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CLITANDRE, à Sganarelle.

LA COMÉDIE. [Mais) au moins, [monsieur...]

Veut-on qu'on rabatte,
SGANARELLE.

Par des moyens doux ,
Eh! non, vous dis-je. Sait-on pas bien... (au no-

Les vapeurs de rate taire.) Allons, donnez-lui la plume pour signer.

Qui vous minent tous ? (à Lucinde.) Allons, signe, signe, signe. Va, va, je

Qu'on laisse Hippocrate, signerai tantôt, moi.

Et qu'on vienne à nous.
LUCINDE.

TOUS TROIS ENSEMBLE.
Non, non, je veux avoir le contrat entre mes

Sans nous tous les hommes mains.

Deviendraient malsains,
SGANARELLE.

Et c'est nous qui sommes
Eh bien! tiens. (après avoir signé.) Es-tu con-

Leurs grands médecins. tente?

(Pendant que les Jeux, les Ris et les Plaisirs danLUCINDE.

sent, Clitandre emmène Lucinde.)
Plus qu'on ne peut s'imaginer.
SGANARELLE.

SCÈNE IX.
Voilà qui est bien , voilà qui est bien.
CLITANDRE.

SGANARELLE, LISETTE, LA COMÉDIE, Au reste, je n'ai pas eu seulement la précaution

LA MUSIQUE, LE BALLET, JEUX, RIS, d'amener un notaire; j'ai eu celle encore de faire

PLAISIRS. venir des voix et des instruments (et des danseurs] pour célébrer la fête, et pour nous réjouir. Qu'on

SGANARELL E. les fasse venir. Ce sont des gens que je mène avec moi, et dont je me sers tous les jours pour pacifier

Voilà une plaisante façon de guérir! Où est donc

ma fille et le médecin ?
avec leur harmonie [ et leurs danses ) les troubles de
l'esprit.

Ils sont allés achever le reste du mariage.
SCÈNE VIII.

SGANARELLE.

Comment , le mariage?
SGANARELLE, LUCINDE, CLITANDRE,

LISETTE.
LISETTE,

Ma foi , monsieur, la bécasse est bridée, et vous
TROISIÈME ENTRÉE.

avez cru faire un jeu , qui demeure une vérité.

SGANARELLE.

Comment diable!(Il veut aller après Clitandre et LA COMÉDIE, LE BALLET, LA MUSIQUE.

Lucinde, les danseurs le retiennent.) Laissez-moi JEUX, RIS, PLAISIRS.

aller, laissez-moi aller, vous dis-je. ( Les danseurs le LA COMÉDIE, LE BALLET, LA MUSIQUE,

ensemble.

retiennent toujours.) Encore ? (ils veulent faire

danser Sganarelle de force.) Peste des gens !
Sans nous, tous les hommes
Deviendraient malsains,
Et c'est nous qui sommes

* Locution proverbiale tirée de la chasse. On prend les bécas

ses avec des lacets ou collets, et elles se brident elles-mêmes. Leurs grands médecins.

(P.)

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LISETTE.

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FIN DE L'AMOUR MÉDECIN.

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PERSONNAGES.

ACTEURS Je vous déclare net que je ne le suis plus,

Et ne veux nulle place en des cours corrompus. ALCESTE, amant de Célimène. MOLIÈRE.

PHILINTE. PHILINTE, ami d'Alceste.

LA THORILLIÈRE. ORONTE, amant de Célimène.

DU CROISY.

Je suis donc bien coupable, Alceste, à votre compte? CÉLIMÈNE, amante d’Alceste. Arm. BÉJART.

ALCESTE. ELIANTE, cousine de Célimène.

Mlle DE BRIE.

Allez , vous devriez mourir de pure honte; ARSINOE, amie de Célimène.

Mlle DUPARC,

Une telle action ne saurait s'excuser, ACASTE,

LA GRANGE. CLITANDRE, marquis.

Et tout homme d'honneur s'en doit scandaliser. BASQUE, valet de Célimène.

Je vous vois accabler un homme de caresses, UN GARDE de la maréchaussée de France. DE BRIE.

Et témoigner pour lui les dernières tendresses; DUBOIS , valet d'Alceste.

BÉJART.

De protestations, d'offres et de serments,
La scène est à Paris, dans la maison de Célimene. Vous chargez la fureur de vos embrassements :

Et quand je vous demande après quel est cet homme,
A peine pouvez-vous dire comme il se nomme;

Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
ACTE PREMIER.

Et vous me le traitez, à moi, d'indifférent.
Morbleu! c'est une chose indigne, lâche, infâme,
De s'abaisser ainsi jusqu'à trahir son âme;

Et si, par un malheur, j'en avais fait autant ,
SCÈNE PREMIÈRE.

Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant.
PHILINTE, ALCESTE.

Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable;

Et je vous supplírai d'avoir pour agréable
PHILINTE.
Qu'est-ce donc? qu'avez-vous ?

Que je me fasse un peu grâce sur votre arrêt,

Et ne me pende pas pour cela, s'il vous plaît.
ALCESTE, assis.
Laissez-moi, je vous prie.

ALCESTE.

Que la plaisanterie est de mauvaise grâce!
PHILINTE.
Mais encor, dites-moi, quelle bizarrerie...
ALCESTE.

Mais, sérieusement, que voulez-vous qu'on fasse ? Laissezmoi là , vous dis-je, et courez vous cacher.

ALCESTE.
PHILINTE.

Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur Mais on entend les gens au moins sans se fâcher.

On ne lâche aucun mot qui ne parte du cour.
ALCESTE.

PHILINTE.
Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre. Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie,
PHILINTE.

[dre; Il faut bien le payer de la même monnoie, Dans vos brusques chagrins je ne puis vous compren- Répondre comme on peut à ses empréssements, Et, quoique amis, enfin, je suis tout des premiers... Et rendre offre pour offre, et serments pour serments ALCESTE, se levant brusquement.

ALCESTE. Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers.

Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode J'ai fait jusques ici profession de l'être;

Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode, Mais après ce qu'en vous je viens de voir paraître Et je ne hais rien tant que les contorsions

PHILINTE.

PHILINTE.

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ALCESTE.

De tous ces grands faiseurs de protestations,

PHILINTE.
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,

Vous vous moquez.
Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,

Je ne me moque puint,
Et traitent du même air l'honnête homme et le fat. Et je vais n'épargner personne sur ce point.
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,

Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile; Et vous fasse de vous un éloge éclatant,

J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant?

Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils Non, non, il n'est point d'âme un peu bien située

Je ne trouve partout que lâche flatterie, [funt. Qui veuille d'une estime ainsi prostituée;

Qu'injustice, intérêt , trahison, fourberie; Et la plus glorieuse a des régals peu chers ,

Je n'y puis plus tenir, j'enrage; et mon dessein Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers :

Est de rompre en visière à tout le genre humain. Sur quelque préférence une estime se fonde,

PHILINTE. Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.

Ce chagrin philosophe est un peu trop sauvage. Puisque vous y donnez , dans ces vices du temps, Je ris des noirs accès où je vous envisage, Morbleu! vous n'êtes pas pour être de mes gens;

Et crois voir en nous deux, sous mêmes soins nourris, Je refuse d'un caur la vaste complaisance

Ces deux frères que peint l'École des maris, Qui ne fait de mérite aucune différence;

Dont... Je veux qu'on me distingue; et, pour le trancher net,

ALCESTE. L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.

Mon Dieu ! laissons là vos comparaisons fades.
PHILINTE.

PHILINTE.
Mais, quand on est du monde, il faut bien que l'on ren-
Quelques dehors civils que l'usage demande. [de

Non : tout de bon, quittez toutes ces incartades.

Le monde par vos soins ne se changera pas :
ALCESTE.
Non, vous dis-je; on devrait châtier sans pitié

Et puisque la franchise a pour vous tant d'appas,

Je vous dirai tout franc que cette maladie,
Ce commerce honteux de semblants d'amitié.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre

Partout où vous allez , donne la comédie;
Le fond de notre cæur dans nos discours se montre,

Et qu’un sigrand courroux contre les moeurs du temps

Vous tourne en ridicule auprès de bien des gens. Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments

ALCESTE. Ne se masquent jamais sous de vains compliments.

(mande: Tant mieux, morbleu! tant mieux, c'est ce que je de PHILINTE. Il est bien des endroits où la pleine franchise

Ce m'est un fort bon signe, et ma joie en est grande. Deviendrait ridicule, et serait peu permise;

Tous les hommes me sont à tel point odieux, Et parfois, n'en déplaise à votre austère honneur,

Que je serais fåché d'être sage à leurs yeux. Il est bon de cacher ce qu'on a dans le cour.

PHILINTE. Serait-il à propos, et de la bienséance,

Vous voulez un grand mal à la nature humaine! · De dire à mille gens tout ce que d'eux l'on pense?

ALCESTE.
Et quand on a quelqu'un qu’on hait ou qui déplaît, Oùi , j'ai conçu pour elle une effroyable haine.
Lui doit-on déclarer la chose comme elle est ?

PHILINTE.
ALCESTE.

Tous les pauvres mortels, sans nulle exception, Oui.

Seront enveloppés dans cette aversion?
PHILINTE.

Encore en est-il bien, dans le siècle où nous sommes...
Quoi! vous iriez dire à la vieille Émilie,

ALCESTE. Qu'à son âge il sied mal de faire la jolie,

Non , elle est générale, et je hais tous les hommes : Et que le blanc qu'elle a scandalise chacun? Les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants, ALCESTE.

Et les autres, pour être aux méchants complaisants, Sans doute.

Et n'avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
PHILINTE.

Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.
A Dorilas, qu'il est trop importun; De cette complaisance on voit l'injuste excès
Et qu'il n'est, à la cour, oreille qu'il ne lasse Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès.
A conter sa bravo !re et l'éclat de sa race?

Au travers de son masque on voit à plein le traitre;
Partout il est connu pour tout ce qu'il peut être;

Et ses roulements d'yeux, et son ton radouci,
NOLTÈRE.

ALCESTE.

Fort bien.

20

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ALCESTE.

ALCESTE.

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N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici.

ALCESTE.
On sait que ce pied-plat, digne qu'on le confonde, Je me verrai trahir, mettre en pièces , voler,
Par de sales emplois s'est poussé dans le monde, Sans que je sois... Morbleu ! je ne veux point parler,
Et que par eux son sort, de splendeur revêtu , Tant ce raisonnement est plein d'impertinence!
Fait gronder le mérite et rougir la vertu.

PHILINTE.
Quelques titres honteux qu'en tous lieux on lui donne, Ma foi, vous feriez bien de garder le silence.
Son misérable honneur ne voit pour lui personne : Contre votre partie éclatez un peu moins,
Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit, Et donnez au procès une part de vos soins.
Tout le monde en convient, et mul n'y contredit.

ALCESTE.
Cependant sa grimace est partout bien venue; Je n'en donnerai point, c'est une chose dite.
On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue;

PHILINTE.
Et s'il est , par la brigue, un rang à disputer, Mais qui voulez-vous donc qui pour vous sollicile?
Sur le plus honnête homme on le voit l'emporter.
Tétebleu! ce me sont de mortelles blessures, Qui je veux ? La raison, mon bon droit, l'équité.
De voir qu'avec le vice on garde des mesures;

PHILINTE.
Et parfois il me prend des mouvements soudains

Aucun juge par vous ne sera visité?
De fuir dans un désert l'approche des humains.
PHILINTE.

(en peine, Non. Est-ce que ma cause est injuste ou douteuse? Mon Dieu! des mours du temps mettons-nous moins

PHILINTE. Et faisons un peu grâce à la nature humaine; J'en demeure d'accord; mais la brigue est facheuse, Ne l'examinons point dans la grande rigueur,

Et... Et voyons ses défauts avec quelque douceur.

ALCESTE. Il faut, parmi le monde, une vertu traitable :

Non. J'ai résolu de n'en pas faire un pas. A force de sagesse, on peut être blåmable;

J'ai tort, ou j'ai raison. La parfaite raison fuit toute extrémité,

PHILINTE. Et veut que l'on soit sage avec sobriété.

Ne vous y fiez pas.
Cette grande roideur des vertus des vieux âges

ALCESTE.
Heurte trop notre siècle et les commui s usages; Je ne remdrai point.
Elle veut aux mortels trop de perfection :

PHILINTE.
Il faut séchir au temps sans obstination;

Votre partie est forte, Et c'est une folie, à nulle autre seconde,

Et peut, par sa cabale, entraîner... De vouloir se mêler de corriger le monde.

ALCESTE. J'observe, comme vous, cent choses tous les jours

Il n'importe. Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours;

PHILINTE.
Mais quoi qu'à chaque pas je puisse voir paraître, Vous vous tromperez.
En courroux, comme vous, on ne me voit point être.
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,

Soit. J'en veux voir le succès.
J'accoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font;
Et je crois qu'à la cour, de même qu'à la ville, Mais...
Mon flegme est philosophe autant que votre bile.
"ALCESTE.

J'aurai le plaisir de perdre mon procès.

PHILINTE.
Mais ce flegme, monsieur, qui raisonne si bien,
Ce flegme pourra-t-il ne s'échauffer de rien ?

Mais enfin...
Et s'il faut, par hasard, qu'un ami vous trahisse,

Je verrai dans cette plaiderie Que, pour avoir vos biens, on dresse un artifice,

Si les hommes auront assez d'effronterie, Ou qu’on tâche à semer de méchants bruits de vous,

Seront assez méchants, scélérats et pervers,
Verrez-vous tout cela sans vous mettre en courroux?

Pour me faire injustice aux yeux de l'univers.
PHILINTE.

PHILINTE.
Qui, je vois ces défauts, dont votre âme murmure,

Quel homme!
Comme vices unis à l'humaine nature;
Et mon esprit enfin n'est pas plus offensé

Je voudrais, m'en coûtât-il grand chose,
De voir un homme fourbe, injuste, intéressé, Pour la beauté du fait, avoir perdu ma cause.
Que de voir des vautours affamés de carnage,

PHILINTE.
Des singes malfaisants, et des loups pleins de rage. On se rirait de vous, Alceste, tout de bon,

ALCESTE.

PHILINTE.

ALCESTE.

ALCESTE.

ALCESTE.

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Si l'on vous entendait parler de la façon.

ALCESTE.
ALCESTE.

Il est vrai : ma raison me le dit chaque jour :
Tant pis pour qui rirait.

Mais raison n'est pas ce qui règle l'amour.
PHILINTE.

PHILINTE.
Mais cette rectitude Je crains fort pour vos feux, et l'espoir où vous êtes
Que vous voulez en tout avec exactitude,

Pourrait...
Cette pleine droiture où vous vous renfermez,

SCÈNE II.
La trouvez-vous ici dans ce que vous aimez?
Je m'étonne, pour moi, qu'étant, comme il le semble,

ORONTE, ALCESTE, PHILINTE.
Vous et le genre humain, si fort brouillés ensemble,

ORONTE,

à Alceste. Malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux,

J'ai su là-bas que, pour quelques emplettes, Vous ayez pris chez lui ce qui charme vos yeux; Éliante est sortie, et Célimène aussi. Et ce qui me surprend encore davantage,

Mais comme l'on m'a dit que vous étiez ici , C'est cet étrange choix où votre cæur s'engage. J'ai monté pour vous dire, et d'un cour véritable, La sincère Éliante a du penchant pour vous, Que j'ai conçu pour vous une estime incroyable La prude Arsinoé vous voit d'un æil fort doux : Et que, depuis longtemps, cette estime m'a mis Cependant à leurs voeux votre âme se refuse, Dans un ardent désir d'être de vos amis. Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse,

Oui, mon coeur au mérite aime à rendre justice, De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant Et je brûle qu'un næud d'amitié nous unisse. Semblent si fort donner dans les mæurs d'à présent. Je crois qu'un ami chaud, et de ma qualité, D'où vient que, leur portant une haine mortelle, N'est pas assurément pour être rejeté. Vous pouvez bien souffrir ce qu'en tient cette belle? (Pendant le discours d'Oronte, Alceste est réveur, et semNe sont-ce plus défauts dans un objet si doux ? ble ne pas entendre que c'est à lui qu'on parle. Il ne Ne les voyez-vous pas, ou les excusez-vous ?

sort de sa réveric que quand Oronte lui dit :) ALCESTE.

C'est à vous, s'il vous plaît, que ce discours s'adresse. Non. L'amour que je sens pour cette jeune veuve

ALCESTE.
Ne ferme point mes yeux aux défauts qu'on lui treuve; A moi, monsieur?
Et je suis, quelque ardeur qu'elle m'ait pu donner,

ORONTE.
Le premier à les voir, comme à les condamner.

A vous. Trouvez-vous qu'il vous blesse? Mais avec tout cela , quoi que je puisse faire,

ALCESTE. Je confesse mon faible, elle a l'art de me plaire :

Non pas. Mais la surprise est fort grande pour moi, J'ai beau voir ses défauts, et j'ai beau l’en blâmer, Et je n'attendais pas l'honneur que je reçoi. En dépit qu'on en ait, elle se fait aimer;

ORONTE. Sa grâce est la plus forte; et sans doute ma flamme

L'estime où je vous tiens ne doit point vous surprendre, De ces vices du temps pourra purger son âme.

Et de tout l'univers vous la pouvez prétendre.
PHILINTE.

ALCESTE.
Si vous faites cela, vous ne ferez pas peu.

Monsieur...

ORONTE.
Vous croyez être donc aimé d'elle?

L'État n'a rien qui ne soit au-dessous
ALCESTE.
Oui, parbleu!
Du mérite éclatant que l'on découvre en vous.

ALCESTE.
Je ne l'aimerais pas, si je ne croyais l'être.

Monsieur...
PHILINTE.
Mais si son amitié pour vous se fait paraître,

Oui, de ma part, je vous tiens préférablo D'où vient que vos rivaux vous causent de l'ennui ?

A tout ce que j'y vois de plus considérable.
ALCESTE.

ALCESTE.
C'est qu'un cour bien atteint veut qu'on soit tout à lui, Monsieur...
Et je ne viens ici qu'à dessein de lui dire

ORONTE.
Tout ce que là-dessus ma passion m'inspire.

Sois-je du ciel écrasé, si je mens!
PHILINTE.

Et, pour vous confirmer ici mes sentiments,
Pour moi, si je n'avais qu'à former des désirs, Souffrez qu'à cæur ouvert, monsieur, je vous em -
Sa cousine Éliante aurait tous mes soupirs;

Et qu'en votre amitié je vous demande place. (brasse, Son cæur, qui vous estime, est solide et sincère; Touchez là, s'il vous plaît. Vous me la promettez, Et ce choix, plus conforme, était mieux votre affaire. / Votre amitié?

ORONTE.

.

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