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M. BAHIS.

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M. BAHIS.

7

M. TOMÈS.

cher, ex-pul-ser, é-va-cu-er les-di-tes hu-meurs, Si vous ne faites saigner tout à l'heure votre fille, fau-dra u-ne pur-ga-tion vi-gou-reu-se. Mais, au c'est une personne morte.

pré-a-la-ble, je trou-ve à pro-pos, et il n'y a pas (Il sort.)

d'in-con-vé-ni-ent, d'u-ser de pe-tits re-mè-des a-noM. DESFONANDRÈS.

dins, c'est-à-dire de petits la-ve-ments ré-mol-li-ents Si vous la faites saigner , elle ne sera pas en vie et dé-ter-sifs, de ju-leps et de si-rops ra-frai-chisdans un quart d'heure.

sants qu'on mê-le-ra dans sa ti-sa-ne.
(Il sort.)

M. BAHIS.
SCÈNE V.

Après, nous en viendrons à la purgation et à la saignée, que nous réitérerons s'il en est besoin.

M. MACROTON. SGANARELLE, MM. MACROTON, BAHIS.

Ce n'est pas qu'a-vec-que tout ce-la vo-tre fille SGANARELLE.

ne puis-se mou-rir, mais au moins vous au-rez fait A qui croire des deux ? et quelle résolution prendre quel-que cho-se, et vous au-rez la con-so-la-ti-on sur des avis si opposés ? Messieurs, je vous conjure qu'el-le se-ra mor-te dans les for-mes. de déterminer mon esprit, et de me dire, sans passion, ce que vous croyez le plus propre à soulager

Il vaut mieux mourir selon les règles que de réma fille.

chapper contre les règles.

M. MACROTON.
M. MACROTON.
Mon-si-eur, dans ces ma-ti-è-res-là, il faut pro-

Nous vous di-sons sin-cè-re-ment no-tre pen-sée. cé-der a-vec-que cir-con-spec-ti-on, et ne rien fai-re, com-me on dit, à la vo-lé-e; d'au-tant que les fau-tes

Et vous avons parlé comme nous parlerions à notre qu'on y peut fai-re sont, se-lon no-tre maî-tre Hip- propre frère. po-cra-te, d'u-ne dan-ge-reu-se con-sé-quence.

SGANARELLE, à M. Macroton, en allongeant les M. BAHIS, bredouillant.

mots. Il est vrai , il faut bien prendre garde à ce qu'on

Je vous rends très-hum-bles grå-ces. (à M. Bafait; car ce ne sont pas ici des jeux d'enfants; et, his, en bredouillant. ) Et vous suis infiniment obligé quand on a failli, il n'est pas aisé de réparer le man

de la peine que vous avez prise. quement, et de rétablir ce qu'on a gâté : experimentum periculosum. C'est pourquoi il s'agit de raison

SCÈNE VI. ner auparavant eomme il faut, de peser mûrement les choses, de regarder le tempérament des gens,

SGANARELLE. d'examiner les causes de la maladie, et de voir les remèdes qu'on y doit apporter.

Me voilà justement un peu plus incertain que je SGANARELLE, à part.

n'étais auparavant. Morbleu! il me vient une fanL'un va en tortue, et l'autre court la poste.

taisie. Il faut que j'aille acheter de l'orviétan, et que M. MACROTON.

je lui en fasse prendre : l'orviétan est un remède dont Or, mon-si-eur, pour ve-nir au fait, je trou-ve que beaucoup de gens se sont bien trouvés ?. Holà ! vo-tre fil-le a u-ne ma-la-die chro-ni-que, et qu'el-le peut pé-ri-cli-ter, si on ne lui don-ne du se-cours,

SCÈNE VII. d'au-tant que les symp-tô-mes qu'el-le a sont in-dica-tifs d'u-ne va-peur fu-li-gi-neu-se et mor-di-can-te

SGANARELLE, UN OPÉRATEUR. qui lui pi-co-te les mem-bra-nes du cer-veau. Or cet-te va-peur, que nous nom-mons en grec at-mos, est cau-sé-e par des hu-meurs pu-tri-des, te-na-ces

Monsieur , je vous prie de me donner une boîte de

votre orviétan, que je m'en vais vous payer. et con-glu-ti-neu-ses, qui sont con-te-nu-es dans le

L'OPÉRATEUR chante. bas-ven-tre. M. BAHIS.

L'or de tous les climats qu'entoure l'Océan Et comme ces humeurs ont été là engendrées

Peut-il jamais payer ce secret d'importance ?

par une longue succession de temps, elles s'y sont re

L'orviétan est un électuaire dont la composition est extrecuites, et ont acquis cette malignité qui fume vers la

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SGANARELLE.

mement compliquée. Il fut apporté à Paris en 1647 par un charrégion du cerveau.

latan d'Orviète, ville d'Italie, et vendu en place publique sur M. MACROTON.

des tréteaux. Le nom de la ville d'Orviète avait passé au char

latan, et du charlatan au remède. Agjourd'hui l'orviétan a cessé Si bien donc que, pour ti-rer, dé-ta-cher, ar-ra- d'être à la mode, mais le mot est resté dans la langue,

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La rogne,

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Mon remède guérit , par sa rare excellence, trer si peu de prudence, pour des gens de votre âge, Plus de maux qu'on n'en peut nombrer dans tout un an: et de vous être querellés comme de jeunes étourdis? La gale,

Ne voyez-vous pas bien quel tort ces sortes de que

relles nous font parmi le monde ? et n'est-ce pas asLa teigne,

sez que les savants voient les contrariétés et les disLa fièvre,

sensions qui sont entre nos auteurs et nos anciens La peste,

maîtres, sans découvrir encore au peuple, par nos La goutte

débats et nos querelles, la forfanterie de notre art? Vérole,

Pour moi, je ne comprends rien du tout à cette méDescente,

chante politique de quelques-uns de nos gens; et il Rougeole.

faut confesser que toutes ces contestations nous ont O grande puissance

décriés depuis peu d'une étrange manière, et que De l'orviétan!

si nous n'y prenons garde, nous allons nous ruiner SGANARELLE.

nous-mêmes. Je n'en parle pas pour mon intérêt, Monsieur, je crois que tout l'or du monde n'est car, Dieu merci, j'ai déjà établi mes petites affaires. pas capable de payer votre remède; mais pourtant Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il grêle, ceux qui sont voici une pièce de trente sous que vous prendrez, morts sont morts, et j'ai de quoi me passer des vis'il vous plaît.

vants; mais enfin toutes ces disputes ne valent rien L'OPÉRATEUR chante.

pour la médecine. Puisque le ciel nous fait la grâce Admirez mes bontés, et le peu qu'on vous vend que, depuis tant de siècles, on demeure infatué de Ce trésor merveilleux que ma main vous dispense. nous, ne désabusons point les hommes avec nos caVous pouvez, avec lui, braver en assurance

bales extravagantes, et profitons de leurs sottises le Tous les maux que sur nous l'ire du ciel répand : plus doucement que nous pourrons. Nous ne sommes La gale,

pas les seuls, comme vous savez, qui tâchons à nous La rogne,

prévaloir de la faiblesse humaine. C'est là que va La teigne,

l'étude de la plupart du monde, et chacun s'efforce La fièvre,

de prendre les hommes par leur faible, pour en tiLa peste,

rer quelque profit. Les flatteurs, par exemple, cherLa goutte,

chent à profiter de l'amour que les hommes ont pour Vérole,

les louanges, en leur donnant tout le vain encens Descente,

qu'ils souhaitent; et c'est un art où l'on fait, comme Rougeole.

on voit, des fortunes considérables. Les alchimistes O grande puissance

tâchent à profiter de la passion que l'on a pour les De l'orviétan!

richesses, en promettant des montagnes d'or à ceux

qui les écoutent; et les diseurs d'horoscopes, par SCÈNE VIII.

leurs prédictions trompeuses, profitent de la vanité et

de l'ambition des crédules esprits. Mais le plus grand (Plusieurs Trivelins et plusieurs Scaramouches, valets de faible des hommes, c'est l'amour qu'ils ont pour la l'opérateur, se réjouissent en dansant.)

vie; et nous en profitons, nous autres, par notre pompeux galimatias, et savons prendre nos avantages de cette vénération que la peur de mourir leur donne pour notre métier. Conservons-nous donc dans le degré d'estime où leur faiblesse nous a mis, et soyons de concert auprès des malades pour nous attribuer

les heureux succès de la maladie, et rejeter sur la SCÈNE PREMIÈRE.

nature toutes les bévues de notre art. N'allons point,

dis-je, détruire sottement les heureuses préventions MM. FILERIN, TOMÈS, DESFONANDRÈS.

d'une erreur qui donne du pain à tant de personnes,

[et, de l'argent de ceux que nous mettons en terre, M. FILERIN'.

nous fait élever de tous côtés de si beaux héritages.} N'avez-vous point de honte, messieurs, de mon

M. Tomès.

Vous avez raison en tout ce que vous dites; mais Quelques commentateurs ont pensé que, sous le nom de Filerin, Molière avait personnifié la Faculté. Ce nom vient du

ce sont chaleurs de sang, dont parfois on n'est pas grec pinos fpe6eos, ami de la mort.

le maître.

ACTE TROISIÈME.

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M. FILERIN.

LISETTE.

M. FILERIN.

bord : je me connais en gens, et elle ne peut pas Allons donc, messieurs, mettez bas toute rancune, mieux choisir. L'amour risque des choses extraordiet faisons ici votre accommodement.

naires, et nous avons concerté ensemble une manière M. DESFONANDRÈS.

de stratagème qui pourra peut-être nous réussir. J'y consens. Qu'il me passe mon émétique pour la Toutes nos mesures sont déjà prises : l'homme à qui malade dont il s'agit, et je lui passerai tout ce qu'il nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde; voudra pour le premier malade dont il sera question. et si cette aventure nous manque, nous trouverons M. FILERIN.

mille autres voies pour arriver à notre but. AttenOn ne peut pas mieux dire, et voilà se mettre à dez-moi là seulement, je reviens vous querir. la raison.

(Clitandre se retire dans le fond du théatre.) M. DESFONANDRÈS. Cela est fait.

SCÈNE IV. Touchez donc là. Adieu. Une autre fois, montrez

SGANARELLE, LISETTE. plus de prudence.

LISETTE.
SCÈNE II.

Monsieur, allégresse ! allégresse!

SGANARELLE. M. TOMÈS, M. DESFONANDRÈS, LISETTE.

Qu'est-ce?

LISETTE.

Réjouissez-vous. Quoi ! messieurs, vous voilà, et vous ne songez

SGANARELLE. pas à réparer le tort qu'on vient de faire à la méde

De quoi ? cine?

LISETTE.
M. TOMÈS.

Réjouissez-vous, vous dis-je.
Comment! Qu'est-ce ?

SGANARELLE.
LISETTE.

Dis-moi donc ce que c'est, et puis je me réjouirai Un insolent, qui a eu l'effronterie d'entreprendre

peut-être. sur votre métier , et qui , sans votre ordonnance, vient de tuer un homme d'un grand coup d'épée au

Non. Je veux que vous vous réjouissiez auparatravers du corps. M. TOMÈS.

vant, que vous chantiez, que vous dansiez.

SGANARELLE. Écoutez , vous faites la railleuse; mais vous passe

Sur quoi ? rez par nos mains quelque jour.

LISETTE.
Je vous permets de me tuer lorsque j'aurai recours

Sur ma parole. à vous.

SGANARELLR.

Allons donc. (Il chante et danse.) La lera la, la, SCÈNE III.

la, lera la. Que diable!

LISETTE.
CLITANDRE, en habit de médecin; LISETTE. Monsieur, votre fille est guérie.

SGANARELLE.
CLITANDRE.

Ma fille est guérie !
Eh bien, Lisette, (que dis-tu de mon équipage?

LISETTE. Crois-tu qu'avec cet habit je puisse duper le bon Oui. Je vous amène un médecin, mais un médehomme ? ] me trouves-tu bien ainsi ?

cin d'importance, qui fait des cures merveilleuses, LISETTE.

et qui se moque des autres médecins. Le mieux du monde; et je vous attendais avec im

SGANARELLE. patience. Enfin le ciel m'a fait d'un naturel le plus Où est-il? humain du monde, et je ne puis voir deux amants soupirer l'un pour l'autre qu'il ne me prenne une

Je vais le faire entrer. tendresse charitable, et un désir ardent de soulager

SGANARELLE,

seul. les maux qu'ils souffrent. Je veux, à quelque prix Il faut voir si celui-ci fera plus que les autres. que ce soit, tirer Lucinde de la tyrannie où elle est, et la mettre en votre pouvoir. Vous m'avez plu d'a-l

LISETTE.

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LISETTE.

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LISETTE.

SCÈNE V.

mon discours ! Tant que je ne vous ai parlé que des

yeux, j'avais, ce me semblait, cent choses à vous CLITANDRE, en habit de médecin ; SGANA- dire; et maintenant que j'ai la liberté de vous parler RELLE, LISETTE.

de la façon que je souhaitais, je demeure interdit, et

la grande joie où je suis étouffe toutes mes paroles. LISETTE, amenant Clitandre. Le voici.

LUCINDE.

Je puis vous dire la même chose; et je sens, comme SGANARELLE. Voilà un médecin qui a la barbe bien jeune.

vous, des mouvements de joie qui m'empêchent de

pouvoir parler. LISETTE.

CLITANDRE. La science ne se mesure pas à la barbe, et ce n'est

Ah! madame, que je serais heureux s'il était vrai pas par le menton qu'il est habile.

que vous sentissiez tout ce que je sens, et qu'il me SGANARELLE. Monsieur, on m'a dit que vous aviez des remèdes Mais, madame, puis-je au moins croire que ce soit

fût permis de juger de votre âme par la mienne! admirables pour faire aller à la selle.

à vous à qui je doive la pensée de cet heureux straCLITANDRE. Monsieur, mes remèdes sont différents de ceux des tagème qui me fait jouir de votre présence ? autres. Ils ont l'émétique, les saignées, les médecines

LUCINDE. et les lavements ; mais moi, je guéris par des paroles, redevable au moins d'en avoir approuvé la proposi

Si vous ne m'en devez pas la pensée, vous m'êtes par des sons, par des lettres, par des talismans, et par des anneaux constellés.

tion avec beaucoup de joie.

SGANARELLE, à Lisette.
LISETTE.
Que vous ai-je dit?

Il me semble qu'il lui parle de bien près.
SGANARELLE.

LISETTE, à Sganarelle.
Voilà un grand homme!

C'est qu'il observe sa physionomie et tous les traits

de son visage. LISETTE. Monsieur, comme votre fille est là toute habillée

CLITANDRE, à Lucinde. dans une chaise, je vais la faire passer ici.

Serez-vous constante, madame, dans ces bontés SGANARELLE.

que vous me témoignez? Oui, fais.

LUCINDE. CLITANDRE, tâtant le pouls à Sganarelle.

Mais vous, serez-vous ferme dans les résolutions Votre fille est bien malade.

que vous avez montrées ? SGANARELLE.

CLITANDRE. Vous connaissez cela ici?

Ah! madame, jusqu'à la mort. Je n'ai point de CLITANDRE.

plus forte envie que d'être à vous, et je vais le faire Oui, par la sympathie qu'il y a entre le père et la paraître dans ce que vous m'allez voir faire. fille.

SGANARELLE, à Clitandre.

Eh bien! notre malade ? Elle me semble un peu SCÈNE VI.

plus gaie. SGANARELLE, LUCINDE, CLITANDRE,

CLITANDRE.
LISETTE.

C'est que j'ai déjà fait agir sur elle un de ces re

mèdes que mon art m'enseigne. Comme l'esprit a LISETTE, à Clitandre.

grand empire sur le corps, et que c'est de lui bien Tenez, monsieur, voilà une chaise auprès d'elle. souvent que procèdent les maladies, ma coutume (à Sganarelle.) Allons, laissez-les là tous deux. est de courir à guérir les esprits avant que de venir SGANARELLE.

aux corps. J'ai donc observé ses regards, les traits Pourquoi ? Je veux demeurer là.

de son visage, et les lignes de ses deux mains, et LISETTE.

par la science que le ciel m'a donnée, j'ai reconnu Vous moquez-vous ? Il faut s'éloigner. Un méde- que c'était de l'esprit qu'elle était malade, et que tout cin a cent choses à demander qu'il n'est pas honnête son mal ne venait que d'une imagination déréglée, qu'un homme entende.

d'un désir dépravé de vouloir être mariée. Pour moi, (Sganarelle et Lisette s'éloignent) je ne vois rien de plus extravagant et de plus ridicule CLITANDRE, bas, à Lucinde.

que cette envie qu'on a du mariage. Ah! madame, que le ravissement où je me trouve

SGANARELLE, à part. est grand ! et que je sais peu par où vous commencer Voilà un habile homme!

CLITANDRE.

SGANARELLE, à part. Et j'ai eu et aurai pour lui toute ma vie une aver- O la folle! ô la folle! ô la folle! sion effroyable.

LUCINDE.
SGANARELLE, à part,

Vous voulez donc bien, mon père, me donner Voilà un grand médecin!

monsieur pour époux ? CLITANDRE.

SGANARELLE. Mais comme il faut flatter l'imagination des ma- Oui. Çà, donne-moi ta main. Donnez-moi un peu lades, et que j'ai vu en elle de l'aliénation d'esprit, aussi la vôtre, pour voir. et même qu'il y avait du péril à ne lui pas donner un

CLITANDRE. prompt secours, je l'ai prise par son faible, et lui ai Mais, monsieur... dit que j'étais venu ici pour vous la demander en SGANARELLË, étouffant de rire. mariage. Soudain son visage a changé, son teint Non, non, c'est pour... pour lui contenter l'esprit. s'est éclairci, ses yeux se sont animés; et si vous Touchez là. Voilà qui est fait. voulez, pour quelques jours, l'entretenir dans cette

CLITANDRE. erreur, vous verrez que nous la tirerons d'où elle est. Acceptez, pour gage de ma foi, cet anneau que je SGANARELLE.

vous donne. (bas, à Sganarelle.) C'est un anneau Oui-da, je le veux bien.

constellé, qui guérit les égarements d'esprit. CLITANDRE.

LUCINDE. Après, nous ferons agir d'autres remèdes pour la Faisons donc le contrat, afin que rien n'y manque. guérir entièrement de cette fantaisie.

CLITANDRE.
SGANARELLE.

Hélas ! je le veux bien, madame. (bas, à SganaOui, cela est le mieux du monde. Eh bien! ma relle.) Je vais faire monter l'homme qui écrit mes fille, voilà monsieur qui a envie de t'épouser, et je remèdes, et lui faire croire que c'est un notaire. lui ai dit que je le voulais bien.

SGANARELLE.
LUCINDE.

Fort bien.
Hélas ! est-il possible?

CLITANDRE.
SGANARELLE.

Holà! faites monter le notaire que j'ai amené avec Oui.

moi. LUCINDE.

LUCINDE.
Mais tout de bon?

Quoi! vous aviez amené un notaire?
SGANARELLE.

CLITANDRE.
Oui, oui.

Oui, madame.
LUCINDE, à Clitandre.

LUCINDE.
Quoi! vous êtes dans les sentiments d'être mon

J'en suis ravie. mari?

SGANARELLE.
CLITANDRE.

O la folle! ô la folle!
Oui, madame.

LUCINDE.
Et mon père y consent?

SCÈNE VII.
SGANARELLE.
Oui, ma fille.

LE NOTAIRE, CLITANDRE, SGANARELLE,
LUCINDE.

LUCINDE, LISETTE.
Ah! que je suis heureuse, si cela est véritable!
CLITANDRE.

(Clitandre parle bas au notaire.) N'en doutez point, madame. Ce n'est pas d'au

SGANARELLE, au notaire. jourd'hui que je vous aime, et que je brûle de me Oui, monsieur, il faut faire un contrat pour ces voir votre mari. Je ne suis venu ici que pour cela; deux personnes-là. Écrivez. (à Lucinde.) Voilà le et si vous voulez que je vous dise nettement les contrat qu'on fait. (au notaire.) Je lui donne vingt choses comme elles sont, cet habit n'est qu'un pur mille écus en mariage. Écrivez. prétexte inventé, et je n'ai fait le médecin que pour

LUCINDE. m'approcher de vous, et obtenir (plus facilement] Je vous suis bien obligée, mon père. ce que je souhaite.

LE NOTAIRE.
LUCINDE.

Voilà qui est fait. Vous n'avez qu'à venir signer. C'est me donner des marques d'un amour bien

SGANARELLE. tendre, et j'y suis sensible autant que je puis. Voilà un contrat bientôt bâti.

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