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Le plus sûr est, ma foi, de se fier en nous; Une grande tendresse et des soins complaisants, Qui nous gêne se met en un péril extrême,

Peuvent, à son avis, pour un tel mariage, Et toujours notre honneur veut se garder lui-même. Réparer entre nous l'inégalité d'âge, C'est nous inspirer presque un désir de pécher, Elle peut m'épouser; sinon, choisir ailleurs. Que montrer tant de soins de nous en empêcher; Je consens que sans moi ses destins soient meilleurs; Et si par un mari je me voyais contrainte,

Et j'aime mieux la voir sous un autre hyménée, J'aurais fort grande pente à confirmer sa crainte. Que si contre son gré sa main m'était donnée. SGANARELLE, à Ariste.

SGANARELLE. Voilà, beau précepteur, votre éducation.

Eh! qu'il est doucereux! c'est tout sucre et tout miel! Et vous souffrez cela sans nulle émotion?

ARISTE.
ARISTE.

Enfin, c'est mon humeur, et j'en rends grâce au ciel.
Mon frère, son discours ne doit que faire rire; Je ne suivrais jamais ces maximes sévères,
Elle a quelque raison en ce qu'elle veut dire.

Qui font que les enfants comptent les jours des pères. Leur sexe aime à jouir d'un peu de liberté;

SGANARELLE. On le retient fort mal par tant d'austérité;

Mais ce qu'en la jeunesse on prend de liberté Et les soins défiants, les verrous et les grilles ,

Ne se retranche pas avec facilité; Ne font pas la vertu des femmes ni des filles :

Et tous ses sentiments suivront mal votre envie, C'est l'honneur qui les doit tenir dans le devoir,

Quand il faudra changer sa manière de vie. Non la sévérité que nous leur faisons voir.

ARISTE. C'est une étrange chose, à vous parler sans feinte,

Et pourquoi la changer? Qu'une femme qui n'est sage que par contrainte.

SGANARELLE. En vain sur tous ses pas nous prétendons régner,

Pourquoi ? Je trouve que le coeur est ce qu'il faut gagner,

ARISTE.

Oui. Et je ne tiendrais, moi, quelque soin qu'on se donne,

SGANARELLE. Mon honneur guère sûr aux mains d'une personne

Je ne sai. A qui, dans les désirs qui pourraient l'assaillir, Il ne manquerait rien qu'un moyen de faillir. Y voit-on quelque chose où l'honneur soit blessé ? SGANARELLE.

SGANARELLE.
Chansons que tout cela !

Quoi! si vous l'épousez, elle pourra prétendre
ARISTE.

Les mêmes libertés que fille on lui voit prendre?
Soit; mais je tiens sans cesse

ARISTE. Qu'il nous faut en riant instruire la jeunesse,

Pourquoi non ?

SGANARELLE.
Reprendre ses défauts avec grande douceur,
Et du nom de vertu ne lui point faire peur.

Vos désirs lui seront complaisants, Mes soins pour Léonor ont suivi ces maximes;

Jusques à lui laisser et mouches et rubans ? Des moindres libertés je n'ai point fait des crimes ;

ARISTE.

Sans doute. A ses jeunes désirs j'ai toujours consenti,

SGANARELLE. Et je ne m'en suis point, grâce au ciel, repenti.

A lui souffrir, en cervelle troublée, J'ai souffert qu'elle ait vu les belles compagnies, De courir tous les bals et les lieux d'assemblée ? Les divertissements, les bals, les comédies; Ce sont choses, pour moi, que je tiens de tout temps Oui, vraiment. Fort propres à former l'esprit des jeunes gens;

SGANARELLE. Et l'école du monde, en l'air dont il faut vivre,

Et chez vous iront les damoiseaux ? Instruit mieux à mon gré que ne fait aucun livre. Elle aime à dépenser en habits, linge, et noeuds;

Et quoi donc ?

SGANARELLE. Que voulez-vous ? Je tâche à contenter ses væux;

Qui joúront, et donneront cadeaux ?? Et ce sont des plaisirs qu'on peut, dans nos familles, Lorsque l'on a du bien, permettre aux jeunes filles. D'accord. Un ordre paternel l'oblige à m'épouser;

SGANARELLE. Mais mon dessein n'est pas de la tyranniser.

Et votre femme entendra les fleurettes ? Je sais bien que nos ans ne se rapportent guère, 1 Donner un cadeau signifiait, du temps de Molière, donner Et je laisse à son choix liberté tout entière.

un repas.

2 Il semble que les tendres discours des amants aient été nom. Si quatre mille écus de rente bien venants,

més fleurettes, comme si c'étaient de petites fleurs de rhélori

ARISTE.

ARISTE.

ARISTE.

ARISTE.

ARISTE.

SCÈNE IV.
Fort bien.
SGANARELLE.

SGANARELLE.
Et vous verrez ces visites muguettes
D'un ail à témoigner de n'en être point soul ?

Oh! que les voilà bien tous formés l'un pour l'autre!
ARISTE.

Quelle belle famille! Un vieillard insensé
Cela s'entend.

Qui fait le dameret dans un corps tout cassé;
SGANAR
ARELLE.

Une fille maîtresse et coquette suprême;
Allez, vous êtes un vieux fou. Des valets impudents : non, la Sagesse même
(à Isabelle.)

N'en viendrait pas à bout, perdrait sens et raison Rentrez, pour n'ouir point cette pratique infâme.

A vouloir corriger une telle maison.

Isabelle pourrait perdre dans ces hantises
SCÈNE III.

Les semences d'honneur qu'avec nous elle a prises;

Et pour l'en empêcher, dans peu nous prétendons ARISTE, SGANARELLE, LÉONOR, LISETTE. Lui faire aller revoir nos choux et nos dindons. ARISTE.

SCÈNE V.
Je veux m'abandonner à la foi de ma femme,
Et prétends toujours vivre ainsi que j'ai vécu.

VALÈRE, SGANARELLE, ERGASTE,
SGANARELLE.

VALÈRE, dans le fond du théâtre.
Que j'aurai de plaisir si l'on le fait cocu!

Ergaste, le voilà cet argus que j'abhorre,
ARISTE.

Le sévère tuteur de celle que j'adore.
J'ignore pour quel sort mon astre m'a fait naître;
Mais je sais que pour vous, si vous manquez de l’être, n'est-ce pas quelque chose enfin de surprenant

SGANARELLE, se croyant seul. On ne vous en doit point imputer le défaut,

Que la corruption des meurs de maintenant ?
Car vos soins pour cela font bien tout ce qu'il faut.

VALÈRE.
SGANARELLE.

Je voudrais l'accoster, s'il est en ma puissance, Riez donc, beau rieur. Oh! que cela doit plaire

Et tâcher de lier avec lui connaissance.
De voir un goguenard presque sexagénaire !

SGANARELLE, se croyant seul.
LÉONOR.

Au lieu de voir régner cette sévérité
Du sort dont vous parlez, je le garantis, moi,

Qui composait si bien l'ancienne honnêteté, S'il faut que par l'hymen il reçoive ma foi;

La jeunesse en ces lieux , libertine, absolue, Il s'en peut assurer; mais sachez que mon âme

Ne prend... Ne répondrait de rien, si j'étais votre femme.

(Valère salue Sganarelle de loin. ) LISETTE.

VALÈRE.
C'est conscience à ceux qui s'assurent en nous;
Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous.

Il ne voit pas que c'est lui qu'on salue.

ERGASTE.
SGANARELLE.

Son mauvais cil peut-être est de ce côté-ci.
Allez, langue maudite, et des plus mal apprises.

Passons du côté droit.

SGANARELLE, se croyant seul.
Vous vous êtes, mon frère, attiré ces sottises.

Il faut sortir d'ici.
Adieu. Changez d'humeur, et soyez averti
Que renfermer sa femme est un mauvais parti.

Le séjour de la ville en moi ne peut produire
Je suis votre valet.

VALÈRE, en s'approchant peu à peu.
SGANARELLE.
Je ne suis pas le vôtre.

Il faut chez lui tâcher de m'introduire.

SGANARELLE, entendant quelque bruit. que qu'ils emploient pour mieux persuader. Mais, selon le No- Hé! j'ai cru qu'on parlait. ble, le mot Beurette a une autre étymologie. Il y avait en

(se croyant seul.) France, sous Charles VI, une espèce de monnaie sur laquelle on avait gravé une multitude de petites fleurs; ces pièces de mon

Aux champs, grâces aux cieux, naie s'appelaient des fleurettes: de sorte que compter fleurette, Les sottises du temps ne blessent point mes yeux. c'était compter de la monnaie, ce qui, dans tous les temps, a été le moyen le plus persuasif. (MÉN.)

ERGASTE, à Valère, Goguenard, du vieux mot gogue, plaisanterie, ou, comme Abordez-le. on disait autrefois, joyeuseté. Goguettes est le diminutif de gogue. Ces trois mots viennent du bas-breton gog, qui signitie

SGANARELLE, entendant encore du bruit, satire.

Plaît-il ?

ARISTE.

Que des...

I

(n'entendant plus rien.)

VALÈRE.
Les oreilles me cornent.

Avouons que Paris nous fait part
(se croyant seul.)

Decent plaisirs charmants qu'on n'a point autre part. Là, tous les passe-temps de nos filles se bornent... Les provinces auprès sont des lieux solitaires. ( Il aperçoit Valère, qui le salue.)

A quoi donc passez-vous le temps ?
Est-ce à nous ?

SGANARELLE.
ERGASTE,
à Valère.

A mes affaires.
Approchez.

VALÈRE. SGANARELLE, sans prendre garde à Valère. L'esprit veut du relâche, et succombe parfois

Là, nul godelureau Par trop d'attachement aux sérieux emplois. (Valère le salue encore.)

Que faites-vous les soirs avant qu'on se retire ? Ne vient... Que diable!...

SGANARELLE.
(Il seretourne, etvoit Ergaste, qui le salue de l'autre côté.) Ce qui me plaît.
Encor? Que de coups de chapeau!

VALÈRE.
VALÈRE.

Sans doute : on ne peut pas mieux dire; Monsieur, un tel abord vous interrompt peut-être?

Cette réponse est juste, et le bon sens paraît

A ne vouloir jamais faire que ce qui plaît.
SGANARELLE.
Cela se peut.

Si je ne vous croyais l'âme trop occupée,
VALÈRE.

J'irais parfois chez vous passer l'après-soupée.
Mais quoi! l'honneur de vous connaître

SGANARELLE.

Serviteur.
M'est un si grand bonheur, m'est un si doux plaisir,
Que de vous saluer j'avais un grand désir.

SCÈNE VI.
SGANARELLE.

VALÈRE, ERGASTE.
Soit.
VALÈRE.

VALÈRE.
Et de vous venir, mais sans nul artifice,

Que dis-tu de ce bizarre fou?
Assurer que je suis tout à votre service.
SGANARELLE.

Il a le repart: brusque, et l'accueil loup-garou. Je le crois.

VALÈRE.
VALÈRE.

Ah! j'enrage!
J'ai le bien d'être de vos voisins,

ERGASTE.
Et j'en dois rendre grâce à mes heureux destins.

Et de quoi?
SGANARELLE.

VALÈRE.
C'est bien fait.

De quoi ? C'est que j'enrage VALÈRE.

De voir celle que j'aime au pouvoir d'un sauvage, Mais, monsieur, savez-vous les nouvelles D'un dragon surveillant, dont la sévérité Que l'on dit à la cour, et qu'on tient pour fidèles ? Ne lui laisse jouir d'aucune liberté. SGANARELLE.

ERGASTE. Que m'importe?

C'est ce qui fait pour vous ; et sur ces conséquences VALÈRE.

Votre amour doit fonder de grandes espérances. Il est vrai; mais pour les nouveautés Apprenez, pour avoir votre esprit raffermi, On peut avoir parfois des curiosités.

Qu'une femme qu'on garde est gagnée à demi, Vous irez voir, monsieur, cette magnificence Et que les noirs chagrins des maris ou des pères Que de notre dauphin prépare la naissance a ? Ont toujours du galant avancé les affaires. SGANARELLE.

Je coquette fort peu, c'est mon moindre talent, Si je veux.

Et de profession je ne suis point galant :

Mais j'en ai servi vingt de ces chercheurs de proie, 1 Godelureau , un jeune galant. Ce mot est du style familier: suivant Ménage, il vient du mot latin gaudere, se réjouir.

Qui disaient fort souvent que leur plus grande joie > Il s'agit ici du dauphin, tils de Louis XIV, appelé Monsei- Etait de rencontrer de ces maris fâcheux, gneur, qui naquit à Fontainebleau le 1er novembre 1661, et mourut à Meudon le 14 avril 1711. Le dauphin étant né cinq mois I On ne dit plus repurt, mais repartie. Dans un autre mot de après la première représentation de l'École des Maris , qui eut la même famille, le changement a été inverse : on disait anlieu au commencement de juin 1661, ces vers , où il est question ciennement départie; on dit aujourd'hui départ. (A.)- On voit des fêtes de sa naissance, furent ajoutés après coup par Molière. un exemple du mot départie pour départ dans la chanson (A.)

de Henri IV à la belle Gabrielle.

ERGASTE.

Qui jamais sans gronder ne reviennent chez eux;
De ces brutaux fieffés qui, sans raison ni suite,

ACTE SECOND.
De leurs femmes en tout contrôlent la conduite,
Et du nom de mari fièrement se parants,
Leur rompent en visière : aux yeux des soupirants.

SCÈNE PREMIÈRE.
On en sait, disent-ils, prendre ses avantages;
Et l'aigreur de la dame à ces sortes d'outrages,

ISABELLE, SGANARELLE.
Dont la plaint doucement le complaisant témoin,

SGANARELLE.
Est un champ à pousser les choses assez loin; Va, je sais la maison, et connais la personne
En un mot, ce vous est une attente assez belle

Aux marques seulement que ta bouche me donne. Que la sévérité du tuteur d'Isabelle.

ISABELLE, à part.
VALÈRE.

O ciel ! sois-moi propice, et seconde en ce jour Mais, depuis quatre mois que je l'aime ardemment,

Le stratagème adroit d'une innocente amour !
Je n'ai pour lui parler pu trouver un moment.

SGANARELLE.
ERGASTE.

Dis-tu pas qu'on t'a dit qu'il s'appelle Valère ?
L'amour rend inventif; mais vous ne l'êtes guère :

ISABELLE.
Et si j'avais été...

Oui.
VALÈRE.

SGANARELLE.
Mais qu'aurais-tu pu faire,

Va, sois en repos, rentre , et me laisse faire; Puisque sans ce brutal on ne la voit jamais;

Je vais parler sur l'heure à ce jeune étourdi. Et qu'il n'est là-dedans servantes ni valets

ISABELLE, en s'en allant. Dont, par l'appât flatteur de quelque récompense,

Je fais, pour une fille, un projet bien hardi; Te puisse pour mes feux ménager l'assistance ?

Mais l'injuste rigueur dont envers moi l'on use ERGASTE.

Dans tout esprit bien fait me servira d'excuse. Elle ne sait donc pas encor que vous l'aimez? VALÈRE.

SCÈNE II.
C'est un point dont mes veux ne sont pas informés.

SGANARELLE.
Partout où ce farouche a conduit cette belle,
Elle m'a toujours vu comme une ombre après elle;

(Il va frapper à la porte de Valère.) Et mes regards aux siens ont tâché chaque jour Ne perdons point de temps ; c'est ici. Qui va là ? De pouvoir expliquer l'excès de mon amour.

Bon, je rêve. Hola! dis-je, holà, quelqu'un! holà ! ont fort parlé; mais qui me peut apprendre Je ne m'étonne pas, après cette lumière, Si leur langage enfin a pu se faire entendre?

S'il y venait tantôt de si douce manière;
ERGASTE.

Mais je veux me håter, et de son fol espoir...
Ce langage, il est vrai, peut être obscur parfois,
S'il n'a pour truchement l'écriture ou la voix.

SCÈNE III.
VALÈRE.

VALÈRE, SGANARELLE, ERGASTE.
Que faire pour sortir de cette peine extrême,
Et savoir si la belle a connu que je l'aime?

SGANARELLE, à Ergaste, qui est sorti Dis-m'en quelque moyen.

brusquement.

Peste soit du gros bæuf, qui, pour me faire choir,
ERGASTE.
C'est ce qu'il faut trouver :

Se vient devant mes pas planter comme une perche !

VALÈRE. Entrons un peu chez vous, afin d'y mieux rêver.

Monsieur, j'ai du regret... * Rompre en visière, contredire avec violence. Voyez la nole

SGANARELLE. des Facheur, acte I, scène X.

Ah! c'est vous que je cherche.

VALÈRE.
Moi, monsieur?

SGANARELLE.
Vous. Valère est-il pas votre nom?

VALÈRE.
Oui.

SGANARELLE.
Je viens vous parler, si vous le trouvez bon.

Mes yeux

SGANARELLE.

SGANARELLE.

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VALÈRE.

VALÈRE.
Puis-je être assez heureux pour vous rendre service? | Oui.
Non. Mais je prétends, moi, vous rendre un bon office;

Si vous le savez, je ne vous l'apprends pas.

Mais savez-vous aussi, lui trouvant des appas, Et c'est ce qui chez vous prend droit de m'amener. VALÈRE.

Qu'autrement qu'en tuteur sa personne me touche, Chez moi, monsieur?

Et qu'elle est destinée à l'honneur de ma couche?

VALÈRE.
SGANARELLE.

Non.
Chez vous ? Faut-il tant s'étonner?

SGANARELLE.
VALÈRE.

Je vous l'apprends done; et qu'il est à propos J'en ai bien du sujet; et mon âme ravie

Que vos feux , s'il vous plaît , la laissent en repos. De l'honneur...

VALÈRE.
SGANARELLE.
Laissons là cet honneur, je vous prie.

Qui ? moi, monsieur !

SGANARELLE.
VALÈRE.

Oui, vous. Mettons bas toute feinte. Voulez-vous pas entrer?

VALÈRE.
SGANARELLE.

Qui vous a dit que j'ai pour elle l'âme atteinte ?
Il n'en est pas besoin.

SGANARELLE.
VALÈRE.
Monsieur, de grâce.

Des gens à qui l'on peut donner quelque crédit.

VALÈRE.
SGANARELLE.

Mais encor?
Non, je n'irai pas plus loin.
VALÈRE.

SGANARELLE.
Tant que vous serez là, je ne puis vous entendre.

Elle-même.
SGANARELLE.

VALÈRE.
Moi, je n'en veux bouger.

Elle?
VALÈRE.

SGANARELLE.
Eh bien ! il faut se rendre :

Elle. Est-ce assez dit? Vite, puisque monsieur à cela se résout,

Comme une fille honnête, et qui m'aime d'enfance, Donnez un siége ici.

Elle vient de m'en faire entière confidence;
SGANARELLE.

Et, de plus, m'a chargé de vous donner avis
Je veux parler debout.

Que, depuis que par vous tous ses pas sont suivis,
VALÈRE.

Son cœur, qu'avec excès votre poursuite outrage, Vous souffrir de la sorte!...

N'a que trop de vos yeux entendu le langage;

Que vos secrets désirs lui sont assez connus,
Ah! contrainte effroyable! Et que c'est vous donner des soucis superflus
VALÈRE.

De vouloir davantage expliquer une flamme
Cette incivilité serait trop condamnable.

Qui choque l'amitié que me garde son âme.
SGANARELLE.

VALÈRE.
C'en est une que rien ne saurait égaler,

C'est elle, dites-vous , qui de sa part vous fait... De n'ouïr pas les gens qui veulent nous parler.

SGANARELLE.
VALÈRE.

Qui , vous venir donner cet avis franc et net;
Je vous obéis donc.

Et qu'ayant vu l'ardeur dont votre âme est blessée,
SGANARELLE.

Elle vous eût plus tôt fait savoir sa pensée,
Vous ne sauriez mieux faire. Si son cæur avait eu , dans son émotion,
(Ils font de grandes cérémonies pour se couvrir.) A qui pouvoir donner cette commission;
Tant de cérémonie est fort peu nécessaire.

Mais qu'enfin les douleurs d'une contrainte extrême Voulez-vous m'écouter?

L'ont réduite à vouloir se servir de moi-même, VALÈRE.

Pour vous rendre averti, comme je vous ai dit, Sans doute , et de grand cæur. Qu'à tout autre que moi son cæur est interdit, SGANARELLE.

Que vous avez assez joué de la prunelle, Savez-vous , dites-moi , que je suis le tuteur

Et que, si vous avez tant soit peu de cervelle, D'une fille assez

issablement belle, Vous prendrez d'autres soins. Adieu , jusqu'au revoir. Qui loge en ce quartier, et qu'on nomme Isabelle? Voilà ce que j'avais à vous faire savoir.

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SGANARELLE.

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