de Richelet, le mot cabrioler était Voir cajoler sa femme, et n'en témoigner rien, plus usité.

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LA SUIVANTE.

SGANARELLE.

Et si je le rencontre, on verra du carnage.
Mais il vient à nous. Oui, j'ai juré sa mort; rien ne peut m'empêcher.

Où je le trouverai, je veux le dépêcher.
SCÈNE XX.

( tirant son épée à demi, il approche de Lélie.)

Au beau milieu du cæur il faut que je lui donne... LÉLIE, CÉLIE, LA SUIVANTE DE CÉLIE.

LÉLIE, se retournant.

A qui donc en veut-on ?
LÉLIE.
Avant que pour jamais je m'éloigne de vous,

Je n'en veux à personne. Je veux vous reprocher au moins en cette place...

LÉLIE.
CÉLIE.

Pourquoi ces armes-là?
Quoi! me parler encor! Avez-vous cette audace?

SGANARELLE.
LÉLIE.

C'est un habillement
Il est vrai qu'elle est grande; et votre choix est tel,

(à part.) Qu'à vous rien reprocher je serais criminel.

Que j'ai pris pour la pluie. Ah! quel contentement
Vivez, vivez contente, et bravez ma mémoire J'aurais à le tuer! Prenons-en le courage.
Avec le digne époux qui vous comble de gloire.

LÉLIE, se retournant encore.
CÉLIE.

Hai?
Oui, traître, j'y veux vivre; et mon plus grand désir,

SGANARELLE.
Ce serait que ton cæur en eût du déplaisir.

Je ne parle pas.
LÉLIE.

(à part, après s'être donne des soufflets pour s'exciter.) Qui rend donc contre moi ce courroux légitime?

Ah! poltron, dont j'enrage, CÉLIE.

Lâche, vrai coeur de poule! Quoi ! tu fais le surpris et demandes ton crime?

CÉLIE, à Lélie.

Il t'en doit dire assez, SCÈNE XXI.

Cet objet dont tes yeux nous paraissent blessés.

LÉLIE.
CÉLIE, LÉLIE, SGANARELLE, armé de pled Oui, je connais par là que vous êtes coupable
en cap; LA SUIVANTE DE CÉLIE. De l'infidélité la plus inexcusable

Qui jamais d'un amant puisse outrager la foi.
SGANARELLE.

SGANARELLE, à part.
Guerre! guerre mortelle à ce larron d'honneur

Que n'ai-je un peu de cour!
Qui, sans miséricorde, a souillé notre honneur!

CÉLIE.
CÉLIE, à Lélie, lui montrant Sganarelle.

Ah! cesse devant moi,
Tourne, tourne les yeux sans me faire répondre. Traître, de ce discours l'insolence cruelle!
LÉLIE.

SGANARELLE, à part.
Ah! je vois...

Sganarelle, tu vois qu'elle prend ta querelle!
CÉLIE.

Courage, mon enfant, sois un peu vigoureux.
Cet objet suffit pour te confondre.

Là, hardi ! tâche à faire un effort généreux,
LÉLIE.

En le tuant tandis qu'il tourne le derrière.
Mais pour vous obliger bien plutôt à rougir.

LÉLIE, faisant deux ou trois pas sans dessein, fait reSGANARELLE, à part.

tourner Sganarelle, qui s'approchait pour le tuer. Ma colère à présent est en état d'agir.

Puisqu'un pareil discours émeut votre colère, Dessus ses grands chevaux est monté mon courage”; Je dois de votre cour me montrer satisfait,

Et l'applaudir ici du beau choix qu'il a fait. ' Il faut chercher l'origine de ce proverbe dans les usages de

CÉLIE. l'ancienne chevalerie. Les chevaliers avaient deux espèces de chevaux; ceux qu'ils montaient habituellement étaient connus Oui, oui, mon choix est tel qu'on n'y peut rien reprensous le nom de coursiers de palefroi : c'étaient des chevaux

LÉLIE.

[dre. d'une allure aisée et d'une force ordinaire. Mais, les jours de Allez, vous faites bien de le vouloir défendre. taille remarquables, que des écuyers conduisaient à leur droite;

SGANARELLE. d'où leur est venu le nom de destriers. Ces destriers étaient Sans doute, elle fait bien de défendre mes droits. présentés aux chevaliers à l'heure même du combat : c'était ce que l'on appelait alors monter sur ses grands chevaux. Depuis, Cette action, monsieur, n'est point selon les lois : par allusion à cet usage, on a dit monter sur ses grands chevaux, pour, se mettre en colère, menacer, prendre un parti vi

J'ai raison de m'en plaindre, et si je n'étais sage, goureux, montrer de la tierté, de l'arrogance, du courage.

On verrait arriver un étrange carnage.

LÉLIE.

Et si, plus je l'écouter, et moins je puis l'entendre. D'où vous naît cette plainte , et quel chagrin brutal... Je vois bien à la fin que je m'en dois mêler. SGANARELLE.

( Elle se met entre Lélie et sa maitresse.) Suffit. Vous savez bien où le båt me fait mal; Répondez-moi par ordre, et me laissez parler. Mais votre conscience et le soin de votre âme

( à Lélie.) Vous devraient mettre aux yeux que ma femme est ma Vous, qu'est-ce qu'à son coeur peut reprocher le vôtre? Et vouloir, à ma barbe, en faire votre bien, [femme,

LÉLIE.
Que ce n'est pas du tout agir en bon chrétien. Que l'infidèle a pu me quitter pour un autre;
LÉLIE.

Que lorsque, sur le bruit de son hymen fatal,
Un semblable soupçon est bas et ridicule.

J'accours tout transporté d'un amour sans égal, Allez, dessus ce point n'ayez aucun scrupule : Dont l'ardeur résistait à se croire oubliée, Je sais qu'elle est à vous; et bien loin de brûler... Mon abord en ces lieux la trouve mariée. CÉLIE.

LA SUIVANTE.
Ah! qu'ici tu sais bien, traître, dissimuler !

Mariée ! à qui donc?
LÉLIE.

LÉLIE, montrant Sganarelle.
Quoi! me soupçonnez-vous d'avoir une pensée

A lui. De qui son âme ait lieu de se croire offensée?

LA SUIVANTE.
De cette låcheté voulez-vous me noircir?

Comment , à lui?
CÉLIE.

LÉLIE.
Parle, parle à lui-même, il pourra t'éclaircir.

Oui-da!

LA SUIVANTE.
SGANARELLE, à Célie.
Vous me défendez mieux que je ne saurais faire,

Qui vous l'a dit?

LÉLIE. Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire.

C'est lui-même, aujourd'hui.

LA SUIVANTE, à Sganarelle.
SCÈNE XXII.

Est-il vrai?

SGANARELLE. CÉLIE, LÉLIE, SGANARELLE, LA FEMME

Moi? J'ai dit que c'était à ma femme

Que j'étais marié. DE SGANARELLE, LA SUIVANTE DE CÉLIE.

LÉLIE.

Dans un grand trouble d'âme, LA FEMME DE SGANARELLE.

Tantôt de mon portrait je vous ai vu saisi. Je ne suis point d'humeur à vouloir contre vous

SGANARELLE. Faire éclater, madame, un esprit trop jaloux;

Il est vrai : le voilà. Mais je ne suis point dupe, et vois ce qui se passe :

LÉLIE, à Sganarelle. Il est de certains feux de fort mauvaise grâce;

Vous m'avez dit aussi Et votre âme devrait prendre un meilleur emploi,

Que celle aux mains de qui vous aviez pris ce gage Que de séduire un coeur qui doit n'être qu'à moi.

Était liée à vous des næuds du mariage.
CÉLIE.

SGANARELLE.
La déclaration est assez ingénue.

(montrant sa femme.) SGANARELLE , à sa femme.

Sans doute. Et je l'avais de ses mains arraché; L'on ne demandait pas, carogne, ta venue :

Et n'eusse pas sans lui découvert son péché. Tu la viens quereller lorsqu'elle me défend,

LA FEMME DE SGANARELLE. Et tu trembles de peur qu'on t’ôte ton galant. Que me viens-tu conter par ta plainte importune? CÉLIE.

Je l'avais sous mes pieds rencontré par fortune: Allez, ne croyez pas que l'on en ait envie.

Et même, quand , après ton injuste courroux, (se tournant vers Lélie.)

(montrant Lélie.) Tu vois si c'est mensonge; et j'en suis fort ravie.

J'ai fait dans sa faiblesse entrer monsieur chez nous, LÉLIE.

Je n'ai pas reconnu les traits de sa peinture.
Que me veut-on conter?

CÉLIE.
LA SUIVANTE.

C'est moi qui du portrait ai causé l'aventure;
Ma foi, je ne sais pas
Quand on verra finir ce galimatias;

i Et si, plus je l'écoute. Nous avons déjà donné une explica

tion de ce vieux mot, qui est employé ici pour néanmoins, pour Depuis assez long-temps je tâche à le comprendre,

tant.

Et je l'ai laissé choir en cette påmoison

GORGIBUS. (à Sganarelle.)

Oui, monsieur, c'est ainsi que je fais mon devoir : Qui m'a fait par vos soins remettre à la maison. Ma fille en suit les lois. LA SUIVANTE.

CÉLIE. Vous voyez que sans moi vous y seriez encore,

Mon devoir m'intéresse, Et vous aviez besoin de mon peu d'ellébore.

Mon père, à dégager vers lui votre promesse.
SGANARELLE, à part.

GORGIBUS.
Prendrons-nous tout ceci pour de l'argent comptant ? Est-ce répondre en fille à mes commandements ?
Mon front l'a, sur mon âme, eu bien chaude pourtant. Tu te démens bientôt de tes bons sentiments.
LA FEMME DE SGANARELLE.

Pour Valère, tantôt... Mais j'aperçois son père : Ma crainte toutefois n'est pas trop dissipée,

Il vient assurément pour conclure l'affaire.
Et, doux que soit le mal, je crains d'être trompée.
SGANARELLE, à sa femme.

SCÈNE XXIV.
Eh! mutuellement, croyons-nous gens de bien;
Je risque plus du mien que tu ne fais du tien. VILEBREQUIN, GORGIBUS, CÉLIE, LÉLIE,
Accepte sans façon le marché qu'on propose.

SGANARELLE, LA FEMME DE SGANARELLE, LA FEMME DE SGANARELLE.

LA SUIVANTE DE CÉLIE.
Soit. Mais gare le bois si j'apprends quelque chose!

GORGIBUS.
CÉLIE, à Lélie, après avoir parlé bas ensemble.
Ah! dieux, s'il est ainsi , qu'est-ce donc que j'ai fait? Qui vous amène ici, seigneur Vilebrequin ?
Je dois de mon courroux appréhender l'effet.

VILEBREQUIN.

Un secret important que j'ai su ce matin,
Oui, vous croyant sans foi, j'ai pris pour ma vengeance
Le malheureux secours de mon obéissance;

Qui rompt absolument ma parole donnée.

Mon fils, dont votre fille acceptait l'hyménée, Et, depuis un moment, mon coeur vient d'accepter

Sous des liens cachés trompant les yeux de tous, Un hymen que toujours j'eus lieu de rebuter.

Vit depuis quatre mois avec Lise en époux;
J'ai promis à mon père; et ce qui me désole...

Et comṁe des parents le bien et la naissance
Mais je le vois venir.
Lélie.

M’ôtent tout le pouvoir de casser l'alliance,
Il me tiendra parole.

Je vous viens...

GORGIBUS.
SCÈNE XXIII.

Brisons là. Si, sans votre congé,

Valère votre fils ailleurs s'est engagé, GORGIBUS, CÉLIE, LÉLIE, SGANARELLE,

Je ne vous puis celer que ma fille Célie LA FEMME DE SGANARELLE, LA SUIVANTE Dès longtemps par moi-même est promise à Lélie; DE CÉLIE.

Et que, riche en vertu, son retour aujourd'hui

M'empêche d'agréer un autre époux que lui.
LÉLIE.

VILEBREQUIN.
Monsieur, vous me voyez en ces lieux de retour, Un tel choix me plaît fort.
Brûlant des mêmes feux; et mon ardent amour

LÉLIE. Verra , comme je crois, la promesse accomplie

Et cette juste envie Qui me donna l'espoir de l'hymen de Célie.

D'un bonheur éternel va couronner ma vie...
GORGIBUS.

GORGIBUS.
Monsieur, que je revois en ces lieux de retour, Allons choisir le jour pour se donner la foi.
Brûlant des mêmes feux, et dont l'ardent amour

SGANARELLE, seul.
Verra, que vous croyez, la promesse accomplie A-t-on mieux cru jamais être cocu que moi ?
Qui vous donna l'espoir de l'hymen de Célie, Vous voyez qu'en ce fait la plus forte apparence
Très-humble serviteur à votre seigneurie.

Peut jeter dans l'esprit une fausse créance.
LÉLIE.

De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien;
Quoi! monsieur, est-ce ainsi qu'on trahit mon espoir? | Et, quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien.

FIN DU COCU IMAGINAIRE,

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DONE ELVIRE.

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PERSONNAGES.

ACTEURS. Décidèrent en moi le destin de leurs flammes ;

Et toute mon estime, égale entre les deux, DON GARCIE, prince de Navarre, amant de

Laissa vers don Garcie entraîner tous mes væux. done Elvire.

MOLIÈRE.
DONE ELVIRE, princesse de Léon.
Mme DUPARC.

ÉLISE.
DON ALPHONSE, prince de Léon, cru prince
de Castille, sous le nom de don Sylve. LA GRANGE.

Cet amour que pour lui votre astre vous inspire DONE IGNÈS, comtesse, amante de don Sylve,

N'a sur vos actions pris que bien peu d'empire, aimée par Mauregat, usurpateur de l'Etat de

Puisque nos yeux, madame, ont pu longtemps douter Léon. ELISE, confidente de done Elvire.

Mlle BÉJART.

Qui de ces deux amants vous vouliez mieux traiter. DON ALVAR, confident de don Garcie, amant

d'Élise. DON LOPE, autre confident de don Garcie ,

De ces nobles rivaux l'amoureuse poursuite amant d'Elise.

A de fâcheux combats, Élise, m'a réduite. DON PÈDRE, écuyer d'Ignès.

Quand je regardais l'un, rien ne me reprochait UN PAGE de done Elvire.

Le tendre mouvement où mon âme penchait; La scène est dans Astorgue, ville d'Espagne, dans le royaume Mais je me l'imputais à beaucoup d'injustice, de Léon.

Quand de l'autre à mes yeux s'offrait le sacrifice :
Et don Sylve, après tout, dans ses soins amoureux,

Me semblait mériter un destin plus heureux.
ACTE PREMIER.

Je m'opposais encor ce qu'au sang de Castille
Du feu roi de Léon semble devoir la fille;
Et la longue amitié qui, d'un étroit lien,

Joignit les intérêts de son père et du mien.
SCÈNE PREMIÈRE. Ainsi, plus dans mon âme un autre prenait place,

Plus de tous ses respects je plaignais la disgrâce : DONE ELVIRE, ÉLISE.

Ma pitié, complaisante à ses brûlants soupirs,

D'un dehors favorable amusait ses désirs,
DONE ELVIRE.

[amants, Et voulait réparer, par ce faible avantage, Non, ce n'est point un choix qui , pour ces deux Ce qu'au fond de mon cæur je lui faisais d'outrage. Sut régler de mon cour les secrets sentiments;

ÉLISE. Et le prince n'a point, dans tout ce qu'il peut être, Mais son premier amour, que vous avez appris, Ce qui fit préférer l'amour qu'il fait paraître. Doit de cette contrainte affranchir vos esprits; Don Sylve, comme lui, fit briller à mes yeux Et puisque avant ces soins, où pour vous il s'engage, Toutes les qualités d'un héros glorieux;

Done Ignès de son cæur avait reçu l'hommage, Même éclat de vertus, joint à même naissance, Et que, par des liens aussi fermes que doux, Me parlait en tous deux pour cette préférence; L'amitié vous unit, cette comtesse et vous, Et je serais encore à nommer le vainqueur,

Son secret révélé vous est une matière Si le mérite seul prenait droit sur un caur :

A donner à vos võux liberté tout entière; Mais ces chaînes du ciel qui tombent sur nos ames Et vous pouvez sans crainte, à cet amant confus,

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